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Editos 2017

Édito d' Octobre|

Le 15 septembre 2017!

Le 15 septembre 2017 est une date historique à retenir pour tous les mouvements LGBTI+. C’est à cette date et dans les murs prestigieux de l’Académie Royale de Belgique à Bruxelles qu’a été inauguré un nouveau master de spécialisation en études de genre. Historique, cette inauguration l’a été à plus d’un titre. Tout d’abord par ses invités, imaginez-vous les six recteurs des universités francophones de Belgique (tous des hommes) ensemble !! Pour ceux qui ne seraient pas au courant, ces gens ne sont pas vraiment des amis. A côté, une des cabinets ministériels qui ont soutenu et – de l’aveu même des organisateurs – permis la concrétisation de ce projet à savoir Isabelle Simonis et Michel Marcourt. Enfin, face à eux, un panel assez nombreux d’hommes et de femmes issus du monde académique mais tous militants et activistes. Ces derniers ne se sont d’ailleurs pas privés de faire ressentir aux premiers la force de leurs convictions et de leurs engagements. Enfin, des représentants de nombreuses associations étaient présents. Un moment historique aussi pour ce qu’il représente. Il est la concrétisation d’un combat mené depuis les années 1970 par les milieux associatifs féministes et LGBTI+. Il montre qu’en près de 50 ans, ces études d’abords critiquées et parfois même moquées sont devenues un domaine officiel et fécond voir un enjeu pour les universités.

Les questions posées par ces études sont au cœur de nos préoccupations au sein de la Maison Arc-en-Ciel de Liège. En tant qu’association LGBTI+, nous nous réjouissons de la concrétisation de ce projet. Nous pensons que notre action militante et nos combats ne peuvent-être que grandis et légitimés par une collaboration accrue avec le monde académique et scientifique. Des projets tel que le prix de Delor porté par Arc-en-Ciel Wallonie ou le concours d’écriture Ihsane Jarfi que nous organisons sont autant de moyens de créer des ponts entre nous.

Enfin, la mise sur pied de ce master traduit surtout une évolution générale de la société dont nous sommes sans conteste en partie responsables. Un exemple récent et pour le moins symbolique est la prise en compte, dès la rentrée 2017, par l’Université de Liège et par l’ULB, du nom social des étudiants transgenres plutôt que du nom enregistré à l’état civil. Cette prise en considération de leur transidentité est un véritable soulagement pour ces étudiants. C’est aussi et surtout la preuve, s’il en fallait une, que les choses bougent et dans le bon sens. C’est la preuve que nos combats n’ont pas été vains. Et pour moi, cela justifie ce qui est en train de devenir le leitmotive de mes éditoriaux… Continuons le combat !

Cyrille Prestianni


Edito septembre |

Militants, d’hier à aujourd’hui !

C’est avec beaucoup de plaisir que la Maison Arc en Ciel de Liège fait sa rentrée. L’été est à peine terminé que déjà nous sommes parés. Il est temps pour beaucoup d’entre nous de replier les draps de plages, de ranger les crèmes solaires et peut-être de revisionner les photos de vacances avec nostalgie.
Cette rentrée est déjà marquée par un fait important, la parution au Moniteur Belge de la loi contenant l’interdiction du don de sang par les HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Comme vous avez pu le lire dans l’édito d’aout, nous nous opposons, au moins en partie, à ce texte. Il nous semble n’être rien de plus qu’une manœuvre politique hypocrite. Car si le don de sang est à nouveau autorisé pour les HSH, il ne l’est que moyennant une période complète d’abstinence d’un an. Nous dénonçons le caractère profondément discriminatoire de ce texte qui par ailleurs n’est justifié par aucune étude scientifique.
L’autre fait marquant de cette rentrée est la sortie du film « 120 battements par minutes » de Robin Campillo que vous avez peut-être vu lors de l’imago du 23 aout dernier. Un film qui sans fausse pudeur et sans raccourcis décrit un moment de la lutte contre le Sida. Un moment entre 1989 et 1994 où la maladie faisait des ravages. Un moment où quelques-uns se sont réunis, ont retroussé leurs manches et ont osé se battre. Actup, militante, solidaire, parfois violente et critiquable a, par son action, réveillé les consciences et fait bouger les choses. Malheureusement, pathétiquement mais surtout tragiquement, c’est par le muguet, les Kaposis, les toxoplasmoses et autres cytomégalovirus que notre existence a enfin été reconnue. C’est dans la maladie et dans la mort que les grands combats ont pu être menés.
A Liège, de nouvelles associations militantes (hors HIV) se sont mises en place, c’est le CHEL qui véritablement lance la machine en 1996, rapidement suivi par Alliàge (aujourd’hui Maison Arc-en-Ciel de Liège) en 1998. Les petits groupements de personnes semi-anonymes étaient devenus des associations solides qui avaient pignon sur rue, des associations en ordre de marche pour les grands combats et les grandes victoires des années 2000. C’est ça que ce film raconte ! C’est la force que nous pouvons avoir en nous serrant les coudes. C’est la puissance de quelques militants qui arrivent à changer les choses. Ce film nous raconte aussi la souffrance et l’horreur, la solitude et le désarroi. Il a été pour moi, je dois bien l’avouer, un électrochoc. Moi qui étais enfant pendant les années Sida, je ne mesure qu’à peine ce que ça a pu être. Mais ce que je suis en mesure de comprendre c’est que beaucoup ne sont plus. Ces hommes et ces femmes quels qu’ils aient été, bons ou mauvais, géniaux ou débiles, connus ou inconnus, peut-être, un tout petit peu, par leur disparition bien peu souhaitée ont contribué à ce qu’aujourd’hui je sois libre, heureux et vivant… Vivant..!
Aujourd’hui le combat contre le virus du Sida n’est pas terminé. D’autres associations existent et viennent en aide aux séropositifs leur proposant des dépistages et du suivi. A Liège, c’est l’association Sidasol qui poursuit ces missions essentielles.

Cyrille Prestianni

 


 

Edito août |

La Belgique impose 12 mois d’abstinence sexuelle pour les gais qui veulent donner leur sang

Maggie De Block, la Ministre de la Santé, a échoué. Il y a à peine un peu plus d’un an, elle promettait publiquement une révision audacieuse des critères d’exclusion du don de sang. Aujourd’hui, le résultat est connu. Pas d’audace, pas d’avancée, mais bien un sommet d’hypocrisie. Les gais resteront frappés par cette interdiction infâmante à moins que durant toute l’année qui précède ils renoncent à tout contact sexuel.

Ce 20 juillet, la Chambre des représentants a adopté en urgence une loi portant des dispositions diverses en matière de santé publique. Une loi fourre tout où se côtoient des mesures concernant les hôpitaux, l’art dentaire, des modifications de lois antérieures etc. S’y cache aussi, de manière un peu honteuse, un chapitre consacré au don de sang. C’est donc très discrètement qu’en Belgique on vient de modifier les critères d’exclusion du de sang par les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Les homosexuels masculins étaient interdits de donner leur sang depuis 1985, à la suite de l’apparition du VIH, responsable du SIDA. Désormais, ils pourront le faire … pour autant qu’ils se soient abstenus de toute relation sexuelle durant 12 mois !

Laurette Onkelinx avant elle s’était déjà cassé les dents. Maggie De Block se devait par contre d’aboutir à une réforme depuis que la Cour de Justice de l’Union européenne avait formulé des conditions strictes à la limitation d’une liberté fondamentale. La première d’entre elle, c’est qu’il fallait justifier dans une loi une différence de traitement vis-à-vis d’un critère protégé par la Charte des droits fondamentaux. C’est donc chose faite avec l’adoption de ce texte. Rétrospectivement, la Belgique a donc des années durant, en l’absence de justification légale, pratiqué la discrimination vis-à-vis des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Le deuxième critère était celui de la proportionnalité. L’exclusion à vie n’était pas justifiée selon la Cour. Et il fallait aussi examiner si d’autres modalités que l’exclusion ne permettaient pas de rencontrer l’objectif de sécurité de la chaine transfusionnelle.

Autant dire que la loi adoptée ce 20 juillet assure un service minimum pour mettre la Belgique à l’abri du regard scrutateur de la Cour de Justice de l’UE. Pas de tentative d’améliorer le questionnaire pré-don pour éviter de stigmatiser tout un groupe plutôt que les réels comportements à risque, pas de différenciation de la période d’exclusion en fonction du produit sanguin (comme par exemple en France où le don de plaquettes est autorisé), pas d’intention d’usage du sang récolté à des fins scientifiques comme d’aucuns l’auraient espéré.

La Fédération Arc-en-Ciel Wallonie n’a eu de cesse ces dernières années de faire des propositions constructives sur ce sujet. Elle avait suggéré de retravailler le questionnaire pré-don. Elle avait recommandé de définir ce qu’était un contact sexuel, comme au Royaume-Uni où ne sont visées que les pénétrations anales et orales. Elle avait interrogé sur la possibilité de délais d’exclusion plus courts, vu la fiabilité des tests de détection. Une période d’écartement de 4 mois, ou maximum de 6 mois plutôt que d’un an nous parait tout-à-fait défendable.

Si le gouvernement compte sur la complicité des associations LGBT pour faire passer le message d’un bon respect de ces nouveaux principes par la population gaie, ce sera sans nous.

Thierry Delaval
Communiqué de presse
d’ Arc-En-Ciel Wallonie


 

Edito juillet |

Ca y est, il est arrivé ! Soleil, farniente, cocktail et jolies personnes ! L’été est là et c’est pour notre plus grand plaisir. Sur du sable ou des galets, à la pêche ou en plongée, barbecue ou sardinade, chacun trouvera de quoi s’occuper. La Maison Arc-en-Ciel de Liège n’est pas en reste et vous propose ses traditionnels tapas, barbecues, balades, expos et j’en passe. Oui c’est un été chaud et bien rempli qui se présente à nous.

Les vacances, pour quelques-uns, ce sont des kilomètres parcourus dans les dunes ou au bords des lacs à chasser l’oiseau rare qui voudra bien s’offrir ou… prendre. Le « cruising » fait partie intégrante de la culture gay. Il réveille en nous le primitif, le chasseur. Il est liberté, réveil des sens et aventure. Qui ne s’est jamais senti emporté dans cette traque, buisson après buisson, vallon après vallon, pour finir par s’abandonner à nos plus profonds instincts dans les bras d’un inconnu. La chaleur, la sueur, l’exhibition tous font partie du cocktail détonnant de ces plaisirs. Mais si le port du maillot (ou pas) nous fait parfois oublier les indispensables capotes, à partir de cette année la PreP est disponible en Belgique. La PreP c’est un médicament que l’on prend avant et qui diminue très fortement les risques de contamination par le virus du Sida. (Plus d’info sur la PreP : http://myprep.be)

Certains d’entre nous partirons. Les plus chanceux prendront l’avion pour des vacances dans des contrées de dépaysement. Ah… Je m’y vois déjà. Un décor de sable blanc, des cocotiers et un joli garçon qui m’amène son meilleur Sex on the Beach* avant de se lancer dans un massage à l’huile de noix de coco sur mon corps nu, bronzé et… raide ! Enfin, je m’égare… Ce sera plutôt sud de la France et massage à la crème solaire pour moi. Pour d’autres ce sera Espagne, Italie ou Portugal. Les destinations ne manquent pas ! Elles ne manquent pas et pourtant parmi l’abondance de petites affiches dans les agences de voyages ou les centaines d’offres que nous recevons par internet il est des pays qu’on ne voit jamais. Ces pays où il ne fait pas bon aller en vacance, ces pays où il ne fait pas bon être LGBT. Il en existe pas moins de 75 dans le monde où l’être est puni par la loi. Il en est d’autres où les lois ne semblent pas suffire à calmer l’homophobie croissante des populations et les violences qui l’accompagnent.

L’été c’est les vacances, l’été c’est le soleil. L’été c’est la saison de l’abandon et du relâchement. L’été c’est aussi l’extase des corps qui osent. Alors profitons sans tout risquer… Profitons sans oublier. Bonnes vacances à tous.

Cyrille Prestianni

*3 cl de vodka, 2 cl de sirop de melon, 2 cl de chambord, 5 cl de jus d’ananas et 6 cl de jus de cranberry.


Edito juin| En avant...

Il est déjà temps de tourner la page. Il est déjà temps de passer au chapitre suivant. L’important finalement c’est que l’histoire n’est pas encore finie, loin de là. Comme beaucoup le savent déjà, Vincent a décidé de quitter la présidence de l’association voici venu le temps des bilans. Ici, je m’accorde le droit de le faire pour lui. Il faut bien avouer que c’est un travail facile. Vincent est un homme de mots, il est un homme d’idées et de changements. Des mots que nous avons pu lire à de nombreuses reprises dans ses éditos toujours d’excellentes qualité ou dans ses discours jamais totalement improvisés. Des idées qui ont redynamisé l’association et ont pu lui redonner un second souffle. Des changements nécessaires qui nous ont permis d’entrer dans une nouvelle étape.

Il n’est pas homme de premier plan ni de bain de foule. Il ne s’embarrasse pas de vernis au risque parfois de paraître froid et distant. Bien mal compris de certains, il a cependant toujours eu à cœur et le bien de l’association et de ceux qui la fréquente. Au cours de son mandat, beaucoup de choses se sont passées. Beaucoup de choses ont changé. Il est cependant inutile de les détailler toutes. Il a été capable de former une équipe soudée, un conseil d’administration d’amis qui aiment travailler ensemble et s’amusent à le faire. Il a su fait évoluer Alliàge vers une structure nouvelle qu’est la Maison Arc en Ciel de Liège – Alliàge. Et même si des résistances et des grincements de dents se sont fait entendre, c’était un changement nécessaire et salutaire qui s’est opéré. Notre maison, votre maison, est maintenant officiellement reconnue par un agrément de la Région Wallonne avec, en prime, de nouveaux défis et de nouveaux rôles.

Militant jusqu’aux bout des ongles, Vincent se bat pour défendre les valeurs de la Maison Arc en Ciel de Liège. Il se bat contre toutes les discriminations. Amoureux de la diversité, de toutes les diversités, il a organisé ou fait organisé de nombreuses activités. La dernière en date est peut-être l’une des plus élégantes. C’est l’organisation du Concours de nouvelles Ihsane Jarfi qui s’est concrétisée par la remise du prix ce 17 mai dernier au Théâtre de Liège. Remise de prix qui a été suivie de la Pièce de théâtre la Citta del Vaticano.

Bien sûr, tout ce travail n’a été possible qu’avec l’aide de nombreuses personnes et en premier grâce au personnel de la MAC qui font des idées, des mots et des changements une réalité. De nouveaux défis restent encore à relever. Notre association est maintenant à nouveau sur les rails, notamment sur la plan financier puisque nos comptes sont désormais en boni. Un nouvel élan, lui a été transmi faisons en sorte de la faire avancer encore plus loin. Ensemble, continuons à écrire l’histoire de notre association. Continuons à lutter contre toutes les formes de discrimination. Gardons ensemble cet esprit liégeois, frondeur et militant, festif et sérieux, drôle et piquant. Merci Monsieur le Président, merci mon ami…

Cyrille Prestianni
Administrateur


Edito mai| Crossing Borders

Belgian Pride, Fiertés Namuroises, journée mondiale de lutte contre l’homophobie, le mois de mai est crucial pour les LGBTI, qu’ils soient militants ou pas. À Liège, la Maison Arc-en-Ciel vous invite à participer à de nombreuses activités. C’est l’occasion de se rappeler les combats de ceux qui nous ont précédés. C’est le moment de faire la fête aux droits que nous avons acquis. Mais, c’est aussi et surtout le moment de rappeler à tous que le combat n’est pas fini (loin s’en faut).

D’ailleurs comment ne pas évoquer ici les rumeurs désastreuses qui nous viennent de Tchétchénie. Comment ne pas être en colère lorsqu’on évoque l’existence de purges ciblant spécifiquement les personnes LGBTI. Comment ne pas être horrifié lorsqu’on découvre qu’ils sont enfermés dans des camps ou centres d’enfermement clandestins. Nous ne pouvons pas rester insensibles ! Nous condamnons fermement ces violations des droits de l’humain et demandons aux autorités belges et européennes de faire pression sur les autorités russes et tchétchènes de toutes les manières possibles.

Dans le monde, les violences orientées contre les LGBTI sont en recrudescences. Des exemples d’agressions, d’arrestations, de tortures, de meurtres, s’accumulent en provenance de pays comme la Russie, la Serbie, la Turquie, la Tunisie, le Maroc, certains pays d’Afrique subsaharienne (p. ex. en Ouganda, au Cameroun), d’autres d’Amérique Latine (p. ex. au Brésil) et même d’Inde ou d’Indonésie. Dans ce contexte, la Belgique et les pays qui l’entourent font figure d’exception. Une exception que nous nous devons de maintenir non par l’exclusion mais par l’inclusion, non par la haine mais par l’accueil, non par le rejet mais par le soutien.

Quand des êtres humains, nos semblables, sont rejetés, humiliés, tabassés, fouettés et parfois même égorgés pour ce qu’ils sont, nous nous devons de les accueillir. Pourtant, chez nous, les témoignages concernant la vie abominable des LGBTI dans les centres de réfugiés sont nombreux. Les procédures de demande d’asile sont longues, humiliantes et souvent inaccessibles aux plus démunis. L’Europe semble incapable de se coordonner. Nous revendiquons des améliorations dans les procédures d’asile pour faire reconnaître leurs persécutions. Parce qu’être réfugié LGBTI, c’est cumuler les discriminations. Parce qu’être réfugié LGBTI c’est être particulièrement vulnérable.

C’est pour ça que la Belgian Pride a pour thème, cette année, « Asile et Migrations ». Le 20 mai à Bruxelles, cette manifestation, point d’orgue de l’action militante de tous les LGBTI du pays, pousse un cri !! CROSSING BORDERS !!! Passer les Frontières !! Parce qu’il est intolérable que les plus vulnérables parmi les plus vulnérables, souffrent d’une « double peine » !!

Cyrille Prestianni
Administrateur


Edito avril | Des attaques

Gros malaise à l’UCL. Dans une note intitulée « Philosophie pour la vie » distribuée à des bacheliers, Stéphane Mercier explique : « L’idée que je défendrai est que tout avortement sans exception est un mal, et qu’aucune circonstance ne le justifie jamais, contrairement à ce que l’on entend dire un peu partout aujourd’hui […] ».

Le message est clair, et les médias s’en sont largement fait l’écho.

Reste que, magie des réseaux sociaux oblige, la note incriminée est accessible assez facilement sur la toile. Et que l’argumentation développée par l’ex collaborateur de l’UCL (il a été suspendu depuis lors) vaut son pesant de cacahuètes.

On y retrouve l’antagonisme classique entre
« la loi des hommes » et une « loi supérieure ». C’est une vieille antienne que nous avons pris le temps de décrypter… pour dépasser quelques instants l’impératif émotionnel médiatique.

Or donc, le raisonnement de Monsieur Mercier s’appuie sur deux prémisses. La première est d’ordre moral : le meurtre d’un innocent, c’est mal. La seconde va puiser dans la biologie (c’est le dada des pro-vie depuis une dizaine d’années) : une personne est une personne dès que le spermatozoïde a fusionné avec l’ovule.

Voilà en gros ce que Monsieur Mercier apprenait à nos étudiants. Peu lui importait donc que l’interruption volontaire de grossesse (termes qu’il qualifie d’ailleurs de novlangue orwellienne) fut partiellement dépénalisée dans notre code pénal. Peu lui importait aussi que ce droit fondamental d’une femme à disposer de son corps fut désormais inscrit dans les textes onusiens… seul comptait (et compte d’ailleurs toujours pour lui) que la fusion des ADN consacrait l’être humain. La femme n’est d’ailleurs prise en compte que fort tard dans son raisonnement et une phrase résume assez bien la position des pro-vie : le désir ne fait pas la valeur, c’est la valeur qui doit susciter le désir.

C’est la valeur qui doit susciter le désir…
Vous vous rappelez ? Cette valeur qui aurait dû susciter vos désirs… il eut fallu être hétéro et procréer… et vos désirs, franchement,… vous auriez pu les contrôler, voire les garder pour vous… pécheurs que vous êtes.

Bref… du coup, Monsieur Mercier a été reçu en guest star par les 1.500 zombies de l’auto-proclamée marche pour la vie le dimanche 26 mars dernier. Et la RTBF a consacré son plateau du dimanche à cette thématique, avec un angle franchement à vomir : « l’avortement est-il un crime ? ».

Ah oui… et pour ceux qui se demandent pourquoi parler d’avortement dans une publication LGBT… rappelons que Monsieur Mercier fait aussi des comparaisons entre homosexualité et inceste ou entre homosexualité et échangisme intergénérationnel… on appréciera ces mots à leur juste valeur (valeur qui, pour ma part, suscite le désir de me passer en boucle Ode à la contraception de la chanteuse Giedré).

Vincent Bonhomme
Président


Edito mars | Assembblée Générale 2017

Nous en parlions déjà le mois passé : le 23 avril prochain, la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge asbl tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en oeuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG de la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et, surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif-tive. Si vous ne l’êtes pas encore et que vous souhaitez
participer à la vie de l’asbl en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2017, il est encore temps !

Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de « membre adhérent-e »). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 27 mars au plus tard. Il est nécessaire ensuite, d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secrets, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent-e : soit vous cotisez depuis plus d’un an et il vous faut, alors, recueillir la majorité absolue pour être élu-e ; soit votre adhésion est inférieure à un an et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut obtenir.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur-trice et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif-ve et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 27 mars au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent-e lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter et il faut, enfin, recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur-trice s’exerce pendant deux ans et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site : www.macliege.be en suivant présentation > missions > statuts) ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@macliege.be.

Vincent Bonhomme
Président


Edito février | Doutes. Incertitudes. Ambiance crépusculaire sur le monde des lumières.

Bien sûr que nous savions. Bien sûr que la crise de 2007-2008, financière, puis économique, se muerait tôt ou tard en crise sociale. Bien sûr que nous n’avons pas été dupes une seule seconde.

Et pourtant, nous voilà,… 10 ans plus tard. Et nous assistons, un peu désemparés, à la marche du monde vers des territoires inconnus. Notre horizon s’assombrit à chaque nouveau pas, à l’est comme à l’ouest.

Des urnes sortent des personnages incongrus, vulgaires et arrogants. Des menteurs. Des racistes. Des homophobes. Des ultraconservateurs qui menacent nos étincelles. Trump a été investi. Le Royaume-Uni a voté sur fond de campagne anti migrants. Demain, les urnes au Pays-Bas, en France et en Allemagne.

Au Pays-Bas, c’est le PVV (Parti pour la liberté) de Geert Wilders qui a le vent en poupe. Il est crédité de près de 35 % des intentions de vote en ce début d’année. Le programme du PVV sur les droits sexuels est entièrement articulé autour du sécuritaire. Le sexisme et l’homophobie sont identifiés comme caractéristiques exclusives des musulmans. Ce sont eux qui sont dans le viseur et l’homonationalisme joue à plein.
Les élections auront lieu le 15 mars prochain.

Pour la France, le programme du candidat de droite est clair : pas d’adoption plénière pour les homos, pas de PMA pour les lesbiennes, pas de GPA pour personne. Il est personnellement hostile à l’avortement. Il a d’ailleurs voté contre la couverture des frais relatifs à l’IVG en 1982, contre la création du délit d’entrave à l’IVG en 1993, contre l’allongement du délai à 12 semaines en 2001. Il s’est abstenu pour supprimer la notion de détresse en 2014. Et a voté contre la surpression du délai de réflexion en 2016. Il a uniquement voté en faveur d’un texte à portée symbolique réaffirmant le droit à l’IVG. Et je ne parle pas du Front National traversé de courants contradictoires sur les questions de droits sexuels.
Les élections auront lieu le 23 avril prochain.

En Allemagne, c’est toujours la CDU d’Angela Merkel qui domine la scène politique, mais l’AfD (Alternative für Deutschland), parti anti migrants, a fait son entrée dans les parlements régionaux l’année dernière. Pour les élections du 24 septembre prochain, les sondages leur promettent 15 % et leur entrée au parlement fédéral pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale.

Le tableau est sombre. Très sombre.

Résistance. Emancipation. Vigilance. Nos libertés ne sont pas vaines. Nous les défendons, et continuerons de les défendre. L’égalité, c’est notre fondation. Une condition sine qua non de nos actions. La fraternité, cette chaleur qui nous unit dans l’amour et la convivialité.

On ne peut pas les laisser gagner. Pas partout. Pas définitivement.

Vincent Bonhomme
Président


 

Edito janvier | A l’heure des bilans…

Quand vous lirez cet agenda, vous serez sans doute en train de digérer votre dinde de Noël ou le souper raclette de Tata Michèle (ou Michel !), de regretter la énième coupe de champagne que votre foie semble ne pas vouloir laisser passer ou de revendre sur Ebay vos cadeaux inutiles. Alors pour ne pas alourdir la situation, nous nous permettrons un édito moins militant que d’habitude, mais tout aussi vivifiant sur votre association.

La fin d’année est, pour beaucoup, l’occasion des bilans et votre association ne fait pas exception à la règle. Dans la vie d’une assoc’, il y a des années charnières. Chez nous, on pourrait citer notre création, en 1997, ou l’obtention de la maison, en 2004. L’année écoulée fait partie de la série des années historiques. L’agrément mis en place par la Région Wallonne pour soutenir les Maisons Arc-en-Ciel est enfin entré en vigueur, agrément auquel nous avons accédé dès le mois de mars.

Au delà de l’aspect hautement symbolique de la reconnaissance, par les pouvoirs publics, du travail effectué depuis de nombreuses années par votre association, ce fut (et le sera encore bien davantage à l’avenir) un apport important pour développer de nouveaux projets et pérenniser ce qui se faisait déjà.

Quelques nouveautés ont été mises en place : un appel à projet artistique pour la Quinzaine arc-en-ciel ; le lancement d’un concours d’écriture, pour lequel nous avons obtenu le prix de la Fondation Ihsane Jarfi (le concours dure jusqu’au 1er février – toutes les infos en dernière page de l’agenda et sur le site) ; des partenariats plus ambitieux également, avec la pièce La Nature contre-nature (tout contre) au Théâtre de Liège ou ce programme de trois jours autour du 1er décembre avec Sida Sol, Ex Aequo, D’une Certaine Gaieté, Barricade et Philocité ; l’organisation de permanences de soutien pour les futures familles homoparentales par l’équipe de Parents Arc-en-Ciel ; le soutien à des projets d’autres associations comme Ensemble Autrement ou le CHEL ; une nouvelle forme de présence pour nous dans le village de la Pride avec notre stand à péket…

Tout cela s’ajoutait à notre programme déjà bien fourni. On a parfois tendance à oublier qu’une année de la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge asbl, ce sont 8 Tea Dance, +/- 36 permanences mensuelles et d’accueil, dont certaines avec repas, 6 expositions, un grand nombre de balades, dont le rallye et le barbecue annuel, 8 soirées On se revoit vendredi, les soirées spéciales comme la Tapas et Sangria ou la Nocturne des Coteaux, les activités de la Quinzaine arc-en-ciel… et la liste est longue.

Il ne faut pas non plus oublier la présence régulière d’autres associations : le CHEL, LaLucarne.org (avec ses blind-tests toujours très fun), Genres Pluriels mais aussi LGS et Rainbow Girls pour des one-shot.

Bref, avec un tel programme, inutile de dire qu’il y a eu peu de temps mort au cours de l’année et chaque semaine amène son lot d’activités. Cela ne serait pas possible sans le travail de nombreuses personnes. Je profite de l’occasion pour adresser un énorme MERCI aux nombreuses et nombreux bénévoles qui prennent part à l’organisation et au bon déroulement des activités et au personnel en place, actifs à tellement de niveaux.

"Et pour 2017 ?" me direz-vous. Et bien nous passerons d’une année charnière à une autre, 2017 marquant notre 20e anniversaire. Celui-ci sera célébré en grande pompe à l’automne et vous aurez toutes les infos en temps et en heure dans votre alliàgenda préféré (qui pourrait lui aussi connaitre quelques modifications….).

Je conclurai de la manière la plus basique mais élémentaire en vous souhaitant d’excellentes fêtes de fin d’année de la part du Conseil d’Administration et de l’équipe.

Jean-Pierre Frisée
Coordinateur

 


 

Editos 2017

 

Edito juillet |

Ca y est, il est arrivé ! Soleil, farniente, cocktail et jolies personnes ! L’été est là et c’est pour notre plus grand plaisir. Sur du sable ou des galets, à la pêche ou en plongée, barbecue ou sardinade, chacun trouvera de quoi s’occuper. La Maison Arc-en-Ciel de Liège n’est pas en reste et vous propose ses traditionnels tapas, barbecues, balades, expos et j’en passe. Oui c’est un été chaud et bien rempli qui se présente à nous.

Les vacances, pour quelques-uns, ce sont des kilomètres parcourus dans les dunes ou au bords des lacs à chasser l’oiseau rare qui voudra bien s’offrir ou… prendre. Le « cruising » fait partie intégrante de la culture gay. Il réveille en nous le primitif, le chasseur. Il est liberté, réveil des sens et aventure. Qui ne s’est jamais senti emporté dans cette traque, buisson après buisson, vallon après vallon, pour finir par s’abandonner à nos plus profonds instincts dans les bras d’un inconnu. La chaleur, la sueur, l’exhibition tous font partie du cocktail détonnant de ces plaisirs. Mais si le port du maillot (ou pas) nous fait parfois oublier les indispensables capotes, à partir de cette année la PreP est disponible en Belgique. La PreP c’est un médicament que l’on prend avant et qui diminue très fortement les risques de contamination par le virus du Sida. (Plus d’info sur la PreP : http://myprep.be)

Certains d’entre nous partirons. Les plus chanceux prendront l’avion pour des vacances dans des contrées de dépaysement. Ah… Je m’y vois déjà. Un décor de sable blanc, des cocotiers et un joli garçon qui m’amène son meilleur Sex on the Beach* avant de se lancer dans un massage à l’huile de noix de coco sur mon corps nu, bronzé et… raide ! Enfin, je m’égare… Ce sera plutôt sud de la France et massage à la crème solaire pour moi. Pour d’autres ce sera Espagne, Italie ou Portugal. Les destinations ne manquent pas ! Elles ne manquent pas et pourtant parmi l’abondance de petites affiches dans les agences de voyages ou les centaines d’offres que nous recevons par internet il est des pays qu’on ne voit jamais. Ces pays où il ne fait pas bon aller en vacance, ces pays où il ne fait pas bon être LGBT. Il en existe pas moins de 75 dans le monde où l’être est puni par la loi. Il en est d’autres où les lois ne semblent pas suffire à calmer l’homophobie croissante des populations et les violences qui l’accompagnent.

L’été c’est les vacances, l’été c’est le soleil. L’été c’est la saison de l’abandon et du relâchement. L’été c’est aussi l’extase des corps qui osent. Alors profitons sans tout risquer… Profitons sans oublier. Bonnes vacances à tous.

Cyrille Prestianni

*3 cl de vodka, 2 cl de sirop de melon, 2 cl de chambord, 5 cl de jus d’ananas et 6 cl de jus de cranberry.

Edito juin| En avant...

Il est déjà temps de tourner la page. Il est déjà temps de passer au chapitre suivant. L’important finalement c’est que l’histoire n’est pas encore finie, loin de là. Comme beaucoup le savent déjà, Vincent a décidé de quitter la présidence de l’association voici venu le temps des bilans. Ici, je m’accorde le droit de le faire pour lui. Il faut bien avouer que c’est un travail facile. Vincent est un homme de mots, il est un homme d’idées et de changements. Des mots que nous avons pu lire à de nombreuses reprises dans ses éditos toujours d’excellentes qualité ou dans ses discours jamais totalement improvisés. Des idées qui ont redynamisé l’association et ont pu lui redonner un second souffle. Des changements nécessaires qui nous ont permis d’entrer dans une nouvelle étape.

Il n’est pas homme de premier plan ni de bain de foule. Il ne s’embarrasse pas de vernis au risque parfois de paraître froid et distant. Bien mal compris de certains, il a cependant toujours eu à cœur et le bien de l’association et de ceux qui la fréquente. Au cours de son mandat, beaucoup de choses se sont passées. Beaucoup de choses ont changé. Il est cependant inutile de les détailler toutes. Il a été capable de former une équipe soudée, un conseil d’administration d’amis qui aiment travailler ensemble et s’amusent à le faire. Il a su fait évoluer Alliàge vers une structure nouvelle qu’est la Maison Arc en Ciel de Liège – Alliàge. Et même si des résistances et des grincements de dents se sont fait entendre, c’était un changement nécessaire et salutaire qui s’est opéré. Notre maison, votre maison, est maintenant officiellement reconnue par un agrément de la Région Wallonne avec, en prime, de nouveaux défis et de nouveaux rôles.

Militant jusqu’aux bout des ongles, Vincent se bat pour défendre les valeurs de la Maison Arc en Ciel de Liège. Il se bat contre toutes les discriminations. Amoureux de la diversité, de toutes les diversités, il a organisé ou fait organisé de nombreuses activités. La dernière en date est peut-être l’une des plus élégantes. C’est l’organisation du Concours de nouvelles Ihsane Jarfi qui s’est concrétisée par la remise du prix ce 17 mai dernier au Théâtre de Liège. Remise de prix qui a été suivie de la Pièce de théâtre la Citta del Vaticano.

Bien sûr, tout ce travail n’a été possible qu’avec l’aide de nombreuses personnes et en premier grâce au personnel de la MAC qui font des idées, des mots et des changements une réalité. De nouveaux défis restent encore à relever. Notre association est maintenant à nouveau sur les rails, notamment sur la plan financier puisque nos comptes sont désormais en boni. Un nouvel élan, lui a été transmi faisons en sorte de la faire avancer encore plus loin. Ensemble, continuons à écrire l’histoire de notre association. Continuons à lutter contre toutes les formes de discrimination. Gardons ensemble cet esprit liégeois, frondeur et militant, festif et sérieux, drôle et piquant. Merci Monsieur le Président, merci mon ami…

Cyrille Prestianni
Administrateur


Edito mai| Crossing Borders

Belgian Pride, Fiertés Namuroises, journée mondiale de lutte contre l’homophobie, le mois de mai est crucial pour les LGBTI, qu’ils soient militants ou pas. À Liège, la Maison Arc-en-Ciel vous invite à participer à de nombreuses activités. C’est l’occasion de se rappeler les combats de ceux qui nous ont précédés. C’est le moment de faire la fête aux droits que nous avons acquis. Mais, c’est aussi et surtout le moment de rappeler à tous que le combat n’est pas fini (loin s’en faut).

D’ailleurs comment ne pas évoquer ici les rumeurs désastreuses qui nous viennent de Tchétchénie. Comment ne pas être en colère lorsqu’on évoque l’existence de purges ciblant spécifiquement les personnes LGBTI. Comment ne pas être horrifié lorsqu’on découvre qu’ils sont enfermés dans des camps ou centres d’enfermement clandestins. Nous ne pouvons pas rester insensibles ! Nous condamnons fermement ces violations des droits de l’humain et demandons aux autorités belges et européennes de faire pression sur les autorités russes et tchétchènes de toutes les manières possibles.

Dans le monde, les violences orientées contre les LGBTI sont en recrudescences. Des exemples d’agressions, d’arrestations, de tortures, de meurtres, s’accumulent en provenance de pays comme la Russie, la Serbie, la Turquie, la Tunisie, le Maroc, certains pays d’Afrique subsaharienne (p. ex. en Ouganda, au Cameroun), d’autres d’Amérique Latine (p. ex. au Brésil) et même d’Inde ou d’Indonésie. Dans ce contexte, la Belgique et les pays qui l’entourent font figure d’exception. Une exception que nous nous devons de maintenir non par l’exclusion mais par l’inclusion, non par la haine mais par l’accueil, non par le rejet mais par le soutien.

Quand des êtres humains, nos semblables, sont rejetés, humiliés, tabassés, fouettés et parfois même égorgés pour ce qu’ils sont, nous nous devons de les accueillir. Pourtant, chez nous, les témoignages concernant la vie abominable des LGBTI dans les centres de réfugiés sont nombreux. Les procédures de demande d’asile sont longues, humiliantes et souvent inaccessibles aux plus démunis. L’Europe semble incapable de se coordonner. Nous revendiquons des améliorations dans les procédures d’asile pour faire reconnaître leurs persécutions. Parce qu’être réfugié LGBTI, c’est cumuler les discriminations. Parce qu’être réfugié LGBTI c’est être particulièrement vulnérable.

C’est pour ça que la Belgian Pride a pour thème, cette année, « Asile et Migrations ». Le 20 mai à Bruxelles, cette manifestation, point d’orgue de l’action militante de tous les LGBTI du pays, pousse un cri !! CROSSING BORDERS !!! Passer les Frontières !! Parce qu’il est intolérable que les plus vulnérables parmi les plus vulnérables, souffrent d’une « double peine » !!

Cyrille Prestianni
Administrateur


Edito avril | Des attaques

Gros malaise à l’UCL. Dans une note intitulée « Philosophie pour la vie » distribuée à des bacheliers, Stéphane Mercier explique : « L’idée que je défendrai est que tout avortement sans exception est un mal, et qu’aucune circonstance ne le justifie jamais, contrairement à ce que l’on entend dire un peu partout aujourd’hui […] ».

Le message est clair, et les médias s’en sont largement fait l’écho.

Reste que, magie des réseaux sociaux oblige, la note incriminée est accessible assez facilement sur la toile. Et que l’argumentation développée par l’ex collaborateur de l’UCL (il a été suspendu depuis lors) vaut son pesant de cacahuètes.

On y retrouve l’antagonisme classique entre
« la loi des hommes » et une « loi supérieure ». C’est une vieille antienne que nous avons pris le temps de décrypter… pour dépasser quelques instants l’impératif émotionnel médiatique.

Or donc, le raisonnement de Monsieur Mercier s’appuie sur deux prémisses. La première est d’ordre moral : le meurtre d’un innocent, c’est mal. La seconde va puiser dans la biologie (c’est le dada des pro-vie depuis une dizaine d’années) : une personne est une personne dès que le spermatozoïde a fusionné avec l’ovule.

Voilà en gros ce que Monsieur Mercier apprenait à nos étudiants. Peu lui importait donc que l’interruption volontaire de grossesse (termes qu’il qualifie d’ailleurs de novlangue orwellienne) fut partiellement dépénalisée dans notre code pénal. Peu lui importait aussi que ce droit fondamental d’une femme à disposer de son corps fut désormais inscrit dans les textes onusiens… seul comptait (et compte d’ailleurs toujours pour lui) que la fusion des ADN consacrait l’être humain. La femme n’est d’ailleurs prise en compte que fort tard dans son raisonnement et une phrase résume assez bien la position des pro-vie : le désir ne fait pas la valeur, c’est la valeur qui doit susciter le désir.

C’est la valeur qui doit susciter le désir…
Vous vous rappelez ? Cette valeur qui aurait dû susciter vos désirs… il eut fallu être hétéro et procréer… et vos désirs, franchement,… vous auriez pu les contrôler, voire les garder pour vous… pécheurs que vous êtes.

Bref… du coup, Monsieur Mercier a été reçu en guest star par les 1.500 zombies de l’auto-proclamée marche pour la vie le dimanche 26 mars dernier. Et la RTBF a consacré son plateau du dimanche à cette thématique, avec un angle franchement à vomir : « l’avortement est-il un crime ? ».

Ah oui… et pour ceux qui se demandent pourquoi parler d’avortement dans une publication LGBT… rappelons que Monsieur Mercier fait aussi des comparaisons entre homosexualité et inceste ou entre homosexualité et échangisme intergénérationnel… on appréciera ces mots à leur juste valeur (valeur qui, pour ma part, suscite le désir de me passer en boucle Ode à la contraception de la chanteuse Giedré).

Vincent Bonhomme
Président


Edito mars | Assembblée Générale 2017

Nous en parlions déjà le mois passé : le 23 avril prochain, la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge asbl tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en oeuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG de la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et, surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif-tive. Si vous ne l’êtes pas encore et que vous souhaitez
participer à la vie de l’asbl en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2017, il est encore temps !

Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de « membre adhérent-e »). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 27 mars au plus tard. Il est nécessaire ensuite, d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secrets, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent-e : soit vous cotisez depuis plus d’un an et il vous faut, alors, recueillir la majorité absolue pour être élu-e ; soit votre adhésion est inférieure à un an et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut obtenir.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur-trice et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif-ve et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 27 mars au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent-e lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter et il faut, enfin, recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur-trice s’exerce pendant deux ans et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site : www.macliege.be en suivant présentation > missions > statuts) ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@macliege.be.

Vincent Bonhomme
Président


Edito février | Doutes. Incertitudes. Ambiance crépusculaire sur le monde des lumières.

Bien sûr que nous savions. Bien sûr que la crise de 2007-2008, financière, puis économique, se muerait tôt ou tard en crise sociale. Bien sûr que nous n’avons pas été dupes une seule seconde.

Et pourtant, nous voilà,… 10 ans plus tard. Et nous assistons, un peu désemparés, à la marche du monde vers des territoires inconnus. Notre horizon s’assombrit à chaque nouveau pas, à l’est comme à l’ouest.

Des urnes sortent des personnages incongrus, vulgaires et arrogants. Des menteurs. Des racistes. Des homophobes. Des ultraconservateurs qui menacent nos étincelles. Trump a été investi. Le Royaume-Uni a voté sur fond de campagne anti migrants. Demain, les urnes au Pays-Bas, en France et en Allemagne.

Au Pays-Bas, c’est le PVV (Parti pour la liberté) de Geert Wilders qui a le vent en poupe. Il est crédité de près de 35 % des intentions de vote en ce début d’année. Le programme du PVV sur les droits sexuels est entièrement articulé autour du sécuritaire. Le sexisme et l’homophobie sont identifiés comme caractéristiques exclusives des musulmans. Ce sont eux qui sont dans le viseur et l’homonationalisme joue à plein.
Les élections auront lieu le 15 mars prochain.

Pour la France, le programme du candidat de droite est clair : pas d’adoption plénière pour les homos, pas de PMA pour les lesbiennes, pas de GPA pour personne. Il est personnellement hostile à l’avortement. Il a d’ailleurs voté contre la couverture des frais relatifs à l’IVG en 1982, contre la création du délit d’entrave à l’IVG en 1993, contre l’allongement du délai à 12 semaines en 2001. Il s’est abstenu pour supprimer la notion de détresse en 2014. Et a voté contre la surpression du délai de réflexion en 2016. Il a uniquement voté en faveur d’un texte à portée symbolique réaffirmant le droit à l’IVG. Et je ne parle pas du Front National traversé de courants contradictoires sur les questions de droits sexuels.
Les élections auront lieu le 23 avril prochain.

En Allemagne, c’est toujours la CDU d’Angela Merkel qui domine la scène politique, mais l’AfD (Alternative für Deutschland), parti anti migrants, a fait son entrée dans les parlements régionaux l’année dernière. Pour les élections du 24 septembre prochain, les sondages leur promettent 15 % et leur entrée au parlement fédéral pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale.

Le tableau est sombre. Très sombre.

Résistance. Emancipation. Vigilance. Nos libertés ne sont pas vaines. Nous les défendons, et continuerons de les défendre. L’égalité, c’est notre fondation. Une condition sine qua non de nos actions. La fraternité, cette chaleur qui nous unit dans l’amour et la convivialité.

On ne peut pas les laisser gagner. Pas partout. Pas définitivement.

Vincent Bonhomme
Président


 

Edito janvier | A l’heure des bilans…

Quand vous lirez cet agenda, vous serez sans doute en train de digérer votre dinde de Noël ou le souper raclette de Tata Michèle (ou Michel !), de regretter la énième coupe de champagne que votre foie semble ne pas vouloir laisser passer ou de revendre sur Ebay vos cadeaux inutiles. Alors pour ne pas alourdir la situation, nous nous permettrons un édito moins militant que d’habitude, mais tout aussi vivifiant sur votre association.

La fin d’année est, pour beaucoup, l’occasion des bilans et votre association ne fait pas exception à la règle. Dans la vie d’une assoc’, il y a des années charnières. Chez nous, on pourrait citer notre création, en 1997, ou l’obtention de la maison, en 2004. L’année écoulée fait partie de la série des années historiques. L’agrément mis en place par la Région Wallonne pour soutenir les Maisons Arc-en-Ciel est enfin entré en vigueur, agrément auquel nous avons accédé dès le mois de mars.

Au delà de l’aspect hautement symbolique de la reconnaissance, par les pouvoirs publics, du travail effectué depuis de nombreuses années par votre association, ce fut (et le sera encore bien davantage à l’avenir) un apport important pour développer de nouveaux projets et pérenniser ce qui se faisait déjà.

Quelques nouveautés ont été mises en place : un appel à projet artistique pour la Quinzaine arc-en-ciel ; le lancement d’un concours d’écriture, pour lequel nous avons obtenu le prix de la Fondation Ihsane Jarfi (le concours dure jusqu’au 1er février – toutes les infos en dernière page de l’agenda et sur le site) ; des partenariats plus ambitieux également, avec la pièce La Nature contre-nature (tout contre) au Théâtre de Liège ou ce programme de trois jours autour du 1er décembre avec Sida Sol, Ex Aequo, D’une Certaine Gaieté, Barricade et Philocité ; l’organisation de permanences de soutien pour les futures familles homoparentales par l’équipe de Parents Arc-en-Ciel ; le soutien à des projets d’autres associations comme Ensemble Autrement ou le CHEL ; une nouvelle forme de présence pour nous dans le village de la Pride avec notre stand à péket…

Tout cela s’ajoutait à notre programme déjà bien fourni. On a parfois tendance à oublier qu’une année de la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge asbl, ce sont 8 Tea Dance, +/- 36 permanences mensuelles et d’accueil, dont certaines avec repas, 6 expositions, un grand nombre de balades, dont le rallye et le barbecue annuel, 8 soirées On se revoit vendredi, les soirées spéciales comme la Tapas et Sangria ou la Nocturne des Coteaux, les activités de la Quinzaine arc-en-ciel… et la liste est longue.

Il ne faut pas non plus oublier la présence régulière d’autres associations : le CHEL, LaLucarne.org (avec ses blind-tests toujours très fun), Genres Pluriels mais aussi LGS et Rainbow Girls pour des one-shot.

Bref, avec un tel programme, inutile de dire qu’il y a eu peu de temps mort au cours de l’année et chaque semaine amène son lot d’activités. Cela ne serait pas possible sans le travail de nombreuses personnes. Je profite de l’occasion pour adresser un énorme MERCI aux nombreuses et nombreux bénévoles qui prennent part à l’organisation et au bon déroulement des activités et au personnel en place, actifs à tellement de niveaux.

"Et pour 2017 ?" me direz-vous. Et bien nous passerons d’une année charnière à une autre, 2017 marquant notre 20e anniversaire. Celui-ci sera célébré en grande pompe à l’automne et vous aurez toutes les infos en temps et en heure dans votre alliàgenda préféré (qui pourrait lui aussi connaitre quelques modifications….).

Je conclurai de la manière la plus basique mais élémentaire en vous souhaitant d’excellentes fêtes de fin d’année de la part du Conseil d’Administration et de l’équipe.

Jean-Pierre Frisée
Coordinateur

 


 

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Editos 2016

Edito décembre | Le sexe, mal aimé des politiques de santé ?

J’étais gamin. Et je découvrais mon corps, comme le murmuraient pudiquement les adultes qui m’entouraient. C’est l’âge. D’après l’enquête de la RTBF, Génération quoi, 90 % des jeunes se masturbent.
Et bien sur, mon imaginaire était animé de mille et un scénarios plus excitants les uns que les autres. Et j’allais chez mon médecin traitant, pour un banal rhume. Et, mon médecin, subtilement, me mettait à disposition tout un tas d’informations sur le sexe, les pratiques sexuelles, le plaisir, les IST et les MST. C’est l’âge.

J’étais ado. Et j’avais mes premières amourettes sexuelles. Ici et là. D’après l’enquête de la RTBF, 60 % des jeunes voient le plan cul comme une rencontre qui se termine au lit, sans prise de tête.
Et je retournais chez mon médecin. Et il m’expliquait les risques de telle ou telle pratique. Et me proposait de me faire vacciner contre l’hépatite B et le papillomavirus.

J’étais jeune adulte. Et je bossais dans une grosse boite qui organisait une collecte du sang. C’est important la solidarité transfusionnelle. Moi, j’étais monogame (c’est un rêve je vous dit). Et je donnais mon sang. Comme la plupart de mes collègues.

J’étais adulte et je consultais le rapport de l’Institut scientifique de santé publique sur l’épidémiologie du VIH. Et l’Institut se réjouissait de la diminution du nombre de diagnostiques. Et proposait de renforcer les campagnes de prévention en cas de pratique de la sodomie.

Tout ceci n’est qu’un rêve.

Il n’est pas si facile que ça de parler de sexe avec son médecin, particulièrement quand on est jeune. Les protocoles sont d’ailleurs hyper stigmatisants ! L’INAMI recommande même le dépistage du VIH… quand le patient évoque qu’il est homo ! Pour les hétéros, on peut se contenter des dépistages des chlamydias et de la gonorrhée. Pas question de parler de pratiques sexuelles, de savoir s’il y a eu fellation, sodomie active ou passive, masturbation réciproque, anulingus,…

Pour les vaccins, oui, on peut être vacciné contre l’hépatite B. Par contre, pour le papillomavirus, en Belgique, il n’est recommandé que pour les filles. Pourtant, les garçons y ont droit aux Etats-Unis, en Australie, au Canada et en Autriche. La Fondation contre le cancer belge a d’ailleurs recommandé qu’une réflexion soit engagée à ce sujet.

Pour le don de sang, vous le savez, notre Ministre de la Santé, Maggie De Block l’a ouvert aux homos… s’ils s’abstiennent de relations sexuelles pendant un an. Le Conseil supérieur de la santé plaide d’ailleurs pour une amélioration du niveau de prise de conscience de la responsabilité sociale de ceux qui prennent des risques ! Traduction : l’associatif ne fait pas son boulot !

Enfin, pour le rapport sur l’épidémiologie VIH, juste un mot sur le rapport de cette année. On constate effectivement une diminution du nombre de diagnostiques depuis deux ans. Et l’Institut titre : « Léger rebond des nouveaux cas de VIH chez les HSH au niveau national après une baisse l’an dernier ». C’est le titre ! Ca vaut du Sudpresse, non ?

Pour clôturer, je vous invite à faire une petite expérience. Allez sur le site de l’Institut scientifique de santé publique qui publie le rapport (wiv-isp.be). Téléchargez le rapport en pdf. Et faites une recherche sur les mots : sodomie, anulingus, fellation, pénétration, masturbation,… étonnant non ? On parle bien de sexe ?

Vincent Bonhomme

 


 

Edito novembre | Des anti-genre en Belgique ?

Leur rhétorique est bien rôdée. Et ils se mobilisent pour la présidentielle en France. La Manif pour Tous et leurs amis ont ressorti leurs calicots et leurs inénarrables slogans à Paris le 16 octobre dernier. 1 père + 1 mère, c’est élémentaire. Pas d’ovule dans les testicules. La France a besoin d’enfants, pas d’homosexuels. Et on en passe et des meilleurs.

Ces groupements bien structurés (et bien financés) en France qui conçoivent que l’altérité s’inscrit avant tout dans la différence des sexes, ont-ils leurs alter égo de ce côté-ci des Ardennes ?

Il est certains qu’ils ont en tous cas leurs partisans. Lorsque la Ministre des Droits des Femmes de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Simonis, a proposé la mixité des cours d’éducation physique le 4 octobre dernier, les réactions ne se sont pas fait attendre. Ce n’est pas tant qu’on soit favorable ou défavorable à cette idée, mais plutôt les arguments avancés qui, dans certains cas, entraient en résonnance avec le débat français.

Pour autant, le niveau de mobilisation ne semble pas atteindre les mêmes sommets chez nous.

Ces dernières années, deux organismes se sont néanmoins fait remarquer.

Dans les années 2000, au plus fort des débats sur l’ouverture du mariage et l’adoption chez nous, on se rappelle la pétition, lancée par Action pour la famille. Le texte reprenait les arguments traditionnels (et traditionnalistes) : il n’existe pas de droit a` adopter. Il existe seulement une procédure d’adoption en faveur de l’enfant qui a le droit d’être élevé dans une famille, en bénéficiant d’une filiation officielle, ou` les références maternelle et paternelle sont assurées. Ceci permet a` l’enfant de grandir dans un environnement le plus équilibré possible en faveur de son développement affectif, psychologique et social.

L’altérité des sexes est donc conçue comme fondatrice de l’équilibre affectif, psychologique et social.

Le texte a tout de même récolté 23.684 signatures. Et on notera également que, dans le comité de soutien de l’association, on retrouve la 1ère échevine de Namur déléguée aux compétences mayorales et en charge de l’état civil, Anne Barzin.

Plus récemment, c’est le Groupe Croissance qui a fait l’actualité. Parmi les représentants de l’organisation, Bénédicte De Wager-Gillis qui est également fondatrice du blog Youth & Love. Selon le Vif du 7 octobre 2016, cette animatrice EVRAS se positionne clairement en faveur de la Manif pour Tous et de l’Institut de bioéthique européen, lobby anti-avortement auprès des institutions européennes. Car la convergence des luttes conservatrices est celle-là : on est contre l’adoption par des couples homos, et on est contre l’avortement. Parce qu’on est pour la vie et l’altérité des sexes (une opportunité pour la convergence des mouvements LGBT et féministes ?).

Notons que le Groupe Croissance a tout de même touché 3.730 élèves en un an… et qu’une mission "d’information" à propos du contenu des interventions de l’organisme est en cours.

On le voit, si nous ne faisons pas face à des super structures comme on les observe en France (ou en Italie notamment), la Belgique francophone compte tout de même son lot de réactionnaires qui s’appuient sur le primat que seul le couple d’hétéro est capable de procréer. Et que l’autre ne peut être que de sexe différent. Un peu comme si les couples homos n’étaient que des paires de mêmes. Et un peu comme si les femmes étaient avant tout performantes dans leur rôle de mère.

Vincent Bonhomme

 



Edito octobre | Ecrire contre la haine

Cette année scolaire 2016 - 2017, la Maison Arc-en-Ciel de Liège - Alliàge propose, pour la première fois, un concours d’écriture à l’attention des élèves de 5ème et 6ème année du secondaire. En partenariat avec la Bibliothèque Chiroux, le CHEL, le CRIPEL, LaLucarne.org, la Ligue de l’Enseignement et de l’Education
Permanente, Livres aux trésors et la Ville de Liège nous proposons aux jeunes de rédiger une nouvelle sur le thème : homophobie,
racisme, même combat ?

Ce concours, a pour objectif d’inciter ceux-ci à une réflexion critique sur les discriminations et les violences qui touchent les personnes gays et lesbiennes. Avec l’accord d’Hassan Jarfi, nous l’avons intitulé : « Concours d’écriture Ihsane Jarfi », en hommage à Ihsane.

Nous souhaitons vivement de la sorte contribuer, modestement, à une prise de conscience de ce que sont les discriminations, les discours de haine et les violences symboliques ou même physiques qui peuvent toucher les homos, en Belgique.

Les textes doivent nous parvenir pour le 1er février 2017, la date de la poste faisant foi.
Le règlement et toutes les informations sont accessibles sur notre site www.macliege.be.

Pour que ce concours soit un succès, il faut le faire connaitre. N’hésitez pas à en parler autour de vous, à des éducateurs, des professeurs, ou toute personne qui pourra en faire la promotion auprès des jeunes.

Un événement sera organisé au mois de mai 2017 pour remettre les deux premiers prix d’un montant de 600 et 400 euros.

Déconstruire les préjugés homophobes et créer une convergence des luttes LGBT et anti-raciste, voilà un bien beau projet.

Cette première édition se concentre uniquement sur les établissements scolaires sur le territoire de la Ville de Liège. Mais si tout se passe bien, qui sait ce que cette initiative pourra devenir ?

A vos stylos les jeunes !

Vincent Bonhomme

 



Edito septembre 2016

Il est de moins en moins rare d’entendre des gens nous dire "mais pourquoi se battre encore ? Nous avons déjà tout !" ou encore "être gay/lesbienne aujourd’hui ça ne pose plus de problème". Cet été a pourtant été pour moi une douloureuse prise de conscience. Tout d’abord les regards, les regards de ces gens parfois même très jeunes qui nous auscultaient d’un air désapprobateur. Ensuite les remarques "pire que des filles", "regarde-les ! Si c’est pas des homos ça", "allez, allez on se serre bien comme des PD" et bien d’autres encore. Et puis vient l’inconfort, celui de ne plus être aussi convaincu que tous les combats étaient gagnés. L’inconfort de marcher seul en ville en se demandant "va-t-il m’arriver quelque chose ?". Le désagréable sentiment de se sentir différent et de voir que ça pose un problème. J’entends déjà venir les commentaires, il devait-être en vacance dans un pays exotique. Non, en France. Mais ça pourrait tout aussi bien être en Belgique. Chez nous.

Alors on se souvient de ces articles que l’on a lus au fil des murs Facebook ou ailleurs. Là un jeune Français agressé parce qu’il était gay. Ou cet autre "Se balader main dans la main avec son copain gay à Bruxelles ? Maintenant, on évite". On se souvient aussi de ces milliers de gens qui marchaient dans les rues françaises en brandissant des cocardes et des drapeaux marqués de propos très clairement homophobes et haineux. On se souvient aussi d’Ihsane Jarfi… Mais alors, l’homophobie fait elle son grand retour ? Ou n’a-t-elle jamais quitté nos rues... Pourquoi plus maintenant qu’hier ? Pourquoi la remarque-t-on ? Et si tout simplement, ils osaient plus aujourd’hui qu’hier. Peut-être est-il plus acceptable de tenir de tels propos aujourd’hui. En fait, depuis longtemps, jamais les discours haineux n’ont été aussi décomplexés. Homophobie banalisée, transphobie légale, xénophobie revendiquée, racisme acceptable, sexisme larvé, tant de maux qui enlaidissent notre société.

On vit une époque de transition. De nombreux combats ont été gagnés, c’est vrai. C’est vrai que la Belgique fait partie du top trois des pays les plus avancés en termes de droit LGBT. Mais on le sait, la société est complexe et faites de femmes et d’hommes qui ne changent pas aussi vite que le code civil. Nous vivons une période de confusion et de remous politiques, économiques et sociaux qui apportent leur lot de conservatisme. Donc même si la loi est avec nous, l’homophobie et la haine font encore bien partie de notre société. Il existe des lieux où être homosexuel est très difficile. Il existe des secteurs entiers de l’industrie notamment où être (ouvertement) homosexuel ou lesbienne est inenvisageable. Etre la "tapette" ou le "garçon manqué" de l’école est toujours source de pénibles moqueries.

Face au repli sur soi, face à l’obscurantisme et à l’intolérance nous devons nous dresser. Nous devons faire front contre toutes les formes de discrimination qu’elles soient homophobes, racistes ou sexistes. Nous avons, aujourd’hui peut-être plus que jamais, le devoir de veiller à ce que la société reste celle que nous avons choisie. Notre association, comme de nombreuses autres en Europe et dans le monde est un lieu de tolérance et d’ouverture. Comme de nombreuses autres, nous formons un rempart contre la bêtise et l’horreur de la haine. La haine de l’autre qu’il soit homosexuel, lesbienne, bi-, trans-, noir, blanc, jaune, autiste ou handicapé. Il faut que notre ville, notre pays, que l’Europe sortent grandis de la période de crise que nous traversons. C’est pour cela que nous nous battons. C’est pour ça que nous participons à la Gay Pride. C’est pour ça que la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge existe. C’est pour ça que nous organisons des activités tout au long de l’année. Repas, concerts, pièce de théâtre, vernissage ou tea dance sont là pour vous, membre de l’association mais aussi pour eux… Tous ces autres. Parce que tout n’est pas gagné, parce que le combat pour une société plus juste doit se poursuivre.

Cyrille Prestianni

 



Edito juillet 2016

Il a la peau douce.

C’est important la peau. Son grain, ses reliefs, son odeur, ses recoins. Le sable atteint des températures insupportables pour la plante des pieds. Sauf par endroit. A proximité de la mer et de ses vaguelettes. Et à l’ombre des buissons et arbustes clairsemés qui garnissent le littoral et l’immédiat arrière-pays.

Il a la peau douce et ses gémissements étouffés se mêlent à la musique des insectes. Il est face contre terre et je suis sur lui. Quelques ombres nous entourent désormais, attirées par le bruit et notre impudeur.

Je suis en lui. Peau contre peau. Nos râles s’intensifient. Les vacances commencent bien.

La semaine précédente, j’étais en Belgique. A Anvers. A l’Institut des médecines tropicales. Un endroit horrible. Je déteste les hôpitaux et les médecins. Surtout quand il s’agit de sexe. Ils ont toujours, tout le temps, ce petit regard un brin condescendant et moralisateur. Tout l’endroit est organisé pour te faire flipper.

Eux sont en bonne santé. Et chaque regard, chaque geste, te renvoie à toutes les inconséquences, toutes les erreurs de parcours que tu as pu commettre, dans un sauna, une backroom ou une plage.

Je n’ai pas toujours de capote avec moi. Je ne suis pas toujours sobre.

Et j’en ai marre de flipper.

Alors du coup, avant la plage, les grains de sable, les grains de peau et ce bel inconnu qui suffoque à mes coups de bassin, je suis passé à Anvers. Ils testent la PrEP là-bas. C’est un traitement préventif. Ca réduit les risques de transmission du VIH si tu sais que tu vas prendre des risques.

Et si je suis pragmatique, je sais que je vais en prendre. Même si j’essaye de faire attention. Au maximum. Je sais que la peur de chopper une saloperie, quelques fois, s’évanouit face au désir et au plaisir.

Il a la peau douce.

Et l’autre aussi d’ailleurs. Ils ont un chouette appart. Avec des formes bizarres. Mais chouette. C’est marrant. Je n’aurais jamais pensé me retrouver dans cette situation. Deux amants. Rien que pour moi.

La chambre est silencieuse. Ca sent encore un peu le sperme et la bestialité. Je somnole. Je plane complètement. Le souffle du plus grand me chatouille délicieusement l’oreille.

Il me murmure : "Je me suis fait dépister hier. Tout est ok".

Le soulagement monte en moi en même temps que l’angoisse de la conscience d’avoir pris un risque.

On n’en a pas parlé avant. Pourtant, depuis le temps qu’on couche à trois, on a laissé tomber la capote. A force, sans même s’en rendre compte, le confort d’une relation à trois presque conjugale m’a fait un peu oublier les IST.

Je ne réponds pas.

Je pense à moi. Je pense à son mec. On aurait peut-être dû anticiper. Est-ce que je suis totalement clean ? Je redoute un peu la question. Je suis quasi certain de l’être. Mais en même temps, j’ai revu mon ex. J’ai pas envie de leur en parler. J’ai pas envie de savoir ce qu’ils font sans moi et j’ai pas envie de déballer ma vie avec mon ex. J’ai confiance en lui. Et j’ai confiance en eux.

Erf. Faudrait que j’aille faire un test. Le dernier commence à dater.

Il a la peau douce.

Et cette lumière tamisée lui va à ravir. Il est encore plus craquant que dans la pénombre du hammam.

Il a une queue magnifique. J’ai jamais trouvé les pénis esthétiques, mais le sien, c’est différent. Droit comme un "i". Elancé. Prêt à me parcourir.

Son regard est plongé dans le mien. La moiteur de nos corps sur la couche de la cabine fait un bruit de succion reconnaissable entre mille.

Il est à l’entrée de moi. Sur le seuil. Son désir tout prêt à se transformer en plaisir.

Et hop. Ma main droite attrape le bout de latex. Il est ouvert. Il glisse sur sa verge.

Je suis prêt à l’accueillir.

*********************************************************************

Préservatif, dépistage, traitement, traitement pré-exposition, traitement post-exposition,… amour, sexe, caresse, plaisir. C’est bientôt l’été.

Santé !

Rappelez-vous : Sida Sol vous informe sur les IST, les dépistages... au 04/366.96.10 et il y a toujours des capotes et du lubrifiant à la MAC.

 


 

Edito juin 2016 - Entre législations et perceptions

C’est désormais un rituel annuel. Au mois de mai, la fédération européenne des associations LGBT (ILGA-Europe) publie une carte et un classement des pays, du plus LGBT-friendly au moins LGBT-friendly, dans une perspective législative. Chaque année, la publication est une occasion de s’auto-congratuler ou au contraire de rougir de honte.

Sans surprise, les pays d’Europe occidentale sont teintés de vert (à l’exception notable de l’Italie), tandis que l’Europe centrale et orientale affiche plutôt des couleurs cramoisies, la Russie remportant la palme en la matière.

Précisons avant tout que l’exercice est exhaustif. Un peu plus de 50 critères sont examinés qui couvrent l’anti-discrimination, le droit des familles, les crimes et discours de haine, mais également toutes les questions de législation qui concernent les personne trans’ et le droit d’asile.

Complet donc. Dans une perspective uniquement législative. Et c’est vrai que de ce point de vue, la Belgique n’a pas à rougir. Nous sommes désormais le second pays européen dans le classement, juste avant le Royaume-Uni et après Malte qui est première. Cocorico.

Malte première ? Oui. Malte… C’est que précisément, le classement ne se penche que sur les questions législatives. Mais quid alors du vécu des LGBT dans les différents pays de l’Union européenne face aux discriminations et aux violences ?

Pour répondre à cette question, c’est du côté de l’Agence européenne pour les Droits fondamentaux (FRA) que l’on trouvera des éléments de réponse. Dans un rapport de 2013, la FRA a posé la question à près de 100.000 citoyens de l’UE s’ils s’étaient sentis discriminés dans le champ de l’emploi dans les 12 mois qui précédaient l’enquête. Ici, Malte disparait du trio de tête et est même reléguée à la 22ème position à égalité avec la Pologne ou l’Irlande.

Et la Belgique ? Ici, elle se retrouve 3ème du classement, avec tout de même 26 % des répondants qui répondent par l’affirmative.

Plus récemment (en fait au mois de mai de cette année), c’est Unia (le nouveau nom du Centre pour l’Egalité des Chances) qui a commandité une enquête sur l’acceptation des homosexuel-le-s dans la vie quotidienne. On y apprend par exemple qu’à l’école, près de 3 répondants sur 10 ne seraient pas d’accord que les manuels scolaires utilisés par son enfant utilisent des illustrations mettant en scène des parents ou couples de même sexe.

D’autres résultats viennent nuancer le propos. Près de 9 répondants sur 10 (88 %) n’accepteraient pas qu’un de leurs amis traite de "sales pédés" un couple homosexuel. Et pour 63 % des sondés, il est par ailleurs tout à fait normal qu’un couple d’amis gays s’embrassent en rue. Ils ne sont toutefois plus que 43 % à le penser pour un couple gay qui ne fait pas partie de leur cercle d’amis.

On distingue également dans l’enquête le lien plus prononcé entre la masculinité et l’homophobie. 47 % des sondés masculins disent expliquer clairement à leur fils que les relations hétérosexuelles représentent la seule norme, contre 26 % des femmes interrogées.

Des résultats encourageants selon Unia, mais qui relativise tout de même le cocorico d’une deuxième place dans le classement de l’ILGA-Europe. Bien entendu, les deux informations sont intéressantes. Mais l’une sans l’autre, elles ne donnent qu’un aperçu partiel de nos réalités… en tant que citoyen-ne-s…
et en tant qu’individu au jour le jour.

Vincent Bonhomme

 



Edito mai 2016 - La belle quinzaine

Contre-nature toi-même. Combien de fois, dans les discours des opposants au mariage homo, a-t-on entendu mobilisé cet argument de nature pour justifier le cordon sanitaire légal qui sépare les minorités sexuelles de la norme ? Très souvent, la nature convoquée dans ces débats charrie son lot de références transcendantales. Indiscutables donc.

C’est pourtant ce que nous vous proposons de faire lors de cette Quinzaine Arc-en-Ciel. Nous vous proposons de promener notre regard du côté de la nature. Nous l’observerons de nos yeux pour constater que, la nature, au plus près de chez nous, nous propose déjà une diversité de comportements sexuels et des configurations de genre qui démontent la rhétorique de la nature comme norme. La sexualité hétérosexuelle, le mariage, la fidélité, la féminité et la masculinité résisteront difficilement s’ils sont entendus comme des absolus indépassables.

Nous vous inviterons également à poser votre regard sur celles et ceux qui parlent de nature. Et ils sont nombreux. Biologistes, éthologues, médecins, psychiatres,… ils sont nombreux à étudier la nature. Mais leurs outils sont-ils absolument objectifs ? Se pourrait-il que leurs codes soient eux aussi discutables ? L’Histoire devrait ici pouvoir nous aider à y voir plus clair car peut-être le médecin du XIXème n’avait-il pas tout à fait le même point de vue ni les mêmes outils que son confrère contemporain.

Pour compléter notre panorama, nous nous pencherons sur celles et ceux qui s’inspirent des discours des naturalistes. La nature, les discours et les auteurs de discours, révélés par une photographie, une peinture ou un dessin, dix artistes liégeois ont répondu à notre appel et l’ensemble de leurs œuvres formera l’écrin de cette Quinzaine Arc-en-Ciel.

Une conférence-débat, une pièce de théâtre au Théâtre de Liège (le 17 mai !), une exposition pluridisciplinaire, une balade dans les bois du Sart Tilman, un moment pour les familles avec leurs enfants, une soirée de clôture… et bien entendu, un petit verre de péket à la Pride avec Tchantchès et Nanesse… ou Dalida, au choix ! Ne manquez rien de cette belle quinzaine et retrouvez le programme complet sur www.macliege.be.

Vincent Bonhomme

 



Edito avril 2016

Je fais un métier de solitude. Isolé dans un bureau confortable, entouré de bois, de fossiles et de livres, je suis bien loin du monde. Pourtant le monde fait de plus en plus de bruit. Je l’entends battre et rugir à grands coups sourds et lancinants. Il me devient de plus en plus difficile de me concentrer sans être distrait par les cris de ces gens qui souffrent aux portes de l’Europe, par les gémissements de cette femme qui est couchée dans le froid de ma rue ou par l’horreur de la haine qui peut s’abattre sur l’homosexuel. Je suis pétrifié, pétrifié par la honte de ma propre lâcheté face à ce monde qui me révolte. Nous ne sommes pas innocents de l’état du monde* disait Christiane Taubira lors de sa visite à Liège. C’est pour ça que je refuse de rester isolé de peur de me dessécher. C’est pour ça que je me suis engagé dans notre association.

Depuis que les mouvements LGBT existent en Belgique et dans le monde, des gens se sont battus, parfois même au péril de leur vie. Il se sont battus pour conquérir des droits ; ceux-là même qui aujourd’hui nous permettent de nous exprimer librement, de nous marier ou même d’avoir des enfants. Ces gens ont créé les conditions pour que nous puissions dire et décider*. Le combat n’est pas fini, loin s’en faut. Nous avons, en outre, un devoir de veille parce que le péril est grand face à ces forces, politiques ou autres, qui cherchent à grappiller nos droits. Je suis convaincu qu’il ne faut pas livrer nos libertés à ceux qui ne les supportent pas*.

S’il est une chose que mon investissement dans l’associatif m’a apprise c’est que nous ne sommes pas une masse uniforme sans relief. Nous sommes tous différents et c’est là notre richesse. Nous sommes homosexuels, lesbiennes, bisexuels, transexuels, noirs, blancs, grands, petits, gros, maigres, etc. Jamais, on ne pourra nous uniformiser. Jamais, on ne pourra effacer nos différences. Notre combat depuis des décennies est de montrer que nos différences ne nous excluaient pas, qu’il faut distinguer pour mieux relier* !

Je suis conscient depuis toujours que nous sommes tous embarqués dans le même bateau. Que notre avenir ne peut se construire qu’avec et auprès des autres*. Que ce sont nos énergies combinées qui feront avancer les choses. La Maison Arc-en-Ciel de Liège -  Alliàge m’offre la possibilité d’agir à mon échelle. J’y suis actif et militant. Je suis militant parce que je suis convaincu qu’il faut se battre. Je suis convaincu que nous pouvons, que nous devons changer les choses. Je suis militant par respect pour ceux qui m’ont précédé dans les associations LGBT. Je suis militant parce que je ne peux supporter la honte de ne rien faire. Je suis militant parce que je refuse de me laisser abattre et parce que je crois qu’un autre monde est possible.

Ce samedi 5 mars, Madame Christiane Taubira, ex-Garde des Sceaux et Ministre de la Justice française est venue déjeuner avec nous à la Maison Arc-en-Ciel de Liège. Cette grande dame de la politique a porté envers et contre tous et jusqu’à sa concrétisation la loi du Mariage pour Tous. Au cours des deux heures qu’elle a passées en notre compagnie, elle a pu aborder de nombreux sujets expliquant ses combats pour un monde plus juste, plus égal et plus libre. Mais au-delà de tous les mots, sa présence est un honneur qu’elle a rendu à nous tous et à notre combat.

Cyrille Prestianni

*Les phrases en italique sont extraites des discours prononcés par C. Taubira lors de sa visite à Liège les 4 et 5 mars derniers.

 



Edito mars 2016

Nous en parlions déjà le mois passé : le 24 avril prochain, la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge asbl tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en oeuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG de la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et, surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif-tive. Si vous ne l’êtes pas encore et que vous souhaitez participer à la vie de l’asbl en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2016, il est encore temps !

Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de "membre adhérent-e"). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 25 mars au plus tard. Il est nécessaire ensuite, d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secrets, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent-e : soit vous cotisez depuis plus d’un an et il vous faut, alors, recueillir la majorité absolue pour être élu-e ; soit votre adhésion est inférieure à un an et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut obtenir.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur-trice et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif-ve et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 25 mars au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent-e lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter et il faut, enfin, recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur-trice s’exerce pendant deux ans et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site : www.macliege.be en suivant présentation > missions > statuts) ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@macliege.be.

 



Edito février 2016

Après les affaires Jarfi et Kotnik, une nouvelle tentative d’assassinat homophobe à Liège ?

Les 12 et 17 décembre dernier, le journal La Meuse relatait le calvaire enduré par Guy, séquestré, violé, frappé, puis jeté dans l’Ourthe. Les faits se sont déroulés au mois de janvier 2015. Les deux agresseurs présumés ont été identifiés et interpelés par les forces de l’ordre en octobre et décembre 2015. Le parquet a retenu la tentative d’assassinat avec circonstance aggravante d’homophobie pour les deux inculpés.

Les faits :

Janvier 2015 : Guy va boire un verre dans le quartier du Longdoz. Il y rencontre deux hommes qui lui paraissent sympathiques et auxquels ils parlent de son homosexualité. Convaincu qu’il est en bonne compagnie, il monte dans leur voiture pour raccompagner une quatrième personne qui avait trop bu. Après avoir déposé cette dernière, les deux hommes l’emmènent au bord de l’Ourthe, à Angleur. C’est là que le calvaire de Guy commence. Il échappera de justesse à la noyade dans une Ourthe glacée après avoir subi ratonnades et sévices sexuels.

Février 2015 : Guy dépose plainte rapidement. La brigade judiciaire commence son enquête et retient d’emblée le motif homophobe de l’agression et, parallèlement, conseille à Guy de prendre contact avec la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge, ce qu’il fait le 3 février 2015. C’est un homme en état de choc qui sera reçu par l’un des employés de la MAC-Alliàge. Après lui avoir proposé un moment d’écoute puis de prendre contact avec l’une de nos personnes ressources psychologues, nous signalons l’agression au Centre pour l’Egalité des Chances.

De février à octobre 2015 : Guy se constitue partie civile et prend un avocat. L’enquête suit son cours et le premier agresseur présumé est interpellé.

Décembre 2015 : seconde interpellation en France, à Carcassonne. Les deux prévenus sont inculpés de tentative d’assassinat avec circonstance aggravante d’homophobie sur une personne psychologiquement fragile. C’est le soulagement pour Guy et deux articles paraissent dans le journal La Meuse (à notre connaissance). Au moment d’écrire ces lignes, la date du procès n’est pas encore connue.

Il se fait que certains d’entre nous, et probablement certains d’entre vous, connaissent Guy. Malgré une certaine fragilité psychologique et sociale, il a joué un rôle important dans le milieu associatif LGBT liégeois il y a de nombreuses années.

Comme dans l’affaire Kotnik, c’est à une personne fragile que les deux prévenus se sont attaqués. Comme dans l’affaire Jarfi, les agresseurs dominaient en nombre et ont utilisé un véhicule pour emmener leur victime dans un endroit isolé.

Pourtant, à ce jour, les médias ont peu relayé l’info.
Jacques Kotnik et Ihsane Jarfi ont été victimes d’agressions homophobes qui leur ont coûté la vie. Guy a eu la chance (mais peut-on parler de chance) d’en réchapper.

Suite à cette nouvelle agression, la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge :

- salue le travail de la brigade des mœurs et du parquet ainsi que la prise en compte par celui-ci de la motivation homophobe de l’agression ;

- demande à la Secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité des Chances, Madame Elke Sleurs, de relancer rapidement le travail sur le plan interfédéral de lutte contre l’homophobie et la transphobie initié par le précédent Gouvernement ;

- attire l’attention des autorités de la Ville de Liège sur la mise en œuvre de la circulaire COL 13/20131du Collège des procureurs relative a` la politique de recherche et de poursuite en matière de discriminations et de délits de haine ;

- demande au Gouvernement fédéral d’inclure la lutte contre les discriminations et délits de haine dans la Note Cadre de Sécurité intégrale2 ainsi que dans les priorités du futur Plan National de Sécurité.


Le Conseil d’administration de la Maison Arc-en-Ciel de Liège - Alliàge

 

1. La COL13/2013 est une circulaire du collège des procureurs relative au traitement des plaintes pour discrimination ou délit de haine. Cette circulaire prévoit notamment une communication en bonne intelligence entre le parquet et le Centre Interfédéral pour l’Égalité des Chances, la présence de magistrats de référence dans chaque arrondissement judiciaire et des agents de référence au sein de la police fédérale et communale.

2. La Note cadre de sécurité intégrale (NCSI) et le Plan national de sécurité (PNS), en discussion pour le moment au fédéral (et avec les entités fédérées), auront pour but de lister les priorités de la politique criminelle pour les prochaines années. Pour l’instant, les négociations se sont principalement focalisées sur le terrorisme.

 


 

Edito janvier 2016

2016, c’est parti !

Après deux années de changements qui nous ont amené à modifier les statuts (dont notre nom), à réorganiser le conseil d’administration et à mettre en place de nouvelles procédures de communication avec les membres du personnel, nous sommes prêts. Notre candidature pour l’obtention de l’agrément a été introduite en décembre dernier, notre communication a été entièrement retravaillée et un tout nouveau budget a été confectionné que le conseil d’administration vous soumettra lors de la prochaine assemblée générale en avril prochain.

L’appellation "MAC Liège" a également été choisie pour notre communication sur Internet. Si les anciennes adresses restent disponibles, vous nous trouverez également désormais sur www.macliege.be, sur Facebook à la page MAC Liège et vous pouvez nous contacter sur courrier@macliege.be.

La somme des travaux accomplis lors de ces deux dernières années est considérable et je souhaitais, au nom du conseil d’administration, remercier celles et ceux qui ont y ont contribué. Jean-Pierre, Manuel et Valérie, fidèles au poste et qui ont été mis à rude épreuve, particulièrement le dernier semestre 2015. Marine, qui nous a rejoint en cours de route et qui fait preuve d’une remarquable faculté d’adaptation. Les bénévoles qui ont suivi la formation accueil et qui vont renforcer cette cellule. Les bénévoles qui, accueil après accueil, repas après repas, Tea Dance après Tea Dance, soirée bop après soirée bop, balade après balade, parlante après parlante, petite conférence après petite conférence,… donnent de leur temps pour faire de la Maison Arc-en-Ciel de Liège - Alliàge, ce lieu de convivialité si précieux. Je ne serais pas complet si je ne saluais pas également nos partenaires, qu’ils soient associatifs, culturels ou commerciaux, ainsi que chaque membre de notre association qui milite, chacun à sa façon, pour défendre nos droits, promouvoir nos cultures, organiser une entraide ou faire vivre le secteur LGBT liégeois.

2016, c’est parti ! Reste que les chantiers devant nous sont encore nombreux. En décembre dernier, nous nous sommes fixés de nouveaux objectifs, pour répondre, encore mieux, aux missions qui vont (peut-être) nous être confiées avec l’agrément. Nouveaux publics, nouveaux partenariats, nouvelles méthodes de travail. La médiathèque et l’agenda font également partie de ces chantiers. La rénovation du bar aussi. L’amélioration des modalités de collaboration avec les autres associations LGBT liégeoises enfin. Mais avant de se remettre au travail et pour fêter avec nous cette nouvelle année qui commence, le conseil d’administration a le plaisir de vous inviter, toutes et tous, lesbiennes, gays, trans, bi, hétéros, blacks, beurs, plus jeunes, plus âgés, plus geek, plus sportifs, plus lascifs, plus hyperactifs,… toutes et tous, à notre verre du nouvel an, le dimanche 31 janvier prochain à partir de 11h !

Vincent Bonhomme

 


 

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Editos 2015


 

Edito décembre 2015

La capote a longtemps été le seul outil de prévention contre le VIH-sida. Tout récemment en Belgique (mais bien avant en France et aux Etats-Unis), la première campagne faisant la promotion de la prévention combinée a été organisée par la Plateforme Prévention Sida. La prévention combinée, c’est une panoplie d’outils qui doivent permettre de prévenir les infections. Les outils annoncés dans la campagne sont au nombre de trois.

La capote

Pour la première, je ne vous fais pas un dessin, on l’enfile et elle nous confère la protection disponible la plus haute pour le moment. Avec ça, on est proche du risque zéro. Mais voilà, les campagnes capotes ont perdu de leur efficacité. On se protège moins qu’avant. Est-ce le pessimisme ambiant, les films bareback, un changement de génération, la meilleure efficacité des traitements ou une combinaison de tout ça à la fois ? Difficile à dire. Mais la capote ne suffit plus.

Le traitement

Parallèlement, les chercheurs ont observé que les traitements, en plus d’augmenter notablement la qualité et l’espérance de vie des personnes séropositives, diminuaient le risque de transmission aux partenaires en cas de prise de risque. Il y a désormais un consensus, si la personne séropositive prend correctement son traitement et que sa charge virale est indétectable, alors il y a une réduction significative du risque de transmission. C’est ça qu’on appelle le traitement comme prévention.

Le dépistage

Mais voilà, pour être sous traitement, il faut savoir qu’on est infecté. C’est là qu’intervient le troisième outil : le dépistage. Désormais, c’est ultra simple de se faire dépister régulièrement. Que ce soit lors d’une prise de sang de routine chez votre généraliste ou votre maison médicale ou par une goutte de sang prélevée au bout d’un doigt par une organisation spécialisée, en milieu festif par exemple… à peu près tout est possible. On peut même acheter un test sur Internet et le faire chez soi… dans ces conditions, nous vous recommandons tout de même de vous entourer d’un proche ou d’en informer votre généraliste ou votre maison médicale. Si le résultat est positif, il faut pouvoir gérer le choc pas forcément évident à encaisser.

Voilà les trois premiers outils. On se protège. Si on a tout de même pris un risque, on se fait dépister. Si on est positif on suit un traitement.

PEP et PrEP

Restent deux outils. Tout d’abord, le Traitement Post Exposition (TPE ou PEP pour post-exposure prophylaxis). Celui-ci est proposé dans le but de diminuer le risque d’être contaminé par le VIH après une prise de risque. Pour être efficace, il doit être commencé idéalement dans les heures qui suivent la prise de risque et au grand maximum 72 heures après. Ce traitement est lourd et fonctionne comme une trithérapie durant quatre semaines. Il permet, selon les études de diminuer le risque d’infection de 80 %.

Et enfin, la PrEP (prophylaxie pré-exposition). On en parle beaucoup en France pour le moment car, dès 2016, la PrEP sera accessible et prise entièrement en charge par la sécurité sociale. Il s’agit pour un séronégatif de suivre un traitement avant d’être exposé, ce qui réduit les risques de transmission. L’Agence française de sécurité du médicament a donné son feu vert à l’utilisation de la PrEP moyennant une recommandation temporaire d’utilisation (RTU) délivrée par un spécialiste. Les conditions pour se voir formuler une RTU ne sont pas encore définies.

En Belgique

La nouvelle ministre de la santé, Maggie De Block, semble avoir enterré les travaux du plan VIH initiée par sa prédécesseur, Laurette Onkelinx. Or la Belgique est très en retard par rapport à tous ses voisins. En 2014, on affichait encore un taux de transmission de 10 pour 100.000 personnes là où la France passait sous la barre des 7 pour 100.000 et les Pays-Bas sous la barre des 5 pour 100.000.

Un engagement fort et coordonné des autorités fédérales, communautaires et régionales sera nécessaire pour inverser la tendance.

Vincent Bonhomme

 


 

Edito novembre 2015

Le droit se réserve-t-il des moyens de contrôler notre sexualité ? La réponse est oui, bien entendu. Petit tour d’horizon de ces quelques mots inscrits dans nos codes civil et pénal (et budgets communaux) et qui pèsent sur nos plaisirs.

Commençons par le mariage. En son article 213, le code civil prévoit que les époux se doivent mutuellement fidélité, secours et assistance. Si un époux est infidèle, il commet dès lors une faute, qui peut lui coûter cher. Et même si depuis la réforme du divorce en 2007 (date à laquelle le législateur introduit le divorce pour désunion irrémédiable), cette faute peut ne pas être prise en compte lors du jugement, il nous revient que, pour ce qui concerne les pensions alimentaires, la jurisprudence tient toujours compte de cette faute à l’heure actuelle. Le législateur estime donc que la sexualité, c’est la monogamie .

Continuons ensuite avec la sexualité publique. Cette fois, c’est l’outrage public aux bonnes mœurs qui peut être invoqué. L’article 383 du code pénal prévoit que quiconque aura exposé, vendu ou distribué des chansons, pamphlets ou autres écrits imprimés ou non, des figures ou des images contraires aux bonnes mœurs, sera condamné à un emprisonnement de huit jours à six mois […]. D’autres articles précisent qu’on ne peut chanter, lire ou réciter des obscénités dans les lieux publics. Et enfin, l’article 385 sanctionne quiconque aura publiquement outragé les mœurs par des actions qui blessent la pudeur. Reste à définir les bonnes mœurs, la pudeur et l’obscénité… notions particulièrement floues et arbitraires s’il en est.

Une autre notion inscrite dans le code pénal et qui n’a pas manqué d’alimenter les commentaires juridiques est celle de débauche et plus particulièrement tenue d’une maison de débauche. C’est sur base de cet article que fut inquiété le patron du sauna Macho à Bruxelles, Michel Vincineau, dans les années 80. La définition de la notion de débauche a été centrale lors des jugements émis par les différentes juridictions du pays.

Le contrôle de la sexualité par des dispositions légales peut également prendre d’autres formes. Songeons à une taxe communale qui toucherait exclusivement un seul établissement sur son territoire. C’est le cas d’un autre sauna, le Zenhit, à Neufchâteau. Cette taxe communale qui concerne les clubs privés a été votée en 2013 et est inscrite au budget depuis 2014. Le sauna ayant ouvert en 2012, peut à tout le moins se poser des questions.

On pourrait multiplier ces exemples à l’envi. Le mois prochain, c’est sur ces deux "affaires" (le Sauna Macho et le Zenhit) que nous reviendrons lors de notre 4ème Petite conférence. Nous aurons le plaisir d’entendre Philippe Detournay, propriétaire du Zenhit, ainsi que Nicolas Thirion, Professeur à la Faculté de Droit de l’Université de Liège. Pour celles et ceux que ces questions intéressent, ça se passe le 5 décembre prochain à la Maison Arc-en-Ciel de Liège.

Vincent Bonhomme

Photo : www.lameuse.be (© L.D.)

 


 

Edito octobre 2015

Entretien avec Hassan Jarfi

Certains pays musulmans appliquent une version littérale de la charia dans laquelle la sodomie est considérée comme un crime punissable par la lapidation. Entretien avec Hassan Jarfi, ancien professeur de religion islamique et père du défunt Ihsane, assassiné à Liège en 2012 à cause de son homosexualité. Un regard posé sur la relation entre la religion et l’homosexualité.

Pourriez-vous nous expliquer ce que dit exactement l’islam au sujet de l’homosexualité, est-ce un péché ?

Hassan Jarfi : En guise de préambule, je tiens à avertir le lecteur que ma réponse va balancer entre deux tendances actuelles face aux textes religieux, pour justifier les différentes positions par rapport à l’homosexualité. Il n’y a donc pas d’unanimité en Islam vu que les schismes ont toujours existé depuis la mort du Prophète en 632, et qu’il serait grave de comprendre que les Musulmans voient, du même œil, une réalité sociale et humaine plurielle et diversifiée.

En effet, deux courants majeurs divisent la pensée islamique, le premier comprend les textes au premier degré, exotérique et le second utilise des moyens scientifiques pour en dégager le sens et renforcer sa foi.
Quand on parle de l’Islam, on fait intervenir les quatre éléments qui constituent sa Loi : Le Coran, la tradition, l’analogie et le consensus.

Si on se réfère au Coran, qui est pour nous la parole révélée de Dieu, et qui ne peut faire l’objet d’aucun doute, des versets condamnent la pratique de la sodomie, comme elle l’est dans les autres religions monothéistes.

Après Le Coran, vient la Tradition du Prophète (La Sounna), qui englobe les paroles, les actes et les silences (accords tacites) du Prophète. Sa particularité est qu’elle ne fait pas l’unanimité comme Le Coran, puisqu’elle contient des degrés de certitude, voire des refus pour une partie selon qu’on soit sunnite ou chiite. Certains califes avaient interdit son usage de peur qu’elle ne soit confondue avec la Révélation. Mais les siècles suivants vont lui donner pourtant une place aussi importante que le Coran, puisqu’elle vient au deuxième rang en tant que source de la loi.

Sans nous attarder sur les particularités historiques de la tradition, on trouvera certains textes, qui rejoignent Le Coran et condamnent la sodomie, et non "l’homosexualité" puisque ce nom, n’a été découvert qu’à la fin du siècle dernier. Or il existe bien une différence entre l’homosexualité (qui est un état) et la sodomie (qui est une pratique).

« Croyez-vous qu’il suffit de faire la prière pour être un bon musulman quand on ment, qu’on va dealer, etc. ? La religion, c’est d’abord le comportement avant le rituel, ça, c’est la cerise sur le gâteau. » Hassan Jarfi.

Le musulman se posera facilement la question de savoir comment un texte coranique peut condamner un homme pour un état dont il n’est pas responsable. Autrement dit, il y a un conflit entre "le bon sens" et la
"Parole divine ou prophétique" et seule l’Interprétation viendra atténuer comme c’est le cas pour les versets anthropomorphiques. Averroès, parmi tant d’autres humanistes comme Tawhidi, a développé cette proposition dans son Traité décisif.

Pour des raisons de leader-ship, les hommes qui souhaitent faire de la religion une profession (Rijal
Ad–Dine
), avaient codifié la Révélation par la construction des barrières contre tout effort de réflexion personnel, afin d’écarter leurs ennemis (les penseurs, philosophes etc.) et imposer leur propre pouvoir à la communauté. Par ce pouvoir politico-religieux, ils se sont érigés en clergé éclairé par la sacralité de la religion et ont fait de la religion "une chasse gardée" interdite aux profanes rabaissés au grade de "MOUQALLID" imitateurs et exécutants. Alors qu’ils s’attribuent le noble qualificatif « d’Oulémas » (savants) en se positionnant comme "héritiers de la Prophétie" et inventent "l’accord de la Communauté" (Ijma’ al-oumma) ; un consensus qui n’a jamais existé sauf dans les textes de ce clergé et qui deviendra, à son tour, la quatrième source de la loi islamique après l’analogie : L’imam Dhahabi (mort en 748) a écrit dans Al Kabâ’ir (p. 201) : "Les musulmans sont en consensus sur le fait que l’homosexualité fait partie des grands péchés".

Le Coran ne pose pas de problème au croyant, mais son interprétation par le clergé s’oppose à la Foi, dans la prédestination, selon laquelle "tout être est orienté vers ce que Dieu lui a attribué comme état" : sexe, parents, naissance, mort, je veux dire tous les états qui échappent à la volonté humaine. Or puisque l’homosexualité n’est pas un choix, pourquoi la condamner alors qu’elle n’est pas volontaire ?

Dans le respect du droit à la vie, et à la dignité de tout être humain selon ses propres choix, le clergé devra actualiser sa vision du monde sur une série de réalités s’il veut garder son pouvoir "ibrant". D’autant plus que nous présentons ci-dessous quelques pistes de réflexions dans le but de séparer le sacré du profane :

A. L’interdiction de l’homosexualité dans Le Coran est identique aux autres croyances monothéistes.
Le Coran reprend des récits bibliques, qui demandent un véritable retour au contexte historique pour faciliter leur approche, l’usage de la langue sera d’un secours appréciable. Ceci nous pousse à nous demander si les homosexuels n’ont jamais existé au temps du Prophète de l’islam, car cette époque qui a connu la Révélation et la présence du Prophète est qualifiée de "pure".

B. Comment cette époque (pure) a-t-elle pu les intégrer ?
Le contexte historique démontre bien que des hommes qualifiés de "MOUKHANNATE" c’est-à-dire ayant une gestuelle, un discours et une personnalité féminine avaient bien existé du temps du Prophète sans être inquiétés. Certains avaient également des responsabilités dans la société, comme "ANJACHA" en présence de qui, les femmes n’avaient pas l’obligation de se voiler.
Rappelons que l’Islam est né dans une société orale, où les poètes avaient la fonction de l’information, ils relataient les évènements des tribus, la vie quotidienne, il suffit pour cela d’étudier les genres poétiques (aghrad achi’r) pour s’en apercevoir. Ces documents/poèmes nous informent sur l’existence ordinaire de personnes différentes par leur orientation sexuelle.

« Nous, les musulmans, nous voulons un islam qui respecte les valeurs universelles, tout simplement, les droits de l’homme. Nous devons avoir une lecture contemporaine de l’islam, avec un regard du XXIe siècle, à la lumière des droits de l’homme. Et cette lumière-là, elle impose ce que beaucoup de pays musulmans ont déjà accepté, mais sans le crier très fort, c’est l’égalité de l’homme et de la femme, c’est le refus de marier les petites filles de huit ans que certains pays acceptent en ignorant
les viols... »
Hassan Jarfi.

L’islam – comme les autres religions – a ses interdits, qui sont respectés de manière subjective. Prenons quelques interdits, comme la désobéissance aux parents, la consommation d’alcool, le mensonge, le vol, le meurtre, l’adultère, la drogue, les relations sexuelles en dehors du mariage qui sont interdits dans l’Islam. Il est évident que tous les musulmans ne respectent pas ces interdits et personne ne se sent offusqué. Pourtant, la foule lyncherait facilement un homme qui aurait un comportement efféminé et fermera les yeux sur un assassin, ou un criminel. Cette double mesure, prouve bien que le musulman classe sa réaction en fonction de la société dans laquelle il vit et non selon les principes religieux, ce qui renforce l’explication sociale et non-religieuse même si le prétexte invoqué reste la religion.

On a, d’un côté, le clergé qui demande aux musulmans d’adopter une attitude de haine et de rejet des homosexuels. Et de l’autre, le bon sens et la raison qui font sortir cette demande de la compétence religieuse.

La sanction religieuse qui s’oppose au bon sens, cherche sa protection dans des textes religieux (divins) interprétés pour l’occasion. Interprétation humaine qualifiée par certains penseurs de "chizophrénie culturelle", car elle va contre "la réalité et la foi" en ignorant le contexte linguistique au passage. Car ils disent : "Dieu est précis dans Sa création et il l’est également dans Sa parole" où chaque mot mérite une analyse philologique et contextuelle.
Il s’agit de faire une lecture dynamique qui demande un effort raisonnant, "la théologie, c’est l’intelligence de la foi à l’épreuve du temps", soutient Mohamed Arkoune.

Dans ce cadre, le clergé musulman perdrait sa sacralité en réintégrant son champ social en tant qu’acteur, rendant à l’individu son droit de penser, libre de toute contrainte répressive, ce qui permettrait une interprétation sémantique et historique sous l’éclairage de la philologie des versets tels que : "Vous avez commis une turpitude qu’aucun peuple avant vous n’a commise". Cette turpitude-là, c’est le fait de s’être attaqué à des voyageurs qui sont venus demander l’hospitalité (sacrée socialement) et non l’homosexualité (terme inconnu à cette époque) puisque la pratique sexuelle ne faisait l’objet d’aucune distinction depuis l’Antiquité.

Comment, en tant que musulman, percevez-vous l’homosexualité ?

Je trouve dommage que nous devions parler d’homosexualité aujourd’hui, car il ne doit pas y avoir de problème où de différence en relation avec l’homosexualité. Il y a des gens. Chacun vit de la manière qu’il souhaite et qu’on arrête un peu cette distinction entre homos, hétéro, lesbienne, trans, etc. Si l’on parle aujourd’hui de l’homosexualité, c’est parce que les homosexuels sont discriminés, agressés. Si ce n’était pas le cas, on n’en parlerait pas. Chacun vivrait de façon normale. On peut y arriver, mais il ne faut pas rester inactif. Il faut avoir un objectif en tête, militer pour les valeurs universelles, ça doit faire partie de mon mode de vie. Dès le moment où l’on ferme les yeux et négligeons de répandre ces valeurs universelles, on risque des surprises. Ceux qui ont tué Ihsane, c’est le fruit de la société, c’est des gens d’ici, pas des gens dans les mosquées. C’est des gens comme tout le monde. Cela signifie que cette façon de penser, elle existe dans la société dans laquelle nous vivons. Pas la petite société de la communauté musulmane et c’est là où il faut mener le combat. Parce que les musulmans savent très bien que l’alcool est interdit et il y en a qui boivent et qui sont acceptés. Ils savent très bien que les braquages sont interdits et il y en a qui braquent et qui sont acceptés. Il y a beaucoup de choses qui ne doivent pas exister, mais qui existent quand même et cela ne fait pas de leurs auteurs des gens rejetés par la communauté musulmane.

D’un côté, on permet beaucoup de choses et d’un autre, on se braque sur l’homosexualité comme étant quelque chose de grave, un grand péché que l’on dramatise. Il faudrait un classement des valeurs. Est-ce que l’homosexualité est une faute ? Est-ce une maladie, un péché, une turpitude ?... Des questions politiques qui détournent les esprits opposants vers des dérivations au nom de la religion.

La Tunisie a fait un grand effort. Le président du mouvement radical de la renaissance, a déclaré qu’il ne nous appartenait pas d’aller espionner les gens et ce qu’ils font derrière leur porte. C’est déjà un pas.

Ces derniers temps, on peut lire régulièrement dans la presse que des exactions ont lieu à l’encontre des homosexuels. Que diriez-vous aux personnes qui justifient par la religion des actes de violence à l’encontre des homosexuels ?

Un retour au Coran. Un retour à la tradition authentique du Prophète, avec un regard dynamique.

Averroès dit qu’à partir du moment où vous avez un texte qui dit quelque chose qui est contraire au bon sens, vous devez l’interpréter. La plupart des imams qui commencent leur formation en tant qu’imam commencent par l’étude d’un livre d’Averroès, qui s’appelle le "Début de l’effort" intellectuel.

Si on fait l’effort de s’adapter au contexte d’aujourd’hui en supprimant certaines lois, on peut faire l’effort pour toute une série de comportements. Par exemple, quels sont les pays qui coupent la main des voleurs aujourd’hui ? Pratiquement plus. Ces pays-là, qui sont musulmans, ont fait un effort et n’appliquent plus cette loi qui se trouve dans Le Coran. Comme ils ont fait un effort pour cette loi-là, ils peuvent faire un effort pour d’autres lois. Même s’ils arrivent à prouver que l’homosexualité est interdite, moi, je leur poserai la question de savoir s’ils sont d’accord avec la mort de mon fils. S’ils ne sont pas d’accord, que faudrait-il faire pour que cela ne se reproduise plus ? La réponse est de lutter contre l’homophobie.

Heureusement qu’il y a des lois, si quelqu’un se trouve homophobe, il sait que la loi est là pour le punir s’il transgresse la limite en allant par exemple attaquer quelqu’un qui est différent de lui. Malheureusement dans certains pays, la loi n’a pas changé et c’est ce qui encourage la mentalité à revenir de plus en plus en arrière. Dans certains pays, on voit à nouveau la notion de blasphème, les relations sexuelles en dehors des liens du mariage, etc. Or il faut arriver à l’émancipation de l’homme.

Je suis heureux de pouvoir vivre en Belgique parce qu’il y a pas mal de libertés et responsabilités. C’est un pays de droit qui protège les gens, qui interdit les infractions. Heureusement que la loi est là pour faire respecter les valeurs et l’éthique quand l’éthique religieuse n’est pas citoyenne.

Propos recueillis par Manuel Magalon

Image 1: De l’amour chez les Arabes (par le peintre-miniaturiste, Al-Wâssiti de Baghdad, Xè siècle).
Image 2 : Photo : DR.

 


 

Edito septembre 2015

En une soixantaine d’années, le mouvement LGBT est passé de la clandestinité presque complète à une organisation publique et structurée. La prochaine étape de cette structuration, en Belgique francophone, sera la reconnaissance des maisons arc-en-ciel par la Région wallonne dès 2016 (le calendrier est désormais confirmé), soit deux ans après la reconnaissance de la fédération homo-étudiante – les CHEFF – en organisation de jeunesse. Notre fédération, Arc-en-Ciel Wallonie, devrait, elle-aussi, bénéficier d’une reconnaissance dès l’année prochaine. Ce mouvement d’institutionnalisation de l’associatif LGBT marque une nouvelle étape dans nos relations avec les pouvoirs publics. Cette forme de contrat social s’apparente à un mandat dont les missions sont inscrites noir sur blanc dans les nouvelles dispositions décrétales wallonnes et avec lequel nous devrons désormais composer.

Composer est bien le terme. En effet, outre que nous remplissons déjà, au quotidien, la plupart des missions prévues par le décret, il n’en reste pas moins que ces nouvelles opportunités financières vont de pair avec un accroissement de la charge administrative, ainsi qu’avec un contrôle accru de nos actions par les pouvoirs publics.

Comment dès lors éviter au mieux le conformisme imposé de facto par l’agrément des maisons arc-en-ciel et conserver au mieux notre capacité de création et de liberté ?

Le défi qui est devant nous consiste donc en un réenchantement de notre capacité de subversion des normes hétéro-patriarcales qui gouvernent encore trop souvent nos corps tout en s’accommodant d’un cadre plus rigide. En d’autres termes, il nous faudra jongler avec notre volonté historique de déconstruire et mettre en lumière les pouvoirs qui contraignent les hommes et les femmes à respecter les canons de la masculinité et de la féminité, ainsi que les carcans qui contraignent les relations amicales et amoureuses, tout en remplissant nos missions d’aide aux personnes LGBT.

C’est un exercice d’équilibriste auquel nous sommes déjà habitués, mais qu’il faudra appréhender avec encore plus d’acuité à l’avenir.

Nous y sommes habitués car nous avons déjà eu à réguler certaines contradictions apparentes lors du combat pour l’ouverture du mariage aux homos. Certains n’y voyaient qu’une soumission à l’ordre bourgeois, là où d’autres y percevaient une plus-value pédagogique qui s’inscrivait dans une institution qui n’était déjà plus patriarcale.

Le relatif succès du mariage homo (et de la cohabitation légale) a montré que cette modification du code civil était attendue par de nombreux couples et que le mariage tel qu’il était vécu par nos grands-parents a désormais vécu. Bien sûr, on doit toujours se jurer fidélité, mais il faut admettre que cette disposition légale est souvent accueillie avec beaucoup d’humour par les personnes concernées et que la capacité d’inventer de nouvelles formes de relations humaines n’a pas été écornée par l’ouverture du mariage (peut-être cette capacité est-elle mise à mal ces dernières décennies, mais faire le lien avec l’ouverture du mariage parait assez hypothétique).

Voici donc notre aptitude à créer des espaces de liberté pour nos corps une nouvelle fois mise en jeu. La Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge a toujours été un de ces espaces, par la culture, par la convivialité, par l’extraordinaire hétérogénéité de nos publics (au travers de nos différentes activités), par le travail de nos accueillants et de notre équipe de travailleurs.

Vincent Bonhomme

 



Edito juillet 2015

Conjuguer en vacances

Rester célibataire et flirter sur le net, s’attacher à un sex friend, concevoir des projets de mariage, réfléchir à la parentalité, profiter des beaux jours pour faire les parkings et les parcs, remplir son calendrier de prides diverses et variées, partir en vacances dans le Larzac ou à Mykonos, relire Les Cent Vingt Journées de Sodome ou Sodome et Gomorrhe, voir ou revoir The smell of us et The torch song trilogy, baiser pour la première fois dans une salle de cinéma ou dans une grange à foin, recroiser une ancienne copine qui n’a pas changé, se proposer comme bénévole, s’engager, remplir sa déclaration d’impôt, se créer un profil sur un site libertin, sur Tinder, Hornet ou Grindr ou Planetromeo, se promettre de se remettre au sport, mais alors avec douches collectives, repenser à Sitges et sa plage de la muerte, regarder les jupes et les shorts s’épanouir dans les rues, bien choisir sa place dans le bus ou le train, s’installer à une terrasse et être distrait, revoir le sex friend et se dire que c’est la dernière fois, s’épiler, se raser, se laver, et sortir toute la nuit, rentrer et entendre les oiseaux, s’enfiler une côte à l’os en buvant un excellent pinard, lascif, dans un jardin, refaire le monde sous un tilleul, penser, un peu, à la famille, rester chez soi et déballer son nouveau vibro, trois vitesses, se donner rendez-vous au village gaulois ou au château de Franchimont, préférer les jeux de la campagne à ceux de la ville, être à poil en bord de Semois, ou plus habillé à la Boverie et regarder la ville se transformer, les buissons repousser, les jardiniers retailler, accepter de nouvelles responsabilités, s’engager en terrain inconnu, mais avec confiance, murmurer avoir déjà couché pour de l’argent, essayer les toilettes de droite, ou de gauche, être éméché et siffloter, et regarder des chevilles qui dansent, un irrépressible sourire, elle a de l’allure sur sa vespa, se souvenir de ses horaires de travail, attendre, revoir le blanc de sa peau, le caresser, l’aimer un peu, partager, réécouter ce vieux disque espagnol qui traîne, à moins que ce ne soit de l’italien, et la plage, ces cordons dunaires sans fin, ces ébats à l’ombre de jeunes garçons, ou de moins jeunes, ou de moins garçons, et de la musique en bas des reins, c’est extra,…

Mais surtout, surtout,… les tapas et la sangria à la Maison Arc-en-Ciel de Liège le 10 juillet prochain à partir de 19h.

Bonnes vacances !

Vincent Bonhomme

 



Edito juin 2015

La Pride 2015 a été un beau succès. 80.000 personnes dans les rues de Bruxelles (malgré un petit crachin début d’après-midi), des relais médiatiques en cascade, une présence et des annonces politiques intéressantes. Petit tour d’horizon.

Au fil des ans, l’attention médiatique accrue autour du 17 mai et de la Pride ont transformé ces rendez-vous en incontournables rendez-vous politiques. Il faut dire que la couverture médiatique a, elle aussi, peu à peu, évolué. Il y a à peine quelques années d’ici, les journalistes se contentaient de regarder passer les chars, décrivaient les plumes, pointaient le cuir et le latex.
Cette année, l’approche a un peu changé. Cette année, les journalistes ont regardé passer les chars, ont décrit les plumes, ont pointé le cuir et le latex… mais ils ont aussi parlé de politique.
Cela a commencé avec la venue de la plateforme américaine Men having babies et la gestation pour autrui (GPA, les mères porteuses). Les débats qui ont lieu au Sénat ont été évoqués et on a pu voir partisans et opposants à la GPA (commerciale ou altruiste) s’écharper dans Mise au Point le dimanche suivant la Pride.

Ensuite, côté politiques régionale et communautaire, chacun s’est positionné. La Région wallonne a annoncé l’adoption des arrêtés d’exécution du décret Maison Arc-en-Ciel. Celui-ci devrait porter ses fruits à partir de 2016 (enfin !). Et côté Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est le décret anti-discrimination qui a été modifié pour assurer une meilleure protection des personnes transgenres. Le tout a été largement relayé par la presse.

Au fédéral… on est plus en peine à voir poindre une initiative politique intéressante sur les thématiques LGBT. La Secrétaire d’Etat à l’Egalité des Chances semble favorable à une correctionnalisation des délits de presse liés à tous les types de discrimination (c’est déjà le cas pour les délits de presse racistes, ce qui améliore le traitement des plaintes en la matière). Mais pour mettre en œuvre cette mesure, il faudrait… réviser la Constitution. Et - cette initiative venant d’une Secrétaire d’Etat N-VA - difficile de ne pas imaginer un agenda caché là derrière.

La N-VA. Justement. Ce parti a aussi été au cœur de l’attention médiatique dans les jours qui ont précédé la Pride. La RainbouwHouse de Bruxelles (l’équivalent d’Arc-en-Ciel Wallonie à Bruxelles) a sorti un communiqué demandant à la N-VA de réfléchir à ses valeurs. Depuis quelques années, la N-VA est présente sur la Pride avec un char (comme d’autres partis politiques). Le problème, c’est que la Pride est une fête de la diversité dans son ensemble. Pas question de fêter les LGBT et d’en stigmatiser d’autres.

Le grand absent de cette année. C’est celui que, pourtant, les associations réclamaient le plus : un nouveau plan de lutte contre l’homophobie. Le plan adopté lors de la précédente législature est pour ainsi dit resté lettre morte. Des bruits de couloir nous avaient informés que le fédéral consultait les entités fédérées en la matière… mais nous n’avons encore rien vu venir à ce jour.

Voilà pour la Pride et le 17 mai, côté politique et médiatique. Côté associatif, beau succès aussi pour notre opération drapeau arc-en-ciel dans les communes liégeoises. Au moment de rédiger ces lignes, nous en sommes toujours au décompte du nombre d’Hôtels de Ville qui ont hissé le drapeau arc-en-ciel sur leur façade pour le 17 mai, mais les photos qui nous sont revenues montrent que cette opération suscite, pour la deuxième année, un certain enthousiasme (voir notre profil Facebook).

De nombreuses autres initiatives ont montré une fois de plus la vivacité de la vie associative LGBT à Liège et c’est tant mieux ! Le mois de mai 2015 restera dans les mémoires comme un très beau rendez-vous, festif, associatif, médiatique et politique.

Vincent Bonhomme

 



Edito mai 2015

Si j’ai mal à la gorge, je peux consulter un médecin. Celui-ci va m’examiner, poser un diagnostic et, éventuellement, me prescrire des médicaments. Le schéma est le suivant : symptômes, diagnostic, traitement.

Pour un mal de gorge ou d’autres symptômes observés couramment par la plupart des médecins généralistes et qui renvoient à des maladies connues du grand public, le canevas est simple.

Mais les symptômes et les maladies peuvent être plus ou moins rares, plus ou moins faciles à traiter, et, si l’on se penche sur les désordres mentaux, l’objectivité scientifique peut confiner au mirage. C’est ce qu’on voit à travers l’histoire des classifications des maladies.

L’une de ces classifications est produite par l’Organisation mondiale de la Santé : la CIM, pour Classification internationale des Maladies (ICD en anglais). C’est un registre des maladies dans lequel on retrouve toutes les pathologies existantes considérées comme telles. C’est l’une des bibles médicales.

La CIM fait l’objet d’évaluations et de révisions périodiques. Historiquement, elle nait en 1893 sous la direction d’un médecin français, Jacques Bertillon, mandaté par l’Institut international de Statistique pour proposer une classification des différentes causes de mortalité. Cette première CIM fait l’objet de 5 révisions jusqu’en 1938. Dès 1945, c’est l’OMS, nouvellement créée, qui est chargée de l’évaluation et de la mise à jour de la CIM. Trois ans plus tard, en 1948, la CIM-6 est publiée. Et un an plus tard, un chapitre sur les troubles mentaux y est joint, parmi lesquels, les déviances sexuelles dont l’homosexualité.

Il semblerait que la curiosité croissante des médecins pour les troubles mentaux, à la fin des années 40, soit lié, notamment, à la seconde guerre mondiale et à l’intérêt croissant que l’armée étasunienne porte à ses vétérans et leur stress post-traumatique.

C’est donc en 1949 que, formellement, les soucis commencent. Dans les années qui suivent (et encore de nos jours), des recherches médicales vont être menées pour tenter de circonscrire les symptômes, définir des protocoles, formuler des diagnostics et, in fine, proposer des traitements de l’homosexualité.

Ce n’est que le 17 mai 1990, soit 41 ans plus tard, que la version 10 de la CIM ne comprend plus de référence directe à l’homosexualité comme étant une pathologie. C’est cette CIM-10 qui est toujours en vigueur à l’heure actuelle.

Reste que la CIM-10 continue de mentionner qu’une orientation sexuelle mal vécue peut constituer un trouble psychiatrique en soi. De nombreux autres troubles de la sexualité sont d’ailleurs toujours inscrits, comme le voyeurisme, l’exhibitionnisme, le fétichisme, le travestissement, le sadomasochisme,… de même que le changement de genre est toujours considéré par les médecins comme un trouble psychiatrique.

En 2017, les travaux de rédaction de la CIM-11 aboutiront. Une version bêta de la CIM-11 est accessible en ligne pour permettre à toutes les parties prenantes qui le souhaitent de formuler des commentaires. Certains groupes de travail chargés de faire des propositions pour la CIM-11 ont plaidé pour retirer purement et simplement la catégorie F66 de la CIM. C’est cette catégorie qui recense les désordres psychologiques et comportementaux associés à l’orientation et au développement sexuel.

Bien entendu, nous espérons qu’ils seront entendus. Et bien entendu, nous continuerons, nous aussi, de plaider pour que les comportements sexuels sortent du champ de compétence des médecins.

Le 17 mai, c’est ça que nous commémorons : le retrait de l’homosexualité du registre des maladies mentales.

C’est une date importante, qui marque la fin d’un règne, de 41 ans du stéthoscope sur nos amours.

Vincent Bonhomme

 



Edito avril 2015

Enrichir le modèle

Notre corps est l’objet de contraintes (les vêtements que je peux porter, les personnes que je peux fréquenter, les baisers que je peux donner,…) pourtant la question des libertés est centrale dans le militantisme LGBT. Liberté de tomber amoureux, liberté de fréquenter tel bar, tel restaurant, telle association, liberté de fonder une famille, de venir à la fête du personnel accompagné, de raconter son week-end à ses collègues, liberté de ne pas être masculin ou féminin, liberté d’être masculin ou féminin. Liberté sexuelle.

Poser la problématique en termes de liberté permet de réinvestir le champ de la liberté sexuelle.

C’est une vraie question qui nous concerne tou-te-s et qui doit être abordée avec de plus en plus de précautions tant la morale et ses partisans ont prompts à jeter l’opprobre sur celui ou celle qui ne respecte pas les conventions d’une sexualité normale.

Gayle Rubin, dans son essai d’anthropologie politique du sexe "Surveiller et jouir", synthétise, de façon extrêmement efficace, la hiérarchie entre ce qu’est le bon sexe et le mauvais sexe. L’image qu’elle mobilise est de type pyramidal.

Extraits

Nos sociétés valorisent les actes sexuels selon une hiérarchie de valeurs sexuelles. Le sexe conjugal ou reproductif est à lui seul au sommet de la pyramide. En dessous se massent les couples hétérosexuels monogames non mariés, suivis par la plupart des hétérosexuels. Le sexe solitaire est dans un entre-deux vague et ambigu. L’opprobre jeté par le XIXème siècle sur la masturbation survit encore sous des formes atténuées et modifiées, par exemple l’idée reçue que la masturbation est un substitut inférieur à une relation de couple.

Les relations homosexuelles masculines et féminines durables et stables frisent la respectabilité, mais les gouines qui trainent dans les bars pour draguer et les homosexuels qui vivent dans la promiscuité peinent à s’extraire du groupe situé en bas de la pyramide. Les castes sexuelles les plus honnies à l’heure actuelle sont les transsexuels, les travestis, les fétichistes, les sadomasochistes, les travailleurs du sexe comme les prostituées et les acteurs porno.

Les individus dont le comportement sexuel correspond au sommet de cette hiérarchie sont récompensés par un certificat de bonne santé mentale, la respectabilité, la légalité, la mobilité sociale et physique, le soutien des institutions et des bénéfices d’ordre matériel. A mesure que les comportements ou les intérêts des individus se situent au niveau inférieur de cette échelle, ces derniers sont l’objet d’une présomption de maladie mentale, d’absence de respectabilité, de criminalité, d’une liberté de mouvement physique et sociale restreinte, d’une perte du soutien institutionnel et de sanctions économiques.

On mesure à quel point les outils développés par Gayle Rubin dans son militantisme anthropologique, féministe, lesbien et sadomasochiste nous concernent directement. La question de la liberté s’y inscrit en filigrane. Mais elle pose également de nombreuses autres questions qui renvoient directement aux études sur le genre et la sexualité. Si ces questions vous intéressent, l’ouvrage de Gayle Rubin peut être consulté à la médiathèque de la Maison Arc-en-Ciel de Liège. Comme de nombreux autres.

Vincent Bonhomme

 



Edito mars 2015

Au mois de février, le Sénat entamait ses travaux sur la gestation pour autrui, l’occasion pour les forces conservatrices de se faire à nouveau entendre. Si la Belgique n’est pas habituée aux démonstrations de force d’une Manif pour tous à la française, il n’en reste pas moins que certains collectifs ont des positions claires sur ce que devrait être la famille, selon eux.

Souvenez-vous...

En 2006, Action pour la famille lançait une pétition contre le projet de loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe. Près de 25.000 signatures étaient ainsi versées au dossier à la Chambre.

En 2015, c’est à nouveau Action pour la famille qui est aux commandes. Une pétition a été mise en ligne sur son site qui demande purement et simplement l’interdiction de GPA en Belgique.

Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Il n’y a pas d’encadrement légal à l’heure actuelle. Les centres de fertilités, encadrés par une loi de 2007, peuvent décider de répondre favorablement ou non à une demande de GPA. Ce sont les comités d’éthique qui traitent, au cas par cas, les dossiers qu’ils reçoivent. A notre connaissance, quatre hôpitaux ont déjà eu recours à la GPA et ce depuis une vingtaine d’années : la Citadelle à Liège, l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles ainsi que les hôpitaux universitaires de Gand et d’Anvers. Bien sûr, toutes les demandes ne reçoivent pas de réponse favorable.

De nombreuses balises sont fixées, notamment concernant l’impossibilité de procréer du couple demandeur (par de GPA de convenance), la nécessité pour la candidate mère porteuse d’avoir déjà porté et mis au monde un enfant, etc. Par exemple, dans les centres de fertilité qui pratiquent la GPA, on privilégie les cas où la mère porteuse est une proche du couple demandeur (60 % des mères porteuses sont des sœurs ou des belles-sœurs).

Il faut dire qu’un encadrement légal de la GPA ne va pas sans poser des questions importantes : comment garantir le droit à l’avortement ?, quid en cas de malformations ?, quelles garanties pour la mère porteuse et le couple ?, quelle forme juridique et quelle rémunération prévoir ?,...
Arc-en-Ciel Wallonie, dans son mémorandum pour les élections de 2014, propose que, si encadrement légal il y a, le principe d’altruisme soit au cœur du projet de GPA, en écartant tout but de lucre, de marchandisation du corps ou d’exploitation, et en veillant au plein respect du libre consentement des parties.

Nous souscrivons à ces principes. Et demandons que le législateur y prête également une oreille attentive.

Vincent Bonhomme

 


 

Edito février 2015

La filiation pour les lesbiennes, ça passe ou ça casse en Province de Liège.

Après l’ouverture du mariage et de l’adoption en 2003 et en 2006, une troisième étape était nécessaire pour faciliter l’accès à la parentalité par les couples homos. Cette étape, c’est la procédure de reconnaissance. Depuis 2006, si un couple de femmes concevait un enfant par procréation médicalement assistée (PMA), la mère non biologique devait l’adopter pour jouir des droits parentaux.

Depuis ce 1er janvier, l’adoption n’est plus obligatoire, la reconnaissance est ouverte aux couples de femmes. Rien de plus simple… il suffit d’une déclaration à l’administration communale et le tour est joué… mais voilà… d’après nos informations, en pratique, certaines de nos administrations cafouillent.

A Verviers, il semblerait que les documents nécessaires aient été adaptés et les services informés. A Chaudfontaine, une formation est prévue le 26 janvier, mais il semblerait que tout s’y passe bien également, hormis pour un cas où l’adoption intrafamiliale était déjà engagée.

Par contre, à Seraing, Pepinster et Dison, ça coince. L’information n’est pas encore passée au moment d’écrire ces lignes.

Pour celles qui nous lisent et qui vont entreprendre la démarche, n’hésitez pas à être convaincantes. La loi est entrée en vigueur ce 1er janvier, c’est le terme de co-mère qui est utilisé. Et peu importe que l’enfant soit déjà né et qu’une procédure d’adoption intrafamiliale soit engagée ou non. La reconnaissance s’applique dans tous les cas, pour tous les couples de femmes belges et leur enfant.

Si vous être confrontées à des problèmes, n’hésitez pas à contacter la Maison Arc-en-Ciel de Liège par téléphone (04/223.65.89) ou par mail (courrier@alliage.be) où une assistance pourra vous être donnée (quelquefois une copie du texte de loi peut aider). Vos témoignages sont également les bienvenus.



Vincent Bonhomme et Anne-Sophie Baptist-Chabottaux

 


 

Edito janvier 2015

A de nombreuses reprises ces derniers mois, j’ai entendu posée la question de la circonstance aggravante d’homophobie. Elle a pu prendre diverses formes, la plus récurrente étant : "pourquoi protège-t-on plus les homosexuels que les hétérosexuels ?". Cette formulation ne correspond à aucune réalité légale, qu’on se le dise. La loi ne protège pas plus les homosexuels.

Historiquement, on peut même dire que les législations européennes du XIXème, du XXème et dans une certaine mesure celles du XXIème siècle ont toujours protégé l’hétérosexualité. Qu’on songe à l’accès au mariage réservé aux hétéros jusqu’en 2003 en Belgique (jusque 2013 en France, on ne le sait que trop), qu’on se rappelle que la majorité sexuelle, en Belgique toujours, a été pendant près de 20 années (de 1965 à 1985) de 16 ans pour les relations hétéros et de 18 ans pour les relations homos, qu’on prenne en considération le fait que l’homosexualité n’a été dépénalisée en France qu’en 1982, qu’on se souvienne que jusqu’en 2003, la section 28 du local Government Act de 1988 interdisait aux établissements scolaires du Royaume-Uni de faire la promotion de l’homosexualité (sic),… on pourrait continuer la liste sur de nombreuses pages.

Les législateurs européens sont donc peu suspects de sympathie avec nos minorités sexuelles.

Alors que prévoit désormais notre code pénal pour les homosexuels ? Les protège-t-il plus que les hétéros ? Que prévoie-t-il exactement ?

Le code pénal en son article 405quater prévoit que Lorsqu’un des mobiles du crime ou du délit est la haine, le mépris ou l’hostilité à l’égard d’une personne en raison de sa prétendue race, de sa couleur de peau, de son ascendance, de son origine nationale ou ethnique, de sa nationalité, de son sexe, de son changement de sexe, de son orientation sexuelle, de son état civil, de sa naissance, de son âge, de sa fortune, de sa conviction religieuse ou philosophique, de son état de santé actuel ou futur, d’un handicap, de sa langue, de sa conviction politique, de sa conviction syndicale, d’une caractéristique physique ou génétique ou de son origine sociale, la peine pourra être alourdie.

On ne parle pas d’homosexualité mais d’orientation sexuelle. Et on ne parle pas que d’orientation sexuelle.

Dans le cas de l’affaire Jarfi, on parle bien d’homosexualité. Mais ce n’est pas la seule affaire en Belgique pour laquelle le motif haineux a été repris (pour d’autres raisons que l’orientation sexuelle de la victime).

Mais alors pourquoi ce motif haineux ? Pourquoi la justice doit-elle le prendre en compte ?

Sandra Berbuto, avocate du Centre pour l’Egalité des Chances dans l’affaire Jarfi, a très brillamment rappelé, dans sa plaidoirie (le jeudi 11 décembre dernier), l’intention du législateur lorsqu’il a inscrit cet article dans le code pénal.
Lorsqu’un homme est tué parce qu’il est homosexuel, la violence physique se double d’une violence symbolique qui a d’autre conséquence que lorsque la motivation n’est pas la haine, le mépris ou l’hostilité face à l’homosexualité. A trois niveau : pour l’individu, pour le groupe et pour la société.

D’abord pour l’individu. L’agression haineuse touche à une caractéristique fondamentale de l’individu. Comme la couleur de peau ou son état de santé ou son âge (ou…), l’orientation sexuelle fait partie intégrante de l’individu. Il ne peut en changer.

Ensuite, et c’est très important, le geste a un impact sur un groupe. L’individu agressé est interchangeable. Peu importe qui est la cible tant qu’elle est homosexuelle. Tous les homos auraient pu convenir pour les agresseurs, puisque l’objectif est de faire mal à l’homosexualité. Ce genre d’agression inspire donc la crainte aux homos et à leurs proches. Des mères, des pères, des amis vont peut-être craindre pour l’intégrité de leur enfant, ami,…

Enfin, c’est la société dans son ensemble qui est touchée. Pour expliquer ce point, c’est Pascal Rodeyns, avocat d’Arc-en-Ciel Wallonie dans le procès Jarfi, qui a rappelé aux jurés l’impact de cette forme de violence sur la société. Il n’est pas si loin le temps de la clandestinité, des va-et-vient nocturnes discrets pour entrer dans tel ou tel club, du secret inspiré par la crainte de tomber sur des casseurs de pédés. En retenant la circonstance aggravante, la justice envoie un message à la société : ce type d’acte, pas chez nous !

A l’heure d’écrire ces lignes, nous ne savons pas quelle issue sera donnée au procès Jarfi.

Pascal Rodeyns et Sandra Berbuto ont plaidé pour que la circonstance aggravante soit retenue. Le Ministère public également. Tous sont convaincus que Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier ont tué Ihsane parce qu’ils n’ont vu en lui qu’un PD.

Nous aussi.

Vincent Bonhomme

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Editos 2014


 

Edito décembre 2014

Le 19 septembre dernier, le Prix du roman gay était attribué à Olivier Charneux pour son roman Tant que je serai en vie. La remise du Prix s’est déroulée au Casse du Siècle, restaurant très gray-friendly de la rue Saint-Rémy à Liège. La Maison Arc-en-Ciel de Liège - Alliàge a pris contact avec l’auteur pour lui demander de nous soumettre un texte... que nous ne résistons pas à vous proposer en édito pour la journée mondiale de lutte contre le VIH-sida (1er décembre).
Bonne lecture et bon mois de décembre à tou-te-s !

Invisible mauvais sang

Annie Ernaux écrit dans son livre L’événement à propos de l’avortement : "le paradoxe d’une loi juste est presque toujours d’obliger les victimes à se taire, au nom de "c’est fini tout ça", si bien que le même silence qu’avant recouvre ce qui a eu lieu." Et si on appliquait cette réflexion au sida ? Ce n’est jamais le bon moment pour en parler, pendant la période de l’hécatombe, c’était tabou et après l’arrivée des trithérapies, quasi inutile. Et pourtant, ma sexualité s’est construite avec le sida et une grande partie d’une génération a disparu. Qui peut en témoigner sinon quelqu’un qui a vécu cette période ? J’ai voulu, à travers mon septième livre Tant que je serai en vie (Grasset 2014), recréer la vie dans ces années-là, de 1981 à 2011. Qu’il se termine la veille de la loi du mariage pour tous en France n’est pas anodin. Cette loi est comme l’aboutissement des luttes contre le sida.

Je voulais aussi montrer avec ce livre que la mémoire du sida perdure ou devrait perdurer et que si la donne a changé, le sida n’en demeure pas moins, même s’il est devenu invisible. Invisible, il l’est et dans tous les sens du terme. Les corps ne sont majoritairement plus décharnés ou marqués, il est souvent indétectable dans le sang, des femmes séropositives peuvent enfanter, on n’en parle plus dans les médias ni entre amis. Toutes les campagnes de préventions laissent à penser que le sida est une maladie sexuellement transmissible comme une autre, une maladie honteuse comme elle l’a toujours été. Une rencontre récente en boîte de nuit m’a fait comprendre à quel point les nouveaux contaminés sont tout aussi démunis (sinon plus) qu’avant. Ils ne savent plus à qui en parler. Alors ils gardent leur secret bien au fond d’eux jusqu’au jour où ils craquent. Invisible et pourtant présent, tel est le paradoxe du sida aujourd’hui.

Le sida vient aussi se rappeler à nous d’une façon bien concrète. Le don du sang, par exemple, est toujours interdit aux homosexuels. Il y a peu, un ami français m’a raconté qu’il avait crié au scandale lors d’un don du sang proposé au personnel de son entreprise car le médecin avait refusé qu’il donne le sien parce qu’il s’était déclaré homosexuel. Oui, en 2014, on en est encore là en France et en Belgique aussi, m’a-t-on dit. Cette discrimination ne peut plus durer. La symbolique du sang est énorme, or nous ne sommes pas égaux par le sang aujourd’hui. Il existe un a priori qui sépare celui qui a un "bon sang" de celui qui a un "mauvais sang". L’égalité, malgré le mariage pour tous, est donc encore loin…

Permettez-moi pour finir de citer une nouvelle fois Annie Ernaux, cette fois à propos de mon dernier opus : "Je suis touchée par votre livre, traversé d’un bout à l’autre par l’amour et la mort, surtout elle. Mais en arrimant vos années aux révélations d’œuvres d’artistes, d’écrivains, c’est la lumière, la vie qui gagnent, magnifiquement." Je vous souhaite une vie magnifique avec une réelle égalité et un 1er décembre militant !

Olivier Charneux
Ecrivain français, auteur de plusieurs romans.

 


 

Edito novembre 2014

C’est un chantier que nous avions entamé il y a un peu plus de six mois et qui vient de se terminer en octobre dernier. Notre objectif était triple. D’abord, modifier les statuts de notre asbl. Ensuite, améliorer la représentativité des femmes dans les organes décisionnels. Enfin, organiser une grande fête pour les 10 ans de la Maison Arc-en-Ciel, le bâtiment que nous occupons rue Hors-Château.

Après des débats, quelquefois animés, les nouveaux statuts ont été approuvés, article par article, à une très large majorité. Et le nom de notre asbl a été modifié. Alliàge ne disparait pas complètement, mais désormais, nous avons décidé d’incarner encore un peu plus ce bâtiment que nous occupons et devenir la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge asbl. Avec un trait d’union entre le projet qu’avaient porté les membres fondateurs et la nouvelle impulsion apportée par une équipe renouvelée.

Le deuxième chantier que nous avions entamé était celui de tendre vers une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes dans notre assemblée générale et notre conseil d’administration. Pas simple quand on se souvient les difficultés qui ont souvent émaillé les relations entre les mouvements gays et les mouvements féministes et lesbiens. Et plus généralement sur le déséquilibre entre hommes et femmes qu’on peut observer un peu partout dans les instances décisionnelles que ce soit dans le public ou le privé.

Désormais, la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge compte quatre administratrices pour neuf administrateurs. On s’approche donc des deux tiers/un tiers, ce qui est un résultat encourageant. Et pour confirmer notre engagement dans cette voie, le conseil d’administration a désigné en son sein une vice-présidente.

Enfin, le bilan de l’anniversaire des 10 ans de notre bâtiment. Ici, je voudrais remercier toutes celles et ceux qui ont mis la main à la pâte pour faire de ces 10 ans un événement exceptionnel dans la vie de notre asbl. La vente aux enchères des œuvres d’artistes qui ont exposé à la Maison Arc-en-Ciel a été un franc succès. L’accompagnement vocal et musical de Pierre Derhet et Michel Jaspar était un ravissement. Les danseurs du Ballet de Prague Junior ont interprété avec brio la chorégraphie proposée par Samuel Delvaux (danseur et chorégraphe liégeois). Le Diva’s Croquette Show, son humour potache et ses plumes ont clôturé cet anniversaire dans une ambiance délirante. Le soutien des pouvoirs publics et de partenaires privés, les nombreux bénévoles, notre équipe de permanents, le beau temps, les bougies… tout était réuni pour faire une belle fête à notre maison, la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge.

Merci.

Vincent Bonhomme

 



Edito octobre 2014

En occident, on dit que tout va mieux une fois que l’on a fait son coming out. En Russie, cela signifie la plupart du temps la mort sociale - Alexander, 27 ans, barman dans un hôtel de Sochi (Russie).

La mort sociale. L’insulte, la mise à l’écart, la violence symbolique et physique, l’ostracisation. Tous les témoignages des hommes et des femmes, qui ont été pris en photo par Olya Ivanova l’hiver dernier, convergent (exposition Guys of Sochi accessible à la Maison Arc-en-Ciel jusque 10 octobre). Etre publiquement homosexuel, c’est-à-dire montrer un geste d’affection en rue, avoir son compte Facebook piraté, déployer un drapeau arc-en-ciel, sortir d’un club gay, comporte en soi un risque : celui de se faire taper dessus, celui d’être outé auprès de sa famille ou de ses clients, celui d’être insulté, etc.

Ce risque et l’inquiétude qu’il suscite existe également chez nous. La crainte qu’un rencard avec un inconnu du net soit en fait un piège, les précautions qu’on peut prendre quand on sort d’une boîte gay en plein centre ville, les dangers des espaces de drague en plein air (supposés mais également réels), les stratégies qu’on met en place pour ne pas en avoir l’air,… si le risque objectif en Russie est d’une autre magnitude qu’en Belgique (et encore l’actualité des dernières années à Liège nous montre à quel point ce type de comparaison doit être nuancée), il n’en reste pas moins que les effets subjectifs chez les gays et les lesbiennes (et sans doute encore plus chez les gays qui investissent beaucoup plus l’espace public que les lesbiennes) présentent une homologie, entre Belgique et Russie, entre Liège et Sochi.

Ce risque et l’inquiétude qu’il suscite sont peut-être constitutifs d’une expérience subjective commune à tous les gays et toutes les lesbiennes, de par le monde. Didier Eribon, dans "Réflexion sur la question gay" évoque cette "peur d’être percé à jour, jugé, destitué de son image et de sa réputation dans et par le regard des autres" et qui "eut avoir pour conséquence une attitude générale de réserve, une quasi-obligation de se tenir à l’écart de la vie sociale".

La question se pose donc des stratégies mises en place pour vivre avec cette peur, pour l’abroger voire l’annuler. L’injonction à la conformité sexuelle est telle que, en Russie, la seule solution est le placard, le privé, le secret. La résistance au pouvoir normatif (pouvoir réactivé par les lois de Vladimir Poutine sur l’interdiction de la propagande homosexuelle), c’est le Majak (ce club de travelottes à Sochi), c’est le net, c’est l’intimité d’un appartement.

Echapper à l’œil de Moscou et à ses mercenaires (un frère, un groupe de nationaliste,…) est le seul moyen d’essayer de se déprendre de la parole du pouvoir.

Je l’ai dit, chez nous, la violence contre l’homosexualité est d’une autre magnitude. Elle n’en existe pas moins au quotidien. Marcel Jouhandeau dans "De l’abjection", en 1939, dira : c’est une révélation que d’être insulté, méprisé publiquement. On fait la connaissance de certains mots qui n’étaient jusqu’alors que des accessoires de tragédie et dont on se voit tout à coup affublé, accablé. On essaye d’abord de prétendre que ce n’est pas vrai, que ce n’est qu’un masque, une robe de théâtre qu’on vient de jeter sur vous par dérision et on veut les arracher, mais non : ils adhèrent tellement qu’ils sont déjà votre visage et votre chair et c’est soi-même qu’on déchire en voulant s’en dépouiller.

Le coming out ou le placard. Le coming out et le placard. Dois-je me dire ? Pourquoi ?

Il y a un peu plus d’un an, j’expliquais à quelques amis que quand j’étais gamin, le mot homosexuel (et ses déclinaisons : pédé, tapette), je ne l’avais d’abord pas compris, ensuite je ne l’avais pas voulu, ensuite j’ai tenté de le déconstruire (et je le déconstruis encore un peu plus chaque jour). Et j’avais terminé en disant : Un jour, je suis tombé amoureux d’un garçon. Et ils ont appelé ça homosexualité.

Vincent Bonhomme

 


 

Edito septembre 2014

Des défis à relever et un anniversaire à fêter. C’est en ces termes que se terminait l’édito du mois d’août.

Commençons par les défis. Vous le savez, lors de la législature précédente, la Région wallonne a adopté un décret maisons arc-en-ciel. Celui-ci prévoit des agréments pour des organisations qui, comme la nôtre, travaillent à l’émancipation des minorités sexuelles et de genre. Le nouveau gouvernement de la région s’est ensuite engagé à le mettre en œuvre dans sa déclaration de politique régionale. On ne connait pas encore le calendrier exact, mais nous devons nous y préparer. C’est, en effet, une très belle opportunité pour notre association,… mais c’est également un vrai défi.

L’opportunité, c’est que l’agrément ouvre potentiellement la porte à une subvention annuelle.

Les défis, ce sont les obligations inscrites dans le décret. Alliàge/Maison Arc-en-Ciel de Liège devra fournir une aide sociale, juridique et psychologique mais également organiser, soutenir et coordonner des actions visant à lutter contre les discriminations, accompagner des initiatives locales publiques et privées visant à fournir une aide aux personnes LGBT, etc.

Disons-le d’emblée, nous n’avons pas attendu le décret de la région pour remplir ces missions. Notre offre d’activités couvre déjà largement les missions prévues dans le décret. Mais dans la perspective d’un dialogue futur avec les administrations chargées de mettre en œuvre le décret, un travail de formalisation nous attend. Et ce n’est pas une mince affaire. C’est pour ça que nous voulons en discuter et prendre certaines décisions avec vous. C’est pour ça que nous avons convoqué une assemblée générale extraordinaire (AGE) le dimanche 28 septembre prochain (déjà annoncée lors de la dernière AG).

Dans un prochain courrier, vous recevrez les détails des aménagements que nous devrons discuter lors de l’AGE.

Le second point qui est à la fois un défi et une opportunité, est celui de la représentation féminine à l’assemblée générale et au conseil d’administration. C’est une question qui dépasse de loin notre organisation (la domination masculine dans nos sociétés, les inégalités salariales, la composition des parlements,…), qui peut susciter une certaine émotion et qui nécessite qu’on dépasse d’anciennes postures. C’est également une condition sine qua non à l’obtention de l’agrément. Au maximum 2/3 des membres du conseil d’administration pourront être du même genre.

C’est donc le moment opportun pour que des femmes rejoignent l’équipe du conseil d’administration. C’est la question même de la représentativité du CA et de l’AG qui est en jeu.

A l’heure actuelle, plusieurs membres adhérentes ont manifesté leur souhait de devenir membres effectives et administratrices de l’association lors de la prochaine AGE. C’est une très bonne nouvelle et nous nous en réjouissons.

Enfin, après ces questions qui relèvent de la bonne gestion de notre organisation, passons au côté festif des 10 ans de la Maison Arc-en-Ciel de Liège. 10 ans, ce n’est pas rien. 10 ans, ça se fête. Alors, nous avons décidé de marquer le coup. Retenez d’ores et déjà trois dates. La première, sorte de prélude à l’anniversaire, sera le vendredi 5 septembre avec le vernissage de l’exposition "Guys of Sochi". Ce sont des portraits d’hommes homos, des femmes homos et des travelottes,… à Sochi, au cœur de la Russie, en plein pendant les jeux d’hiver 2014. Vous trouverez plus d’informations sur cette exposition dans cet Alliàgenda.

Ensuite, les vendredi 3 et samedi 4 octobre. A ne pas manquer. Du chant lyrique, une vente aux enchères d’œuvres d’artistes qui ont exposé à la Maison Arc-en-Ciel, un spectacle de danse contemporaine d’un chorégraphe liégeois et un spectacle de transformiste. Toutes les informations précises seront reprises dans le prochain agenda et sur les invitations qui l’accompagneront.

Retenez bien ces dates. Et notez que tout se passera à la Maison Arc-en-Ciel (y compris dans la cour à l’arrière), parce que ce sont les 10 ans d’occupation de ce magnifique bâtiment que nous fêtons. Les 10 ans de la Maison Arc-en-Ciel de Liège !

Vincent Bonhomme

 



Edito août 2014

A l’automne, cela fera 10 ans qu’Alliàge occupe la Maison Arc-en-Ciel. 10 ans, c’est l’occasion de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur.

Alliàge, de 1997 à 2004 :

Créée dans la droite lignée du CHEL (Cercle Homosexuel des Etudiants Liégeois) par trois de ses anciens membres, Alliàge voit le jour en 1997, avec une première activité le 8 juin. L’idée n’est pas de concurrencer le CHEL, mais plutôt de compléter l’offre de services de ce dernier, sans mettre de restriction d’âge.

Association de fait dans un premier temps, afin de s’assurer de la viabilité du projet, c’est en janvier 1999 que les statuts d’Alliàge asbl seront publiés au Moniteur belge.

Pendant plusieurs années, Alliàge est gérée entièrement par ses bénévoles, que cela soit au sein du conseil d’administration ou des différentes cellules existantes :

• "Activités", pour l’organisation de celles-ci (balades, visites culturelles, rencontres avec des associations étrangères,…) ;

• "Médiathèque", pour la création et la gestion d’un fonds documentaire LGBT au sein de l’association ;

• "Accueil", composée d’une dizaine de bénévoles en charge de l’accueil et de l’écoute des nouveaux venus ;

• "Politique", pour militer en faveur des avancées législatives pour les LGBT (à l’époque, ni le mariage, ni l’adoption n’était possible);

• …

Pendant cette première période, Alliàge est accueillie par le Centre Louise Michel (centre de planning familial), à raison de deux fois par mois.

Malgré la bonne collaboration qui s’instaure entre le Centre et l’association (notamment au niveau de la formation des accueillants), cet hébergement a toutefois ses limites (partage des locaux avec d’autres associations, manque de polyvalence de la salle qui limitait les activités possibles,…). Alliàge souhaitait également prendre une plus grande envergure en engageant du personnel, ce qui nécessitait un espace disponible en permanence pour le bureau de l’association.

En 2002, le conseil d’administration entame des discussions avec le conseil communal de Liège. Dix-huit mois plus tard, la Ville va répondre à nos attentes en nous proposant le bâtiment rue Hors-Château n°7, bâtiment qui allait devenir la Maison Arc-en-Ciel de Liège, première maison de ce type à ouvrir ses portes en Wallonie.

La Maison Arc-en-Ciel de Liège (de 2004 à aujourd’hui)

C’est donc en 2004 qu’Alliàge s’installe à la Maison Arc-en-Ciel (ou MAC), inaugurant ses nouveaux locaux au mois de mai lors des Semaines Arc-en-Ciel. Mise à disposition de l’association contractuellement par la Ville pour une durée de 25 ans, la MAC compte 4 niveaux, une grande salle polyvalente, un bar, un salon d’accueil, un local pour la médiathèque, une salle de réunion, un local d’archivages,…

Dans un premier temps, la MAC nous a d’abord servi à augmenter l’offre d’activités que nous proposions : permanences hebdomadaires, plages d’ouverture hebdomadaires pour l’accès à la médiathèque, expositions, rencontres littéraires, renseignements et informations par le staff présent quotidiennement,…

Il était aussi important que la MAC serve à tout mouvement ou association LGBT qui en faisait la demande. Au fil des années, plusieurs associations liégeoises y ont installé leur siège social (LaLucarne.org, Arc-en-Ciel Wallonie, Rainbow Girls, Liège Gay Sport et la Fondation Ihsane Jarfi). Celles-ci y ont développé des activités, parfois ponctuelles, parfois régulières, mais la MAC s’est également ouverte aux associations qui n’avait pas leur siège social ici. En 10 ans, les différentes associations qui l’ont fréquentée sont :

• Arc-en-Ciel Wallonie, qui y a ses bureaux et son espace de stockage et y organise diverses réunions, des journées débats thématiques (Journées Arc-en-Ciel),…

• La Lucarne.org, qui alimente régulièrement le fonds documentaire de la médiathèque et a organisé diverses activités (ciné-club, rencontre littéraire, soirée blind-test, lancement de son nouveau site Internet,…) ;

• Rainbow Girls, qui a organisé des permanences hebdomadaires pendant un peu plus d’un an ;

• Le CHEL, dont le fond documentaire fait partie de la médiathèque et qui organise depuis 2012 une permanence mensuelle. Ils y organisent aussi d’autres activités ponctuelles (assemblée générale, réunion,…) ;

• Liège Gay Sport, qui a organisé des repas de soutien à leur association ;

• Genres Pluriels, association bruxelloise pour personnes transgenres, qui organise une permanence mensuelle ;

• D’autres associations qui ont eu besoin d’un point de chute à Liège pour l’une ou l’autre activité : Magenta, Ex Aequo,…

Cette maison, située en plein cœur de Liège est devenue peu à peu le symbole de notre intégration dans la Cité et de notre ouverture aux autres. Lutte contre les discriminations, aide à la personne, accueil, collaboration avec le secteur LGBT, sensibilisation et information, service aux membres, festivités,… ce sont désormais nos leitmotivs.

En 10 ans, la Maison Arc-en-Ciel a connu de nombreux évènements et a accueilli un public extraordinairement diversifié. Son existence même rencontre la volonté des pouvoirs publics qui soulignent de plus en plus la nécessité et l’importance de lutter en faveur de la diversité et contre toute forme de discrimination au sein de notre société.

Les défis restent nombreux à relever, mais il faut également prendre le temps de fêter ça.

A suivre…

Jean-Pierre Frisée

 


 

Edito juillet 2014

Bien sûr, il y a les traditionnels et très gays (et très peu lesbiens) Gran Canaria, Sitges ou Mykonos. Il y a les très métropolitaines Berlin, Barcelone ou Londres. Il y a les très culturelles Avignon, Florence ou Munich. Il y a les plus sportives Chamonix, Biarritz ou Bilbao. Les plus exotiques Phucket, Praia ou Rio. Les plus lointaines San Francisco, Sydney ou Tokyo. Les plus ardennaises Durbuy, Bastogne ou Rochefort.

Bien sûr, il y a tout ça.

Mais avez-vous jamais songé à des lieux aux noms autrement plus lyriques ? Avez-vous jamais nourri le dessein d’apporter un peu de poésie à vos destinations préférées ?

Vous auriez pu alors envisager de vous rendre à Montcuq, célèbre entité du Lot immortalisée par Georges Brassens notamment. Vous auriez tout aussi bien pu planifier un voyage à Deux-Verges dans le Cantal. Ou encore, vous auriez pu penser au plus simple et plus spontané Bezon dans le Val d’Oise. Si votre curiosité est émoustillée, je vous recommanderai alors également le plus suggestif Longcochon perché dans le Jura ou le plus trivial Anus dans l’Yonne.

Le très préservé Condom dans le Gers est à peine à 473 km de la Trique dans les Deux-Sèvres. Ce qui peut être à la fois très long et très court. Mais le trajet jusqu’à Fion en Haute-Savoie est autrement plus fatigant.

Pourquoi pas, du coup, faire un détour par Monteton en Lot-et-Garonne ou encore par la vallée de l’Ardèche qui coule au pied de Bidon.

Evitez par contre à tout prix Fourqueux qui semble un véritable guet-apens. Bourré et la Baffe ne méritent pas non plus, me semble-t-il, qu’on s’y intéresse.

S’il vous reste encore un peu de temps, je vous conseillerai plutôt de le passer à Glandage dans la Drôme.

Mais surtout, le patelin qu’il ne vous faudra rater sous aucun prétexte, celui qui vous prendra un peu de temps mais qui vaut le détour, c’est, bien entendu, Bouffémont. Je ne résiste d’ailleurs pas à la tentation de retranscrire ici un extrait de "Tsoin Tsoin", chanson de O’Dett de 1936 et qui parle si bien de Bouffémont :

Entre Paris et Pontoise, il existe, aux environs
Un patelin en Seine et Oise qui s’appelle Bouffémont
Mon ami vient d’y acheter
Une villa, et chaque été

Il passe ses journées entières à Bouffémont
Il délaisse même ses affaires pour Bouffémont
Il n’a pas, j’vous certifie, d’autres ambitions
Son seul plaisir dans la vie, c’est Bouffémont


Voilà pour ce tour de France des patelins aux accents interlopes !

Bonnes vacances à toutes et à tous ! (Et merci à ceux qui nous ont fait découvrir ou redécouvrir cette très belle chanson,… ils se reconnaitront).

Vincent Bonhomme

 



Edito juin 2014

Deux chiffres. Le premier : 100.000. C’est le nombre de participants à la Pride (Gay Pride/Belgian Pride/Pride 4every1, biffez les mentions inutiles). C’est un record pour Bruxelles. On peut épingler l’un ou l’autre facteur pour expliquer ce succès.

Tout d’abord, il y a la stratégie mise en place par la Pride pour doper la fréquentation. Depuis 2012, la Pride s’est adossée à Visit Brussels, l’agence de communication de la Région de Bruxelles. C’est une véritable machine de guerre (même si les relations entre une structure associative et une structure institutionnelle ne vont pas toujours de soi) qui dispose de relais partout en Europe et dans le monde pour promouvoir les grands événements bruxellois dont la Pride fait désormais partie.

Ensuite, un deuxième facteur explicatif est en fait une conjonction de facteurs. Il s’agit de la démonstration politique que représente la Pride. Le sondage lancé sur le site d’Arc-en-Ciel Wallonie (1083 répondants) sur les intentions des personnes d’aller ou non à la Pride ont donné les résultats dans le graphique ci-dessus.

Une écrasante majorité a l’intention de se rendre à la Pride. Et plus d’un quart avance que c’est parce qu’il est important de défendre nos droits. La Pride reste pour beaucoup un geste politique. Les élections s’étant déroulées à peine une semaine après la Pride, il ne faut pas sous-estimer l’importance de cet enjeu. D’autant que, vous le savez peut-être, une fraction des mouvements féministe et LGBT souhaite que le message politique porté par la Pride soit encore (beaucoup) plus visible (dans le cortège, sur le podium face à la Bourse, dans les médias,…).

Enfin, outre les aspects festifs et politiques, la météo a bien entendu joué son rôle dans l’aventure puisqu’il a fait très beau et très chaud. Ce qui n’est pas négligeable. Bien entendu.

Le second chiffre, c’est 33. 33 communes sur les 84 que compte la Province de Liège ont hissé le drapeau arc-en-ciel sur leur Hôtel de Ville pour le 17 mai. 10 ne l’ont pas fait. Nous n’avons pas l’info pour les 41 autres.

Rappelons qu’Alliàge, en collaboration avec le Département des Affaires sociales de la Province de Liège, a envoyé 84 drapeaux arc-en-ciel aux 84 communes de la province. L’objectif était que celles-ci marquent leur soutien au 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie.
Le courrier précisait qu’en hissant ce drapeau, vous témoignerez ainsi que votre commune et notre province sont riches et fières de ses diversités, quelles que soient les orientations sexuelles ou les identités de genres.

Ne boudons pas notre plaisir, c’est une belle opération. L’émulation sur les réseaux sociaux et la visibilité directe qu’elle a apporté a permis d’établir une carte, simple, mais efficace, des communes qui ont ou n’ont pas arboré le drapeau arc-en-ciel.

La Pride, l’opération drapeaux… il me reste à mentionner l’excellent bilan des semaines arc-en-ciel : visibilité dans le cortège de la Pride avec notre chenille ardente, les rendez-vous culturels et ludiques, les collaborations avec nos partenaires associatifs,… le cocktail idéal pour un mois de mai 2014 réussi.

Vincent Bonhomme
Président

 



Edito mai 2014

Ce que nous voulons.

En Belgique francophone, c’est aux environs de 1953 que sont nés les premiers groupes homophiles, comme on disait à l’époque (plus tard on dira homosexuels puis LGBT). A l’époque, l’homosexualité et encore plus l’homosexualité féminine étaient des non sujets. L’homosexualité ne se disait pas.

Le contraste avec la société belge d’aujourd’hui est saisissant. Les médias, du plus conservateur au plus progressiste, les politiques, du plus catholique au plus laïc, les institutions de santé publique, de la plus institutionnalisée à la plus personnifiée, l’institution scolaire, de la plus libre à la plus officielle, la justice, de la cours constitutionnelle à la justice de paix... tous parlent, se positionnent, diagnostiquent, enseignent ou portent des jugements liés à l’homosexualité (en tous cas à l’homosexualité masculine, les lesbiennes restant invisibilisées dans la plupart des discours).

Ces discours, en Belgique, en 2014, ils existent. La presse écrite, les radios, les télévisions les relaient. Le cdH, ECOLO, le MR, le PS (et le FDF et le PTB-GO) s’en emparent. L’INAMI, l’Institut scientifique de Santé publique, la Société des Médecins généralistes, les traitent. Les directions d’établissements scolaires, les Centres locaux de Promotion de la Santé, les réseaux, les CPMS en dispensent une vision. Les cours et tribunaux en sanctionnent des jugements.

Ces discours existent. Qu’on le veuille ou non, qu’on les trouve salutaires ou désastreux, qu’on préfère vivre caché ou qu’on ne le préfère pas… quels que soient notre volonté, notre sentiment ou notre préférence politique, les ministres, les médecins, les professeurs, les magistrats parlent de nous (ou en tous cas de l’homosexualité).

La force de ces discours est proportionnelle à la légitimité de ceux qui les profèrent, que cette légitimité soit électorale, acquise par un diplôme ou un capital économique (je pense à des patrons de presse par exemple).

Et c’est précisément à cause de cette légitimité qui leur est accordée que nous devons rester vigilants. Que nous devons acquérir notre propre légitimité. Que nous devons donner notre point de vue. C’est l’existence de ces discours légitimés qui nous oblige à forger nos propres discours et notre action politique.

Comprendre la société qui nous entoure, discerner les enjeux, observer, prendre le temps de la réflexion et, finalement, agir.

La législature qui se termine aura été marquée par de très nombreux dossiers politiques liés aux thématiques LGBT. Au niveau régional, on soulignera l’adoption du décret maisons arc-en-ciel le vendredi 11 avril dernier qui prévoit des agréments pour pas moins de sept maisons arc-en-ciel sur le territoire de la Région wallonne, dont deux en Province de Liège.

Au niveau fédéral, on se souviendra (ou pas) du plan homophobie/transphobie adopté le 17 mai 2013 et dont les maigres fruits nous laissent perplexes. Au fédéral toujours, on mentionnera ces innombrables atermoiements de la majorité autour des questions de filiation et de reconnaissance (les gays et les lesbiennes doivent toujours adopter leurs enfants) et dont on a du mal à déterminer si l’épilogue sera atteint au cours de cette législature ou lors de la suivante (ou de celle d’après ?).

Au niveau communautaire, on se rappellera l’inscription de l’EVRAS (Education à la Vie relationnelle affective et sexuelle) dans le décret qui définit les missions de l’enseignement. On gardera surtout ce goût un peu amer de la frilosité politique à garantir l’égalité d’accès à l’éducation sexuelle.

Les dossiers politiques ont été nombreux. Il y a fort à parier qu’ils le seront tout autant après le 25 mai, jour des élections. On peut être certain que les ministres (et députés), les professeurs, les avocats, les médecins, les médias,… vont continuer à parler d’homosexualité. Pour le meilleur et pour le pire, selon la formule consacrée.

Et nous ?

Nous aussi, on va continuer à en parler. A dire ce que nous voulons.

Je m’en voudrais de terminer cet édito sans mentionner l’excellent programme des journées arc-en-ciel de cette année. Apéro littéraire, expositions, Tea Dance, Pride, conférence, repas, visite guidée, natation, pique-nique, théâtre, débat, quizz… c’est le programme que vous proposent Alliàge et ses partenaires pour ce mois de mai.

Bonne lecture !

Vincent Bonhomme

 


 

Edito avril 2014

Au moment d’imprimer l’Alliàgenda, le procès de Raphaël Wargnies n’est pas terminé. Pour rappel, Raphaël Wargnies a été inculpé de l’homicide volontaire avec préméditation et circonstance aggravante d’homophobie de Jacques Kotnik le 25 juillet 2012 dans le parc d’Avroy, à Liège. C’est la première fois que l’article 405quater du code pénal est appliqué à un cas d’homicide homophobe en Belgique. C’est cet article (le 405quater) qui prévoit des peines alourdies lorsque l’auteur est motivé par la haine, l’hostilité ou le mépris à l’égard d’une personne en raison de son orientation sexuelle (ou de son handicap, ou de sa prétendue race, etc.).

Au moment d’écrire ces lignes, difficile d’imaginer quelle sera l’issue du procès, tant les premières heures de cette cour d’assises historique ont été le théâtre de rebondissements. Le prévenu ne souhaitant pas comparaître, la prise de corps a dû être ordonnée par le président de la cour. Ensuite, Raphaël Wargnies n’a plus souhaité être représenté par ses avocats… qui ont donc été commis d’office. De nombreuses suspensions d’audience ont émaillé ces premières séances.

A trois jours de la fin du procès, on peut se poser plusieurs questions et formuler quelques observations sur le procès lui-même mais également sur les lois anti-discrimination et le 405quater.

S’il est coupable de tous les actes d’accusation, pourquoi Raphaël Wargnies a-t-il décidé d’agresser un homosexuel ?

Que représente l’homosexuel dans la tête d’un agresseur en général ? La question est légitime puisqu’il ne s’agit pas d’attaquer un individu en particulier, mais bien une caractéristique spécifique de la société, quel que soit l’individu qui l’incarne.

L’hypothèse psychologique, voir psychologisante, mobiliserait la figure de l’homosexuel refoulé, en mal avec lui-même, avec ses propres démons et qui ne trouverait d’exutoire que dans la destruction de ces (ses) démons aperçus chez une autre personne. Tuer l’homosexualité qui nous tourmente nous-même. Cette forme, particulièrement violente, d’homophobie intériorisée, ne peut être exclue, mais ne peut suffire comme clef de compréhension.

Une deuxième hypothèse situerait l’agression homophobe dans le champ des violences de genre, dans le champ du déterminisme du masculin et du féminin. Le macho, celui qui n’en est pas, le vrai homme attaquerait le faux homme, la tapette, l’efféminé, le mou. Cette hypothèse charrie avec elle la question du genre des auteurs et des victimes et de la typologie des agressions. Les hommes sont plus souvent les agresseurs que les femmes. Les homosexuels sont plus souvent victimes de coups et blessures et les homosexuelles de viol correctif.

Une troisième hypothèse serait de nature sociologique. Elle poserait la question de la place de l’homosexualité dans la société. Où se situe l’homosexualité dans le champ social ?
Depuis que le législateur a adopté la loi sur le mariage et sur l’adoption, depuis que l’homosexualité est devenue un nouvel instrument droit-de-l’hommiste de l’occident contre le reste du monde, depuis que l’homosexualité a quitté le champ de la subversion dans les discours (mais on sait à quel point l’homosexualité reste subversive dans beaucoup de situations quotidiennes, notamment dans les cours d’école), est-ce qu’attaquer l’homosexualité ne pourrait pas être envisagé comme une attaque contre le système ?

Ces trois hypothèses explicatives ne sont pas avancées pour excuser le geste de Raphaël Wargnies. Ces trois hypothèses témoignent de cette de mise en perspective dont nous manquons, faute d’enquêtes d’opinion, de recherches sur le profil des auteurs d’agression, d’études sur les violences entre hommes et femmes notamment homosexuels et homosexuelles.

Raphaël Wargnies, qui n’a jamais eu de petite amie, est-il un homo refoulé en conflit permanent avec son attirance pour les mecs ? Lorsqu’il a dit qu’il aurait finalement préféré attaquer le jeune qui passait derrière le banc, était-ce parce que ce jeune était plus efféminé que Jacques Kotnik ?
Lorsque Raphaël Wargnies a attaqué le sapin de Noël à Malmédy ou le palais de justice à Verviers ou l’homosexualité de Jacques Kotnik, ne cherchait-il pas à attaquer le système ?

Répondre à ces questions n’excusera pas son geste. La justice doit juger sur les actes et les motivations de l’auteur. Mais chercher à diversifier les points de vue sur les violences homophobes permettrait de mieux appréhender ces phénomènes et d’organiser des politiques publiques cohérentes pour améliorer le vivre ensemble.

En 2013, les Ministres de la Justice et de l’Intérieur, Annemie Turtelboom et Joëlle Milquet, ont fait adopter une loi pour alourdir (encore) les peines de prison dans le champ couvert par le 405quater. Cette loi est un des trop maigres fruits du plan interfédéral contre l’homophobie annoncé à grand renfort de médias par Joëlle Milquet en mai 2013.

Nous votons le 25 mai. Nous allons devoir dire ce que nous voulons.

Vincent Bonhomme

 



Edito mars 2014

Cette fois-ci, ça y est, 2014 a bel et bien commencé !

Alors que le calendrier nous indique imperturbablement que nous sommes en hiver, tout, autour de nous, nous incite à sortir de chez soi, à agir et à bouger. Et c’est ce que nous avons fait en février !

Imago présentait "Dallas Buyers Club" qui aborde le thème du sida, les préjugés et discriminations qui y sont liés. Loin de sombrer dans le misérabilisme, ce film déborde d’énergie et nous rappelle de manière salutaire qu’un combat n’est perdu que quand il n’est pas mené, quel que soit le contexte, quelle que soit l’opposition.

C’est ce sentiment qui anime Hassan Jarfi depuis la disparition tragique de son fils Ihsane il y a près de deux ans. Sa douleur, sa colère et son chagrin, ils les a mobilisés pour entamer un combat contre l’intolérance sous toutes ses formes. Cette détermination a mené à la naissance d’une Fondation qui réunit les forces vives de la région pour poursuivre son action. Alliàge, ne pouvait que s’y associer. Vincent Bonhomme, qui nous y représente, vous en dira plus dans notre page Focus.

Ensuite, le premier Tea Dance de l’année a permis à tous ceux qui aiment faire la fête de se retrouver au Palais des Congrès.

Mars, qui commence, vous propose à nouveau de nombreuses activités que vous découvrirez au fil des pages de cet agenda.

Je me contenterai de rappeler le rendez-vous le plus important pour chacune et chacun d’entre nous, l’Assemblée Générale. Ce sera pour nous l’occasion de faire le bilan de l’année écoulée et de définir la trajectoire pour 2014. Le moment aussi d’accueillir de nouveaux membres, leurs idées et leur énergie.

Enfin, je m’en voudrais de ne pas adresser quelques mots de remerciements à Véronique pour le travail fourni pendant trois ans. Ses nombreuses qualités, tant professionnelles qu’humaines, ont été appréciées tant par ses collègues que par les personnes qu’elle a rencontrées dans le cadre de ses fonctions. Au nom du Conseil d’Administration, je lui souhaite le meilleur pour la suite de son parcours professionnel et souhaite la bienvenue à Manuel Magalon qui la remplace depuis le 1er février.

Hugues Hospital

 



Edito février 2014

Nous en parlions déjà le mois passé : le 23 mars prochain, Alliàge tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et, surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas encore et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2014, il est encore temps ! Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de "membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 20 février au plus tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secrets, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an et il vous faut, alors, recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit votre adhésion est inférieure à un an et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut obtenir.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur-trice et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 10 mars au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter et il faut, enfin, recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant deux ans et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site : www.alliage.be en suivant présentation > missions > statuts) ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@alliage.be

 


 

Edito janvier 2014

En ce début d’année, je ne peux que me joindre aux nombreuses personnes de votre entourage pour vous présenter mes vœux de bonne année.

Je vous souhaite une année 2014 riche en rencontres, en créativité, en actions et en échanges.

Alliàge, pour sa part, vous proposera, tout au long de l’année, de nombreux rendez-vous qui contribueront à la réalisation de ces souhaits.

Tea Dance, ballades, repas, apéros littéraires, ciné-clubs, Rallye, BBQ, …. seront autant de possibilités de rencontres.

En 2014, nous pourrons envisager des échanges avec les autres associations LGBT de Liège à l’occasion du 10ème anniversaire de la Maison Arc-en-ciel .

Enfin, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, une association ne vit que pour et par ses membres, je vous invite donc à l’action.
Que ce soit en nous offrant quelques heures de votre temps comme bénévole lors d’une de nos organisations (IDAHO*, 1er décembre,…), en nous proposant l’une ou l’autre activité ou un thème de réflexion, en devenant membre effectif ou, pourquoi pas, en devenant administrateur.

Bref, au nom des membres du conseil d’administration et des permanents, je souhaite une excellente année 2014.

Hugues Hospital

*Journée Internationale contre l’Homophobie

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Editos 2013


 

Edito décembre 2013

Le VIH, les gays et les médecins.

En septembre dernier, le gouvernement a adopté un plan de lutte contre le VIH. Faut-il le dire, la Belgique, et peut-être encore plus la Belgique francophone, était nettement à la traîne dans la lutte contre l’épidémie. Ce que l’on appelle les nouveaux paradigmes de la prévention n’étaient absolument pas intégrés dans la pratique des acteurs de terrain ni dans l’organisation du secteur de la prévention en général.

C’est l’une des lacunes que devrait combler ce plan. La Ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, a rappelé l’importance d’utiliser le préservatif. Mais elle a également souligné que nous disposions d’autres outils auxquels il fallait donner toute leur place. Encourager la population à se faire dépister plus ou moins régulièrement en fonction des comportements et, en cas de résultat positif, inciter à suivre le traitement ad hoc. Utiliser le traitement post-exposition en cas de prise de risque (administré moins de 72 heures après la prise de risque, il permet de réduire fortement le risque d’être infecté par le VIH). Utiliser le traitement pré-exposition pour une personne dont le partenaire régulier est séropositif par exemple.

C’est ça, les nouveaux paradigmes. Dépister au plus tôt, mettre sous traitement et réduire le risque de contagion du VIH.

Dépister au plus tôt, ça veut également dire diversifier les stratégies de dépistage. C’est le deuxième point important. Certains tabous tombent. Le plan prévoit de promouvoir le dépistage rapide décentralisé (dans les bars, les saunas, les aires de drague par exemple – on prélève une goutte de sang au bout de votre doigt et le résultat est immédiat - auquel Alliàge participe déjà en accueillant Sidasol lors de nos Tea Dances), d’ouvrir la possibilité d’un dépistage démédicalisé (plus besoin d’un médecin pour encadrer le geste, une simple formation suffira) et enfin le plan prévoit la mise à disposition d’un test à domicile. Ce dernier point est sans doute le plus controversé, mais il faudra suivre la mise en œuvre du plan pour voir les conditions d’achat des home tests (en pharmacie, notice avec ressources psycho-médico-sociales en cas de test positif,…).

Un troisième volet qui nous semble intéressant est le rôle que devraient prendre à l’avenir les médecins généralistes dans la lutte contre l’épidémie. Le plan prévoit d’intégrer le VIH et les questions qui y sont liées en tant que sujet obligatoire dans le cursus de formation médicale, en ce compris l’épidémiologie du VIH, les modèles et types de dépistages, les symptômes, les comportements sexuels sûrs mais également les compétences en communication, en particulier en ce qui concerne la santé sexuelle.
La santé sexuelle. Parlons-en. Un mini sondage (n = 102) sur le site d’Arc-en-Ciel Wallonie cet été montrait que 61 pourcents des répondants ne parlaient pas du tout de leur santé sexuelle avec leur médecin. Seuls 25 pourcents abordaient tous les aspects de leur santé sexuelle avec leur médecin. Les 14 pourcents restant abordant une partie des éléments de leur santé sexuelle.

Sans être scientifiques, ces résultats sont un indice sur les difficultés rencontrées par certains patients d’aborder des questions quelques fois très intimes comme la pénétration anale, la fellation, la gonorrhée, la chlamydia ou le VIH. Et par là, la difficulté d’accéder à des informations claires et précises sur la santé sexuelle.

L’adoption de ce plan par le gouvernement est donc un signal encourageant.

Seul bémol qui incarne à lui seul toutes les résistances du secteur médical à ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie. C’est l’approche en termes de populations vulnérables dans le langage des épidémiologistes et des institutions de santé publique en général. Chaque année, ils nous chantent le même refrain : ce sont les HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes) et les migrants qui sont les principaux vecteurs de la propagation du VIH.
Mais c’est quoi un HSH. Un gay ? Un homosexuel masculin ?

Nous pensons que la supposée homogénéité de la catégorie HSH ne résiste pas à la diversité des comportements sexuels rencontrés dans la population en général. Que donc il faut changer d’angle d’approche. Que, si on attrape le VIH, ce n’est pas parce qu’on est homosexuel. C’est parce qu’on baise.

Venez nous rejoindre lors des différentes activités prévues à l’occasion du 1er décembre.

Vincent Bonhomme

 



Edito novembre 2013

Lors du Tea Dance de septembre 2010, nous faisions la connaissance de deux membres de la section mœurs de la police de Liège. Celle-ci s’occupe uniquement de tout ce qui relève des mœurs, de la prostitution, du proxénétisme et des violences sexuelles sur les personnes majeures.

Josiane Mestdagh et Jean-Marie Monseur, puisqu’il s’agit d’eux, on entrepris d’investir la sphère LGBT, plus particulièrement, ils prennent en charge tout ce qui concerne, par exemple, les agressions à caractère homophobe, tant physiques que verbales.

Leur démarche inédite à l’époque était simple : assurer une interface entre le public LGBT et les service de police. Par leur présence régulière, des conversations informelles, des conseils et une écoute active, ils rassurent ceux qui doivent l’être que les services de police sont attentifs à traiter correctement leurs plaintes. De même, ces contacts, les témoignages et situations recueillies sont transmises aux collègues afin d’améliorer leur accueil et le suivi des dossiers.

Au fil du temps, leur présence se fait de plus en plus fréquente lors de nos activités ainsi que dans les lieux commerciaux et festifs LGBT de Liège. A tel point qu’il leur arrive très souvent d’être interpellés spontanément en rue par rapport à une demande, une situation particulière ou tout simplement pour échanger quelques mots.

De plus, Josiane et Jean Marie ont provoqué des rencontres avec des membres de la magistrature afin de permettre une meilleure connaissance et une meilleur compréhension des réalités mutuelles.

Ces différentes initiatives dans la durée portent leurs fruits. Et l’expérience liégeoise s’exporte progressivement dans d’autres villes du pays. Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Avant de terminer, je tiens à rappeler leur principal conseil :
Si vous êtes victime d’une agression à caractère homophobe, il est préférable, dans un premier temps d’aller déposer la plainte auprès de votre commissariat de quartier ou à l’Hôtel de Police. Ensuite, le Parquet orientera les suites de l’enquête vers la section mœurs.

Néanmoins, il est primordial de rappeler que les responsables de cette section restent à l’écoute de toutes les personnes qui auraient un quelconque souci lié à l’homophobie, soit en l’orientant vers le(s) service(s) adéquat(s), soit tout simplement en prenant le temps de dialoguer devant un café... En effet, leur expérience en la matière leur a souvent montré que pas mal de problèmes pouvaient se résoudre par une franche discussion, sans tabou ! Si un coup de fil n’engage à rien... il vaut parfois mieux les appeler, avant, pour "pas grand chose", plutôt qu’après, pour des situations bien plus graves !

Réservez-leur donc bon accueil et n’hésitez pas à aller leur parler.... Ils ont besoin de vos témoignages, vos remarques, vos conseils !

Hugues Hospital

Infos pratiques :

Police de Liège - Brigade judiciaire
Section Moeurs - Proxénétisme
Rue Grétry, 62 à 4020 Liège
Tél. : 04/340.87.71 | Fax : 04/340.87.09 | Gsm : 0494/92.15.90
Mail : bjmoeurs@yahoo.fr

Chef de section :
Jean-Luc Drion (inspecteur principal - officier de Police Judiciaire)
Tél. : 04/340.87.71

Membres de la section :
André Renouprez (inspecteur). Tél. : 04/340.87.76
Jean-Marie Monseur (inspecteur). Tél. : 04/340.87.75
Josiane Mestdagh (inspecteur). Tél. : 04/340.87.74
Alain Housset (inspecteur). Tél. : 04/340.87.73
Jean-Marie Deflandre (inspecteur). Tél. : 04/340.87.72
Dominique Smets (inspecteur). Tél. : 04/340.87.77
Cécile Van Den Sande (inspecteur). Tél. : 04/340.87.78

Personnel civil :
Antony Bosco. Tél. : 04/340.87.70

 



Edito octobre 2013

Quelle rentrée, mes amis! Entre vernissage, tea-dance, rallye, nouvelle soirée au Sweet, sans oublier nos collaborations avec le PAC de Rocourt (rencontre avec Hassan Jarfi), la Gay Street Avroy et le retour du Blind-test de LaLucarne.org, septembre aura filé à une vitesse folle, avec au moins une activité importante chaque week-end. Merci à toutes et tous d’avoir à chaque fois répondu présent-e-s.

En parcourant l’Alliàgenda, vous constaterez qu’octobre également sera riche en activités. A commencer par la traditionnelle Nocturne des Coteaux du samedi 5 octobre. Depuis l’ouverture de la Maison Arc-en-Ciel (bientôt 10 ans, mais chut, nous en reparlerons en temps voulu), Alliàge a toujours mis un point d’honneur à participer à cette grande manifestation liégeoise. En participant activement à cette fête du quartier, nous démontrons notre volonté d’ouverture et d’accueil à tous. Cette année encore, une animation musicale et une exposition seront autant de raisons pour le grand public de venir découvrir la Maison, les associations qui l’occupent et les causent qu’elles défendent. Et comme elle n’est jamais aussi belle et attrayante que quand elle résonne de vos rires, de votre bonne humeur et de votre chaleur humaine, nous espérons que vous serez nombreux à passer nous voir.

Quelques jours après, ce sera le retour du ciné-club Imago. La saison 2012-2013 avait été particulièrement faste : de nombreuses avant-premières, des rencontres avec des réalisateurs, deux documentaires projetés,… On aurait pu craindre qu’il soit difficile de l’égaler; mais c’était sans compter sur l’excellent cru cannois 2013.

Celles et ceux qui ont suivi l’actualité ciné du mois de mai le savent déjà, de nombreux films présentés sur la Croisette mettaient en avant des thématiques LGBT, à commencer par la Palme d’Or et double palme d’interprétation féminine (un doublé unique dans l’histoire du festival) "La vie d’Adèle, chapitres 1 et 2", d’Abdelattif Kechiche. Un film fort, un vrai coup de cœur pour tout qui l’a vu. C’est le cas de Catherine Lemaire, notre collaboratrice au sein des Grignoux. Quel meilleur choix pour débuter cette saison?

Puisque les bons films sont légion, nous vous proposerons déjà un deuxième Imago à la fin du mois, "Ma vie avec Liberace", également présenté à Cannes. Ce biopic retrace une période de la vie du chanteur Liberace, vedette américaine au kitch assumé, adulé par ses fans féminines et pourtant profondément homosexuel. Les prestations de Michael Douglas et de Matt Damon ont été louées par tous les critiques ; et avec Steven Soderbergh à la réalisation, rassurez-vous, nous serons très loin de "La cage aux folles".

Dans les mois qui suivent, nous espérons bien aussi pouvoir vous proposer "L’inconnu du lac", film sur les amours en plein air, dont l’affiche, qui abrite une discrète fellation entre deux hommes, a ému les maires bien pensant de Versailles et Saint-Cloud au point qu’ils la censurèrent sur leurs communes.

Comme vous le voyez, l’Imago revient en grande forme. En 16 ans, cette collaboration entre Les Grignoux, Alliàge, le CHEL et LaLucarne.org aura présenté plus de 150 films, documentaires et courts-métrages. Les plus curieux d’entre vous peuvent retrouver l’intégralité de la programmation dans la partie Dossiers de notre site Internet.

Le tout premier film projeté fut "Grains de sable", en 1997 lors du 1er Automne Gay. Et hasard du calendrier, cette projection avait eu lieu un …8 octobre. Nul doute que nous y repenserons avec beaucoup de fierté et d’émotion lors de la projection "La vie d’Adèle, chapitres 1 et 2", pile poil 16 ans après.

Jean-Pierre Frisée

 



Edito septembre 2013

Même si le calendrier des vacances n’est pas le même pour tout le monde, le retour de septembre signifie souvent le retour à certaines habitudes.

Septembre, donc, c’est le retour de la Gay Street, qui vous permettra de retrouver la plupart des associations arc-en-ciel sur la place Cathédrale. Venez nous y rejoindre.
Ensuite, tous en piste, à l’occasion du Tea-dance de rentrée où l’ambiance promet d’être chaude après deux mois d’abstinence.

Un des grands rendez-vous de cette rentrée, bien sur, c’est le rallye touristique pédestre qui vous invitera une fois de plus à découvrir une facette inattendue de notre cité mosane.
Mais, comme vous l’avez sans doute déjà remarqué, en découvrant votre Alliàgenda, cela n’empêche pas d’évoluer. Comme vous le constaterez en le parcourant, sa couleur est loin d’être la seule modification qu’il a subie.

La Maison Arc-en-ciel accueillant de plus en plus d’associations, nous désirions que cela se retrouve de manière plus visible dans notre mensuel. Cette nouvelle présentation permettra à chacun de le parcourir à sa façon, en consultant en priorité les rubriques qui l’intéressent le plus. N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions et de vos commentaires.

Pour accompagner ces modifications, nous vous proposons deux nouveaux rendez-vous en septembre.

Tout d’abord, en vous proposant une soirée dansante au Sweet, nouvel établissement du centre-ville. L’occasion pour nous d’accueillir LaDiva Live, talentueuse artiste qui se produit notamment "Chez Maman" à Bruxelles. De sa voix d’or, elle reprend les plus grandes divas internationales (Céline Dion, Tina Turner, Annie Lennox, Edith Piaf, Adele) avec une prestance et un humour rarement égalés.

Ensuite, nous avons décidé de placer cette rentrée sous le signe de la réflexion et de l’échange.

Au printemps 2012, Ihsane Jarfi est victime d’un assassinat inspiré par la haine homophobe. Profondément ébranlé par la perte de son fils, Monsieur Hassan Jarfi interroge sa foi, son histoire et ses convictions personnelles. Il y trouvera des ressources et des réponses lui permettant de ne pas se laisser consumer par les sentiments de douleur et de colère mais de les orienter de façon positive.

Cela prendra la forme d’un combat de chaque instant contre l’homophobie, l’obscurantisme et la négation de l’autre.

Ces questions et les débuts de réponses qu’il y apporte, ce rejet de l’intolérance et cette invitation au dialogue, il nous les propose au fil d’un livre témoignage qu’il vient de publier en mémoire d’Ihsane.

Partageant largement son attachement au respect et au Vivre Ensemble, Alliàge, en association avec le PAC Rocourt, vous invite à le rencontrer dans le cadre d’une soirée d’échange. Nous pourrons ainsi, en débattant librement sur ces thèmes, mieux connaitre l’autre, interroger nos préjugés et faire reculer quelque peu l’intolérance.

Comme vous le découvrirez au fils des pages, ces événements multiples et variés – et d’autres - feront de cette rentrée 2013 une cuvée enrichissante pour toutes et tous.

Hugues Hospital

 


 

Edito d'août 2013

Vacances !

Pour certains, ce mot est synonyme de farniente, de repos. D’autres l’associent à la découverte d’horizons inconnus, de cultures différentes, d’activités inhabituelles.

L’été, sans doute sous l’effet du soleil et du ralentissement des activités habituelles, est souvent une période de relâchement : BBQ, apéro, repas en terrasse etc... et les bonnes résolutions prises en début d’année semblent bien lointaines.
Ceci dit, cette période ne doit en rien nous éloigner de nos principes.

C’est pourquoi, je m’en voudrais de ne pas évoquer ici un évènement international qui se déroulera à nos portes au milieu de l’été.

En effet, après Montréal en 2006 et Copenhague en 2009, c’est Anvers qui accueille les WorldOutGames.

Devant la démesure atteinte par les organisateurs des Gay Games, version LGBT(1) des JO, certains décident de créer les WOG. Les concepteurs ouvrent la participation à tous sans tenir compte de l’âge, du sexe, de la religion, de l’orientation sexuelle, ni même des aptitudes sportives ou de l’état de santé des concurrents. Ceci permet à des athlètes LGBT issus de pays où l’homosexualité est condamnée d’y participer.

En 2006, l’évènement sportif est précédé d’une conférence internationale sur les droits humains des LGBT réunissant quelque 1500 délégués venus du monde entier.

Cette année, c’est donc Anvers, capitale européenne 2013 du sport, qui accueille les WOG du 31 juillet au 11 août. Le message des organisateurs est clair :

LE SPORT DOIT ETRE UN MONDE SANS DISCRIMINATION

En acceptant d’en être l’ambassadeur, Frankie Vercauteren veut montrer à tous que le sport se doit d’être un élément d’intégration où la seule chose qui compte est la performance.

Pascal Smets, ministre flamand des sports, rappelle que sur les 13000 athlètes ayant participé aux JO en 2012, seuls 19 avaient osé faire état de leur homosexualité. Il juge qu’il y a donc encore pas mal de pain sur la planche dans la lutte contre les discriminations.

Tous sont unanimes pour souhaiter que ces WOG soient un outil important à cet égard.

Une chose est certaine, le programme est particulièrement chargé et chacun pourra y trouver de quoi faire :

• une nouvelle cession de la Conférence Internationale sur les Droits Humains LGBT se clôturant sur une "déclaration d’Anvers" ;

• des rencontres sportives : 32 disciplines (dont certaines étonnantes : bowling, échecs, billard, ou danse entre partenaires du même sexe), 5000 sportifs, 80 pays, 6300 médailles...

• la gay pride d’Anvers ;

• élection de Mister Gay World 2013 ;

• des dizaines d’animations et soirées aux couleurs arc-en-ciel.

Si vous voulez en savoir plus rendez-vous sans tarder sur le site des WorldOutGames III : http://www.woga2013.org/index.php/fr

Alors, que vous vous passionniez pour les travaux de la conférence sur les droits humains des LGBT, que vous ayez envie d’assister ou de participer aux WOG - la cérémonie d’ouverture est accessible gratuitement - Anvers devrait sans doute avoir la faveur d’une visite de votre part.

Bonne fin de vacances (sportives ou pas) à toutes et à tous et rendez-vous en septembre pour une rentrée qui sera synonyme de nouveautés jusqu’à l’ Alliàgenda qui fera peau neuve.

Hugues Hospital

(1) Lesbiennes Gays Bisexuel-le-s et Transsexuel-le-s

 


 

Edito de juillet 2013

Ce n’est pas moi qui le dit mais, c’est officiel, nous sommes en été depuis quelques jours !!! Et pourtant, rares sont les journées où le soleil est sorti vainqueur de son combat contre les nuages et la pluie.

Pour certains, l’été est synonyme d’exil volontaire, au bord de l’eau ou a la montagne, entre amis ou en famille. Pour d’autres, ce seront des activités plus locales, découvertes culturelles ou retour dans la famille. D’autres enfin, resteront chez eux ou seront tout simplement au travail.

Ceci dit, pour ceux qui sont restés au pays, Alliàge a sorti son arc-en-ciel estival : la Fantasypride (ouverture officielle des semaines arc-en-ciel de Cologne), la désormais traditionnelle permanence sangria et tapas, un barbecue dans un nouveau cadre, une descente sur la capitale et bien d’autres surprises que vous découvrirez au fil des pages.

Bref de nombreuses occasions de partager des plaisirs de saison.

A l’heure d’écrire ces quelques lignes, il semblerait que le ciel se soit laissé convaincre et que le soleil fera finalement son apparition ! De quoi envisager des fêtes du XV Août... torrides.

Mais soyons vigilants ; les chiffres communiqués cet été par les associations de lutte contre le SIDA démontrent que le nombre de personnes touchées par les MST/IST* augmente à nouveau de manière significative. Les personnes sortant d’une relation de longue durée sont surreprésentées dans les statistiques. Ce qui semblerait indiquer qu’elles pourraient avoir oublié les bons réflexes.

Alors, même si les vacances et le soleil nous invitent à alléger significativement nos tenues vestimentaires n’oublions pas d’emporter nos protections : lunettes, crèmes solaires et capotes.

Et, puisque l’été est aussi propice aux rencontres amoureuses, au moment où chacun se prépare à boucler ses bagages ou son sac à dos, nous tenons à nous associer à Ex-Aequo, Sidasol et la Plateforme Prévention Sida pour dire : "C’est avec qui vous voulez, comme vous voulez, où vous le voulez, mais toujours protégés".

Faisons en sorte que les souvenirs et les photos collectionnés durant les vacances soient les seuls à être positifs.

Bonnes vacances à toutes et à tous.

Hugues Hospital

*Maladies/Infections sexuellement transmissibles
Lien vers la campagne de prévention : http://www.preventionsida.org/v2/486

 


 

Edito de juin 2013

L’insécurité est un sujet vaste et dont on entend parler tous les jours dans les médias. Mais l’insécurité, c’est quoi? C’est qui? Comment s’exprime-t-elle? Et plus spécifiquement, comment est-elle vécue par les jeunes femmes ?

A l’occasion de la Caravelle des Droits des Femmes, le collectif Elles Bougent, en collaboration avec Alliàge, a, en février dernier, lancé un appel à participation intitulé "Regards de femmes sur la Ville" et a ainsi donné l’opportunité à des jeunes (femmes et hommes) d’explorer cette thématique et de se questionner au travers d’un art, à savoir la photographie.

Pourquoi cette démarche? De nos jours et sans tomber dans la paranoïa, nous constatons que se déplacer en ville lorsque l’on est une femme implique souvent d’être interpellée de manière lourde et/ou insistante (allant parfois jusqu’aux insultes) par des individus qui nous inspirent tout sauf la confiance. Et ce, à n’importe quelle heure du jour, du soir ou de la nuit. A d’autres moments, c’est une main qui s’égare malencontreusement sur nos fesses (ou ailleurs) dans un bus bondé aux heures de pointe... Mais le sentiment d’insécurité ne se limite pas qu’à la drague lourde, aux insultes à caractère sexiste, homophobe ou encore, aux agressions sexuelles. L’insécurité, c’est aussi le climat malsain qu’engendre la toxicomanie dans le paysage urbain et à laquelle on finit presque par s’habituer. Mais c’est également la petite délinquance spécialisée dans le vol à la tire, à l’arraché, accompagnée parfois de menaces avec ou sans armes.

Ce constat nous pousse à mettre en place des stratégies visant à garantir notre sécurité, comme garder son gsm en main avec un numéro prêt à être composé, emprunter une rue plutôt qu’une autre parce que celle-ci ne dispose pas d’éclairage public,... Mais ces trucs et astuces ne sont malheureusement pas suffisants. Dès lors, il nous apparait primordial de réinvestir notre quartier, notre ville et ce, même une fois la nuit tombée.

Au-delà-de l’aspect artistique, ce projet dont la finalité prendra bientôt la forme d’une exposition, est aussi une façon pour les femmes d’exprimer leur ressenti quant à leur place dans la ville… ou tout simplement dans la vie. En témoignent les photos que nous avons reçues toutes plus interpellantes les unes que les autres. Certaines d’entre elles peuvent d’ailleurs sembler banales à première vue et pourtant, lorsque les artistes nous expliquent leur démarche, le regard que nous posons dessus prend une toute autre dimension. Mais avant de vous communiquer les détails pratiques de cette expo, je me dois d’abord de vous parler de la Caravelle des Droits des Femmes et du collectif Elles Bougent qui a pensé et monté cette action en collaboration avec Alliàge.

La Caravelle des Droits des Femmes, quèsaco ? Il s’agit d’une initiative de l’asbl Vie Féminine qui, par ce biais, mène une action inédite pour promouvoir, avec les femmes, l’égalité, la solidarité et la justice sociale. De mars 2013 à mars 2014, la Caravelle des Droits des Femmes sillonne la Wallonie et Bruxelles pour aller à la rencontre des femmes qui y trouverons des informations sur leurs droits, mais qui pourrons aussi y rencontrer d’autres femmes, s’exprimer, créer, passer à l’action, prendre du temps pour elles…

Le 27 mars dernier, nous avions déjà exposé les premières photos reçues lors du passage de la Caravelle à l’Esplanade St-Léonard.

Et le collectif Elles Bougent? Elles bougent est un collectif liégeois de jeunes femmes en mouvement qui agit face aux injustices sexistes présentes dans la société. Nous émanons de l’asbl Vie Féminine et travaillons ensemble à la construction d’une société solidaire, égalitaire et juste. Nous menons régulièrement des actions à propos de faits ou observations qui nous interpellent : l’exploitation du corps des femmes dans la publicité ; l’utilisa tion sexiste des jouets ; l’exploitation des fêtes culturelles à des fins commerciales (ex : Saint-Valentin),…Nous agissons de manière créative, positive et collective. Par ces actions, nous souhaitons sensibiliser les femmes, les hommes, les jeunes,… et inviter chacun(e) à la réflexion. Nous organisons également des soirées débat afin d’échanger avec d’autres et de découvrir de nouvelles idées/réflexions. Enfin, nous nous investissons aussi dans des projets créatifs porteurs de nos messages (ex : film d’animation,…).

Enfin, vous aussi, vous aurez l’occasion de porter votre regard et de vous exprimer lors de l’exposition qui aura lieu du 14 juin au 26 juillet. Vous pourrez également nous rencontrer (le collectif Elles Bougent et les artistes) lors du vernissage qui aura lieu le vendredi 14 juin dès 19h.

En espérant vous y voir nombreux-ses, je vous dis "A bientôt!"

Véronique Pecklers

Avec la participation de la Province de Liège – Service Culture.

http://www.ellesbougent.e4y.fr | http://www.viefeminine.be/caravelle/

 


 

Edito mai 2013

Pride ou pas ?

Quand les médias nous montrent le superbe carnaval de Rio, avec ses kilomètres de corps dévêtus (et je ne parlerai même pas de la criminalité qui l’accompagne), on évoque le folklore, voire la tradition culturelle ; mais quand il s’agit de la Pride, le discours est tout différent.

Un "deux poids, deux mesures" qui joue en notre défaveur, entretient et alimente les commentaires du style "c’est de la débauche, de la provocation, de la vulgarité,...","ce n’est qu’un défilé de folles, de plumes, de chair, voire de débauche"... et ce, autant par des gays que par des hétéros ! Certains suggérant même qu’une association comme la nôtre ferait mieux d’organiser un grand souper spaghetti en faveur du Télévie, sans doute pour donner une belle image d’homosexuel-le-s généreux et charitables.... histoire de se rendre encore plus lisses (voire invisibles) pour être accepté-e-s par la société plutôt que d’essayer d’élargir ce que cette société accepte.

Que des hétéros, par mauvaise foi ou par méconnaissance, aient une vision assez limitée de la Pride, j’ai envie de dire "Passe encore". Mais quand il faut convaincre les homos de son utilité, c’est dommage. Cela démontre que le débat archaïque sur ce qui serait une homosexualité respectable ou non se joue encore et toujours même parmi les gays et lesbiennes.

Alors, pour toutes et tous, petites infos utiles ...

La première pride (28 juin 1970) est organisée pour rappeler les émeutes qui suivirent une descente des plus musclées des forces de police au Stonewall Inn un an plus tôt. A l’époque, le fait de porter des vêtements socialement réservés à l’autre sexe est sévèrement réprimé et puni d’emprisonnement. Et les premiers à se révolter ce jour là sont des travestis.

La Pride est, dès ce moment-là, l’occasion pour la "communauté LGBT" de s’arroger un droit de visibilité et de revendiquer l’abolition de discriminations législatives et sociales dont elle est la victime.

Ensuite, la bannière arc-en-ciel, sous laquelle nous nous reconnaissons, évoque la diversité des orientations sexuelles et identités de genres.

Et à Bruxelles ?

Comme ailleurs, nous serons là pour faire la fête mais aussi pour affirmer le droit de chacune et de chacun à vivre sa vie (y compris sa sexualité) en toute liberté.

Cette année, ce seront les familles homoparentales qui seront au centre des revendications. Les enjeux sont multiples: demande d’une législation sur la gestation pour autrui, possibilité de reconnaissance d’un enfant par deux mères ou deux pères, reconnaissance d’un statut de "parent social", lutte contre les discriminations toujours existantes dans l’accès à la parentalité pour les couples homoparentaux, notamment dans le chef de certains organismes agréés d’adoption ou centres de fertilité.

Tout ceci étant, le vrai visage de la Pride, c’est vous, c’est nous. Quiconque va au défilé pourra objectivement dire que le public est déjà multiple. A côte des plumes, de l’adepte du harnais de cuir et du chap’s, il y a des mecs, des filles, des jeunes, des vieux, des travestis, des types en jeans, des couples à trois, des familles à deux enfants, des fêtards, des révolutionnaires... Petit secret: y’a même des hétéros qui viennent nous soutenir !

Si vous trouvez que cela ne vous représente pas assez, raison de plus pour y venir, pour ajouter votre voix, pour montrer qu’il y autant de diversité chez les homos que chez les hétéros. Et surtout pour s’unir ensemble dans un combat pour plus d’égalité dans notre société. Car c’est ça aussi la Pride.
De plus, depuis deux ans, la Pride est devenue le deuxième évènement "touristique" dans notre capitale.

Alors, que ce soit pour le plaisir, pour revendiquer, pour vous y montrer, pour pouvoir dire"j’y étais", pour être "ambassadeur" d’Alliàge ou pour tout cela à la fois .... Pride ou pas Pride ?

Hugues Hospital
Jean-Pierre


 

Au cours de l’A.G. du 24 mars dernier, Jean-Marc Boden, Nicolas Di Chiara et Jean-François Pondant nous faisaient part de leur décision de mettre un terme à leur "carrière" d’administrateur.
Le conseil d’administration qui s’est réuni par la suite tient à les remercier pour leur engagement et leur implication tout au long de leur mandat : relations avec d’autres associations, organisation de la Maison Arc-en-Ciel, renforcement de l’accueil, relation avec les autorités, la police, gestion rigoureuse... Bref, ce qui a permis à Alliàge de poursuivre son action.

C’est en m’inspirant de ces exemples avec l’aide de mes collègues administrateurs et des permanents que j’assurerai la fonction de président qui m’a été confiée par le nouveau CA en place.

Je vous souhaite à toutes et à tous de bonnes "Semaines Arc-en-Ciel" et une Pride colorée, diverse, militante et festive.

Hugues Hospital

 


 

Edito avril 2013

Se plaindre, c’est bien. Proposer, c’est mieux.

On vous en touchait un mot lors du dernier édito, un plan d’action interfédéral contre l’homophobie a été mis en place. Le premier volet du plan, s’attaquant à la lutte contre les violences, a abouti à une série de recommandations au niveau judiciaire et juridique. Si ces avancées étaient attendues, le milieu associatif avait souligné l’importance de ne pas se limiter à ces domaines. Alors que le plan entame son second volet, concernant les discriminations, la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie, associée aux discussions, a publié une série de 42 propositions, autant de pistes de réflexions pour nourrir le débat.

Je ne vais bien sûr pas vous décrire en long et en large ces 42 mesures ici dans notre édito alliàgesque. Cela mériterait bien plus d’espace que cela et Arc-en-Ciel Wallonie, à tout seigneur tout honneur, a déjà très bien fait cela dans le document "42 pistes pour lutter contre l’homophobie" publié sur leur site www.arcenciel-wallonie.be. Mais j’ai voulu mettre ici en avant quelques-unes de ces mesures, soit parce qu’elles sont assez emblématiques ou tellement simples qu’on se demande pourquoi elles ne sont pas déjà mises en place.

Un des domaines majeurs où il est essentiel d’agir, c’est bien entendu l’éducation. On le sait (ou vous allez le savoir) l’adoption de l’EVRAS (Education Vie Affective et Sexuelle) par la Fédération Wallonie-Bruxelles fin juin 2012 va obliger toutes les écoles à intégrer l’éducation sexuelle dans leur programme. Le hic, c’est qu’il n’y a pas d’obligation sur les thématiques à aborder. Donc aucune certitude que la diversité des orientations sexuelles sera prise en compte. Le plan pourrait être l’occasion de fixer des objectifs clairs allant dans ce sens.

Les écoles doivent aussi être encouragées à être plus proactives: campagne de sensibilisation en interne, personne de référence dans le personnel pédagogique, utilisation d’ouvrages non discriminants et prenant en compte la diversité des genres et des sexualités.

Pour agir, il faut aussi avoir une idée du terrain, des situations qui se présentent. Il faudrait pour cela permettre un meilleur référencement des comportements discriminatoires qui ont cours dans les écoles.

Le domaine de la santé peut aussi profiter de nombreuses améliorations. On le sait, la sexualité des seniors est déjà un sujet fort tabou dans notre société ; l’homosexualité de ceux-ci est donc encore plus tue. Une sensibilisation du personnel soignant des maisons de repos est donc essentielle. D’une façon générale, tous les acteurs du monde de la santé (médecins, infirmiers, gynécologues, urologues,…) devraient être davantage formés et informés sur l’approche du public LGBT.

Les transgenres sont aussi très pénalisé-e-s par le monde médical : obligation de suivi psychiatrique, de changement de sexe "complet" et de stérilisation. C’est à ces seules conditions, à accepter intégralement, qu’une personne pourra avoir accès à un changement d’état civil. C’est une demande importante de la population transgenre de voir lever ces obligations. Si un plan contre la discrimination ne s’attaque pas à ce sujet, qui le fera? D’un point de vue symbolique, on peut aussi espérer que la Belgique, pionnière sur bien des questions d’égalité pour les LGBT, joue un rôle au niveau international pour faire retirer la trans-identité et l’intersexualité de la liste des maladies mentales.

Si la loi sur l’adoption (merci, on est très content de l’avoir!) a été une vraie avancée, l’adoption reste un processus très lourd (particulièrement pour les adoptions intra-familiales). Dans le champ de la famille, le plan peut aussi prendre des décisions fortes : permettre la reconnaissance d’un enfant par deux mères ou deux pères, sans passer par l’adoption, légiférer sur la gestation pour autrui et offrir ainsi une protection (j’allais dire "une meilleure protection", mais en fait, pour le moment, il n’y a juste aucune protection pour eux!) aux couples qui doivent passer par cette alternative. Toute une série d’acteurs administratifs et judiciaires (consulats, services d’état civil,…) devraient aussi recevoir des directives claires pour permettre aux personnes qui ont recours à la GPA à l’international d’éviter tout problème que cela soit l’impossibilité de déclarer l’enfant ou de procéder à un regroupement familial. En échange de bonnes pratiques entre voisins, on pourrait s’inspirer (pour une fois sur ces thématiques) de nos amis français, dont la Garde sceaux Christiane Taubira a envoyé fin janvier une circulaire dans ce sens aux magistrats. Ce texte leur demande de délivrer les Contrats de Nationalité Française aux "enfants nés à l’étranger de Français, lorsqu’il apparaît, avec suffisamment de vraisemblance, qu’il a été fait recours à une convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui (GPA)". Si elle ne règle pas la question de la GPA (à laquelle la majorité gouvernementale se dit toujours opposée), cette circulaire a au moins le mérite de régler plusieurs situations problématiques (39 cas sur les 4 dernières années d’après le gouvernement français).

Un autre domaine, souvent ignoré, est celui du logement. Si une attention toute particulière doit être portée sur toute discrimination basée sur l’orientation sexuelle (refus de location), il faut aussi penser au public des jeunes LGBT qui, au hasard d’un coming-out, peuvent se retrouver du jour au lendemain mis à la porte de chez eux. Si on n’a pas de chiffres sur le sujet en Belgique, on sait qu’en France, le Refuge, a été créé dans le but d’accueillir ces jeunes en difficulté. Et leur service ne désemplit pas. Il serait donc étonnant que la Belgique soit "le pays des Bisounours" sur cette question. De mon expérience à Alliàge, je dirai que cette problématique touche aussi les personnes transgenres. Je me rappelle d’une transgenre, male to female, qui devait rejoindre un hébergement d’accueil mais que l’on ne pouvait mettre avec les femmes (car état civil masculin) et qui craignait d’être logée avec les hommes.

Sur les questions culturelles, il y a des actions "simples" mais symboliques que le plan pourrait reprendre: intégration du Fonds Suzan Daniel au Services des Archives de la Fédération Wallonie Bruxelles ; encourager les bibliothèques à référencer de manières claires et optimales les ouvrages sur les identités sexuelles et de genre.

Voilà donc un petit tour d’horizon non-exhaustif des propositions d’Arc-en-Ciel Wallonie. Il y en a encore bien d’autres sur l’emploi, la recherche scientifique (bourse pour des recherches sur les questions et les cultures LGBT), l’audiovisuel (notamment sur la cyberhaine que l’on voit fleurir sur chaque site journalistique suite aux articles sur le mariage homo, l’homophobie,…), le sport, le don de sang (souvent abordé depuis longtemps et que j’ai donc volontairement mis de côté ici),… Encore une fois, vous pouvez retrouver l’intégralité et le détail des ces propositions sur le site d’Arc-en-ciel Wallonie.

Il me reste à vous souhaiter un bon mois d’avril et à vous donner rendez-vous en mai pour les Semaines Arc-en-Ciel, la Journée Mondiale de Lutte contre l’Homophobie (n’oubliez pas, le 17 mai, à vos pin’s) et la Pride sur le thème "Rainbow Families".

Jean-Pierre

 


 

Edito mars 2013

Des noces d’étain, ça se fête.

Heureux hasard du calendrier, c’est au moment où la France se déchire sur le mariage pour tous (enfin, au moment où certain(e)s voudraient nous le faire croire), que la Belgique fête les dix ans du mariage homo. Et force est de constater que, malgré les prophéties de Christine Boutin, la pythie venue d’un autre âge, qui annonce à la France "un état totalitaire", "l’abolition des Droits de l’Homme" et un "principe d’égalité conduisant à l’eugénisme" si la loi est votée, la Belgique, elle, ne semble pas se porter si mal que cela, bien au contraire.

Certes, notre pays a connu (et connait toujours, hélas), comme tant d’autres, de nombreux problèmes liés à la crise financière. Les problèmes communautaires s’invitent régulièrement dans tous les débats et on se rappelle tous la difficulté (le mot est faible!) avec laquelle un gouvernement fédéral a été formé. Mais, hormis un scénariste de " Plus belle la vie", bien malin celui qui pourrait lier tout ceci au vote de la loi sur le mariage. On sait que les voies du Seigneur sont impénétrables, mais la dernière fois qu’on a vérifié, Bart De Wever ne faisait pas partie des sept plaies d’Égypte!

Le vote de la loi sur le mariage n’a finalement pas bouleversé grand-chose dans la société. Si ce n’est pour les plus de 15.000 homos ou lesbiennes qui se sont mariés depuis (chiffres 2004-2010 du site Statistics Belgium ; pour la période 2011-2012, les chiffres officiels n’ont pas encore été rentré mais on estime le nombre de marié(e)s homos à environ 4.000 pour ces deux années) et aussi pour tous les gays et les lesbiennes qui, même s’ils n’ont pas envie de se marier, ont pu se sentir moins considérés comme des sous-citoyens aux droits inférieurs à tout un chacun1.

On peut se réjouir que notre pays et nos dirigeants, qu’on aime souvent décrier, aient eu le courage d’être des pionniers en la matière par rapport à de nombreux états. On voit actuellement en France à quel point cette prise de position peut encore rencontrer de vraies oppositions ubuesques, mêlant "contre-nature","pêché mortel", "zoophilie", "inceste",….

Mais c’est bien connu, pour faire durer un mariage, il ne faut pas se contenter d’une jolie cérémonie. L’amour, ça s’entretient tout du long, règle que la Belgique n’a pas oubliée : en dix ans, on aura vu la loi sur l’adoption être votée et la loi contre la discrimination renforcée. Le soutien des pouvoirs publics aux manifestations LGBT (notamment la Pride), mais aussi à la création et à la pérennisation d’associations telles que la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie sont des signes forts. Le vote de la loi sur le mariage n’a heureusement pas été juste un "cadeau" fait aux LGBT pour avoir la paix, mais bien un pas dans une lutte toujours nécessaire pour l’égalité.

Le dernier geste en date est la mise en place du plan d’action interfédéral contre l’homophobie et la transphobie, présenté fin janvier. De discussions entamées avec les trois fédérations belges LGBT (Arc-en-Ciel Wallonie, Çavaria et RainbowHouse) en février 2012 ainsi que la nécessité et l’urgence de ce plan se sont révélées d’autant plus importantes avec le meurtre d’Ihsane Jarfi, début mai et l’assassinat de Jacques Kotnik en juillet. Après plusieurs mois de réunion, le plan a abouti à de véritables avancées au niveau judiciaire et juridique : formation des policiers et des magistrats, alourdissement des peines, amélioration des données statistiques recueillies,… Avancées qui restent bien sûr à mettre en place.

Mais, malgré ses bonnes intentions, on peut regretter que le plan d’action interfédéral, comme l’a souligné Arc-en-Ciel Wallonie, ne propose pas "de dispositions relatives à d’autres domaines de l’action publique (ndlr: que la police et la justice) qui permettraient de lutter plus directement sur les racines profondes de l’homophobie et de la transphobie"2.

Il est toujours bon de rappeler aussi que, si la loi sur l’adoption a le mérite d’exister, elle n’a permis quasiment aucune adoption externe en Wallonie, que les formalités pour les adoptions intra-familiales restent très compliquées et fastidieuses et que l’adoption internationale est impossible. La législation sur la GPA (gestation pour autrui) est toujours aussi inexistante et seules deux des quatre propositions de loi en projet permettraient l’accès à celle-ci aux couples homos. L’associatif ne s’y est pas trompé et les revendications de la Pride 2013 seront centrées sur cette thématique, sous le slogan "Rainbow Families".

Bref, à ceux qui craignaient ou craignent encore que l’ouverture du mariage aux homosexuel(le)s soit la porte ouverte à un putsch de "Khmers roses"3, qu’ils soient rassurés, il n’en est rien. Les avancées obtenues et désirées doivent toujours être défendues avec âpreté.

Sur ce, en cette période d’anniversaire, ne boudons pas notre plaisir. Soyons fier de l’avancée de notre pays en la matière et espérons que, pour nos noces de porcelaine, nous pourrons célébrer encore plusieurs victoires.

Jean-Pierre

 

1. Pour une petite plongée dans le passé sur ces deux jours historiques, nous vous recommandons l’article d’Arc-en-Ciel Wallonie sur leur site: "Mariage homo en Belgique : il y a 10 ans, qui a voté quoi et pourquoi?"
2. Pour découvrir le plan dans son intégralité et l’analyse de celui-ci par Arc-en-Ciel Wallonie, nous vous recommandons l’article d’Arc-en-Ciel Wallonie sur leur site : "Plan national contre l’homophobie : avancées et perspectives"
3. Expression utilisée par François Devoucoux du Buysson dans son livre du même nom pour définir les militants de "l’idéologie homosexuelle"

 


 

Edito février 2013

Nous en parlions déjà le mois passé : le 24 mars prochain, Alliàge tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et, surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas encore et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2013, il est encore temps ! Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de "membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 20 février au plus tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secrets, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an et il vous faut, alors, recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit votre adhésion est inférieure à un an et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut obtenir.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur(-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 20 février au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter et il faut, enfin, recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant deux ans et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site www.alliage.be en suivant présentation > missions > statuts) ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@alliage.be

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Editos 2012


 

Edito décembre 2012

1er décembre : Journée Mondiale de Lutte contre le Sida.
Quid des revendications des gays en 2012?

À l’heure où la Ministre de la Santé Publique Laurette Onkelinx, lance un plan global Sida en annonçant notamment la fin des tabous, pour vraiment aider les gens sans les stigmatiser mais en les regardant en face, on peut s’étonner de voir que les gays sont encore et toujours montrés du doigt unilatéralement, portant la responsabilité de la hausse des contaminations.

Cet édito ne veut pas être d’un angélisme béat. Les chiffres de l’Institut scientifique de Santé publique le montrent : en 2011, les dépistages positifs, après une année 2010 ayant connu la plus haute incidence, restent très élevés (1.777 nouveaux cas1). Et malheureusement pour nous, les infections consécutives à un rapport sexuel entre hommes sont aussi en augmentation.

Et oui, on a tous pu constater un relâchement chez les gays depuis plusieurs années. Il suffit de voir les profils sur Internet, de plus en plus nombreux, où le safe sex est "à discuter" ; il suffit de voir à quel point le porno bareback est devenu un véritable argument commercial, certains grands studios devant même s’y mettre pour rester en tête des ventes ; il suffit de voir à quel point le militantisme des gays dans ce domaine, essentiel lors de la première période de l’épidémie (de son début à l’arrivée des trithérapies), s’est petit à petit réduit, par lassitude, par oubli et/ou méconnaissance de cette période et aussi par refus de la stigmatisation social que subissent les séropositifs (et par extension, ceux qui se battent pour eux, qui, dans le regard de Monsieur Tout-le-Monde, doivent forcément l’avoir aussi!).

Il ne s’agit donc pas de nier ces chiffres. Oui, les transmissions consécutives à des rapports entre hommes sont en augmentation et oui, c’est notre affaire à tous. Mais il est important aussi de souligner le manque de précision et de détails de ces chiffres et surtout le danger en termes de prévention et de discrimination de se baser aveuglément sur ceux-ci dans leur état actuel.

Des chiffres incomplets et discutables

Si on se penche sur le rapport de l’ISP pour l’année 2011, on se retrouve face à une septantaine de pages reprenant divers tableaux comparatifs, graphiques et pourcentages sur le sexe des personnes contaminées, sur les modes de transmission (rapports entre homo-/bisexuels, rapports hétérosexuels, injection de drogue, injection de drogue + rapport homo-/bisexuels, hémophilie, transfusion, mère/enfant), sur l’origine des personnes,…

Cela a le mérite d’exister… mais c’est peu et imprécis! Surtout si on compare à ce qui peut se faire à l’étranger. Rien que sur les statistiques des modes de transmission, souvent reprises dans la presse belge pour mettre en avant la hausse des contaminations lors de rapports entre hommes, on oublie souvent de préciser que pour plus d’un quart des patients dépistés, le mode de transmission est inconnu.

Assez surprenant également de voir qu’orientations et pratiques sexuelles (confusion très répandue dans le milieu médical) se mélangent: on parle de rapports homosexuels et bisexuels, alors qu’une personne peut se définir comme homo ou bisexuel, mais un rapport reste un rapport entre hommes, indépendamment de l’orientation sexuelle. Si on peut trouver une certaine utilité (toute relative quand même) à cibler des populations pour faire passer des messages de prévention, il ne faut pas se faire piéger dans cette catégorisation à outrance.

On peut encore trouver dérangeant qu’un rapport public crée une catégorie "Injection de drogue" et une catégorie "Injection de drogue + rapport homo/-bisexuels". Si ça ne change rien dans les chiffres, c’est quand même un brin stigmatisant, non?

Pour quitter un peu les thématiques de genres, on peut aussi être interloqué que la prostitution ne soit pas évoquée dans le rapport. Les travailleurs(-euses) du sexe ne risquent-ils pas d’être souvent confrontées à cette question?

Si l’entièreté de la politique de prévention doit être basée sur ce rapport, il serait bien que ce grand plan national Sida prévoie une refonte totale des méthodes utilisées pour réaliser celui-ci et revoie les données utiles à récolter pour vraiment faire avancer la situation.

Meilleure connaissance des publics concernés = meilleures stratégies de prévention

Car c’est bien là que le bât blesse. Pour développer DES stratégies de prévention qui parlent aux personnes concernées, il faut savoir à qui on s’adresse. Se limiter à "ce sont des hommes qui couchent avec des hommes", c’est insuffisant et beaucoup trop réducteur.

Qui sont ces hommes qui ont été contaminés par un rapport entre hommes? Des gays, des bisexuels (assumés ou pas), des transgenres peut-être? Et où ont-ils été contaminés? Sur une aire de parking? Avec un type rencontré dans un bar gay? Dans un sex-club? Via une rencontre sur un site internet?

Pour une meilleure prévention, c’est de ces infos que les acteurs de terrain auraient besoin. Un gay déjà sensibilisé au VIH qui a eu un rapport à risque ira beaucoup plus vite se faire dépister qu’un bisexuel marié qui aura été faire un tour dans un parc. Ce dernier pourra craindre pour son anonymat en allant vers un centre de référence et n’osera sans doute pas en parler avec son médecin de famille. Et s’il a été contaminé, il l’apprendra sans doute lors d’un dépistage tardif (eux aussi en augmentation) réalisé lors d’une hospitalisation pour une infection opportuniste. Quand on sait que le dépistage tardif rend tout traitement plus compliqué, il est obligatoire de s’interroger sur comment convaincre cet homme qui a peut-être pris un risque et est peut-être contaminé de se faire dépister. En ça, le dépistage hors milieu médical (envisagés dans le plan global) peut apporter quelque chose.

La Belgique a besoin d’un véritable état des lieux qui, sans se voiler la face, mais sans stigmatisation non plus, permettra de savoir à qui il faut s’adresser et quels sont les meilleurs moyens de le faire (dépistage hors milieu médical, campagnes de prévention adaptées, assurance de l’anonymat des consultations,…).

Sida et gays, un tabou…vraiment?

Ces chiffres ont aussi un impact sur le lien fait dans l’esprit du grand public entre Sida et gays.

Quand fin septembre à la présentation du plan global Sida, Laurette Onkelinx a annoncé vouloir mettre fin aux tabous autour des séropositifs et a dit qu’un de ceux-ci était que la transmission chez les homos masculins était en hausse vertigineuse, je suis un peu tombé de ma chaise. Si on doit reconnaitre que les gays peuvent avoir tendance à minimiser les risques qu’ils peuvent prendre (peut-être entre autre par lassitude d’une association gays/Sida assez pesante!), j’ai malgré tout encore l’impression que pour la société, le Sida reste toujours avant tout une maladie qui touche principalement les gays.

Pire, cela encourage la presse, même la plus sérieuse, a également simplifier son discours et faire des raccourcis qui renforcent la stigmatisation. Preuve en est le graphique ci-contre, extrait de l’article du Soir du 28/09/2012 exposant la conférence de la Ministre. Reprenant un graphique du rapport pour l’année 2010 de l’Institut sur l’évolution des diagnostics VIH des patients belges par mode probable de transmission, la catégorie HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes) du rapport a été subtilement remplacée par… Homosexuel masculin! Est-ce l’Institut qui a "adapté" son graphique de l’année dernière ou est-ce le journal lui-même qui a fait cette modification? Difficile de le savoir. Quid des bisexuels ou des hétéros qui ont choppés la maladie lors d’un rapport occasionnel avec un homme? Ils ont en tout cas complètement disparu. La dénomination HSH n’est déjà pas parfaite, mais elle a au moins le mérite de ne pas cibler un groupe homogène indivisible. Le nom du graphique a aussi été subtilement modifié; de "Évolution des diagnostics VIH par mode probable de transmission et sexe" à "Voie de transmission du VIH chez les patients belges". Encore une fois, on constate que la société a beaucoup de mal à saisir la nuance entre identité sexuel et comportement.

Le flou des chiffres a aussi une influence directe sur une discrimination contre les gays aux gays: l’interdiction du don de sang. Les états refusent toujours de supprimer cette loi et de modifier le questionnaire soumis aux donneurs pour cibler un comportement (les rapports non protégés, homme avec homme ou homme avec femme) et non un groupe de la population sans distinction.

En matière de Sida, on voit donc que la communication doit être la plus précise possible pour ne pas pointer à tort uniquement les gays. En plus de nous stigmatiser inutilement, cela peut en plus avoir un effet déresponsabilisant pour le bon hétéro qui se sentirait ainsi moins concerné.

Le Plan global Sida : un espoir ?

La volonté de la Ministre de lancer ce plan est bien sur un signe positif. Réclamé depuis plusieurs années par les acteurs de terrain, les points problématiques mis en avant lors de l’annonce du plan sont primordiaux pour contrôler et faire régresser le nombre de contamination.

Le dépistage semble être au cœur des préoccupations, avec la mise en place de dépistages hors milieu médical, plus systématiques par les médecins généralistes quand ils rencontrent des cas de système immunitaire faible, peut-être pratiqués par des infirmier(e)s spécialisé(e)s plutôt que des médecins,…

On espère aussi que d’autres méthodes de prévention seront aussi mises en avant ou en tout cas évaluées, non pas à la place de la capote, mais en complément de celle-ci, comme le PREP, traitement pré-exposition, notamment dans les couples séro-discordants, le traitement post-exposition,…

Cela sera peut-être aussi l’occasion d’accepter de lever d’autres tabous, comme l’importance de cibler la charge virale communautaire (pour schématiser, si on fait diminuer la charge virale de groupe par une meilleure prise en charge des séropositifs, les contaminations diminuent au sein de ce groupe), d’améliorer la formation des médecins, notamment pour le dépistage (comme expliqué plus haut) ou sur la différence essentielle entre identité (gay) et comportement sexuel (rapport entre hommes), sur le traitement post-exposition,…

L’arrivée de ce plan n’est absolument pas une mauvaise chose. À nous de rester vigilants en juin, quand il devrait entrer en action, pour que cela ne soit pas qu’une coquille vide.

On peut faire confiance à la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie pour être attentive et nous tenir au courant régulièrement sur son site des informations en ce sens. Cet édito n’aurait d’ailleurs pas pu exister sans l’aide de leurs nombreux articles et réflexions sur le sujet. Je vous conseille le tout dernier sur ce sujet "L’épidémie du Sida est un problème majeur de santé publique en Belgique" du 19 novembre.

Vous retrouverez dans l'Alliàgenda toutes les informations sur les activités auxquelles nous prenons part autour du 1er décembre.

Jean-Pierre

1. Les chiffres sont tirés du rapport "Épidémiologie du Sida et de l’infection à VIH en Belgique – Situation au 31 décembre 2011" de l’Institut scientifique de Santé publique.

 


 

Edito novembre 2012

Le week-end des 13 et 14 octobre derniers, à l’occasion de l’Automne gay, Alliàge a eu la joie et l’honneur de recevoir Sœur Salem, Sœur Lyric et Lydie, leur ange, représentantes des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence. Outre leur présence à notre Tea Dance, elles nous ont présenté, le samedi soir, un film retraçant l’histoire de leur association et présentant leur action au quotidien.

Il est vrai, je dois bien l’avouer, que, en dehors de l’aspect folklorique et haut en couleurs de leur costume et leur participation à divers événements, je n’en connaissais pas grand chose... comme pas mal de personne dans la salle ce soir-là, d’ailleurs. J’ai été particulièrement intéressé, interpellé et ému par ce que j’ai eu l’occasion de découvrir, notamment le sérieux et la profondeur de l’engagement des Sœurs dans leur association. J’ai vraiment eu le sentiment de rentrer avec, comme on dit, "un petit quelque-chose en plus". C’est pourquoi, j’aimerais vous présenter cet ordre incroyable et chatoyant.


Une histoire ...

Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence sont nées en 1979 à San Francisco. Tout a démarré par un pari que se sont lancés quatre amis un jour de Samedi Saint où ils ont revêtu les robes authentiques de nonnes héritées quelque temps auparavant d’un véritable couvent et se sont armés de mitraillettes en plastique rose. Harnachés de la sorte, ils ont débarqué dans Castro, la Mecque gay et lesbienne de San Francisco où ils ont remporté immédiatement un vif succès Très vite de nombreuses personnes les ont entourés et ont commencé à se confier. C’est ainsi que, dès le départ, la notion d’écoute, inhérente à toutes leurs actions, était présente.

Cette première incursion fera tache d’huile : il y en aura d’autres et, un an plus tard, l’association a été légalement créée. Dès 1981, avec l’apparition du Sida, leur action a pris un sens supplémentaire. Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence seront les premières au monde, dès 1982, à défendre et mettre en avant le sexe sans risque. Plutôt que d’interdire l’amour physique, elles ont voulu promouvoir l’amour heureux, l’amour libre, l’amour qui se fonde sur le respect de soi et sur celui de ses partenaires.

L’Ordre a commencé très rapidement à se répandre sur la planète entière (Grande-Bretagne, Canada, Australie, Amérique du Sud, Irlande du Nord...). Plus près de nous, c’est en 1990 que l’Odre est apparu en France, avec la création du Couvent de Paris.

Ces "nonnes du XXIème siècle", comme elles se décrivent parfois, sont toutes bénévoles. Même si l’Ordre utilise l’image et l’habit des religieuses catholiques de façon, il est vrai, festive et théâtralisée et qu’il en reprend également le champ lexical, il n’est en aucun cas un ordre religieux.

Des actions...

Partout, les Soeurs font voeu d’aider leur communauté et la société entière, de lutter contre les exclusions, de prôner la tolérance, l’écoute sans jugement, la non-violence et la paix. Les soeurs militent contre l’homophobie, le Sida, par l’accompagnement des malades et par de nombreuses actions de sensibilisation et de prévention sur les infections sexuellement transmissibles et le VIH (la bénédiction des distributeurs de préservatifs, par exemple, ne passe jamais inaperçue). Dans le milieu gay, elles font leur apparition partout là où elles jugent que leur présence sera utile, nécessaire et aura un véritable sens (comme elles aiment à le répéter, elles ne se déplacent pas pour faire uniquement joli) : associations, bars, boîtes, saunas, parcs, aires d’autoroute, plages, Gay Pride, fesival Solidays....

Leurs sorties dans le milieu sont régulièrement couplées avec ce qu’elles appellent "faire le trottoir" : elles se promènent dans la rue et s’arrêtent au gré des rencontres pour discuter avec les passants.

L’une des actions importantes des Soeurs de France consiste en l’organisation de séjours de ressourcement organisés deux ou trois fois par an, dans le cadre de leur voeu de lutte contre le Sida et en application du principe mis en évidence par Daniel Defert, le fondateur de AIDES : "La question du Sida ne peut pas être plus longtemps confinée comme une question médicale". Ces séjours non médicalisés sont destinés à accueillir des personnes concernées directement ou indirectement par le VIH et ont lieu dans des structures hôtelières situées dans un cadre naturel agréable et propice au ressourcement. Le but de ceux-ci est bien d’apporter du bien-être et de revaloriser l’estime de soi pour des personnes en souffrance (maladies, deuils, non acceptation de son homosexualité ou de sa séropositivité...). Les intervenants sont là pour les encadrer et les animer avec, pour mots d’ordre, l’écoute, la follitude et la bonne humeur : ateliers randonnées, massages, sauna, relaxation, expression corporelle, groupes de paroles, ateliers d’écriture, soirées festives...

Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence se veulent à tout prix visibles, outrageantes et même provocantes car elles pensent sincèrement qu’il est parfois nécessaire de choquer pour faire réfléchir et changer les habitudes... mais elles le font toujours dans la joie et dans un véritable et éternel esprit de fête.

De plus, les Soeurs remarquent très régulièrement que le costume permet aux personnes rencontrées de se confier beaucoup plus facilement.

Enfin, Elles attachent également une très grande importance au droit et au devoir de mémoire : ainsi, très régulièrement sont nommés, une par une, lors de cérémonies très émouvantes, les victimes de l’homophobie et du Sida.

Un parcours...

Avant de devenir pleinement Soeur de la Perpétuelle Indulgence et de mériter ce titre, un parcours bien défini, qui peut être long ou court en fonction des individus (souvent au moins un an), doit être suivi.

La personne souhaitant devenir Soeur est d’abord Postulante; sans costume, ni maquillage, elle observe les Soeurs en action, discute avec elles de leur travail et apprend à connaître leur mode de fonctionnement (leurs messages, leurs codes, leurs voeux, le contact avec le public et les médias, la découverte et l’estime de l’ensemble des membres du Couvent...). Elle est secondée par une marraine qui l’aidera tout au long de son apprentissage. Lors des sorties ou autres actions face au public, les Postulantes doivent observer un droit de réserve, ne peuvent en aucun cas engager la parole du Couvent et ne doivent pas se prononcer face aux médias.

Un jour, la Postulante devient Novice et prononce ses voeux. Elle peut dès lors se maquiller, élaborer à ses frais son costume et porter la coiffe des Novices, un voile blanc. Les règles du Postulat s’appliquent au Noviciat lors des sorties et des actions face au public et aux médias.

Enfin, par une nuit de pleine lune, durant une action, au milieu de la foule, la Novice est élevée Soeur de la Perpétuelle Indulgence. Elle peut porter dorénavant la coiffe du Couvent.

Il est à noter que toutes les décisions sont prises grâce à un vote à main levée et par l’ensemble des membres de l’association lors des Chapitres (les réunions ordinaires et régulières d’un Couvent), des Conciles (les assemblées fermées, réservées aux membres de l’association et consacrées à la réflexion approfondie sur un thème précis) ou des Conclaves (réunions où sont présents l’ensemble des membres des Couvents de France, par exemple, ou des autres pays).


Je ne pourrais pas clôturer cet édito sans remercier une fois encore Soeur Salem, Soeur Lyric et Lydie pour leur humanité, leur écoute, leur disponibilité, les combats qu’elles mènent avec enthousiasme et détermination et les très beaux moments qu’elles nous ont permis de vivre durant ces deux jours.
A bientôt, je l’espère de tout coeur, pour de nouvelles collaborations !

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Edito octobre 2012

Réalisations et perspectives.

Nous sommes à peu près à mi-parcours de l’automne gay 2012 qui marque le 15ème anniversaire d’Alliàge. Quinze ans déjà!

En jetant un coup d’œil dans le rétroviseur, les plus anciens d’entre nous se souviendront sans doute du chemin parcouru depuis les premières réunions "à domicile". Peu de moyens financiers mais beaucoup d’enthousiasme, d’opiniâtreté, de conviction et de combats ont permis, en moins d’une génération, de contribuer à l’évolution de la société belge à l’égard des personnes LGBT.

Les principaux exemples de cette évolution sont un mariage ouvert à tou(te)s sans exception et le même droit à l’adoption pour tous les couples. Les discriminations, y compris, sur base de l’orientation sexuelle sont de plus en plus sanctionnées. Des agents des services publics sont formés à l’accueil de demandes spécifiques et des plaintes des homos.

Les différentes actions des "pionniers" et de leurs successeurs ont favorisé le soutien des autorités locales. La mise à disposition de la Maison Arc-en-Ciel, au sein de laquelle nous pouvons proposer de nombreuses activités et animations en est un exemple. Au fil du temps, d’autres associations LGBT nous y ont rejoins ce qui en fait une adresse de référence à Liège.

La majorité des activités de cet automne gay reflète ce qu’Alliàge propose tout au long de l’année. Il me semble important de préciser que leur organisation ainsi que la participation à des manifestations extérieures (Les Coteaux de la Citadelle, biennale, expo mode, etc...) nous permettent de nous ouvrir à la cité.

Tout semble donc aller bien, alors… pourquoi continuer ?

Tout d’abord, en regardant autour de nous, nous constatons tous les jours que partout où des droits ont été acquis, ils sont (ou peuvent être) contestés. Nous resterons donc vigilants.

Ensuite, de très nombreuses personnes LGBT ou leurs proches recherchent encore une écoute, désirent poser des questions ou, tout simplement, rencontrer d’autres homos. Un groupe de familles arc-en-ciel vient de nous rejoindre pour étendre notre accueil.

Les récents actes homophobes violents de ces derniers mois nous montrent aussi que nous vivons dans une société à vitesses multiples et qu’il reste énormément de travail pour faire évoluer les mentalités. Alliàge participera à tout projet permettant d’améliorer l’information et de soutenir les initiatives visant un "meilleur vivre ensemble".

Le SIDA est encore et toujours une réalité concrète et, même si il ne touche pas exclusivement les gays, les chiffres récents nous montrent que là aussi, il faut rester mobilisé.

Comme vous le voyez, de nombreux chantiers sont encore ouverts et Alliàge compte bien y participer activement. Et ne l’oubliez pas, une association ne vit que par l’engagement et la participation de ses membres. Alors n’hésitez pas à répondre présent(e) aux différents rendez-vous que nous vous avons fixés jusqu’au 26 octobre. Et ce jour là, nous dégusterons notre gâteau d’anniversaire.

Hugues Hospital

 


 

Edito septembre 2012

Après ces deux mois de vacances, la rentrée chez Alliàge s’annonce chargée. Dès le premier week-end de septembre, en effet, nous serons dans le parc de la Boverie à "Retrouvailles", le rendez-vous incontournable de tous les Liégeois.

Le week-end suivant, nous aurons, comme c’est le cas depuis quelques années, un stand pour la désormais traditionnelle "Gay Street", gérée de main de maître par Jean-Luc Vasseur, le patron du Relax Café, et une poignée de commerçants du quartier. Cet événement, qui remporte toujours un vif succès, est une occasion de plus de montrer, malgré tout, que Liège est une cité gay friendly.

De plus, comme tous les cinq ans et à l’image des Semaines Arc-en-Ciel organisées annuellement en mai, nous fêterons "gayement" l’automne. En outre, cette édition, la quatrième (la première ayant eu lieu en 1997, année de naissance d’Alliàge), correspond aux quinze ans de notre association. C’est pourquoi nous l’avons voulue festive, culturelle, variée et pleinement intégrée à la vie de notre cité.

Festive... avec le souper concocté une fois de plus par Pierre, notre cuisinier attitré; le Tea Dance qui accueillera les célèbres Sœurs de la Perpétuelle Indulgence ; le cabaret Drag Attack présenté par Mlle Valentine Deluxe, avec Peggy Lee Cooper, Boudin et Chansons, Madame Jasmine ; la soirée d’anniversaire qui fêtera les 30 ans d’Alliàge, de LaLucarne.org et d’Arc-en-Ciel Wallonie.

Culturelle... avec les Semaines Littéraires dans trois librairies liégeoises qui sont nos partenaires depuis maintenant quelques années ; le traditionnel rallye pédestre organisé par Gilbert et son équipe ; l’exposition au sein de la Maison Arc-en-Ciel des peintures de Jean-Paul Bonjean et des sculptures de Luc Dethier ; un documentaire de 60 minutes consacré à l’Ordre des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence ; un Bar à images proposé par lalucarne.org ; une visite des Coteaux de la Citadelle guidée par Laurent qui, une fois de plus, ne manquera pas de nous émerveiller par ses connaissances et ses anecdotes ; une conférence de Kévin Lavoie, programmée par la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie et intitulée "De la diversité familiale aux stratégies pour en finir avec l’homophobie".

Intégrée à la vie de notre cité... avec tout d’abord une réception officielle à l’Hôtel de ville par Monsieur le bourgmestre Willy Demeyer, qui marquera une fois de plus le soutien indéfectible de la Ville de Liège à Alliàge ; la participation à la très appréciée et fréquentée Nocturne des Coteaux à l’occasion de laquelle la Maison Arc-en-Ciel sera bien sûr ouverte et animée par l’orchestre hot jazz "The Swing Barons" ; une soirée ciné-débat, organisée conjointement par le PAC Rocourt, lalucarne.org et Alliàge, intitulée "L’homosexualité : c’est arrivé près de chez vous !" et qui a pour objectifs de souligner, une fois de plus, que le vivre ensemble passe par la connaissance réciproque et le respect mutuel et de sensibiliser aux diversités des vécus homosexuels et aux ravages des différentes formes de l’homophobie; avec, enfin, la présentation des CHEFF (Cercles Homosexuels Estudiantins Francophones Fédérés) qui est une nouvelle structure capable d’être reconnue par les entités politiques belges mais aussi par la société et plus spécifiquement les institutions académiques du pays (Universités, Hautes-écoles etc…) et qui permettra à tous les CHE (cercles homosexuels estudiantins) existants et ceux en devenir de réellement compter et à tous les étudiants et jeunes LGBT le nécessitant, d’être représentés au plus haut niveau par une organisation qui émane d’eux et qui leur est propre.

Une brochure reprenant le programme complet de ces festivités a été éditée et sera disponible à la Maison Arc-en-Ciel, lors de nos différentes activités à Retrouvailles et à la Gay Street ainsi que dans les endroits habituels où sont déposés nos Alliàgendas. Jean-François Pondant, Président.

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Samedi 4 août 2012

Le 1er mai, un jeune homme, disparu à la sortie d’une boîte de nuit à Liège, est retrouvé assassiné dans un champ dans la région Hutoise. De l’enquête, toujours en cours, il ressort que c'est son homosexualité qui aurait déclenché la violence de ses trois agresseurs. Au lendemain de cette découverte, de nombreuses personnes ont manifesté leur indignation au cours de deux rassemblements citoyens.

- le 18 juillet, deux hommes sont agressés à coups de chaises et de queues de billard à Alost. L’un d’entre eux, dans un état critique, n’est sorti du coma que quelques heures plus tard. Les témoins indiquent que les agresseurs s’en sont pris à eux en apprenant leur homosexualité.

- le 24 juillet, Jacques Kotnik est tué à coups de marteau à Liège. L’auteur présumé des faits dit "s’être défendu" face à une "proposition homosexuelle". On remarquera quand même qu’il portait un marteau à la ceinture.

Ces trois agressions relativement rapprochées dans le temps ne peuvent que rappeler que le cadre législatif, aussi répressif soit-il – et on ne peut que se réjouir des modifications adoptées par le gouvernement fédéral à la veille de la fête nationale – est loin d’être suffisant. Une fois de plus, démonstration est faite que c’est au niveau de la prévention, c’est-à-dire du changement des mentalités que les efforts et les actions doivent se concentrer.

Forte de cette conviction, Alliàge vous invite à manifester votre refus de toute forme d'intolérance, votre condamnation d'actes aussi inacceptables et votre attachement aux valeurs d'accueil et de solidarité qui font que Liège mérite amplement son nom de "Cité Ardente". Ensemble, affirmons notre volonté que Liège demeure une ville où il fait bon vivre et où les droits de chacun, y compris les personnes LGBT sont entièrement reconnus et défendus.

Nous vous donnons rendez-vous le samedi 4 août 2012 à 11h sur l'esplanade du parc d'Avroy autour du Monument national à la Résistance.

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Edito août 2012

Vu la météo plus que morose que nous avons connue en ce mois de juillet, je n’ai pu m’empêcher de penser à quelques évasions.

Dans bon nombre de cités, voilà un certain nombre d’années que s’est développée, avec plus ou moins de visibilité, une culture gay et lesbienne avec la parution de journaux d’informations, l’apparition de bars, de restaurants, d’hôtels, de lieux de rencontre et de services en tous genres.

En Europe, les grandes destinations gay restent Londres, Amsterdam, Berlin, Paris, Madrid, Barcelone, Ibiza, Sitges mais aussi Lisbonne et, plus près de chez nous, Bruxelles.

En Amérique du Nord, Toronto, Vancouver et surtout Montréal ont une vie gay foisonnante qui attire de très nombreux touristes de tous pays et continents. Aux Etats-Unis, New-York, San Francisco, Los Angeles et les grandes métropoles possèdent même leurs districts gay (Castro, The Village, West Hollywood...) qui continuent à être des destinations phares. L’île de Key West, en Floride, et Province Town, dans le Massachusetts, sont deux petits paradis homos avec de nombreux hôtels et une concentration importante de bars et de boîtes.

En Amérique du Sud, Buenos Aires, Mexico DF, Rio de Janeiro et Sao Paulo comptent parmi les destinations gay montantes. La métropole brésilienne est le théâtre de la plus grande Gay Pride au monde : la "Parada" regroupe chaque année près de 3 millions de participants. Au Mexique, la cité balnéaire de Puerto Vallarta est très fréquentée par les gays d’Amérique du Nord.

Dans le reste du monde, Sydney en Australie possède une vie gay flamboyante. Bangkok est la capitale gay de l’Asie, la Thaïlande étant un pays relativement tolérant envers les couples de même sexe. Goa en Inde, Cape Town ou Johannesbourg en Afrique du Sud et surtout Tel-Aviv en Israël sont également très gay friendly.

Pour ceux qui ont une préférence pour les plages, Mykonos, en Grèce, Ibiza, Sitges, en Espagne, Playa del Ingles, aux Canaries, Fire Island, Key West, aux États-Unis, Phuket et Pattaya, en Thaïlande sont des lieux de vacances mythiques où se retrouve une importante communauté homosexuelle. En outre, certaines villégiatures estivales respirent un parfum suranné comme Tanger au Maroc ou Capri en Italie.

Parmi les occasions de s’offrir un séjour agréable, les Gay Prides avec leurs cortèges hauts en couleurs et les fêtes nocturnes qui les poursuivent sont d’excellentes destinations. Le succès du phénomène est planétaire : Londres, Paris (700.000 personnes), Berlin et toutes les capitales d’Europe de l’Ouest et les grandes villes d’Amérique du Nord. Il existe aujourd’hui plus de cinquante manifestations semblables à travers le monde, de l’Afrique du Sud au Brésil, de l’Argentine à l’Espagne, de Hong Kong à Israël, du Japon au Mexique. Pour rappel, la plus grande Gay Pride au monde a lieu à São Paulo au Brésil avec la "Parada" qui réunit pas moins de trois millions de personnes ! Il ne faut pas perdre de vue les Euro Prides et les World Prides. Sydney, quant à elle, est en passe de devenir la destination n° 1 du tourisme gay avec l’annuelle et médiatique Sydney Gay and Lesbian Mardi Gras Party.

Pour ceux qui préfèrent les ambiances festivalières, ce ne sont pas les festivals de films consacrés aux gays et aux lesbiennes qui manquent. De Lille à Paris en France, ou plus loin à Lisbonne, Copenhague, Londres, Chicago, New York, Tokyo, Toronto ou Montréal. Il existe également de nombreuses manifestations musicales, culturelles, littéraires liées à la culture gay et lesbienne.

Les amateurs de sport pourront se régaler cette année devant les Jeux Olympiques londoniens, en soutenant le plongeur australien ouvertement gay Matthew Mittcham ou nos athlètes belges tels que les frères Borlée, Kim Clijsters ou Hans Van Alphen. Mais les plus sportifs d’entre nous peuvent aussi tenter leur chance aux différentes compétitions sportives initiées par des sportifs homosexuel(le)s. S’adressant à tout le monde sans distinction d’orientation sexuelle, on ne compte plus les versions de ces différents games: Euro Games, World Outgames, GayGames,… Si les Eurogames se sont déroulés fin juin à Budapest, les prochains Outgames, créés en 2006 à Montréal, se dérouleront à Anvers en 2013. Donc, tous à l’entrainement!

Le secteur du tourisme a pris conscience que les gays et les lesbiennes constituent un segment dynamique de l’industrie du voyage. C’est pourquoi les formules se multiplient, des plus traditionnelles (Mykonos, Sitges, Mardi Gras à Sydney) à de plus originales (petites pensions, séjours thématiques, croisières gay). Il existe, en outre, un certain nombre d’agences spécialisées dans les voyages pour les gays et lesbiennes. La plupart possèdent un site internet et ont pignon sur rue. De plus en plus de guides touristiques généralistes signalent les lieux fréquentés par les touristes gays et lesbiennes. Des guides plus ciblés existent aussi dont le plus facile – pas forcément le meilleur – est le bien connu Spartacus.

Enfin le rainbow flag, le drapeau arc-en-ciel, est devenu un label identifiable dans les bars, commerces, hôtels et restaurants. Enfin, il est à noter que l’on retrouve également des formules initiées par des mouvements associatifs pour se loger, sortir, ne pas se sentir seul(e) quand on voyage à l’autre bout du monde. Des exemples : la Lesbian and Gay Hospitality Exchange International, association canadienne basée sur l’échange d’appartements ; Come Together en Allemagne.

Ainsi, si le mois d’août se révèle aussi peu ensoleillé que juillet, les idées ne manqueront pas. Surtout qu’il y en a pour tous les goûts et pour tous les budgets !

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Mercredi, les gays et lesbiennes de Liège étaient à nouveau en deuil. Nous avons appris par voie de presse qu’un nouveau meurtre homophobe avait été commis à Liège, dans la nuit de mardi à mercredi. Jacques Kotnik, un liégeois de 61 ans, a été battu à mort, à coup de marteau, parce qu’il était homosexuel.

Alliàge, les membres de l’association ainsi que ceux du son Conseil d’Administration adressent leurs condoléances à la famille de Jacques. Un carnet de condoléances sera disponible dès lundi 30 juillet à la Maison Arc-en-Ciel de Liège, rue Hors Château numéro 7. Les personnes qui souhaitent manifester leur soutien peuvent s’y rendre entre 9 et 17 heures.

L’Asbl Alliàge est profondément choquée et bouleversée par cette démonstration de violence et s’engage à persévérer dans sa lutte contre l’homophobie.

L'équipe d'Allàge asbl.

 


 

Homophobie

1er mai 2012, un jeune homme disparu à la sortie d’une boîte de nuit à Liège est retrouvé assassiné dans un champ dans la région hutoise. De l’enquête, toujours en cours, il ressort que son homosexualité aurait déclenché la violence de ses trois agresseurs. Au lendemain de cette découverte, de nombreuses personnes ont manifesté leur indignation au cours de deux rassemblements citoyens.

Le 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie, Alliàge, organisateur du second rassemblement, rappelait que cette lutte était encore malheureusement d’actualité ici en Belgique et partout dans le monde.

18 juillet 2012, deux hommes agressés à coups de chaises et de queues de billard à Alost. L’un d’entre eux, dans un état critique, n’est sorti du coma que quelques heures plus tard. Les témoins indiquent que les agresseurs s’en sont pris à eux en apprenant leur homosexualité.

24 juillet 2012, un homme d’une soixantaine d’années est tué à coups de marteau à Liège. L’auteur présumé des faits dit "s’être défendu" face à une "proposition homosexuelle". On remarquera quand même qu’il portait un marteau à la ceinture.

Ces trois agressions relativement rapprochées dans le temps ne peuvent que rappeler que le cadre législatif, aussi répressif soit-il – et on ne peut que se réjouir des modifications adoptées par le gouvernement fédéral à la veille de la fête nationale – est loin d’être suffisant. Une fois de plus, démonstration est faite que c’est au niveau de la prévention, c’est-à-dire du changement des mentalités que les efforts et les actions doivent se concentrer.

A ce niveau, la modification du décret mission, adoptée ce 11 juillet et incluant l’éducation à la vie affective et sexuelle, est une avancée significative. De plus Arc-en-Ciel Wallonie s’est attachée à la conception d’animations en milieu scolaire.

Mais l’éducation ne doit pas se limiter à l’enseignement. Liège et Charleroi ont décidé de rencontrer les associations LGBT afin de définir des pistes d’actions au niveau local.

A titre individuel, chacun(e) d’entre nous peut, au quotidien, peser dans ce sens: réagir à des "blagues" homophobes racontées par un(e) collègue ou un(e) proche, intervenir (sans se mettre en danger) et dénoncer les agressions plus graves.

Ces deux axes d’actions seront certainement les armes les plus efficaces dans cette lutte. Peu à peu, nous devons inverser la situation et faire en sorte que ce soient les homophobes qui se sentent rejetés et condamnés.

Hugues Hospital, administrateur d'Alliàge asbl

 


 

Editorial de juin 2012

17 mai : Journée Mondiale de lutte contre l’Homophobie.

Aux quatre coins de la planète, les personnes LGBT sont victimes de discrimination. Dans de nombreux pays (une septantaine), l’homophobie est institutionnalisée. Dans la législation de ces pays (souvent introduite par le pouvoir colonisateur et/ou le pouvoir religieux), l’homosexualité est définie comme "sodomie" ou "relations charnelles contre nature". Le seul fait d’être homosexuel(le) ou d’être accusé(e) de l’être vous expose à une condamnation. Les sanctions sont variables : humiliation publique ; châtiments corporels (torture, coups de fouets) ; emprisonnement allant au minimum de 3 mois à cinq ans et au maximum de 3 à 25 ans.
Dans 5 pays (Mauritanie, Soudan, Arabie saoudite, Iran, Yémen) ainsi que dans les 12 Etats du nord du Nigeria et dans les parties sud de la Somalie, la sentence est la MORT. Dans ces conditions, la porte est grande ouverte pour toutes les manifestations d’homophobie qui vont jusqu’au meurtre. Par conviction ou par peur de représailles, la famille, les amis, la communauté civile dans son ensemble bannissent (dans le meilleur des cas) ou dénoncent et participent aux attaques "punitives". Dans la plupart des cas, les faits sont classés sans suite et les victimes (quand elles survivent) n’osent pas porter plainte de peur de se voir condamnées pour homosexualité. Ceci a pour conséquences le déni de soi, le suicide ou l’exil.

La Belgique, que ce soit pour reconnaître les droits des homosexuel(le)s ou pour lutter contre et sanctionner la discrimination sur base de l’orientation sexuelle, possède un cadre législatif montré en exemple. Ceci dit, la loi évolue souvent plus vite que les mentalités.

Chez nous, l’homophobie, c’est devoir subir des "blagues discriminantes" au boulot ou à l’école ; c’est se voir refuser un emploi ou une promotion au profit d’un autre candidat ; c’est s’entendre dire que l’appartement vient d’être loué et constater qu’un autre couple ressort un contrat de bail à la main 1 heure plus tard ; c’est être condamné au silence ou subir l’exclusion du groupe dans un club sportif, c’est parfois, être chassé du domicile pour avoir dit la vérité aux parents ou, lors du décès du partenaire ; c’est subir des insultes, des crachats ou des coups dans la rue ; c’est, enfin, et nous pensions ne jamais devoir en être les témoins, subir un déchainement de violence sans limite et perdre la vie.

Les exemples sont multiples et nombreux, à un point tel que bien souvent, pour réduire leur exposition aux attaques homophobes de toutes natures, nombreux sont ceux qui s’autocensurent n’osant plus, en public, le moindre geste qui pourrait les "trahir".
Il reste donc encore et toujours à demeurer vigilants et à dénoncer les faits, à chaque fois, afin que ce soient les auteurs de tels comportements qui se sentent mal à l’aise et que la vie en société soit plus agréable pour toutes et tous.

Je voudrais à présent paraphraser Martin Niemöller, pasteur allemand.

Quand on s’en prend aux femmes en les maltraitant, en bafouant leurs droits parce qu’elles ne se cantonnent pas au rôle qu’on leur a assigné et que je ne réagis pas parce que je suis un homme ;

Quand on s’en prend aux "étrangers" et voulant les renvoyer "chez eux" même si ils sont nés ici et que je laisse faire par ce que je suis d’ici ;

Quand on s’en prend aux handicapés sous prétexte qu’ils plombent les comptes de la sécurité sociale et que je me tais parce que je suis (encore) valide ;

Quand on s’en prend aux "gros", aux "vieux", aux "pauvres" parce qu’ils donnent une "mauvaise image" du groupe et que je détourne les yeux parce que pense valoir mieux ;

Quand on s’en prend aux juifs ou aux musulmans parce qu’ils viennent nous "envahir" et "corrompre notre civilisation" et qu’une fois de plus je fais la sourde oreille ;

Quand toutes ces attaques se répètent jour après jour, sous les formes les plus diverses, allant de la "simple plaisanterie" à la violence physique et que cela me laisse indifférent ...

... alors, quand on s’en prendra à moi ou à un de mes proches parce que mon orientation sexuelle ne correspond pas à ce que mon agresseur considère comme normal, je me retrouverai bien seul et il n’y aura autour de moi plus personne pour me soutenir.

Ne l’oublions pas, à chaque fois qu’on s’oppose à une discrimination homophobe, c’est l’entièreté de la société que l’on protège de la discrimination.

Liège est une ville ouverte, accueillante pour toutes et tous quelles que soient les différences qu’elles et ils amènent dans leurs bagages. Ville carrefour au centre d’un nœud routier et fluvial et au cœur de l’eurégio, elle s’enrichit sans cesse, et chacun avec elle, des nombreux échanges et des apports de chacun. Cité ardente de par sa propension à saisir chaque prétexte pour faire la fête, elle refuse de voir son ciel s’assombrir par des actes inacceptables, de renoncer à ses traditions sous la pression d’évènements aussi tragiques que la disparition d’un des siens.

Depuis le 1er mai, jour de l’annonce de son décès, nous sommes tous en deuil, car un des membres de notre communauté n’est plus. Par communauté, j’entends l’ensemble de la population liégeoise et, au-delà, belge. Comme le disait Thierry Delaval, de Arc-en-ciel Wallonie, en tuant Ihsane, c’est un peu de notre humanité que l’on a tué.

Hugues Hospital, administrateur
(texte lu le 17 mai, lors du rassemblement place St Lambert)

 


 

17 mai 2012 : RASSEMBLEMENT CITOYEN CONTRE L'HOMOPHOBIE

Le 1er mai dernier , Liège et la Belgique sont en deuil : Ihsane, disparu depuis une dizaine de jours, n'est plus. Une soirée entamée sous le signe de la joie et de la bonne humeur s'est terminée dans une violence fatale inspirée par l'intolérance.

L’asbl Alliàge vous propose de lui rendre hommage le jeudi 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Cette commémoration et cet instant de souvenir prendront la forme d'un rassemblement citoyen - autorisé par la Ville de Liège - à l'espace Tivoli(entre la place du Marché et la place Saint Lambert) en plein coeur de Liège à 11h.

Ce moment de partage se veut un rendez-vous sous la bannière de la tolérance, de la liberté d’aimer, de la multi culturalité, du respect de toutes et tous et du rejet de toute intolérance. Il ne s’agit pas de manifester ou de récupération politique mais simplement d’apporter notre soutien aux proches d’Ihsane et en même temps de rendre hommage à toutes les victimes de l’homophobie à travers le monde.

A cette occasion, des pins de l’asbl Arc-en-Ciel Wallonie, symbole depuis quelques années en Wallonie de cette journée contre l’homophobie, vous seront distribués.

Venez nombreux ce 17 mai à 11h, espace Tivoli pour démontrer que la cité ardente est et restera une ville accueillante pour tous .

 


 

Comme tout le monde, nous avons appris avec un grand émoi l'issue tragique de la disparition d'Ihsane Jarfi, disparu le 22 avril à la sortie de l'Open bar.

Les membres du C.A., le personnel et les membres d’Alliàge s’associent au deuil de la famille, des proches et du compagnon d'Ihsane Jarfi et leur présentent leurs plus sincères condoléances.

Selon les informations rassemblées par la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie, le caractère homophobe du meurtre est reconnu. C'est le premier meurtre homophobe avéré en Belgique. Cette information remet en cause une série de certitudes. L'homophobie, au même titre que le racisme, est un phénomène grave. Il doit être pris au sérieux et ne devrait pas être sous-estimé, ni par le grand public, ni par les pouvoirs publics. La diversité, en ce compris la diversité des orientations sexuelles, doit faire partie d'un projet de société qui devrait permettre à chacun et chacune d'aimer qui il veut. Ce message rejoint les demandes portées par la Fédération de concevoir un plan national de lutte contre la discrimination et la violence homophobe.

Dans les prochains jours, Arc-en-Ciel Wallonie a déjà prévu de se concerter avec les responsables de la Ville de Liège afin de mieux déterminer les motivations et implications de ce meurtre. Alliàge se tiendra bien sur prêt à agir et à s'associer à toute initiative.

Pour le moment, l'heure est au recueillement. Thierry Delaval, Président d'Arc-en-Ciel Wallonie, a exprimé la tristesse et le désarroi qui nous touche tous en ces circonstances dans la carte blanche suivante:

Mourir d'être soi.
Aujourd’hui est peut-être la fin de l’insouciance. Nous vivons dans ce monde au milieu des drames. De tous ces drames fondus en une logorrhée d’images et de mots. Un nuage vaporeux de malheurs indistincts. Des échos lointains à nos oreilles insensibles. Tous ces décibels. L’actu est un vacarme. Assourdissant. Inaudible. Inexpliqué. À fuir, absolument.

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Editorial de mai 2012

De l’utilité d’organiser encore des "Semaines Arc-en-Ciel en 2012", ici, en Wallonie: voilà comment pourrait s’intituler cet édito, tant il paraît évident aux yeux de certains que tout est désormais acquis en matière de droits LGBTI. Or, croire cela serait extrêmement réducteur… Car que sont ces droits tant revendiqués, encore et toujours? Cela tient en quelques mots: celui de vivre tout à fait comme tout le monde, c’est-à-dire sans cacher son orientation sexuelle par peur d’être discriminé sur son lieu de travail ou insulté dans la rue, de ne plus voir certains mots associés automatiquement ensemble comme "Monsieur et Madame", de s’entendre dire "Y a les filles d’un côté et les garçons de l’autre, c’est tout, na !...", j’en passe et des meilleures… Bref, nous rêvons d’un monde où les stéréotypes de genre n’existeraient plus, où les garçons pourraient être coquets sans être traités de tapettes et les filles être masculines sans pour autant être des camionneuses et/ou insultées de gouines. Un monde où changer de sexe pour être en accord avec son Moi intérieur ne ferait plus l’objet de débats. Un monde où l’adage "Aimez-vous les uns les autres" serait aussi appliqué aux personnes homo-, trans- ou bisexuelles. Et là, force est de constater qu’il y a encore du chemin à parcourir !

Pour preuve, une marque bien connue de chèques-cadeaux, propose depuis fin 2011 deux coffrets intitulés "Superman" et "Superwoman". Soit une série d’activités dédiés aux (dixit) "vrais hommes" (tickets pour des matches de foot, dégustation de whisky,…) et d’autres pour les femmes (shopping, bien-être,…). A quand des coffrets "Supergay" et "Superlesbiennes" ?

Alors oui, il y a encore de nombreuses raisons d’organiser des Semaines Arc-en-Ciel et une Journée Mondiale de lutte contre l’Homophobie. Ces Semaines, une fois de plus, vont être l’occasion de revendiquer, mais aussi de faire (sou)rire, pleurer, réfléchir, constater, émerveiller, à travers une série d’activités plus diverses les unes que les autres et que nous n’allons pas vous énumérer ici (les pages intérieures de cet Alliàgenda s’en chargeront). Attention de réserver à temps pour certaines activités!!!

Petit arrêt cependant sur la Belgian Pride du samedi 12 mai. Cet évènement incontournable verra de nouveau la participation d’Alliàge, qui aura son propre char au défilé. "Défilé" : voilà bien un mot qui en révulse plus d’un(e). Et pourtant, loin d’être un cortège carnavalesque ou une sorte de City Parade version LGBTI, la Belgian Pride est l’occasion de construire un monde plus juste pour tout un chacun par l’expression d’un cahier de doléances, dont un point ou l’autre est mis en exergue chaque année. Après les stéréotypes de genre et l’homophobie à l’école, en 2011, cette année laisse place à trois thèmes qui malheureusement ne coulent toujours pas de source pour de nombreuses personnes :

• La visibilité des personnes LGBTI dans la vie publique,
• La lutte contre l’homophobie et la transphobie,
• La santé et le bien-être des LGBTI et, notamment, une sensibilisation accrue des acteurs médicaux et des personnes LGBTI elles-mêmes aux questions de santé liées à leur orientation sexuelle.

Le détail de ce cahier de revendications peut être lu sur le site de la Belgian Pride : www.thepride.be (onglet "Qui Pourquoi/Revendications").

Ensuite la Journée Mondiale de lutte contre l’Homophobie, le 17 mai, pour laquelle nous vous engageons à porter le pin’s d’Arc-en-Ciel Wallonie : beaucoup d’entre eux d’ailleurs seront distribués à la Belgian Pride de Bruxelles entre autres.

Bien sûr, l’on peut être homo-, bi- ou transsexuel(le)s sans pour autant avoir l’âme militante ni même l’envie de militer. Loin de nous l’idée de fustiger ceux et celles qui n’aiment pas la Belgian Pride et qui n’ont pas envie de "monter sur les barricades" pour revendiquer plus de droits. La tolérance passe aussi par le respect de ceux pour qui "bonheur" rime avec "discrétion". Comme disait Zulawski, "L’important c’est d’aimer", et nous souhaitons très sincèrement qu’il en soit toujours ainsi pour ces personnes. Mais nous leur demandons aussi d’avoir, de temps à autre, une pensée pour toutes les victimes des préjugés et de la bêtise humaine.

Car c’est aussi pour cela que votre association existe. Il est bon de le rappeler de temps en temps…

Nicolas et Jean-Marc, administrateurs.

 


 

Editorial d'avril 2012

Comme vous le verrez dans cet alliàgenda, un atelier intitulé "Trans pour les nulLEs" et organisé par Genres Pluriels aura lieu le jeudi 12 avril à la Maison Arc-en-Ciel. Ce sera l’occasion de s’informer et de réfléchir sur cette thématique en fin de compte bien mal connue.

Je voudrais tout d’abord faire le point sur la question du vocabulaire à utiliser. Le mot "transsexuel" reste le plus répandu et le plus utilisé. Pourtant, certaines associations s’opposent à l’utilisation de ce terme, au même titre d’ailleurs que "transsexualité" à cause de la référence trop explicite à la sexualité. Elles préfèrent parler de personnes transgenres et de thématique transidentitaire ou tout simplement utiliser l’abréviation "trans*" avec un astérisque pour bien marquer la diversité des cas. D’autres optent pour une appellation plus médicale en parlant de syndrome de Benjamin, de trouble de l’identité de genre (TIG). D’autres emplois, un peu plus rares cependant, sont possibles : "bigenre", "cisgenre", "F2M" (female to male) ou M2F (male to female). Enfin, certains font référence au travestisme pré- et post- (pré- ou postopératoire).

Une enquête récente a démontré que une personne sur 25 serait tentée de temps à autre d’adopter des signes distinctifs propres culturellement à l’autre sexe (les habits, le maquillage, la coiffure). Parallèlement, une personne sur 250 aurait envie de pousser plus loin l’expérience et de vivre réellement comme une personne de l’autre genre. Enfin, une personne sur 2.500 voudrait être opérée. Trois fois sur quatre, ceci s’effectue du genre masculin vers le féminin.

Pour certaines personnes, changer de genre est vécu, nous nous en doutons, comme une véritable libération. Pour d’autres, il s’agit plutôt d’une contrainte administrative. En effet, la plupart des pays offrent à ses citoyens la possibilité de modifier son état civil. Par contre, la réassignation de sexe a de strictes conditions d’admission. Pour parler de la Belgique, par exemple, il faut savoir que la personne demandeuse doit avoir "subi un changement de sexe qui l’a mise en conformité avec l’autre sexe". Et, afin qu’aucun doute ne puisse planer, le législateur ajoute qu’elle ne peut plus donc être en état "de concevoir des enfants conformément à son ancien sexe".

Cette loi dite du "changement de sexe" ne date que de 2007, pourtant, elle semble déjà bien caduque pour la plupart des associations LGBT. Celles-ci voudraient, d’ailleurs, qu’on la remplace par une législation qui pourrait, par exemple, s’inspirer de l’Argentine où la stérilisation forcée n’est pas imposée comme condition de changement d’état civil.

Pour terminer, il est assez édifiant d’apprendre que c’est en Iran que l’on compte le plus de transsexuels. Pourtant, me direz-vous, à raison d’ailleurs, l’homosexualité y est sévèrement punie. Oui mais la génitoplastie ("opération de changement de sexe" ; appellation généralement jugée incorrecte. En effet, les expressions "génitoplastie masculinisante" et "génitoplastie féminisante" sont plus souvent utilisées dans le milieu médical.) y est, elle, acceptée. Ainsi, beaucoup d’homosexuels préfèrent subir l’opération plutôt que de s’exposer à des sanctions qui peuvent aller jusqu’à la mort (les organisations des Droits humains estiment, en effet, que ce sont plus ou moins 4000 homosexuels qui ont été exécutés depuis la Révolution islamique de 1979). Cet état de fait a permis au président Mahmoud Ahmadinejad de dire, en 2007, entre autres, dans l’enceinte de l’Université Columbia de New-York, qu’ "il n’y a aucun homosexuel en Iran" !!!

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Editorial de mars 2012

Voici quelques mois que le CHEL occupe régulièrement la Maison Arc-en-Ciel les jeudis soirs alors que, depuis sa création, les activités de l’association ont principalement lieu dans les locaux du SIPS, un planning familial liégeois. Ce changement a permis de (re)créer de nouveaux liens, de nouvelles collaborations et des synergies intéressantes et prometteuses. C’est pourquoi nous aimerions profiter de cet édito pour vous rappeler ce qu’est exactement le CHEL.

1. Le projet du CHEL.
Le CHEL, ou "Cercle Homosexuel Etudiant Liégeois / Jeunes homos liégeois(e)s, asbl", a été fondé en 1995 par deux étudiants. Créé au départ comme une commission du SIPS, il n’a cessé d’évoluer depuis et de gagner en autonomie. D’une manière générale, l’association a pour but d’être au service des jeunes homosexuels et de favoriser l’acceptation de l’homosexualité au sein de la société. Trois mots d’ordre guident l’action du CHEL : discrétion, liberté et ouverture.

Chaque jeudi, dès 17h30, sont organisées des permanences "accueils" suivies d’activités à 19h30. Des activités plus événementielles, tel le Cabaret qui a lieu chaque mois d’avril, sont également prévues. En outre, l’association participe régulièrement à des actions de sensibilisation à Liège et sur le campus de l’université.

2. Les accueils
L’accueil des jeunes homosexuels par d’autres jeunes homosexuels est le service de base de l’association. En effet, pour un jeune homosexuel, être accueilli par un jeune confronté à la même situation signifie que celui-ci est plus à même de comprendre et connaître, au travers de son expérience et de son vécu personnels, les difficultés qu’entraîne encore aujourd’hui le fait d’être (jeune) homosexuel dans la société.

Chaque personne arrivant pour la première fois au CHEL se voit proposer cet accueil "des pairs par les pairs". Celui-ci se déroule sous la forme d’un entretien individuel, au cours duquel l’association est présentée et où, surtout, la personne accueillie peut, confidentiellement, s’exprimer, parler de ses craintes, poser des questions sur elle-même ou sur l’homosexualité en général. Cette entrevue est souvent une étape importante pour l’accueilli. Dans bien des cas, il s’agit en effet de son premier contact avec le "monde LGBT" et du début de son délicat processus de "coming-out".

Parler des accueils au CHEL, c’est évidemment parler du lien particulier et fondamental pour l’association qui existe entre cette dernière et le SIPS. En effet, tout accueillant du CHEL a préalablement suivi une formation organisée sous la direction du SIPS. De même, tout au long de leur "carrière" d’accueillants, ceux-ci sont suivis par le SIPS, via plusieurs réunions annuelles. Il convient de souligner l’importance capitale que le CHEL accorde à cette collaboration, qui fait en quelque sorte sa spécificité. C’est ainsi que, dans d’autres cercles étudiants homosexuels de Belgique francophone (tel le CHE à Bruxelles), ce procédé des accueils n’existe pas.

3. Les activités du jeudi
Le CHEL cherche à être un endroit où les jeunes homosexuels puissent s’épanouir, échanger sur leurs expériences respectives et créer des liens entre eux. Pour cela, il vise à la création d’un groupe où règne un climat serein. Ainsi, le CHEL tient à la liberté : il n’y a pas de vérité toute faite, chaque expérience de vie étant différente. L’association se veut aussi ouverte et pas réduite à un "ghetto gay" : elle s’adresse à tous les jeunes jusqu’à trente ans se découvrant homosexuels ou bisexuels, à ceux qui se posent des questions, à leurs parents, leurs amis,... Pour réaliser ces objectifs, diverses activités, ludiques ou plus sérieuses, sont proposées chaque semaine : des papotes, de la prévention SIDA/IST, des jeux de société, des débats, des quizz, des sorties, des auberges espagnoles, des projections de films …

4. Le Chel à la MAC
Depuis sa création, comme nous l’avons déjà dit, le CHEL organise ses permanences (en ce compris les accueils) et la plupart de ses activités dans les locaux du SIPS. L’ouverture, en 2004, de la Maison Arc-en-ciel de Liège, lieu où se côtoient aujourd’hui diverses associations LGBT, a eu pour conséquence, petit à petit, d’ouvrir un débat au sein du CHEL. En effet, fallait-il rester au SIPS ou partir à la MAC? Et, partant, comment devait évoluer l’association ?

C’est dans ce contexte et à l’occasion de travaux de réaménagement des locaux du SIPS que, en avril 2011, le CA du CHEL a décidé de tenter une expérience : s’installer de début août à fin novembre à la MAC.

Ce "déménagement provisoire" a vite suscité maintes réactions au sein du CHEL. Enthousiasme, réticences voire franche opposition ont pu être constatés. A l’appui de ces positions, il y avait toute une série d’arguments, mêlant craintes - la relation avec le SIPS qui pourrait se distendre, voire disparaître; la philosophie et l’identité du CHEL qui pourraient tout doucement changer et, enfin, les locaux de la MAC qui sont moins anonymes et dont la disposition est parfois moins favorable pour certaines activités - et attentes - le renforcement et le développement des liens avec les autres associations LGBT liégeoises, au premier rang desquelles figure Alliàge; la possibilité de jouir de locaux possédant, paradoxalement à ce qui a été exprimé plus haut, des avantages certains, entre autres au niveau de l’équipement multi-média.

5. A l’avenir
Après un débat évaluatif de l’expérience, en présence de membres et d’administrateurs du CHEL, de représentants du SIPS et d’Alliàge et dans le souci de prendre en compte le mieux possible ce qui y a été dit, le CA du CHEL a imaginé une solution qui concilie la vocation d’accueil du CHEL et ce désir de liens avec le monde LGBT, via une présence régulière à la MAC. Il est d’ailleurs intéressant de constater que la solution finalement retenue est celle suivie, grosso modo, par l’équivalent bruxellois du CHEL, le CHE.

C’est ainsi que, à l’avenir, le CHEL organisera une permanence (soit dès 17h30) et une activité le premier jeudi de chaque mois à la MAC. Cette présence mensuelle à la MAC permettra au CHEL d’ouvrir un peu ses membres vers le monde LGBT, de les faire profiter du côté plus émancipateur (certains disent plus "assumé") de la MAC, via notamment l’ouverture de la médiathèque et la consultation possible du tableau informatif du hall.

Les autres permanences (dès 17h30 donc) et activités auront lieu, comme auparavant, au SIPS, lieu plus feutré et "familial". Cette situation est susceptible d’évolutions futures, notamment par l’organisation d’un type plus spécifique d’activités pour chaque lieu.

Enfin, une des conséquences de cette expérience a été, pour le CHEL, pour Alliàge et pour le SIPS de souligner l’importance et la richesse des collaborations et, surtout, le manque de connaissance réciproque qui existait parfois entre les différentes ASBL. Longue vie, donc, à ces collaborations !

Jean-François Pondant, Président d’Alliàge
Maxime Lafosse et Axel Modave, Secrétaire et Président du CHEL

Chel asbl
Rue Sœurs-de-Hasque, 9
4000 Liège
comite@chel.be
www.chel.be

 


 

Editorial de février 2012

Nous en parlions déjà le mois passé : le 18 mars prochain, Alliàge tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et, surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas encore et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2012, il est encore temps ! Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de "membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 10 février au plus tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secrets, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an et il vous faut, alors, recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit votre adhésion est inférieure à un an et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur(-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 10 février au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter et il faut, enfin, recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant deux ans et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site www.alliage.be en suivant présentation > missions > statuts) ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@alliage.be

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Editos 2011


 

Éditorial de décembre 2011

Comme vous le lirez dans cet Alliàgenda, un certain nombre de manifestations seront organisées ce 1er décembre à l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre le Sida. C’est pour moi l’occasion d’aborder ici deux aspects encore trop peu connus du grand public, deux manières différentes d’aborder la prévention : le Traitement Post-Exposition (TPE) ainsi que la notion de Charge Virale Communautaire (CVC).

Le Traitement Post-Exposition (TPE) est un traitement préventif donné à toute personne ayant été exposée à un risque de transmission du VIH et dont le but est d’éviter une contamination. Il se compose le plus souvent d’une trithérapie antirétrovirale et doit être appliqué le plus rapidement possible, au mieux avant la 4e heure suivant l’exposition et au plus tard dans les 48 premières heures. En effet, quand le VIH rentre dans le système sanguin, il faut un certain temps pour qu’il s’établisse définitivement dans le corps. Si une personne pense qu’elle a été exposée au virus et qu’elle agit rapidement, il y a une chance d’empêcher que le virus s’installe définitivement. Le TPE peut aider le système immunitaire à bloquer la multiplication du virus dans les cellules infectées du corps. Les cellules à l’origine infectées pourraient alors mourir naturellement et rapidement, sans reproduire d’autres copies du virus.

Le TPE réduit le risque de contamination au VIH. Une étude américaine a montré en 1995 une réduction de 80% du risque de transmission pour les personnes exposées à du sang VIH +. Pour la contamination lors de rapports sexuels, les données connues tendent à démontrer une certaine efficacité. Par exemple, une autre étude américaine sur 702 personnes a confirmé l’intérêt d’une prise en charge la plus précoce possible par un traitement antirétroviral. Cependant on constate quelques rares cas de transmission du VIH. Certaines personnes qui prennent un TPE finissent quand même par devenir séropositives. Le TPE peut échouer pour les raisons suivantes :

• Certains traitements n’agissent pas sur certains sous-types de VIH.
• La charge virale (quantité de virus) dans le corps était trop importante.
• Le virus s’est reproduit trop rapidement pour les médicaments ou le système immunitaire.
• Le TPE a été pris trop tard (au-delà des 48 heures).

Attention, le TPE n’est en aucun cas un vaccin. Il n’immunise pas contre le VIH. De plus, ce traitement, s’il est intéressant, n’est pas fiable à 100% et peut être lourd et contraignant; il ne peut donc absolument pas se substituer à l’utilisation du préservatif.

Plus d’informations sur ce sujet sont disponibles auprès des associations œuvrant dans la lutte contre le Sida et auprès des Centres de référence et autre services hospitaliers de dépistage.

La charge virale communautaire (CVC), quant à elle, peut être définie comme la quantité de virus qui circule dans une communauté. Une quantité qui dépend principalement de trois critères : le nombre de personnes qui connaissent leur statut, le nombre de personnes sous traitement, l’efficacité de ce traitement et la qualité du suivi qui déterminent la quantité de virus chez une personne donnée. Cette notion de charge virale communautaire, d’apparition récente, a été discutée à la CROI 2011 (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections), suite à la publication de spectaculaires résultats à San Francisco. En effet, parallèlement à la baisse de la CVC, les autorités de santé publique y constatent une baisse drastique du nombre de nouvelles contaminations chez les gays.

Cette constatation relance l’idée que la maîtrise de la charge virale est cruciale pour agir sur l’épidémie, d’où l’importance du dépistage. A Washington, par exemple, la prévalence du VIH est estimée à plus de 3 %, voire 5 % dans certains quartiers (un taux équivalent à certains pays d’Afrique). Depuis 2006, une politique de santé très volontariste d’incitation au dépistage a été mise en place. L’étude a rapporté les bénéfices de cette politique. Le nombre de tests a augmenté. Le nombre de diagnostics VIH a augmenté de 17 %. Le taux de personnes dépistées n’allant pas vers les soins dans les douze mois a diminué de 23 %.

Comme cela a été le rappelé à la CROI, "une personne séropositive sous traitement efficace a peu de risque de transmettre le virus. C’est la même chose dans une communauté. Si moins de virus circulent, les risques sont plus faibles". La CVC semble donc devoir être une notion avec laquelle il faudra désormais compter. Elle est d’autant plus facile à intégrer que la communauté en question vit, a des relations sexuelles, un suivi de sa séropositivité et de son traitement dans la même unité de lieu. Ce qui est globalement le cas pour Castro’Street (gays) et pour Vancouver (usagers de drogues). Deux villes où le concept de CVC a, d’ores et déjà, fait ses preuves. Un tel suivi épidémiologique serait sans doute plus compliqué pour le Marais – où de nombreux gays ne peuvent habiter en raison des sommets atteints par le marché de l’immobilier parisiens – ou la scène gay de Berlin plus ouverte sur les échanges avec le reste du pays ou du monde. De plus, la baisse observée dans le quartier gay de Castro’street s’explique par une réelle volonté politique et par la mobilisation des communautés.

En effet, La ville la plus "rose" des Etats-Unis fait preuve depuis quelques années d’une politique très volontariste en termes d’incitation au dépistage et de mise sous traitement et se base sur une offre globale de prévention avec promotion du préservatif et des autres techniques de réductions de risques. Le principe suivant est également mis en avant : traiter tôt évite de nombreuses complications et augmente l’espérance de vie. De plus, ce mode de fonctionnement est aussi un moyen de changer l’image des séropositifs, de lutter contre leur stigmatisation et de favoriser leur acceptation et ... donc la révélation mutuelle des statuts.

Plus proche de chez nous, en France, la population gay est la seule dans laquelle le nombre de nouvelles infections ne diminue pas, quand il n’a pas tendance à monter, au point que l’Institut de veille sanitaire en soit venu à parler d’épidémie hors de contrôle. Or, malgré les excellents résultats thérapeutiques obtenus en France, plus de 83% des personnes vivant avec le VIH pris en charge en France ont une charge virale indétectable. Mais point essentiel, si l’on tient compte des non dépistés et des non suivis (50 000 dans la fourchette haute de la campagne INPES en faveur du dépistage en population générale), c’est 48,5% de charges virales contrôlées. D’où l’importance d’accroître le dépistage, car c’est bien en la matière que les marges de manœuvres sont les plus importantes. Malgré les affichages médiatiques et les objectifs ambitieux du Plan national, certains murmurent que le coût des traitements ne serait pas étranger à l’absence de réelle volonté politique d’accroître le dépistage, par crainte de devoir traiter rapidement ces 50 000 personnes supplémentaires !!!

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Éditorial de novembre 2011

Même si, aujourd’hui, l’homosexualité est moins taboue dans notre société qu’auparavant, le coming out familial reste une étape difficile pour la plupart des gays. Une étape difficile aussi pour les parents et les proches. A des degrés divers, pour des raisons liées à l’éducation, à la tradition familiale ou au milieu socioculturel, la découverte de l’homosexualité de son enfant pose question. D’ailleurs, ce questionnement, le gay l’aura vécu plus ou moins longuement avant d’accepter d’être pleinement lui-même et de le dire autour de lui. Souvent, les parents ne sont pas les premières personnes à qui il s’est confié... et cela n’a rien avoir avec un manque éventuel de confiance ou d’affection. Il est simplement plus facile parfois de parler d’abord à des personnes moins proches ou ayant moins d’attentes.

La première difficulté rencontrée par les parents est d’abandonner tous les rêves et projections qu’ils avaient concentrés sur leurs enfants (couple hétérosexuel avec des enfants, profession du papa,...). Homosexuel ou hétérosexuel, en grandissant, les enfants s’éloignent de ces rêves et se révèlent bien différents de ce qui avait été imaginé. Quoiqu’on fasse, quoiqu’on veuille, aucun enfant n’aura la vie que ses parents avaient pensée pour lui. Apprendre que son enfant est homosexuel, c’est apprendre que son enfant a grandi, qu’il est sur le chemin de l’autonomie affective et sexuelle. C’est en acceptant cette réalité que le dialogue peut s’installer ou se réinstaller.

La seconde sera de tâcher de mieux comprendre ce que vit son enfant. Qu’est-ce que l’homosexualité? Naît-on homosexuel ou le devient-on? Peut-on "guérir" de son homosexualité? Peut-on vivre en couple quand on est gay? Qu’en est-il de l’homoparentalité? Et du travestisme ? Quels sont les risques d’attraper le sida? Où les homosexuels se rencontrent-ils? Existe-t-il des endroits spécifiques? Mon enfant, en fin de compte, sera-t-il heureux? Quels sont les enjeux que l’homosexualité pourra avoir dans sa vie amoureuse, sociale, scolaire ou professionnelle? Comprendre tout cela peut prendre du temps.

C’est aussi revoir les préjugés emmagasinés au contact d’une société où la seule norme de référence est l’hétérosexualité et où les idées sur les rôles ou les comportements dits "masculins" ou "féminins" sont très rigides : "l’homosexualité est contre-nature"; "les gays sont tous efféminés ou de grandes folles... les lesbiennes, elles, sont toutes masculines ou camionneuses"; "ce sont tous des obsédés sexuels».... et j’en passe.

Accepter son enfant tel qu’il est, c’est accepter de débuter une nouvelle relation. Dans la plupart des cas, d’ailleurs, celle-ci se révèlera plus authentique et plus profonde que celle instaurée jusque là. Mais accepter tout cela est parfois difficile, très difficile... ou facile, très facile. Rencontrer d’autres parents, d’autres proches qui vivent la même situation peut être très enrichissant et apporter une aide à ceux qui en ont besoin. C’est pourquoi Isabelle et Lo Mullens ont décidé de mettre sur pied, à la Maison Arc-en-Ciel, tous les troisièmes jeudis du mois, un groupe de parole, Aux mots des Parents, ouvert aux familles et aux amis pour les aider à comprendre et accepter l’homosexualité ou la bisexualité de leur fils, de leur fille ou de leurs proches. Vous trouverez tous les renseignements nécessaires et pratiques à l’intérieur de cet Alliàgenda. Je me réjouis de cette initiative et leur souhaite beaucoup de succès dans leur entreprise !

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Éditorial d'octobre 2011

Au début du mois de septembre, lors de la rentrée des classes, la polémique sur les nouveaux manuels de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre), qui incluent des références à l’orientation et l’identité sexuelles, a repris de plus belle en France. En effet, quatre-vingts députés UMP ainsi que des associations catholiques, rejointes par Christine Boutin, ont demandé au ministre français de l’Education nationale, Luc Chatel, le retrait de manuels scolaires qui expliquent "l’identité sexuelle" des individus autant par le contexte socio-culturel que par leur sexe biologique. Dans une lettre au ministre, ils estiment que ces manuels de SVT de classes de premières font référence à "la théorie du genre sexuel".
"Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités: homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels", écrivent-ils dans leur lettre... en confondant orientation sexuelle et identité de genre! Il s’agit selon eux d’une "théorie philosophique et sociologique qui n’est pas scientifique, qui affirme que l’identité sexuelle est une construction culturelle". Les signataires citent un passage d’un manuel publié par Hachette: "Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre".

En lien avec le féminisme, les gender studies, ou études de genres, utilisent la notion de genre, par opposition au sexe biologique, pour faire référence aux constructions sociales du féminin et du masculin. Très développées au Etats-Unis, où de nombreuses universités prestigieuses financent des départements consacrés à ce sujet, les gender studies sont enseignées en France, entre autres, à Sciences Po, qui a rendu obligatoire ces cours pour tous les cursus.

Le genre est avant tout une convention sociale, une construction sociale du sexe biologique, un concept qui s’est diffusé pour dire qu’il existe autre chose qu’un sexe biologique défini par des hormones - on a l’appelé parfois le sexe social. En effet, la définition même des catégories homme et femme, leurs rôles, leurs fonctions, toutes les représentations assimilées au féminin et masculin sont le produit d’une construction sociale.

Alors que la société continue à reproduire une norme dominante (par exemple, les livres pour enfants continuent à véhiculer des stéréotypes souvent très arriérés par rapport à la réalité d’aujourd’hui : le petit garçon est très actif, courant partout, conquérant de l’espace, la petite fille plus volontiers à la fenêtre regardant au dehors, figée, passive. Il y a aussi le code des couleurs rose et bleu, le fer à repasser pour la petite fille...), le concept de genre montre à quel point ces rôles sont contraignants pour de plus en plus d’individus. Le système ne correspond plus aux mutations en cours, à des aspirations plus individualistes, à la liberté, l’épanouissement et la singularité de chacun. Sur une même journée, une personne peut utiliser des registres très différents de sa personnalité, que l’ancienne psychologie définirait comme masculin ou féminin : suis-je un homme quand je dirige un institut, une femme quand je fais le repas ?

Quoiqu’il soit, il faut bien avouer que l’espère humaine est l’une des plus déterminée sexuellement (bien plus que les poissons ou les reptiles, par exemple) et que prendre en considération le système symbolique qui construit le masculin et le féminin ne remet pas en cause une certaine forme de déterminisme biologique. Il s’agit , en fait, de l’éternel débat de l’inné et de l’acquis avec la question cruciale de savoir où se trouve la frontière entre les deux.

Il faut reconnaitre, contrairement à leurs nombreux détracteurs, que ces nouveaux manuels font preuve d’une ouverture nouvelle et heureuse. Comme les programme les y invitent, il n’y est pas seulement question de la reproduction (avec la contraception, l’avortement, la pilule du lendemain, l’assistance médicale à la procréation, la gestation pour autrui…); il s’agit aussi du genre (avec la transsexualité, mais aussi l’intersexualité, même si elle n’est envisagée que comme «anomalie»), et de la sexualité non reproductive (avec une illustration de singes bonobos chez Belin) – y compris de l’homosexualité (par exemple, chez Bordas, une photo de la Marche des fiertés contre les discriminations).

Le ministre de l’Education, Luc Chatel, a répondu à la polémique sur les manuels de SVT de premières, en précisant que les programmes de l’Education nationale ne faisaient pas référence à la "théorie du genre" et que son ministère n’était «pas chargé d’éditer les manuels. Le ministère est chargé de rédiger les programmes. Ces programmes sont mis à disposition d’éditeurs scolaires et les éditeurs ont une totale liberté éditoriale. Ce n’est pas le ministre de l’Education qui exerce droit de vie et de mort sur un manuel". En outre, il a décidé de mettre une commission sur pied pour étudier la question de la présence de références aux théories de genre dans les manuels de SVT.

Quoiqu’il en soit, Christine Boutin ne désarme pas. Dernière initiative en date: elle a lancé dimanche dernier une pétition "contre l’enseignement de l’idéologie du «Gender» à l’école". Avec, pour appuyer son propos, deux visuels qui caricaturent grossièrement les études de genre en reprenant les fameuses citations de Rudyard Kipling ("Tu seras un homme, mon fils") et de Simone de Beauvoir ("On ne nait pas femme, on le devient"). Edifiant !!!

 

Homosexualité et Socialisme (HES), association liée au PS, a donc décidé de répondre (voir affiche ci-contre), en reprenant le design et le style choc des affiches de Christine Boutin. "Finira-t-on enfin par parler des tentatives de suicide de nos enfants quand ils se trouvent en quête transidentitaire?, s’inquiète l’association. Plutôt que de cultiver l’ignorance, d’inciter à la peur des différences, à la discrimination des personnes concernées et à leur repli sur elles-mêmes?"

En Belgique, la Communauté Française s’interrogerait sur la présence de ce chapitre "Devenir homme, devenir femme" dans un manuel qui concernerait le cours de biologie... C’est peut-être un peu prêter le flanc à la critique. A suivre....

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Éditorial de septembre2011

Si l’été en Belgique s’est révélé, nous pouvons le dire, météorologiquement plutôt morose, la rentrée d’Alliàge, elle, s’annonce plus que radieuse. En effet, comme vous pourrez le constater, le mois de septembre sera faste : pas moins de deux ciné-clubs Imago, un blind-test, une exposition, un tea-dance, un rallye pédestre, un souper, un goûter aux jeux ... ainsi que la désormais traditionnelle gay-street et nous y serons, bien sûr !

De plus, depuis le début du mois d’août, le Chel s’est installé, momentanément, en tous cas dans un premier temps, dans nos murs : une occasion supplémentaire de faire vivre encore davantage notre Maison Arc-en-Ciel et de resserrer les liens entre nos deux associations.

Je voudrais profiter également de cet édito pour vous présenter deux nouvelles associations LGBT wallonnes.

La première, Rainbow Girls asbl, est liégeoise et a pour but de promouvoir l’émancipation des femmes lesbiennes, transsexuelles, bisexuelles par diverses activités ; d’atteindre la reconnaissance des droits à la différence ; de militer pour une éducation à la tolérance chez les plus jeunes ; de créer un ou plusieurs lieux de rencontre et d’activités socioculturelles et festives, de soutien et d’aide morale, psychologique et juridique aux femmes membres ou non. Les rainbow girls proposent des soirées (socioculturelles, dansantes, de spectacles, dîners, conférences, débats, jeux, audio-visuelles), des journées de festivités populaires, des expositions d’artistes LGBT ou autres, des voyages, des vacances collectives en Belgique ou à l’étranger et la participation à des manifestations LGBT à travers le monde. Tout cela mené de main de maître(sse) par Sylviane d’une manière plus qu’enthousiaste et déterminée. Les rainbow girls ont pour habitude de se réunir au Relax café.

To be two boys, quant à elle, est une jeune association de l’Entre-Sambre-et-Meuse dont la volonté est la promotion et la valorisation d’événements socioculturels destinés à favoriser les rencontres, à cultiver l’épanouissement de tous dans un cadre chaleureux et convivial. Ils proposent, entre autres, des accueils personnalisés, un espace de rencontre et d’écoute, des journées de découvertes culturelles et de détente, des visites d’expositions, des excursions, des soupers, des soirées à thèmes, des projections cinéma "gay attitude", des débats.... Ils œuvrent également dans la promotion et la défense des droits des gays et des lesbiennes ainsi que dans la prévention des MST. Ils se réunissent le deuxième samedi du mois de 14 à 17 h au Pickles-Bar, rue du Moulin 6 à 6000 Charleroi.

Nous leur souhaitons bien évidemment beaucoup de succès dans leur entreprise et nous réjouissons d’ores et déjà des collaborations à envisager.

Qui oserait encore dire, à la lecture de ce qui précède, que le milieu associatif ne vit pas ?

Jean-François Pondant, Président.

Rainbow Girls asbl
Rue des Tèheux 12 4347 Voroux-Goreux Tél. : 0495 83 16 11 rainbowgirls@hotmail.be http://rainbowgirls.gonzesse.org/forum

To be two boys
Siège administratif
Avenue Albert Ier 5/15 6032 Mont-sur-Marchienne
Gsm: 0475 44 93 19
courrier@2b-asbl.net
www.2b-asbl.net
Facebook "TO BE TWO BOYS - 2b - Page officielle"

 


 

Éditorial d'août 2011

Quelques lopins de terre.

Il y a un an, jour pour jour, je vous exposais la question que je détestais le plus qu’on me pose (et que je déteste toujours d’ailleurs) tant il m’apparait qu’elle est le fruit d’une myopie sociale extraordinaire. Cette question pose le pourquoi de l’associatif LGBT ? Pourquoi ce militantisme ? Pourquoi cette envie de changer les mentalités ? Et je concluais en rappelant notamment à quel point nos écoles sont dépouillées de toute référence à l’homosexualité (sauf peut-être au bal des rhétos de Saint-Louis dorénavant). Et à quel point il était nécessaire pour tous nos enfants LGBT de pouvoir entrer en contact avec une certaine culture gay, avec tel ou tel bouquin, avec tel ou tel film, avec tel ou tel contenu culturel qui leur permettra de se construire une identité positive. J’avais pris l’image de lopins de terre au milieu d’un marais d’hétérosexisme (je préfère aujourd’hui le terme hétéronormativité).

Et bien, aujourd’hui, un an après ce petit état des lieux des combats qui restent à mener, je vous propose de faire le tour du propriétaire de deux ou trois de ces lopins de terre, de ceux qui m’apparaissent particulièrement encourageant pour l’avenir. Ce sont pour moi des modèles d’inclusion, de ces contenus culturels, commerciaux, ludiques ou informatifs qui promeuvent la déhiérarchisation des orientations sexuelles, l’indifférence face au choix du partenaire d’amour ou de sexe (qui serait situé tout à droite sur l’échelle de l’inclusion).

Commençons par cette publicité pour Gini qui a été placardée sur tous les abris bus de notre cité ardente pendant le mois de juin. Il s’agissait d’une photographie dans les tons de vert et qui mettait en scène un couple, sexy (évidemment, c’est de la pub), lascif, avec une charge sexuelle assez évidente. Trois couples étaient indifféremment représentés sur l’affiche : un couple hétéro, un couple gay et un couple lesbien. D’autres avant cette marque de boisson ont bien entendu joué la carte gay-friendly avec plus ou moins de succès (IKEA, Mac Donald, Virgin, Fortis, ING, Orangina et récemment Dash (et bien d’autres !)). Mais rarement le couple homo n’a été présenté aussi naturellement comme l’un des possibles.

Autre média qui s’adresse également aux jeunes et dont le chiffre d’affaire sectoriel a depuis presque dix ans dépassé le chiffre d’affaire du cinéma aux Etats-Unis, je parle bien entendu de l’industrie vidéo-ludique. Deux titres me viennent à l’esprit lorsque je réfléchis au caractère inclusif de leur contenu. Tout d’abord, il y a les SIMS. Vous connaissez peut-être cette sorte de simulateur de la vie sociale. Il s’agit ni plus ni moins de faire évoluer un ou des personnages dans un environnement tout ce qu’il y a de plus proche de la réalité (ou en tous cas d’une réalité petite bourgeoisie/classe moyenne américaine). Et bien, si vous décidez de faire s’installer ensemble deux femmes dans une maison et que vous vous y prenez bien (elles doivent faire connaissance, s’apprivoiser car dans les SIMS, on ne maîtrise pas vraiment toutes les actions des avatars, c’est une sorte de tamagoshi humain si vous voulez), nos deux amies finiront par être suffisamment en confiance que pour se rouler des galoches à qui mieux mieux, dormir ensemble, manger ensemble et même bénéficier des services de l’organisme d’adoption le plus proche (si elles sont mariées, bien entendu) ! (Idem pour les hommes d’ailleurs). Bref, il n’y a pas d’orientation sexuelle dans les SIMS parce qu’il n’y a pas d’homophobie ni d’hétéronormativité. Et j’aime autant vous dire que les SIMS, qu’on apprécie ou pas, font un tabac auprès des jeunes.

Deuxième jeu qui mérite d’être mentionné, il s’agit de Dragon Age. Des héros (guerriers) évoluent dans un environnement médiéval fantastique enchaînant combats et intrigues dans le plus pur style heroic fantasy... et pourtant, notre héro pourra, entre deux bagarres, s’offrir une ou plusieurs nuits d’amour avec l’un des personnages du jeu (bon, d’accord, c’est un elfe, mais quand même). Ce qui est remarquable, c’est de voir apparaître cette histoire d’amour dans un contexte on ne peut plus viril. Et le jeu, lui aussi, remporte un franc succès auprès du public.

Quittons à présent la sphère vidéo-ludique et tournons-nous vers la sphère médiatique. Nous sommes le 12 juin 2011 à 19h30 sur la RTBF. Et, marronnier oblige, un sujet du JT est consacré à la fête des pères. Et l’angle d’attaque nous intéresse puisque le reportage mentionne un enfant qui a deux papas à fêter ce jour-là. Le choix du journaliste a sans doute été inspiré de l’affaire du petit Samuel (né d’une gestation pour autrui et dans l’impossibilité de quitter le territoire ukrainien pendant quelques mois), mais force est d’admettre qu’évoquer un couple gay dans sa dimension parentale est encourageant (ne serait-ce que par la reconnaissance de la capacité d’un couple gay à éduquer un enfant).

Terminons enfin cet aperçu par tout autre chose. Il s’agit d’une brochure (disponible à la Maison Arc-en-Ciel) éditée par les Mutualités socialistes. Le document s’adresse cette fois au plus de 60 ans et s’intitule "Seniors : le sexe, c’est bon pour la santé". Je ne résiste pas à partager avec vous l’avertissement au lecteur fait en page 3 de la brochure : "Nous utilisons invariablement le terme "partenaire" au masculin singulier pour désigner chaque personne du couple hétérosexuel ou homosexuel". Et de fait, dans les pages qui suivent, les explications traitent indifféremment de couples homos ou hétéros, les témoignages relatent des situations de couples gays, lesbiens ou hétéros, bref... un véritable modèle d’inclusion dans un outil adressé aux seniors... on ne peut qu’applaudir des deux mains et en redemander encore pour nos jeunes, pour nous, pour nos parents, nos amis, notre famille... donnez-nous de l’inclusif, faites disparaître cette maudite barrière qui nous sépare des hétéros, laissez chacun se reconnaître dans les contenus que vous proposez... et la partie sera gagnée !

PS : édito résolument positif qui pourra paraître naïf, je vous promets de parler de difficultés, d’homophobie et de confrontations une prochaine fois.

Bonnes vacances à tou-te-s !

Vincent Bonhomme, Trésorier

 


 

Éditorial de juillet 2011

Bonjour et bonnes vacances si vous les prenez ce mois-ci, que vous restiez en Belgique ou que vous vous envoliez pour une destination exotique. Si vous restez parmi nous, vous aurez bien raison puisque l’agenda que vous tenez entre vos mains propose encore de très bons moments de convivialité, de rencontres et d’échanges. De la nouvelle édition de la permanence "Tapas et sangria" de Gilles et Richard (c’est véritablement en passe de devenir une tradition de début d’été…), aux balades concoctées par la "cellule loisirs" en passant par le tournoi annuel de pétanque arrosé de pastis et/ou de rosé, le mois de juillet ne se repose pas sur ses lauriers, loin de là…

Cet édito est aussi l’occasion de faire le bilan des six premiers mois de l’année 2011, où plusieurs gros changements ont déjà eu lieu.

En premier lieu, les thés dansants, qui ont battu un record d’affluence : 627 entrées pour celui du mois de février! L’interdiction (légale) de fumer est respectée à la lettre et nous tenons vivement à remercier toutes celles et tous ceux qui se plient de bonne grâce à cette loi, objet de bien des débats houleux ailleurs. La présence d’un vigile et de membres de la section mœurs de la police de Liège, personnes –ressources si vous avez été victimes d’homophobie, est aussi à prendre en considération et constitue en quelque sorte une reconnaissance officielle de l’importance de notre asbl et de notre mouvement.

Ensuite, le remaniement du site internet, plus moderne, plus interactif, dû au travail combiné de Valérie, de Jean-Marc et de Laurent. La présentation de ce site new look a eu lieu le 6 mai dernier, en même temps que l’inauguration des Semaines Arc-en-Ciel.

Les Semaines Arc-en-Ciel, parlons-en justement! Elles ont eu lieu, pour rappel, du 6 au 22 mai. Entre ces deux dates, une foule d’activités vous ont été proposée, organisées soit par Alliàge même, soit par une association partenaire de la nôtre, LaLucarne.org en particulier. Et bien, que dire de ces deux semaines et demi sinon qu’elles furent cette année encore une grande réussite. Bien sûr, toutes les activités n’ont pas bénéficié de la même affluence, ce qui n’enlève rien à la qualité de la programmation. A retenir : l’inauguration du 6 mai, enrichie de l’expo "Walk with Pride", série de photos prises lors de gay prides un peu partout dans le monde et notamment dans des pays où l’homophobie fait encore largement partie de la culture populaire. Si vous ne l’avez pas vue, elle est téléchargeable sur le site walkwithpride.com. Autres temps forts : les Fiertés namuroises du 7 mai, où une délégation d’Alliàge avait fait le déplacement, la rencontre avec Christophe Botti (Bar aux mots du 8 mai), un moment fort pour tous ceux qui y ont participé, le Grand Quizz du 12 mai, qui a vu la victoire d’Arc-en-ciel Wallonie parmi 13 associations représentées, et au milieu d’une ambiance de folie. La Belgian Pride du 14 a évidemment constitué l’apothéose de ces semaines. Notre char rouge passion s’est frayé un chemin au beau milieu d’une foule de 45000 personnes selon les estimations. Un parcours plus long que d’habitude, sous un ciel resté clément malgré des bulletins météo qui incitaient plutôt à la pluie. La balade dans le quartier des Guillemins, le Bar à images spécial cuir, le repas mensuel (qui a drainé plus de monde qu’à l’accoutumée) et enfin le thé dansant, qui clôturait le tout, ont contribué à faire de cette édition 2011 une grande réussite. On essaiera de faire encore mieux l’an prochain, c’est promis.

Une formation pour les accueillants a été mise sur pied. Ceci aussi est très important car l’accueillant(e) représente la 1ère image que l’accueilli aura de l’association. C’est une responsabilité énorme. Cette formation a été réclamée par les accueillants eux-mêmes. Les activités habituelles, ballades, soupers, blind tests, ont continué au même rythme que les années précédentes, avec un public enthousiaste d’habitués ou de novices.

Nous voici donc à mi-parcours d’une année qui nous réserve encore bien des surprises…dans le bon sens du terme avec, par exemple, la mise sur pied d’actions de sensibilisation et de communication,…

Mais de l’automne, il n’en est pas du tout question pour le moment. Profitez de l’été, faites le plein de soleil et d’énergie et faites-nous partager votre bonne humeur… A bientôt.

Nicolas et Jean-Marc (administrateurs d’Alliàge)

 


 

Éditorial de juin 2011

A l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre l’homophobie, la Province de Liège et LaLucarne.org asbl ont présenté l’exposition "La lutte contre l’homophobie : un engagement provincial pour un combat mondial !". Cette exposition se compose de 5 panneaux organisés comme un zoom géographique : Monde, Union Européenne, Belgique, Wallonie et Province de Liège. Symboliquement, le vernissage de cette exposition s’est déroulé le 17 mai dernier, 7ème Journée Mondiale de Lutte contre l’homophobie. Monsieur le Député provincial Christophe Lacroix, et Francis Lamberg, Président de Lalucarne.org asbl, l’ont rappelé dans leur allocution, l’homophobie est loin d’être un sujet réglé et continue à devoir faire l’objet d’un combat quotidien comme le démontre les résultats du rapport annuel de SOS-Homophobie qui fait le point sur les quelques 1.500 témoignages recueillis l’an passé par l’association.

Principaux constats : les agressions physiques à caractère homophobe augmentent de 42%, et les injures homophobes sur internet de 66%. Les victimes sont majoritairement des hommes (75%).

Diffamation, insultes, harcèlement, chantage ou menaces allant jusqu’aux appels au meurtre, les témoignages d’agressions homophobes sur Internet ont flambé de 66% en 2010. Plus d’une injure homophobe sur cinq est en effet proférée sur le Net, par des internautes ou même directement par des éditeurs de sites, souvent d’orientation religieuse ou d’extrême-droite, relève le rapport.

Après Internet, les lieux publics concentrent 13% des signalements, soit une hausse de 43% entre 2009 et 2010. Au total, près de 20% des cas d’homophobie sont relevés dans les lieux publics, les commerces et services, ainsi que "plus de la moitié des agressions physiques", poursuit l’association. Dans la rue, le bus, le métro mais aussi des lieux connus de drague gay, où l’on vient "casser du PD", précise l’association.

"Cette hausse importante n’est pas forcément liée à une augmentation des actes homophobes", tempère l’association. "Les victimes osent plus témoigner [...] Les discriminations qui pouvaient paraître « acceptables » il y a quelques années aux yeux de la société et donc des personnes homosexuelles ou trans, sont de moins en moins tolérées aujourd’hui."

Par contre, un léger recul des cas d’homophobie au travail est observé: en effet, 12% en 2010 contre 14% l’année précédente. En 2008, le travail était le premier lieu d’agression homophobe.

Enfin, même si cela paraît étonnant, la famille et les voisins ne sont pas en reste : près d’une agression homophobe sur cinq (19%) est commise par un voisin, et 13% par l’entourage familial et amical. Le milieu scolaire, quant à lui, reste un environnement où, assez paradoxalement, il faut bien le dire, l’homophobie reste particulièrement présente.

Ce rapport 2011 de l’association SOS-Homophobie se fonde sur les 1.483 témoignages recueillis l’an passé. Des signalements en hausse de 18% par rapport à 2009.

Autant d’éléments prouvant que l’homophobie sait être virulente et éclatante, encore aujourd’hui. Mais c’est bien l’homophobie quotidienne, sourde et pernicieuse, qui constitue l’essentiel des témoignages reçus. C’est une homophobie "ordinaire", souvent invisible, qui ne dit pas toujours son nom et destructrice sur le long terme.

Le rapport annuel de SOS-Homophobie est plus qu’un outil statistique : un appel militant à la conscience des femmes et hommes engagé-e-s en politique. Pour que les centaines de victimes qui appellent chaque année et les milliers qui se taisent n’aient pas le sentiment amer que leur pays se moque de ce qu’ils et elles peuvent vivre au quotidien. La lutte contre l’homophobie n’a de sens que si elle est accompagnée d’un combat pour l’égalité des droits. Enfin, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des personnes ne doit à aucun moment de leur vie un critère pour les discriminer ou les attaquer. Il est bon de le rappeler...

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Éditorial de mai 2011

Revoici le mois de mai… et nos semaines arc-en-ciel à Liège !

Deux semaines qui vont vous secouer, vous faire bouger, vous émouvoir peut-être, vous faire réfléchir sur certains sujets et, en tous cas, vous en faire voir de toutes les couleurs…arc-en-ciel of course ! Le programme de ces semaines est bien sûr inclus dans l’Alliàgenda que vous tenez entre vos mains. Vous verrez, il y en a vraiment pour tous les goûts, une fois de plus, à l’image du calendrier d’Alliàge tout au long de l’année.

Cependant, nous avons pointé trois évènements importants de ces Semaines Arc-en-Ciel, ce qui n’enlève, bien sûr, rien à l’intérêt de toutes les autres dates.

L’inauguration, le 6 mai dans nos locaux. En plus d’être le départ officiel de ces folles semaines, nous aurons le très grand plaisir de vous présenter le tout nouveau site internet d’Alliàge. Un site entièrement redessiné, plus clair, actualisé, moderne, rapide… Un site où grâce à son calendrier, vous pourrez d’un simple clic connaitre le prochain évènement organisé par Alliàge ou l’un de ses partenaires. De nouvelles rubriques y seront visibles ce qui permettra de renforcer l’envie de pousser nos portes. Il est important et juste de souligner que ce magnifique résultat est le fruit du travail et de l’imagination de Valérie (et un peu du Ca…tout de même), encore merci à elle.

Les fiertés Namuroises, le 7 mai. Cette année, Alliàge organise un départ groupé afin de se rendre dans notre belle capitale régionale. Nous aurons ainsi l’occasion de participer activement à cette journée. Vous y seront proposés: expo, débat, film, spectacle, concert,… Il est de notre devoir (et c’est un plaisir) de soutenir ce programme.

La Belgian Pride le 14 mai. Cet événement fait toujours polémique auprès de certains et pourtant…
Le caractère ultra-festif de la Gay-Pride ne doit nous faire oublier qu’elle est la conséquence d’un évènement très violent et très important, celui de Stonewall, à New-York, en juin 1969. Des gays, des lesbiennes et des travestis ont créé l’émeute à la suite d’un raid de la police dans Greenwich Village. C’est cet évènement que commémorent les Gay Prides du monde entier, qui ont donc un côté revendicateur très fort.

Cette édition 2011 met trois revendications en avant* :

1) Combattre l’homophobie à l’école. En effet, quoi de plus banal que l’insulte homophobe dans les écoles. Combien de jeunes LGBTI sont victimes de ces violences verbales mais aussi physiques. Les mauvais résultats et le décrochage scolaire, la prise de drogue et les tentatives de suicide sont extrêmement élevés parmi eux. Le mur doit tomber, nous savons que dans chaque école, il y a des enfants, adolescents, enseignants et éducateurs LGBTI ainsi que des homoparents. Ceci participe à la richesse et à la diversité de notre société, il faut la protéger. Combattre l’homophobie à l’école est essentiel et urgent.

2) Faire respecter les droits de tous les LGBTI, à travers le monde. Chez nous, les LGBTI, qui ont été obligés de fuir leur pays doivent avoir la possibilité de jouer un rôle actif au sein de notre organisation, c’est important afin de renforcer la solidarité et la coopération entre mouvements LGBT. Dans certaines régions du monde, il y a tendance à la démocratisation du pouvoir, il faut soutenir ces mouvements et aider les LGBT de ces pays à se faire entendre. Auprès de l’UE et des Nations-Unies, la Belgique doit user de son influence afin de garantir une décriminalisation et une égalité des droits pour tous les LGBT.

3) Lutter contre les stéréotypes de genre. Beaucoup lient l’identité sexuelle avec des images stéréotypées telles que "les garçons ne pleurent pas ou ne jouent pas à la poupée", "les filles sont féminines et maternelles" ou encore "un homme faschion victim est forcément gay"… Ces caricatures continuent aujourd’hui de pourrir la vie de bon nombre d’individus, jeunes et moins jeunes, homos, bis, hétéros, androgynes, drag kings , butchs, travesti-e-s,... Il importe donc de déconstruire ces stéréotypes pour éviter qu’ils n’engendrent des comportements de rejet, des différences de traitement ou de violence. Cette lutte est un long processus qui ne peut s’accomplir que par l’information et la persuasion. Les pouvoirs politiques doivent prôner le respect des expressions de genre au travers de leurs actions, domaines,…

Voilà, un tout petit aperçu de ce beau programme du mois de mai, qui devrait, nous n’en doutons pas, vous satisfaire. Ainsi, nous espérons vous voir nombreux lors de ces semaines.

Semaines qui ne seraient pas possibles sans l’excellent travail et collaboration de nos permanents, membres bénévoles, associations partenaires et amies, instances politiques, sponsors,… Merci à tous et, maintenant, que vivent les semaines arc-en-ciel avec une explosion et un mélange de couleurs !!!

Nicolas et Jean-Marc.

* Sources et extraits: le dossier "Priorities Belgian Pride 2011" des associations Cavaria, Rainbowhouse.be et Arc-en-Ciel Wallonie

 


 

Éditorial avril 2011

Alors qu’il y a dix ans, le 1er avril 2001, les premiers mariages homosexuels étaient célébrés aux Pays-Bas et qu’aujourd’hui, ceux-ci sont légalisés en Belgique, en Espagne, au Canada, en Afrique du Sud, en Norvège, en Suède, au Portugal, en Irlande et en Argentine, le président américain a annoncé que le ministère public ne soutiendrait plus une loi réservant le mariage à deux personnes de sexe opposé, au nom de la lutte contre les discriminations. C’est un engagement majeur en faveur des droits des homosexuels. En effet, le ministre américain de la Justice Eric Holder a annoncé, en accord avec Barack Obama, que le ministère public ne défendrait plus la loi qui définit le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme, au nom de l’égalité des droits des citoyens. En d’autres termes, le gouvernement estime que la non-discrimination est un droit constitutionnel plus fort que la définition du mariage comme l’union d’un couple hétérosexuel. Si cette déclaration n’oblige pas les juges à reconnaître le droit des homosexuels à se marier, elle pourrait néanmoins accélérer l’évolution de la législation américaine.

A l’heure actuelle, seuls le Connecticut, le Massachusetts, l’Iowa, le New Hampshire, le Vermont et le district de Colombia autorisent le mariage gay. Trente Etats l’interdisent explicitement. Ceci dit, l’Etat américain de l’Iowa pourrait revenir sur sa décision d’autoriser les unions homosexuelles suite à un vote des parlementaires. En avril 2009, la Cour suprême de l’Etat de l’Iowa déclarait anticonstitutionnelle l’interdiction du mariage entre personnes de même sexe, estimant qu’elle contrevenait à l’égalité entre les citoyens.

En un peu moins d’une année, plus de 2000 couples homosexuels s’unirent, représentant plus de 10% des mariages réalisés durant ce laps de temps. Mais cette question, dans un Etat considéré comme très conservateur, a toutefois continué de faire débat, même si les enquêtes d’opinion faisaient état d’une plus grande adhésion des citoyens. Les opposants politiques ont donc tout logiquement décidé de traiter le problème à la source en modifiant la Constitution. Par 62 voix contre 37, les parlementaires de la Chambre basse ont en effet approuvé un amendement établissant que seuls les couples hétérosexuels sont autorisés à conclure un contrat de mariage. Ce vote pourrait donc sonner le glas de l’ouverture réalisée il y a deux ans. Comme quoi, rien n’est jamais définitivement acquis.

La prise de position d’Obama a pris beaucoup de monde de court, même si elle s’inscrit dans un virage amorcé avec l’abrogation récente de la loi "Don’t ask don’t tell", qui interdisait aux militaires de révéler leur homosexualité et qu’elle est la suite heureuse de la campagne "Say I Do" (Dites, je le veux) initiée par l’association Freedom to Mary et soutenue, entre autres, par pas mal de stars en vue. De son propre aveu, le président américain est plus favorable à l’union civile pour les gays qu’au mariage. Mais, confiait-il en décembre, son avis sur le sujet "évolue en permanence". Visiblement, la position de Barack Obama évolue en même temps que celle de la société, qui est de plus en plus sensible aux discriminations. Il est évident aussi qu’Obama adresse là un message à son électorat, qu’il est accusé d’avoir négligé. Le mariage gay sera sûrement un enjeu de la prochaine présidentielle.

Par contre, chez nos voisins français, Le Conseil constitutionnel a tranché. Celui-ci a réaffirmé l’interdiction du mariage homosexuel conforme à la Constitution. Il en résulte donc - comme la Cour de cassation l’a rappelé le 13 mars 2007 en annulant le mariage homosexuel célébré à Bègles en 2004 par Noël Mamère - que "selon la loi française, le mariage est l’union d’un homme et d’une femme" Seul le Parlement peut maintenant décider d’un éventuel changement dans la législation. Le Conseil des neuf sages, comme on l’appelle, avait été saisi par un couple de femmes pacsées qui souhaitaient que leurs quatre enfants bénéficient d’une meilleure protection juridique. Elles soutenaient que les articles 75 et 144 du code civil, qui encadrent les procédures de mariage en France, étaient contraire à la Constitution. En livrant une fin de non-recevoir à cette démarche, le Conseil constitutionnel renvoie l’affaire aux politiques.

Du côté des mouvements LGBT, Act Up Paris a fustigé la décision qui consiste, selon le groupe, "à se débarrasser de la patate chaude en la renvoyant aux doryphores parlementaires".

Pourtant, selon un sondage TNS Sofres réalisé pour Canal+, plus de la moitié des Français (58%) se disent favorables au mariage entre homosexuels, contre 45% en 2006. Parmi les soutiens les plus notables : les femmes, qui soutiennent à 63% le mariage gay, les moins de 35 ans (74%) et les sympathisants de gauche (72%). Sur les 35 % d’opposants, les plus farouches se trouvent parmi les plus de 65 ans (62%) et les sympathisants du Front national (56%).

Il est fort à parier que le mariage homosexuel s’invitera également dans la prochaine campagne présidentielle française, à droite comme à gauche.

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Éditorial mars 2011

En ce début d’année et à l’occasion de cet édito, j’aimerais rappeler, comme je le ferai lors de notre prochaine assemblée générale, les missions d’Alliàge.

1. La promotion et la défense des droits des LGBT, ainsi que la lutte contre toute discrimination à leur égard, notamment en informant l’opinion publique afin de faire évoluer les mentalités, et en collaborant avec d’autres associations poursuivant des objectifs similaires.

Concrètement, ce sont, en autres, des campagnes d’information de l’opinion publique et des autorités politiques. De plus, Alliàge est un point relais pour les discriminations basées sur l’orientation sexuelle (agréé par le Centre pour l’égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme). Nous participons chaque année, bien entendu, à la Gay Pride organisée à Bruxelles. C’est un moment privilégié pour redire clairement et défendre nos combats et nos revendications. L’organisation des Semaines Arc-en-Ciel en mai vise également, et entre autres, cet objectif.

Je voudrais aussi souligner nos partenariats et nos collaborations avec bon nombre d’autres associations : Arc-en-Ciel Wallonie (et de par ce fait, de nombreuses associations wallonnes), le CHEL, Ex Aequo (dont l’agent de terrain vient d’ailleurs travailler deux fois par mois dans les bureaux de la Maison Arc-en-Ciel pour améliorer leur présence sur Liège), La Lucarne.org., le Centre pour l’Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, Merhaba, Sporty Liège, ... mais aussi la section mœurs de la Police de Liège qui s’occupe uniquement de tout ce qui relève des mœurs, de la prostitution, du proxénétisme et des violences sexuelles sur les personnes majeures et singulièrement des agressions à caractère homophobe, tant physiques que verbales.

2. L’information, l’orientation, l’aide psychosociale et juridique des LGBT et de leur entourage, en proposant aux membres différents services, notamment une médiathèque et un service de relais vers des personnes-ressources.

Nous disposons d’un fond documentaire non négligeable dans notre bibliothèque et notre médiathèque. De plus, une revue de presse actualisée est affichée sur les valves de la Maison Arc-en-Ciel. Notre fichier de personnes-ressources (médecins, psychologues, avocats...) a été remis à jour cette année. Enfin, nous tâchons de répondre le plus adéquatement possible à toutes les questions qui peuvent nous être posées par téléphone, par mail ou directement, en nous tenant constamment au fait de l’actualité concernant notamment des domaines tels que le mariage, l’adoption, les contrats d’union civile.... Il est évident que la proximité et la complicité d’Arc-en-Ciel Wallonie nous aident énormément à propos de toutes ces problématiques.

3. L’insertion des LGBT au sein de l’association, mais également dans la vie sociale en proposant un espace d’accueil, de parole et de convivialité sous forme de permanences, et en organisant des activités culturelles, récréatives et sportives.

Pour ce point, je ne pourrai pas être exhaustif, tant les activités proposées sont nombreuses, variées et tâchent de répondre à un maximum de demandes de nos membres. Bar à images, ciné-club Imago, expositions, thés dansants, soupers, balades, après-midis jeux, blind tests, festivals, débats, colloques, conférence, semaines Arc-en-Ciel... occupent tout au long de l’année les colonnes de notre Alliàgenda.

Ce qui précède montre bien, je n’ai pas peur de l’affirmer, que notre association vit et déborde d’énergie... Cela aussi, j’avais envie de le rappeler. Merci donc à toutes celles et à tous ceux qui contribuent à cette vivacité et à cette ardeur.

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Éditorial février 2011

Nous en parlions déjà le mois passé : le 20 mars prochain, Alliàge tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et, surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas encore et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2011, il est encore temps ! Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de "membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 10 février au plus tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secret, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an et il vous faut, alors, recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit votre adhésion est inférieure à un an et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur(-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 10 février au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter et il faut, enfin, recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant deux ans et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site www.alliage.be en suivant présentation > missions > statuts) ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@alliage.be

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Editos 2010


 

Éditorial décembre 2010

J’ose imaginer qu’il n’est point besoin de rappeler que le 1er décembre est la journée mondiale de la lutte contre le sida. Cette année encore, plusieurs actions et événements seront organisés.

Entre autres, l’équipe du bus "Sex’Etera", de la Province de Liège, tiendra ce 1er décembre dans le piétonnier des rues Vinâve d’Ile et Pont d’Ile un stand d’information autour d’un sapin décoré de boules de Noël renfermant un préservatif. Une action ludique et intéressante pour attirer et sensibiliser le plus grand nombre aux questions liées à la sexualité et à la prévention.

Parallèlement à cette initiative, Alliàge participera à la 8e Journée Arc-en-Ciel, organisée par Arc-en-Ciel Wallonie en partenariat avec Ex Aequo, qui aura lieu ce 4 décembre 2010 et qui aura pour thème la sérophobie.

La réflexion se portera sur la place à accorder à la séropositivité dans les associations LGBT ainsi que sur la problématique de la sérophobie dans les milieux associatifs LGBT. "En effet, dans les années ‘80, la lutte contre le Sida a permis de rendre de plus en plus visibles les gays et lesbiennes et a montré leur capacité de solidarité et de mobilisation. Ce combat a également ouvert la voie à d’autres engagements en matière d’égalité des droits (reconnaissance du couple homo, mariage homo, adoption, etc.). Près de 30 ans plus tard, ces sujets ont pris l’ascendant sur celui de la prévention et de la lutte contre le Sida, alors que le nombre de gays séropositifs est en constante augmentation. L’équation "Homosexualité = Sida", si longtemps assénée comme une vérité et ressentie comme très stigmatisante par les gays, a peut-être participé à ce déficit d’intérêt."

"L’année dernière, Ex Aequo proposait une campagne autour de l’invisibilité des séropositifs dans le milieu gay, abordant le problème de la sérophobie (rejet et discrimination d’une personne sur base de sa séropositivité), latente ou patente, surtout dans les relations sexuelles et affectives. La sérophobie affichée et le silence autour de la séropositivité conduisent trop souvent à l’exclusion et à l’auto-exclusion. Par peur du rejet et de la déception, la personne séropositive se refuse souvent à entamer des relations affectives ou préfère se retirer de la vie sociale. Cette campagne "si tu es prêt à l’entendre, je suis prêt à te le dire" a semblé mettre le doigt sur un tabou très ancré au sein d’un public, paradoxalement parmi les plus touchés par le VIH."

C’est pourquoi, cette année, l’accent sera mis sur la poursuite de ce débat concernant l’invisibilité de la séropositivité. Outre la Journée Arc-en-Ciel de ce 4 décembre, une campagne de sensibilisation du public gay contre l’invisibilité et les discriminations sérophobes dont sont l’objet les séropositifs parmi les gays a été mise sur pied par Ex Aequo. Celle-ci aborde la place de la personne séropositive au sein de collectifs LGBT.

Enfin, d’un point de vue pratique, notez donc que la Journée Arc-en-Ciel de ce 4 décembre 2010 se déroulera au CGLN de Namur (rue des Brasseurs, 13) et que le nombre d’inscrits est limité.

Pour tous renseignements, n’hésitez pas à contacter Ex Aequo (02/736.28.61 ou info@exaequo.be) ou Arc-en-Ciel Wallonie (04/222.17.33 ou courrier@arcenciel-wallonie.be).

Jean-François Pondant, Président.

Sources : documents d’Ex Aequo et d’Arc-en-Ciel Wallonie.

 


 

Éditorial novembre 2010

Durant le tea-dance du mois de septembre, j’ai eu l’occasion de rencontrer les deux personnes responsables de la section mœurs de la Police de Liège. Celle-ci s’occupe uniquement de tout ce qui relève des mœurs, de la prostitution, du proxénétisme et des violences sexuelles sur les personnes majeures.

Au niveau du milieu homosexuel, plus particulièrement, ils prennent en charge tout ce qui concerne, par exemple, les agressions à caractère homophobe, tant physiques que verbales. Il va de soi qu’il leur est impossible de s’occuper des "petits" problèmes tels que les vols de documents ou les dégradations multiples essuyées par n’importe quel citoyen....

Concrètement, si vous êtes victime d’une agression à caractère homophobe, voici la procédure qu’ils conseillent de suivre.

Il est préférable, dans un premier temps d’aller déposer la plainte auprès de votre commissariat de quartier ou à l’Hôtel de Police. Ensuite, le Parquet orientera les suites de l’enquête vers la section mœurs.

Néanmoins, il est primordial de rappeler que les responsables de cette section restent à l’écoute de toutes les personnes qui auraient un quelconque souci lié à l’homophobie, soit en l’orientant vers le(s) service(s) adéquat(s), soit tout simplement en prenant le temps de dialoguer devant un café... En effet, leur expérience en la matière leur a souvent montré que pas mal de problèmes pouvaient se résoudre par une franche discussion, sans tabou !

Un coup de fil n’engage à rien... Il vaut parfois mieux les appeler, avant, pour "pas grand chose", plutôt qu’après, pour des situations bien plus graves !

Avant de terminer, j’aimerais rappeler qu’il est assez exceptionnel de pouvoir bénéficier d’un tel service... il en existe encore très peu, en Belgique et même en Europe. De plus, les responsables de la section mœurs ont un véritable souci de rencontrer leur public cible. C’est pourquoi, ils font le tour des établissements commerciaux, des associations, des lieux de drague..... Réservez-leur donc bon accueil et n’hésitez pas à aller leur parler.... Ils ont besoin de vos témoignages, vos remarques, vos conseils !

Jean-François Pondant, Président.

 

Police de Liège - Brigade judiciaire
Section Moeurs - Proxénétisme
Rue Grétry, 62 à 4020 Liège
Tél. : 04/340.87.71 - Fax : 04/340.87.09
Gsm : 0494/92.15.90
Mail : bjmoeurs@yahoo.fr

Chef de section :
Jean-Luc DRION
(inspecteur principal - officier de Police Judiciaire)
04/340.87.71

Membres de la section :
André RENOUPREZ (inspecteur) - 04/340.87.76
Jean-Marie MONSEUR (inspecteur) - 04/340.87.75
Josiane MESTDAGH (inspecteur) - 04/340.87.74
Alain HOUSSET (inspecteur) - 04/340.87.73
Jean-Marie DEFLANDRE (inspecteur) - 04/340.87.72
Dominique SMETS (inspecteur) - 04/340.87.77
Cécile VAN DEN SANDE (inspecteur) - 04/340.87.78

Personnel civil :
Antony BOSCO - 04/340.87.70

 


 

Éditorial octobre 2010

Il y a quelques jours, au bureau de la Maison Arc-en-Ciel, je parlais du prochain édito à rédiger et me demandais ce que j’allais pouvoir écrire. C’est alors que Vincent m’a dit : "Et si tu faisais, pour une fois, un truc un peu positif ?". Il est vrai que, très souvent, nous profitons de cet espace pour, à juste titre, bien sûr, dénoncer des injustices, des discriminations, des scandales... qui touchent les gays en Belgique et dans le monde entier.

Sans tomber pour autant dans un enthousiasme béat, je vais donc me faire un point d’honneur à exaucer le souhait de Vincent.

En effet, en Belgique, il est de plus en plus facile de vivre sereinement son homosexualité ; un certain nombre de combats ont été remportés et sont de plus en plus acceptés par la société. Les pouvoirs politiques, en tous cas certains (et malheureusement pas tous!), reconnaissent et soutiennent financièrement les associations gays et un nombre toujours plus grand d’initiatives qui visent à faire accepter l’homosexualité et à aider les homosexuels à s’accepter et à vivre leur différence toujours mieux....

C’est notamment cela qui permet à Alliàge d’exister. Les subventions nous autorisent à engager quatre personnes. La Ville de Liège, faut-il le rappeler, nous offre la possibilité de jouir d’une magnifique maison en plein centre ville. Il est fort à parier que les fondateurs n’auraient jamais osé espérer à tout cela lorsqu’ils ont décidé de créer l’association.

Je suis toujours heureux, lorsque je relis l’Alliàgenda, de voir le nombre et la diversité des activités et des services proposés. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y en a pour tous les goûts ! De plus, la participation à toutes celles-là est en constante augmentation et un nombre toujours plus grand de personnes de tous horizons découvrent Alliàge et la Maison Arc-en-Ciel, entre autres lors des vernissages organisés tout au long de l’année.

A souligner d’ailleurs dans cet agenda, la prochaine nuit des coteaux de la Citadelle qui est un rendez-vous incontournable de notre cité ardente. Le tea-dance, toujours très attendu. Et puis, la rencontre européenne à Metz pour la Journée sur la diversité. Celle-ci est organisée à l’initiative de la Commission Européenne. Alliàge et Arc-en-ciel Wallonie y seront présent afin de rencontrer d’autres associations et de nouer des contacts au-delà de la Wallonie. Alliàge présentera en autre lors de cette journée, l’exposition de Philippe Castetbon que nous avions eu le plaisir d’accueillir lors des "Semaines Arc-en-Ciel 2010" pour la présentation de son livre.

Je ne voudrais pas terminer sans remercier et souligner le dévouement et la disponibilité de tous les bénévoles qui organisent ou aident à organiser un nombre certain d’activités ainsi que le travail sérieux et efficace des quatre membres du personnel.

Voilà, Vincent, j’espère avoir été suffisamment positif... tu as raison, il est bon parfois de s’arrêter un moment sur ce dont nous avons la chance de profiter et de bénéficier.... sans oublier pour autant les combats encore à mener et les rêves qui nous poussent à toujours aller de l’avant !

Jean-François, Président

 


 

Éditorial septembre 2010

Finies les vacances!

C’est en grande forme qu’Alliàge effectue son retour: premier tea dance depuis le mois de juin, présence à la Gay Avroy Street, vernissage d’une nouvelle exposition de photographies et de sculptures à la Maison Arc-en-Ciel, nouvelles perspectives "Imago", sortie culturelle à l’étranger et autres rencontres, …

La rentrée, c’est aussi le moment de rafraîchir la motivation de son engagement. Reformuler les raisons qui nous ont amenés un jour à passer la porte de la Maison Arc-en-Ciel. Faire le point sur les actions de l’association qui rencontrent les raisons qui nous y ont amenés. Enfin, partager avec les autres membres la vision de l’orientation que l’on souhaiterait voir suivie.

L’actualité des dernières semaines nous a livré maintes histoires de placards ; entrouverts, ouverts de force ou encore enfouis au fin fond des mémoires.

De Ricky Martin presque, quadragénaire à Joe Mc Elderry, vainqueur du x factor anglais, outé sur facebook, en passant par Mickael Jackson et maintenant Christopher Reeves dont le caractère hypothétique du coming out n’est que subsidiaire, nous nous rendons compte qu’il n’est pas encore toujours aisé de montrer qui on est réellement.Nous avons tous, nous qui lisons cet Alliàgenda, fait le pas. Pourtant, accepter et imposer son identité sexuelle reste une épreuve parfois dramatique.

Nombre de jeunes ne peuvent affronter la force de l’hétéronormalisme de leur entourage et se déchirent entre le besoin de reconnaissance sociale et leur épanouissement sentimental et sexuel. Parfois jusqu’à l’irrémédiable. Ce dilemme n’est pas propre aux adolescents; des hommes et des femmes arrivent à l’âge "raisonnable" avec comme bagage un lot de secrets plus ou moins discrètement enveloppés dans des postures sociales de composition.

J’imagine qu’un garçon, une fille, me voyant manifester mon attachement à mon ami, en rue, dans mon environnement professionnel ou familial, puisse y trouver une once d‘énergie. Ce geste peut devenir une arme contre la claustration, le poids de la différence, la peur du rejet.

Quand par souci de discrétion, il m’arrivera d’hésiter à prendre une main aimée dans la mienne, j’y penserai.

Que le "On nous regarde peut-être!" soit un encouragement et non un avertissement.

Toute l’équipe d’Alliàge vous souhaite une excellente rentrée et se fait une joie de vous revoir.

Vincent Demonty

 


 

Éditorial août 2010

Un peu de nostalgie.

On m’a souvent conté et reconté ces années passées à revendiquer l’ouverture du mariage civil et de l’adoption. On m’a décrit ces interminables tables rondes au cours desquelles s’affrontaient des intervenants passionnés. J’ai vu briller les yeux de mes interlocuteurs en évoquant ce passé. J’ai souvent regretté d’être si jeune. De n’avoir pas connu la naissance de cette association. D’avoir raté l’inauguration de cette énorme maison de la rue Hors-Château. Une maison arc-en-ciel. Avec des murs, des fenêtres et bientôt des bureaux.

Le temps passe. Le mariage et l’adoption sont une réalité. L’orientation sexuelle est même un critère protégé par la loi anti-discrimination de 2007. Aujourd’hui, si je veux me marier, si je veux être candidat adoptant… j’en ai le droit. Alors, quand je dis que je travaille chez Arc-en-Ciel Wallonie, on me demande souvent: pourquoi? Que fais-tu là-bas? De quoi avez-vous (ou avons-nous) donc encore besoin?

Cette question m’interpelle et à chaque fois je dois serrer un peu les dents pour rester diplomate. Je réponds que non. Je peux me marier et je peux adopter. Donc je suis heureux. Nous sommes tous heureux. Car enfin l’orientation sexuelle n’est plus un problème pour personne. Enfin, la diversité ne fait plus peur. Enfin, si je suis une vieille femme, handicapée, juive, noire et lesbienne, je serai traité avec autant d’égards que ce jeune homme blanc, en pleine santé, catholique et hétérosexuel. Enfin, quand un élève lance un "tapette" ou un "sale pédé" dans une cours de récré, il est sanctionné. Enfin, la transidentité ne fait plus peur. Enfin, je peux dire que je suis séropositif sans qu’une lueur d’inquiétude ne trouble le regard des autres. Enfin, la différence ne fait plus peur.

Las. La prévalence du suicide chez les jeunes gays et lesbiennes est environ six fois plus élevée que chez les jeunes hétéros. L’Histoire et la littérature enseignées dans nos écoles sont presque complètement dépouillées de toute référence à l’homosexualité, ne permettant même pas aux jeunes de se penser comme gay, bi ou lesbienne. Les romans, films, musiques que les jeunes consomment célèbrent presqu’exclusivement les amours hétérosexuelles.

La déconstruction des stéréotypes de genre, la lutte contre la transphobie ou la sérophobie, l’égalité entre les couples hétéros et homos, l’égalité homme-femme… tous ces combats sont devant nous. Le champ d’action est gigantesque et nous ne sommes pas très nombreux à en avoir conscience. Nous avons besoin de toutes nos forces pour changer nos propres mentalités, celles de nos proches, de nos amis, nos familles,… Nous avons besoin de toutes et tous.

L’arme dont nous disposons, c’est notre éducation. Notre meilleur outil, c’est nous-mêmes. C’est la connaissance et la compréhension du monde qui nous entoure. C’est la vision du monde qu’on aimerait voir s’épanouir dans la rue ou sur notre lieu de travail. C’est cette vision qui doit confondre les obscurantismes de tout poil et soigner notre myopie sociale.

C’est généralement ce que je réponds à ceux-là qui n’ont pas l’air de voir les dégâts de l’hétérosexisme et de l’homophobie.

Et j’ajoute souvent cette petite histoire d’un enfant, perdu au milieu d’un immense marécage, qui patauge tant bien que mal et puis qui trouve un appui, une portion de terre un peu plus solide sur laquelle il peut s’appuyer. Nous sommes tous un peu cet enfant. Et la culture, les films, les romans, les personnages historiques,… ce sont des lopins de terre sur lesquels on peut s’appuyer. Appuyer nos réflexions. Appuyer nos désirs. Notre identité. Nos ambitions. On ne peut se construire sans culture. On ne peut s’épanouir sans être nourri de culture.

Un jour, je ne serai plus si jeune. Un jour, je sentirai la fatigue. Et j’espère qu’un gosse de 20 ans m’écoutera raconter mes combats. Ceux que nous avons menés après les lois sur le mariage et l’adoption. Ces combats qui ont rendu le monde un peu plus vivable. Et qu’il apercevra mes yeux qui brilleront de la nostalgie de l’ancien combattant.

Vincent Bonhomme

 


 

Éditorial juin 2010

Pour la sixième année d’affilée, la journée mondiale de lutte contre l’homophobie (IDAHO) a été célébrée ce 17 mai. Comme vous le savez probablement déjà et nous tenons par cet édito à le souligner, l’équipe d’Arc-en-Ciel Wallonie, la Fédération wallonne des associations gay et lesbiennes, s’est démenée pour diffuser 20.000 pin’s (le coq au panache arc-en-ciel) un peu partout en Wallonie et à Bruxelles.

La dernière action de distribution a eu lieu le lundi 17 mai en gare de Namur avec l’aide du cabinet de la Ministre Tillieux. Le résultat des différentes opérations est éloquent :

20.000 pin’s distribués en trois semaines ; dont 5.000 pin’s et 1.500 affiches dans les écoles du secondaire ;

1.310 pin’s aux 262 communes wallonnes ;

95 pin’s aux 19 communes bruxelloises ;

910 pin’s aux services de proximité de la Région wallonne (Eupen, Arlon, Wavre, Nivelles, Namur, Charleroi, Liège, Mons, La Louvière, Verviers, Tournai,…)

770 pin’s distribués aux écoles qui en ont redemandés ; une dizaine de demandes qui n’ont pu être satisfaites ;

plusieurs milliers au Service public de Wallonie et au Ministère de la Communauté française ;

plusieurs centaines dans les rues (le Carré et la batte à Liège, les Fiertés et la gare à Namur, la Belgian Pride à Bruxelles,…)

...

Arc-en-ciel Wallonie est ravie (et oui, c’est une fille) de l’excellente collaboration avec ses différents interlocuteurs et de la motivation des bénévoles. L’équipe souhaite remercier plus particulièrement : Laetitia Gigot, Kathy Lannoy et Philippe Peeters pour la distribution aux petites heures dans les différentes Directions générales du SPW à Jambe, Brigitte Casimir et Claudine Nassens pour leur soutien lors de la distribution au Ministère de la Communauté française, la Ministre Eliane Tillieux ainsi que son équipe, la Ministre Fadila Laanan pour son soutien, les bénévoles qui se sont succédés au stand d’Arc-en-ciel Wallonie dans le rainbow village, les collègues et amis d’Alliàge qui ont répondu au téléphone lors des nombreuses sorties sur le terrain, les responsables locaux pour le bon remplissage des cars, Vinciane Paoletti pour son engagement et ses sourires, et toutes celles et tous ceux qui ont contribué au bon déroulement de l’opération pin’s et de la coordination des cars.

Nous tenons également à remercier tout particulièrement Ghislain pour son énergie et sa condition physique dans le superbe costume de coq au panache arc-en-ciel qui a remporté un vif succès tout au long du cortège de la Belgian Pride. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas passé inaperçu !

Outre la distribution du pin’s, ce sont d’innombrables événements qui ont eu lieu lors de ces "Semaines Arc-en-Ciel". Et ces actions ne sont pas veines. Toute cette énergie contribue à rendre visibles nos combats, nos espoirs et nos succès auprès d’une population de plus en plus ouverte sur les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre. N’en témoigne les articles qui fleurissent ces derniers jours sur les sites d’informations généralistes et institutionnelles.

Merci encore une fois à toutes et tous. Merci à toute l’équipe d’Arc-en-ciel Wallonie pour l’enthousiasme débordant, les compétences énergiques et la volonté déterminée d’éclairer les consciences et de faire avancer les mentalités qu’ils déploient au service des différentes associations wallonnes.

Et bien entendu, n’oubliez pas les activités de votre Fédération : journées arc-en-ciel (conférence/débat sur différents thème), prix François Delor, brochure, mailing list (sur simple demande à vincent@arcenciel-wallonie.be) et toutes les informations disponibles sur le site www.arcenciel-wallonie.be

Vincent Bonhomme, Administrateur d’Alliàge et permanent d’Arc-en-ciel Wallonie ;
Jean-François Pondant, Président d’Alliàge.

 


 

Éditorial mai 2010

Cette année encore, les Semaines Arc-en-Ciel nous réservent un programme riche et varié : activités culturelles, festives, sportives, théâtrales, cinématographiques jalonneront ces deux semaines... sans oublier la Gay Pride, le samedi 15 mai, à Bruxelles. Une nouvelle fois, Arc-en-ciel Wallonie organise le transport en car et Alliàge offre le petit déjeuner : une manière de commencer la journée sympathiquement. Le bus à impérial nous attendra, bien sûr, à Bruxelles et nous accompagnera tout au long du défilé. Cette année, nous avons opté pour une animation certes moins "bonne-enfant" mais beaucoup plus festive et animée !

Je tiens à remercier, ici, nos quatre permanents et les associations amies (Arc-en-ciel Wallonie, LaLucarne.org, le Chel et Sporty Liège) qui ont mis sur pied et coordonné toutes les animations prévues durant ces quinze jours ; mais aussi la Région wallonne ainsi que les différents sponsors qui nous aident à les organiser. Je vous laisse découvrir le programme complet de ces festivités dans les pages de cet Alliàgenda.

Les Semaines Arc-en-Ciel, faut-il le redire, sont, pour Alliàge, un moment privilégié de rappeler notre existence, nos combats et le bien-fondé d’une association comme la nôtre. Je voudrais aussi m’arrêter sur l’importance de la Gay Pride et de la Journée Mondiale de la Lutte contre l’Homophobie.

Il est vrai que nous avons la chance de vivre dans un pays où les droits des LGBTQI sont reconnus et défendus. Un certains nombre de combats ont été gagnés. Les mentalités ont tendance à évoluer. Il n’est qu’à voir les réactions plutôt positives et encourageantes entendues lorsque Jean-Charles, professeur de gym dans le Brabant wallon, a déclaré publiquement son désir de changer de sexe.

Quoiqu’il en soit, tout n’est pas parfait et rien n’est jamais gagné une fois pour toute. Les moments de crise, économique ou autre, ont toujours été des passages difficiles pour les minorités tant, dans ces moments, la tendance est à se cramponner aux valeurs traditionnalistes et conservatrices. L’Eglise catholique en est d’ailleurs un fort "bel" exemple dans toutes ses prises de position actuelles (voir l’édito du mois d’avril et les dernières déclarations du secrétaire d’Etat du Vatican !!!). Il est donc primordial que nous restions attentifs à ne pas perdre ce qui a été gagné.

Si en Belgique et en Europe, d’une manière plus ou moins générale, il ne fait pas trop mauvais vivre pour les LGBTQI, ce n’est malheureusement pas le cas pour pas mal de pays dans le monde. Le livre que Philippe Castetbon viendra nous présenter le 11 mai à la Maison Arc-en-Ciel est là pour en témoigner. C’est d’abord pour tous ceux-là, ces gays obligés de se faire photographier le visage caché et de taire ce qu’ils sont, qu’il est important que la Gay Pride et la journée Mondiale de la Lutte contre l’Homophobie existent !

Bonnes semaines Arc-en-Ciel à toutes et à tous.

Jean-François, Président

 


 

Éditorial avril 2010

La nomination de Monseigneur Léonard, le 18 janvier dernier, à l’archevêché de Bruxelles-Malines n’a pas manqué de faire couler beaucoup d’encre et de provoquer un certain nombre de débats et polémiques.

André-Joseph Léonard (il vient de remplacer "Mutien" par "Joseph", saint patron de la Belgique), en effet, s’est toujours fait l’apôtre d’un catholicisme pur et dur ancré dans la tradition et le chef de file du courant qui déplore les "excès" rénovateurs hérités du concile Vatican II. Il incarne, en effet, plus que d’autres, la ligne vaticane actuelle et son élévation au rang, qui est le sien maintenant, confirme la cohérence de la politique des nominations dans l’Eglise. Cette "élévation" de Monseigneur Léonard apparaît dès lors comme un désaveu de la voie plus centriste défendue par Monseigneur Danneels.

Intelligent, bon débatteur, polyglotte, courageux, boute-en-train voire gouailleur, Monseigneur Léonard n’est pas sans qualité. Toutefois, le rayonnement de l’homme fait peur tant il ne mâche pas ses mots pour rappeler ce qu’est la doctrine de l’Eglise, au risque de semer le trouble parmi le "peuple de Dieu". Les propos du prélat condamnant, entre autres, l’avortement, l’euthanasie, le mariage homosexuel ou l’interruption de grossesse ont indigné ou embarrassé bon nombre de Belges, croyants ou non. Il n’a pas hésité à dire tout le mal qu’il pensait de certaines lois adoptées par le Parlement (ce qui, d’ailleurs, a procuré l’occasion à la Vice-Première ministre, Laurette Onkelinx, de rappeler que les Eglises n’avaient pas à intervenir dans les grands débats de société). Ses déclarations fracassantes ont élargi le fossé entre les chrétiens conservateurs et ceux qui adoptent des positions plus ouvertes en matières religieuse, éthique et/ou morale.

Monseigneur Léonard n’a pas dû attendre bien longtemps pour faire à nouveau parler de lui. Dans l’émission "Mise au point" du 24 janvier, il n’a pas hésité à comparer l’homosexualité à l’anorexie en laissant entendre ainsi que l’homosexualité était une maladie. Il faut ici rappeler une interview accordée, il y a un peu plus de deux ans, au magazine Télémoustique dans laquelle il n’y allait pas par quatre chemins et qui se résumait par : "L’euthanasie ? Inutile. L’avortement ? Antidémocratique. Les gays ? Anormaux. Le préservatif ? Poreux."

Petit relevé de quelques-unes de ses prises de positions et de ses tonitruantes sorties médiatiques :
L’homosexualité. En juin 2008, la chambre du conseil de Namur prononce un non-lieu à son avantage, alors qu’il est poursuivi pour avoir proféré des propos homophobes, dans l’hebdomadaire Télémoustique, en 2007. Il s’était déjà exprimé sur le sujet, dans le livre d’entretiens que lui a consacré Louis Mathoux, en 2006 : "On présente toutes les formes de sexualité comme étant simplement des variantes équivalentes. Or l’homosexualité est une forme de la sexualité humaine qui a mal évolué. Elle est contraire au sens profond de la sexualité, tant sur le plan biologique que sur les plans psychologique et spirituel."

Le prélat prétend s’en prendre à un comportement, pas aux personnes… Un peu court, aux yeux du Centre pour l’égalité des chances, qui estime que "ce type de discours est dangereux, car il peut entretenir l’idée pernicieuse qu’il est légitime de discriminer les personnes homosexuelles".

Dans son interview à Télémoustique, l’évêque de Namur faisait aussi référence aux gay prides, estimant que "la promotion de l’homosexualité au travers des gay prides signe le retour à l’Antiquité gréco-romaine".

S’exprimant sur le mariage des homosexuels, Mgr Léonard affirmait encore que "le mariage est, par définition, l’union stable entre un homme et une femme". Il préconise dès lors de pas utiliser le terme de "mariage" pour les unions homosexuelles. "Un pics, un pacs, un pucs... tout ce que vous voulez mais pas mariage", disait-il.

Préservatifs. L’évêque namurois persiste à prétendre que le préservatif, par l’effet cumulé de sa mauvaise utilisation et de sa prétendue perméabilité, souffre d’un taux d’échec moyen de 10 %. Ce qui, aux yeux du prélat, revient, pour ceux qui utilisent le préservatif, "à jouer à la roulette russe"… André-Mutien Léonard, à l’époque, n’hésite d’ailleurs pas à voir dans l’épidémie de sida "une sorte de justice immanente (…). Quand on malmène l’amour humain, peut-être finit-il par se venger" (sic)…

L’euthanasie. Là encore, le prélat se montre sûr de lui, avançant, sans apporter d’éléments probants, qu’"actuellement, les soins palliatifs permettent de répondre à 95 %, voire 100 % des souhaits de mourir confortablement".

L’euthanasie, en somme, serait inutile. Avortement. L’évêque namurois conteste le principe même du droit des élus à légiférer en cette matière : "Un parlement (…) n’a pas autorité sur le sens métaphysique et biologique de la sexualité." Là encore, le prélat assène sa vérité "scientifique", estimant qu’"aujourd’hui, 95 % des avortements peuvent être qualifiés de convenance".

Il précise même, dans le livre de Louis Mathoux, que l’interdit catholique de l’avortement ne peut souffrir d’exception… Même en cas de viol. Car "il existe de nombreuses familles en Belgique qui sont prêtes à adopter du jour au lendemain un enfant qu’une mère ne pourrait pas garder parce qu’elle le ressentirait psychologiquement comme le fruit d’un viol".

Fécondation in vitro. Fait sans précédent, en 2007, les spécialistes de la fécondation et des cellules souches, à l’UCL et à la KUL étaient convoqués au Vatican afin de s’expliquer sur leurs pratiques… Membre du pouvoir organisateur de l’UCL, l’évêque n’était manifestement pas étranger à la manœuvre. Il avait annoncé la couleur aux chercheurs dès 2002 : "Quel geste prophétique si une université authentiquement catholique ou humaniste renonçait à la procréation artificielle et promouvait plutôt la recherche en vue de prévenir la stérilité ! Quel sens du progrès scientifique et moral si une telle université renonçait à l’exploitation des cellules souches embryonnaires et au clonage thérapeutique." ...

Monseigneur Léonard, qui a 69 ans, doit néanmoins compter avec le temps. Il sera contraint (comme Monseigneur Danneels en juin 2008) de remettre sa démission au pape à l’âge de 75 ans (en mai 2015). Un "règne" de cinq ans, voire de six ou de sept ans en cas de prolongation, cela semble fort court pour une reprise en main doctrinale et pour parvenir à "resserrer les boulons" en matière de liturgie et de morale, missions apparemment confiées au prélat. Quoiqu’il en soit, restons vigilants !

Jean-François, Président.

 


 

Éditorial mars 2010

La gay Pride, la Gay Street, les Semaines Arc-en-Ciel et la liberté avec laquelle nous pouvons aujourd’hui vivre notre sexualité ne doivent pas nous faire oublier que les minorités sexuelles sont encore opprimées dans un grand nombre de pays. En effet, environ 80 pays considèrent toujours l’homosexualité comme un acte répréhensible ; une dizaine de ceux-ci prévoient la peine de mort et bien peu possèdent des lois réprimant l’homophobie. Le documentaire "Quand les amours prennent des couleurs" présenté le 18 mars lors du "Bar à Images" en est un exemple particulièrement parlant et touchant.

Il existe de nombreux lieux à travers le monde où les homosexuels peuvent vivre au grand jour. Dans beaucoup d’autres, par contre, ils sont contraints de vivre dans la discrétion ou le mensonge sous peine de tomber sous le coup de la loi ou d’être victimes d’agressions résultant de préjugés homophobes.

L’avènement des grandes religions, le christianisme et l’islam, a contribué à faire des comportements homosexuels un acte considéré comme déviant donc répréhensible. Depuis trente ans, toutefois, l’apparition et le développement de mouvements activistes gays et lesbiens ont profondément modifié le regard porté sur l’homosexualité. Il reste que, pour bon nombre de cultures, l’homosexualité est toujours considérée comme une pathologie et nombreux sont les pays qui n’ont pas suivi l’Organisation Mondiale de la Santé lorsque cette dernière a déclassifié l’homosexualité comme maladie mentale.

Je vous propose de faire un tour du monde et un état des lieux d’une planète pas si gaie que cela.

Sévèrement réprimée à Cuba, au Nicaragua ou en Guyane, l’homosexualité n’est toutefois pas l’objet d’une discrimination légale dans la grande majorité des pays d’Amérique latine. Seules quelques grandes villes comme Mexico City et Buenos Aires, de même que certaines villes brésiliennes, ont voté des lois interdisant la discrimination à l’égard des minorités sexuelles. Ce qui n’empêche pas la police d’effectuer des descentes régulières dans les bars gais…

L’Afrique est probablement le continent le plus complexe. D’une part, certains pays appliquent la charia (le Soudan et la Mauritanie, entre autres); d’autre part, l’Afrique du Sud est depuis 1995 le premier pays au monde à avoir inscrit dans sa constitution la protection des minorités sexuelles. Mais, d’une manière générale, la répression est de mise, surtout dans les états ayant hérité d’un système judiciaire d’inspiration anglo-saxonne ou ceux qui appliquent la loi islamique. Les peines prisons sont d’ailleurs parfois très lourdes.

En ce qui concerne l’Asie, il est très difficile d’obtenir des informations fiables, notamment sur la vaste Chine où, légalement, les homosexuels ne sont pas sujets à poursuite mais où l’on sait bien que toute forme de dissidence est rapidement mise au pas. Le Japon, les Philippines et la Thaïlande sont relativement cléments. L’Inde, quant à elle, reste piégée par des lois héritées de l’Empire britannique et les préjugés religieux et sociaux. Il convient par ailleurs de distinguer la situation générale avec celle de grandes villes occidentalisées comme Bombay ou des lieux de villégiature comme Goa, où les gays ne sont pas importunés. L’Australie et la Nouvelle Zélande, par contre, font figure d’exemple en Océanie.

Aux Etats-Unis, quelques états américains condamnent les discriminations liées à l’orientation sexuelle, mais une dizaine d’autres –Caroline du Nord et du Sud, Floride, Alabama, Mississipi, Louisiane, Arizona, Idaho, Michigan et Minnesota-condamnent la sodomie quel que soit le sexe des deux partenaires, d’ailleurs. De plus, cinq états condamnent encore la sodomie entre partenaires masculins : le Texas, l’Oklahoma, l’Arkansas, le Missouri et le Kansas. Ainsi, la situation diffère beaucoup que l’on soit dans le Bible Belt ou dans les tolérantes mégalopoles de la côte Est et de la Californie.

L’une des conditions posées aux anciennes démocraties populaires pour intégrer les institutions européennes comme le conseil de l’Europe était l’abolition de toutes les législations discriminatoires à l’encontre des minorités sexuelles. Aussi, la situation de la quarantaine d’états européens est-elle, au moins au plan légal, sensiblement uniforme. Champions de la tolérance, les pays scandinaves et les Pays-Bas ont été les premiers à voter des lois punissant l’homophobie et légalisant l’union homosexuelle. Toutefois, des différences persistent, même au sein de l’Union Européenne, à propos de l’âge de consentement légal. Il est bon de noter que le Liechtenstein restreint, encore aujourd’hui, la liberté d’expression des gays et des lesbiennes. L’Albanie, la Bosnie et la Turquie exercent des violences policières et la Tchétchénie musulmane, elle, a rétabli la charia.

Enfin, le Proche et Moyen –Orient reste certainement la région du globe la moins tolérante en matière d’homosexualité. L’application stricte de la loi islamique, la charia, est à l’origine des répressions dont sont victimes les homosexuel(le)s. Les condamnations vont de la flagellation à de lourdes peines de prison. Parmi les cinq pays de la région qui appliquent scrupuleusement la charia en punissant de mort les relations homosexuelles, trois (l’Afghanistan, l’Iran et l’Arabie Saoudite) l’auraient, selon Amnistie Internationale, appliquée durant les dix dernières années. (source : Fugues 25 ans, Yves Lafontaine)

Jean-François Pondant, Président.

 


 

Éditorial février 2010

Nous en parlions déjà le mois passé : le 7 mars prochain, Alliàge tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée, et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas encore, et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2010, il est encore temps ! Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de "membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 5 février au plus tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secret, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an et il vous faut, alors, recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit votre adhésion est inférieure à un an et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur (-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 5 février au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter et il faut, enfin, recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant deux ans et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site www.alliage.be en suivant présentation > missions > statuts) ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@alliage.be

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Editos 2009


 

Éditorial décembre 2009

Voyage à Biarritz

Comme prévu, c’est le 15 octobre 2009 que 10 valeureux représentants d’Alliàge ont posé le pied sur le tarmac de Pau où nous attendait le président de la LGP (association locale). La chaleur de l’accueil de nos hôtes rivalisant avec celle du soleil béarnais a permis d’immédiatement briser la glace.

L’hospitalisation inattendue d’un des membres du "comité d’accueil" a quelque peu bousculé le programme établi pour nous mais aucun effort (location d’une voiture et multiplication des déplacements pour assurer nos déplacements sur place, prise en charge par la LGP d’un logement alternatif dans un centre de vacances, etc.) n’a été épargné pour trouver une solution à chaque situation.

Nous avons ainsi pu découvrir les richesses architecturales et historiques de la région telles que le château d’Henri IV à Pau, le front de mer et la maison de Louis XIV à Saint Jean de Luz, châteaux, rocher à la Vierge et autres endroits sympas à Biarritz, etc… Les sportifs n’ont pas été oubliés et, respectant la tradition liégeoise de la balade dominicale , nous sommes partis à l’assaut du sommet du pays basque (le col Saint Ignace de la Rhune) en petit train et, après avoir profité d’une vue exceptionnelle de toute la région, avons rejoint la vallée à pied.

Nous avons aussi découvert la réalité basque, avec une population locale accueillante, fière de son identité basque (dite "du nord" pour le côté français et "du sud" pour le côté espagnol) et de sa culture dont les racines se perdent dans le brouillard de l’Histoire. Le tout dans un rapport tout méridional avec le temps et à des années-lumière de tous les clichés que l’on perçoit de l’extérieur. Avec un sentiment général de bien-être.

La LGP ne possédant pas de local permanent, son activité se caractérise surtout par des actions de prévention sida, des réactions face à des évènements dans l’actualité par exemple, des actes ou déclarations homophobes, l’accueil et l’écoute des personnes prenant contact par le biais du site etc…, sans oublier l’organisation de la gay pride de Biarritz.

L’environnement sociétal étant ce qu’il est en France, la LGP s’est naturellement tournée vers Gehitu, association basque du sud basée à San Sebastian, bénéficiant d’un cadre législatif nettement plus porteur. Le leitmotiv de Gehitu est la visibilité. Donc, après quelques années passées à "apprivoiser" la société civile dans son ensemble, ils sont maintenant sur tous les fronts : participation à toutes les manifestations culturelles importantes, interventions dans toutes les écoles (dès le niveau de la maternelle grâce à deux clowns très populaires ), distributions de préservatifs dans de très nombreux établissements gays ou sympathisants, organisation de la gay pride, de conférences et de rencontres très largement relayées dans les médias.

Les Liégeois, dont deux ont été hébergés par le président de Gehitu, ont ainsi eu l’occasion de découvrir San Sebastian de jour et Donostia (nom basque de la ville) by night, participant même à la tournée de distribution de préservatifs hebdomadaire.

Et, comme à la fin de chaque album d’Astérix, nous nous sommes retrouvés autour d’une table afin de partager un repas, suivi pour les plus courageux par une soirée Karaoké. A l’occasion de ce repas, nous avons échangé nos impressions respectives et l’unanimité s’est faite sur la nécessité de se revoir. C’est pourquoi rendez-vous a déjà été pris pour des retrouvailles en 2010 à Liège. En attendant, il nous reste les photos, les mails et téléphones pour prolonger cette belle expérience.

Hugues Hospital

www.lgp-biarritz.org / www.gehitu.net

 


 

"Regards Croisé"

Si l’homosexualité est de mieux en mieux acceptée, elle reste encore aujourd’hui un tabou dans de nombreux pays. Beaucoup d’homosexuel-le-s doivent vivre cachés et sont contraints de mener une double vie dans une société qui les tolère à peine ; ils sont parfois victimes de harcèlement, de pression sociale mais aussi de brutalité.

L’homosexualité, dans certaines cultures et religions, est considérée comme un "acte contre nature" ; c’est l’une des raisons pour lesquelles les personnes étrangères ou d’origine étrangère n’osent pas vivre leur homosexualité ou la vivent mal et ne sont pas toujours informées de leur droits.

Dans cette optique, nous avons réalisé une brochure et un documentaire afin de sensibiliser, d'informer et de former les professionnels à la double discrimination des personnes homosexuelles étrangères ou d'origine étrangère. Cette brochure est le résultat d’un travail collectif entre l’asbl Alliàge, l’asbl Merhaba (organisation créée par et pour des homosexuels, lesbiennes et bisexuel-le-s, originaires du Maghreb, du Moyen-Orient et de la Turquie) et le CRIPEL (Centre Régional d’Intégration des Personnes Étrangères ou d’origine étrangère de l’arrondissement de Liège), et est avant tout un outil d’information. Elle permettra au lecteur de se familiariser avec la thématique abordée dans celle-ci et apportera les informations nécessaires aux professionnels afin qu’ils puissent mieux répondre aux attentes de leur public et leur apporter l’aide dont ils ont besoin.

Dans le documentaire, nous partons à la rencontre des différents témoignages de personnes qui ont vécu des problèmes liés à leur orientation sexuelle. Celui-ci présente également l’interview de professionnels qui, par leur travail ou leur militantisme, rencontrent ces mêmes personnes et les aident dans leur parcours.

Comme annoncé précédemment dans l’agenda de septembre, ces outils de sensibilisation ont été présentés le 29 septembre à Liège et le 30 à Bruxelles.

 


 

Éditorial novembre 2009

L’optimisme n’est pas à la mode en ce moment, l’actualité est morose, les nuages se grisent, le soleil se couche plus tôt et se lève plus tard, les températures plongent plus vite que le cours de la Bourse et les mouchoirs ressortent déjà pour soulager nos nez larmoyants…

L’automne est bien là et vous avez le moral dans les chaussettes. !

Enrhumés, anxieux, empâtés, vous avez la terrible impression d’être entrés dans un tunnel dont vous ne verrez le bout qu’au printemps prochain.

Cette routine n’est pas nouvelle ; chaque année, elle pointe son nez à la même époque. Et si demain, vous décidiez de prendre le taureau par les cornes et de vraiment changer d’air ; plongez-vous dans ce nouvel Alliàgenda, il vous donnera de nombreuses pistes pour booster votre quotidien… loin du ciel gris, de la pollution, du stress… et de l’ennui...

En effet à la Maison Arc-en-Ciel, nous voulons croire aux sourires, à la bonne humeur, à la joie de vivre, non pas par insouciance ou irréalisme mais par volonté ; nous croyons aux bonnes ondes, aux fous rires et aux plaisirs...

Vous pouvez nous trouver fous ou naïfs, mais la fine équipe qui vous a concocté cette deuxième permanence délassement "plaisir, sucettes et gourmandises" n’est composée que d’indécrottables positifs ; le genre de personnes qui parviennent à trouver un avantage à chaque inconvénient et pour qui le verre est toujours à moitié plein.

Il en est de même pour l’ensemble des membres du conseil d’administration, ainsi que de la multitude des bénévoles dévoués, sans qui rien ne serait possible et que je tiens à saluer chaleureusement au passage.

Nous pouvons d’ailleurs constater, au fil des mois, que chaque activité est devenue un lien incontournable de camaraderie et de rencontre. Qu’elle soit festive, ludique ou champêtre.

Bonne lecture… et n’oubliez pas de vous couvrir lorsque vous sortez car le rhume, c’est un peu comme l’amour, ça commence au coin d’une rue et, parfois, on peut finir au lit…

Richard, Vice-président

 


 

Éditorial octobre 2009

L’été est fini, mais nous ne rentrons pas en hibernation pour autant ! Le mois d’octobre reste riche en activités.
Tout d’abord, la Nuit des Coteaux de la Citadelle, le samedi 3. Comme d’habitude, Alliàge s’associe à l’évènement, avec un bonus cette année, en plus des hot-dogs traditionnels : la présence, au sein de la MAC, d’un "fotomaton" très original (Faites-vous tirer le portrait, car certaines photos seront exposées lors de la prochaine Biennale de la photographie, en février 2010).

Pour les amateurs du septième art, les séances "Imago" sont de retour le 8.

Autre activité traditionnelle : le thé dansant, le dimanche 11. Sur le sujet, une réunion des bénévoles a eu lieu il y a quelques mois. Suite à cela, le CA a voté une série de mesures afin d’améliorer, pour les clients, comme pour les bénévoles, l’organisation du Tea Dance. Exemples : la tombola et les tickets boissons des bénévoles, l’espace "commande" devant le bar, le stand "Snacks-Cocktails",… Le même WE aura lieu, à la Zone, le festival "Drag Attack", auquel Alliàge s’est associé, notamment au niveau du thé dansant (surprise).

Troisième activité phare du mois, le voyage à Biarritz, organisé par la cellule Loisirs. Le but est de rencontrer une association LGP locale, très active, et dont les membres se feront un plaisir de faire découvrir leur superbe région. Les participants au voyage seront logés chez l’habitant, que demander de plus !

Pour ceux qui restent, Gilles et Richard, après le succès de leur permanence "Tapas & Sangria", remettent le couvert avec une permanence "Sucettes et Gourmandises… ", le 16.

Au cours du mois, le repas, bar à images et l’après-midi jeux sont bien sûr au programme.

Pour finir, n’oubliez pas que les administrateurs sont à votre service et à votre écoute. Lors de chaque activité, vous les reconnaîtrez grâce à leurs badges. N’hésitez pas à les aborder. De même avec les membres des cellules Accueil et Loisirs, où votre participation est toujours la bienvenue.

Nicolas et Jean-Marc

 


 

Éditorial septembre 2009

Au tout début du mois d’août a eu lieu une fusillade dans le local d’une association de gay et de lesbienne de Tel-Aviv, faisant deux morts et quinze blessés.

Pourtant, la télévision française a diffusé récemment un reportage exceptionnel sur la ville de Tel-Aviv. Il en ressortait notamment qu’elle a la réputation d’être un havre de tolérance sexuelle. La multitude de bars et de clubs gays en fait même une destination de choix pour les homosexuels du monde entier. Dans le centre, des dizaines de drapeaux arc-en-ciel s’affichent fièrement aux fenêtres. En juillet, cinq couples homosexuels ont échangé symboliquement leurs consentements au cours d’une grande fête à laquelle assistait Ron Huldaï, le maire de la ville.

Par contre, il serait faux de penser que les gays israéliens aient la vie facile et affichent leur homosexualité. Tout le sud d’Israël, en dehors de Eilat, est assez homophobe. A Jérusalem, par exemple, l’organisation de la Gay Pride provoque régulièrement des remous. Le nombre de lieux gays en Israël est très faible par rapport à la Belgique ou à la France. Il est impossible pour un jeune de vivre son homosexualité normalement car, dès 18 ans, il doit faire son service militaire. Très souvent, d’ailleurs, c’est à ce moment qu’une crise arrive. Ces jeunes sont alors bien obligés de trouver un soutien moral. C’est la raison pour laquelle la ville de Tel-Aviv a mis à disposition des locaux pour que ceux-ci puissent se retrouver et rencontrer des conseillers. C’est dans un des ces rares centres de soutien que le drame a eu lieu.

Nir Katz, 26 ans, et Liz Tarboushi, 17 ans, ont été tués. L’homme masqué qui a fait irruption dans le sous-sol de l’association a également blessé quinze personnes, dont deux grièvement. Juste après le drame, un défilé silencieux a rassemblé des centaines de personnes brandissant des pancartes dénonçant l’homophobie. La classe politique israélienne a unanimement condamné l’attaque. Dès le lendemain matin, le premier ministre Benyamin Nétanyahou, à l’instar du maire de la ville, des membres du gouvernement et des grands rabbins du pays, a tenu à marquer sa solidarité avec les familles des victimes. Il a notamment déclaré : Je veux dire aux citoyens d’Israël que nous sommes un pays démocratique et tolérant et que nous devons respecter chaque personne telle qu’elle est. Même le parti ultra-orthodoxe Shass, d’habitude très critique envers les homosexuels, s’est affirmé sans ambiguïté choqué et révolté par cette attaque criminelle qui a visé la communauté gay de Tel-Aviv. Si l’enquête confirme la motivation homophobe de cette attaque, il s’agirait de l’agression la plus grave jamais commise en Israël contre des homosexuels.

En juin 2005, un Juif orthodoxe avait poignardé trois participants de la Gay Pride. Il avait été par la suite condamné à 12 ans de prison.

Jean-François Pondant, Président

 


 

Éditorial août 2009

Si vous aviez un rêve, une idée, une envie…quelle dimension prendrait-il?

Alliàge possède tous les artifices possibles pour devenir une vraie locomotive dans la région. En effet combien de personnes fréquentent les tea-dances et ne connaissent pas notre maison, notre fonctionnement, notre équipe? Bref notre association!! Soyons un peu fous en ce début d’été et imaginons un "projet", même totalement loufoque ou utopiste pour relancer nos permanences.

Si vous croisez quelque part, le vendredi, dans la rue Hors-Château, une bande d’amis, suivez-les…. Ils vous guideront toujours à la Maison Arc-en-Ciel. Poussez la porte, vous serez bluffés par la nouveauté qu’ils vous offrent sur un plateau. Veinards! Tous les habitués disent la MAC…incontournable et immortelle.. !

On peut deviner qu’il s’y est joué quelques scènes, qu’on y a écrit de belles pages.

Dès 19hrs, les amis arrivent car c’est véritablement une incroyable ruche de copains, d’amis et d’habitués de toutes générations qui tentent autour du bar de lécher le miel sur l’épine…Oup’s.. ! De s’informer des derniers potins… Une famille immense.. !

Cette fois-ci, une nouvelle inspiration à l’aube des vacances : une soirée sangria et tapas.

Filles et garçons de tous sexes se retrouvent pour une folle soirée, durant laquelle baisers, éclats de rire, cris de joie sont légions dans ce temple de la convivialité.

Où il n’est pas toujours aisé, pour un petit nouveau de percer le "cercle de famille". Mais un sourire ou un beau jeans moulant suffit à une définitive intégration…

L’équipe de la MAC est extraordinaire, indispensable gardienne de l’esprit de la maison.

Merci à toutes celles et tous ceux qui, par leur travail, leur soutien et leur présence font que nos activités sont de telles réussites!

A bientôt pour de nouveaux moments de complicité.

Richard

 


 

Éditorial juin 2009

"L’école démocratique" de mars 2009, publié par l’Appel Pour une école Démocratique, a particulièrement retenu mon attention ; son dossier a comme intitulé "Combattre l’homophobie – pour une école ouverte à la diversité". Il devrait être d’ailleurs très bientôt disponible sur Internet. De plus, l’Aped organise le 17 octobre 2009 une journée d’étude qui aura pour titre "Six heures pour l’École démocratique" ; un atelier "sexisme et homophobie" y est prévu.

Aujourd’hui encore, les LGBT, élèves comme membres du personnel, souffrent dans le système scolaire. Toutes les enquêtes qualitatives faites nous font part de cette réalité ; entre autres, celles ayant trait au taux de suicides des jeunes LGBT. L’école, assez honteusement, reste le premier lieu d’insécurité pour ces jeunes qui sont victimes de comportements homophobes de la part de leurs pairs mais aussi de l’institution elle-même ou de ses représentants.

Pour tous les jeunes, nous le savons, l’adolescence est un passage difficile ; un jeune homo se verra confronter, lui, à des problèmes supplémentaires : absence de modèles, pressions à la conformité hétéro… En fin de compte, ce n’est pas l’homosexualité qui pose problème mais bien son acceptation sociale.

L’homosexualité, il est vrai, est de plus en plus souvent évoquée dans les classes … mais de quelle manière ? Elle est encore trop régulièrement envisagée comme un problème et non dans une optique de compréhension positive et surtout de soutien aux jeunes homos.

Dans ce but, un guide pédagogique a été publié en 2009 par le Ministère de la Communauté française. Il devait constituer une véritable avancée politique ; il n’a malheureusement pas eu les effets espérés. Tout d’abord deux graves lacunes ont été soulevées au niveau de la conception de l’outil : un manque d’enquête préalable et une absence de méthode d’évaluation à long terme. De plus, la diffusion et la promotion des 3000 exemplaires imprimés n’a guère été efficace… Enfin, rien n’a été prévu pour gérer les évaluations proposées en fin de guide.

Reste à espérer que cette initiative n’a pas été un total coup dans l’eau mais que certaines écoles ou certains enseignants ont quand même été tentés d’utiliser cet outil qui avait comme qualité initiale de reposer sur de fort bonnes intentions !

Jean-François Pondant, président

 


 

Éditorial mai 2009

Comme je vous l’annonçais déjà dans l’agenda précédent, du 2 au 16 mai, auront lieu les Semaines Arc-en-Ciel. Cette année encore, Alliàge, en association avec Arc-en-ciel Wallonie, Sporty Liège, le Chel, LaLucarne.org mais aussi Imago et plusieurs librairies de Liège et Huy, propose un certain nombre d’activités culturelles, sportives, festives et ludiques. Vous trouverez bien sûr le programme détaillé de toutes celles-ci dans les pages de votre Alliàgenda. Ces deux semaines sont, il est bon de le souligner, une des occasions privilégiées de rappeler notre existence, notre ouverture, nos spécificités, nos particularités, nos combats … D’ailleurs, elles se clôtureront, comme il se doit, par la Gay Pride à Bruxelles, le samedi 16 mai, veille du la journée mondiale de la lutte contre l’homophobie. Cette année encore, Alliàge et Arc-en-ciel Wallonie offrent la possibilité de s’y rendre gratuitement en car (les modalités pratiques sont reprises à la page 9). Le fameux bus à impériale, bien entendu, nous attendra à Bruxelles ainsi qu’une animation, une fois de plus, très originale… je vous laisse le bonheur de la découvrir ce jour-là.
Parallèlement à toutes ces activités, il me paraît important de m’arrêter un moment sur la plateforme des revendications LGBTI. En effet, il est bon de se souvenir que rien n’est jamais totalement et définitivement acquis.
Le slogan général de cette plateforme, cette année, est "All you need is change".

Changer les mentalités : "Combattre les discriminations n’est pas seulement une question de lois, mais aussi de volonté politique de faire évoluer les mentalités et d’instaurer une société ouverte à la diversité, y compris au niveau des Régions et des Communautés, en partenariat avec les associations".

Changer l’école : "L’école se doit de porter un message d’ouverture et d’émancipation, celui d’une société plus ouverte et plus tolérante à l’égard des différences."

Changer les politiques de santé et de bien-être : La vigilance face au sida et aux IST, la qualité de la prévention, du dépistage et de la prise en charge doivent être renforcées et améliorées. Les critères de sélection des donneurs de sang doivent être changés. Une attention particulière aux besoins et souhaits spécifiques des séniors LGBTI doit être accordée. La psychiatrisation des personnes transgenres et intersexes doit être refusée. Enfin, le droit à la liberté de disposer de son corps doit être donné aux personnes intersexes.

Poursuivre la modernisation du droit : "Malgré les avancées légales, le droit reste empreint de nombreux préconçus biologiques. Le législateur doit poser un regard neuf sur le droit de la famille, de l’état civil et de la filiation."

Changer le monde : "Le combat pour les droits des LGBTI continue sur toute la planète. Notre pays doit jouer un rôle de pionnier au niveau international." Changer l’Europe : "Le combat juridique et social pour la diversité et contre les discriminations est celui de tou(te)s les Européen(ne)s."

Ces revendications sont reprises en détail sur le site de Arc-en-Ciel Wallonie (http://arcenciel-wallonie.be/web/).

Bonnes semaines Arc-en-Ciel à toutes et à tous !!!

Jean-François Pondant, président

 


 

Éditorial avril 2009

Le 15 mars dernier s’est déroulée l’Assemblée Générale annuelle ; le Conseil d’Administration, suite à celle-ci, accueille quatre nouveaux membres qui ont décidé de s’investir encore plus activement dans notre association et pour qui il s’agit d’une première. Une nouvelle répartition des tâches a eu lieu dès notre premier CA. Certains projets et dossiers y ont déjà été abordés. Entre autres, la préparation des semaines Arc-en-Ciel y a largement été évoquée. Elles approchent à grands pas puisqu’elles auront effectivement lieu du 2 mai au 17 mai. Henri, notre nouveau permanent, travaille d’arrache-pied à la finalisation des nombreuses activités prévues. Même si certaines de celles-ci sont déjà annoncées dans cet Alliàgenda, je vous en reparlerai plus longuement dans celui du mois prochain.

Thierry Delaval et Michel Granados ont décidé de ne pas se représenter comme membre du Conseil d’Administration. Je profite de cet éditorial pour les remercier du fond du cœur. Ils ont assumé les charges qui ont été les leurs durant un certain nombre (pour ne pas dire un nombre certain) d’années avec un dévouement, un sérieux, un professionnalisme, un dynamisme et un enthousiasme remarquables. Thierry reste impliqué dans le milieu associatif car il a en charge, comme vous le savez très certainement, la présidence de la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie avec qui nous collaborons étroitement, ne serait-ce que par le fait que la Fédération a également ses bureaux à la maison Arc-en-Ciel. Quoiqu’il en soit, je suis entièrement persuadé que Michel et Thierry garderont un œil plus qu’attentif sur notre association.

Je terminerai en soulignant le succès toujours plus grand de nos Tea dances. Je ne vous cache pas qu’ils sont un apport financier non négligeable pour notre association. Toutefois, ils sont aussi de plus en plus difficiles à organiser vu le nombre toujours plus grand de bénévoles nécessaires à leur bonne marche. Merci donc à tous ceux qui répondent chaque fois présent et ce parfois depuis des années. Quoiqu’il en soit, n’hésitez pas à vous faire connaître si vous désirez, vous aussi, vous impliquer activement et rejoindre notre équipe de bénévoles en vous manifestant auprès d’un des permanents de la Maison Arc-en-Ciel par mail, par téléphone ou même par courrier.

Jean-François, Président

 


 

Éditorial mars 2009

Les dernières attitudes et prises de position de Benoît XVI et du Vatican ont causé, à raison, pas mal de remous. Ne parlons pas des paroles outrageantes et insultantes proférées par Monseigneur Williamson. Comment est-il tolérable, en effet, que soit niée publiquement l’existence des chambres à gaz ? L’impression est nette : le Vatican rétrograde et un catholicisme musclé est en train de s’imposer. Je ne citerai que quelques exemples.

Le décorum et le cérémonial aujourd’hui en vigueur à Rome traduisent cette tendance de manière très visible. Depuis quatre ans, les pressions du Vatican sur les responsables politiques en matière d’éthique ou de droit familial sont de plus en plus marquées. En nommant le très aligné Monseigneur Alas nouvel archevêque au Salvador, Benoît XVI poursuit le grand combat de sa vie de cardinal en tentant de purger l’église de la théologie de la Libération, un courant progressiste très répandu en Amérique latine. Quant au dialogue entre les religions initié principalement par Jean XXIII et Jean-Paul II, il est à l’arrêt depuis quelques années.

La communauté homosexuelle, elle, a été particulièrement secouée au lendemain du 22 décembre dernier. En effet, Benoît XVI a profité de son traditionnel discours de fin d’année pour rappeler qu’il n’était pas du recours des hommes de se choisir une orientation ou un genre sexuels et qu’il n’y avait que Dieu pour dicter l’état des choses relevant de la loi naturelle. Il a, de plus, répété clairement sa volonté de "protéger l’homme contre la destruction de lui-même", en n’hésitant pas à mettre sur le même pied l’homosexualité et le réchauffement climatique. De tels propos, c’est relativement rassurant, ont heurté une grande partie de l’opinion internationale tant, même s’ils sont très certainement quelque peu à nuancer, ils sont difficilement acceptables.

La position du Vatican quant à l’homosexualité n’a guère évolué. Nous ne pouvons qu’être inquiets de cette rigidité d’esprit. Pour rappel, dès 2005, année de sa prise de fonction, l’ancien cardinal Ratzinger diffusait une circulaire défendant l’accès à la prêtrise aux séminaristes homosexuels. Comme s’il y avait une certaine obsession à propos de l’homosexualité…

Une semaine avant ce bien peu glorieux discours, devant l’assemblée générale des Nations unies, 66 pays ont lancé un appel pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité considérée comme un crime dans 77 états… et passible de la peine de mort dans 7 états (Arabie Saoudite, Emirats arabes, Iran, Mauritanie, Nigéria, Soudan et Yémen). Une soixantaine de pays, en majorité issus de la péninsule arabique et de l’Afrique, ont condamné cet appel. La chine, la Russie et les Etats-Unis n’ont pas signé le texte ; pas plus, d’ailleurs, que le Vatican qui craint que, avec ce texte, l’ONU n’aille plus loin : mariage gay, adoption ou procréation médicalement assistée…

Ainsi, nous ne pouvons que nous interroger sur la portée des paroles de Benoît XVI et des prises de position du Vatican. N’est-ce pas, d’une certaine manière, tendre la main aux homophobes qui vont pouvoir ainsi justifier leur haine ? Comment un gay croyant et pratiquant va-t-il pouvoir s’intégrer sereinement au sein de l’Église ou, tout simplement, vivre sa foi ? Qu’en est-il des homosexuels qui ne s’acceptent pas, qui ont encore peur de parler, qui vivent loin des grandes villes ou, même, qui évoluent dans des milieux clairement homophobes ? Nous sommes aisément en mesure d’imaginer la détresse et le sentiment d’insécurité de tous ceux-là. Je ne peux toutefois terminer sans rappeler que les paroles du pape ainsi que certaines prises de position du Vatican ne reflètent pas, fort heureusement d’ailleurs, le point de vue de très nombreux chrétiens.

Jean-François, président

 


 

Éditorial février 2009

Nous en parlions déjà le mois passé : le 15 mars prochain, Alliàge tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée, et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas encore, et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2009, il est encore temps ! Il faut d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de "membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 20 février au plus tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf en cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secret, deux cas de figure sont possibles en fonctions de votre ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an, et il vous faut alors recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit votre adhésion est inférieur à un an, et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur (-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 20 février au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter, et il faut enfin recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant deux ans, et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi sur notre site www.alliage.be en suivant présentation > missions > statuts), ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@alliage.be

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Editos 2008


 

Éditorial décembre 2008

Nous sommes revenus du voyage en Alsace du 8 et 9 novembre avec probablement toutes et tous une certitude : nous profitons chaque jour des bienfaits de la liberté. Mais en avons-nous vraiment conscience ? Nous n’avons, pour la plupart d’entre nous, pas connu cette période délicate et difficile. Elle fut vécue par nos parents et grands-parents. Certains la traversèrent dans de terribles souffrances et d’autres avec une certaine insouciance.

Le devoir de mémoire n’est-il pas de prendre le parti des personnes ayant souffert d’une situation qu’ils n’ont pas souhaitée ? Ne devons-nous pas rendre hommage à ces gens qui ont fait le sacrifice de leur vie pour notre liberté?

Pourquoi ne serions-nous pas un peu chaque jour les gardiens de cette mémoire ? Nous sommes encore témoins d’amalgames et d’actes risquant les dérives. Pourquoi laissons-nous faire cela ? C’est aussi le silence qui tue. Osons dire : non plus jamais ça !

Nous garderons en mémoire la barbarie vécue par les déportés et leurs conditions de survie, car il s’agit bien de survie, totalement dépendantes des humeurs de leurs bourreaux. La pluralité de notre groupe nous a permis des échanges interculturels riches et ouverts. Quelle ne fut pas notre stupeur d’apprendre que des groupes néo-nazis viennent rendre hommage au système concentrationnaire nazi. Nous avons pu constater, par le comportement peu civique de quelques personnes visitant ce camp, que pour certains la reconnaissance de l’horreur n’est pas acquise ; que, oui, le devoir de mémoire doit se perpétuer et que les actes indescriptibles ne doivent pas tomber dans l’oubli.

Nous n’avions pour notre part aucun doute sur l’horreur qui s’était déroulée durant cette période. Entre savoir et voir, il y avait encore un pas à franchir. L’émotion qui nous a envahie devant le four crématoire et les cellules de 12 mètres carré où s’entassaient 20 détenus privés d’alimentation et sans aucun sanitaire nous a laissé sans voix, …il n’y avait rien à dire.

Quand j’ai préparé le voyage, on m’avait dit qu’il fallait que la soirée soit malgré tout festive pour ne pas que l’émotion envahisse trop le groupe. Quel meilleur endroit que le bar et son vin alsacien pour se détendre. Vinrent ensuite les blagues et un bon souper. La diversité du groupe permit à chacun de s’exprimer et d’être entendu. Nos visites plus touristiques du dimanche nous ont montré un visage bien plus heureux de cette superbe région. J’en ai même entendu un dire qu’il se verrait bien souverain dans le château du Haut Koenigsbourg. Quel courage car il y fait froid ! Mais je vous rassure, il est revenu avec nous.

Cécile Franckart

 


 

Éditorial novembre 2008

La première permanence Ex Aequo s’est tenue le 18 octobre dernier. Je vous avais brièvement parlé de cette nouvelle collaboration dans l’Alliàgenda précédent.

Ex Aequo s’investit depuis des années dans la lutte et la prévention des nouvelles infections au VIH/sida et des infections sexuellement transmissibles (IST) auprès des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes.

Depuis sa création, Ex Aequo est particulièrement soucieuse d’associer la prévention du sida à la réflexion autour de la question identitaire et des vulnérabilités sociales des personnes homosexuelles. L’association s’adresse à la fois au public des hommes qui se définissent comme homosexuels, aux personnes bisexuelles et aux hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes indépendamment de leur manière de se définir. Les jeunes, et en particulier les jeunes qui se posent des questions sur leur identité sexuelle, constituent aussi un public auquel Ex Aequo prête une attention particulière. Vous avez tous déjà vu les affiches, toujours très belles et très marquantes, de leurs différentes campagnes, entre autres la dernière qui concerne plus particulièrement les risques liés à la fellation. Ex aequo a également édité une certain nombre de publications très intéressantes, didactiques et particulièrement attractives.

Ex aequo a souhaité organisé des permanences à la Maison Arc-en-Ciel chaque troisième samedi du mois de 18h à minuit afin d’avoir davantage de proximité avec notre ville et ses environs. L’ objectif étant de créer un contexte favorable à la prévention, d’améliorer les connaissances sur le VIH/sida et les IST et de rendre accessible le matériel de prévention. De plus, leur équipe assurera l'accueil à la Maison Arc-en-Ciel et vous informera sur les activités et les missions des associations holebis. Un accueil à l’attention des personnes transexuelles, transgenres et intersexes sera organisé. Il est également prévu de mettre en place des projections cinématographiques thématiques (moyens et courts-métrages, clips, films d'animation). Vous serez bien sûr tenus au courant.

Je suis très heureux que cette initiative ait pu voir le jour et lui souhaite beaucoup de succès… qui plus est, à l’approche du 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le Sida. Une fois encore, Alliàge, avec d’Une Certaine Gaieté et Sid’action s’investit dans cet événement. Cette année, des élèves d’écoles secondaires liégeoises devraient recouvrir les "bittes" situées sur les trottoirs de différents quartiers de la Cité Ardente d’un préservatif.

Cette action symbolique a pour but de rappeler que cet acte, pourtant simple mais encore beaucoup trop perçu comme une contrainte, permet de sauver des vies. Dans un monde où le sida a déjà tué plus de 25 millions de personnes, il est plus qu’indispensable de mobiliser un maximum les énergies et de multiplier les actions de sensibilisation et d’information auprès du plus large public possible. La priorité absolue reste la nécessité de la prévention ; une prévention qui doit sans cesse être renouvelée…

Jean-François, Président

 


 

Éditorial octobre 2008

Septembre est traditionnellement le mois de la rentrée. Exceptionnellement, cette année, pour Alliàge, elle n’aura été que partielle. En effet, un certain nombre d’activités ont eu lieu en septembre ainsi qu’un Tea Dance qui a remporté, une fois n’est pas coutume, un très vif succès mais aucune n’a pu se dérouler au sein de la Maison Arc-en-Ciel pour cause de travaux. Ça y est ! Après six semaines de chantier, la Maison Arc-en-Ciel est à nouveau ouverte et surtout fière d’arborer ses nouvelles couleurs. Nous n’attendons plus que le mobilier et le nouveau décor, beaucoup plus chaleureux, sera ainsi finalisé.

A peu de choses près, la réouverture de la Maison Arc-en-Ciel coïncide avec les désormais fameux "Coteaux de la Citadelle". Comme chaque année, la Maison Arc-en-Ciel sera grande ouverte pour cette manifestation qui draine dans le quartier un public toujours plus nombreux et qui illumine, le temps d’une soirée, la colline et les rues voisines. C’est pour nous l’opportunité d’accueillir des personnes, parfois, il est vrai, un peu décontenancées lorsqu’elles réalisent vraiment où elles sont, qui ne connaissent pas l’existence d’Alliàge et encore moins de la Maison Arc-en-Ciel.

Cette année encore, une exposition de peintures ornera les murs du rez-de-chaussée. Une vente de hot-dogs sera également organisée. Je souhaite aussi vivement que ce "relooking" de la Maison Arc-en-Ciel soit l’occasion de lui donner un souffle supplémentaire. Je suis d’ailleurs très heureux que la collaboration avec LaLucarne.org asbl se poursuive avec, entre autres, les bars à images et, petite nouveauté, les bars à images – Ciné-jeunes qui, eux, seront organisés avec le CHEL.

Enfin, une autre belle et intéressante collaboration est en train de se mettre en place avec Ex Aequo ; Je vous en reparlerai très bientôt. Nous avons l’immense chance de bénéficier d’une maison spacieuse, il est donc important qu’elle vive le plus et le mieux possible !

Jean-François, Président

 


 

Éditorial Juillet 2008

Les J. O. et les gays Matthew Mitcham, seul sportif gay déclaré des J. O L’événement de l’été, c’était les Jeux Olympiques de Pékin. Les belles performances des athlètes présents ne feront pas oublier les polémiques liées au choix de la Chine, qui n’est pas vraiment le pays des droits de l’homme. La Chine n’est pas non plus championne de la tolérance vis-à-vis des gays et des lesbiennes ! Mais cela n’explique pas pourquoi sur les 10.500 sportifs et sportives qui ont participé aux jeux, seuls 1 homme et 9 femmes sont ouvertement gays. Les J. O. démontrent de ce point de vue la triste réalité mondiale de l’homophobie régnante dans le monde sportif.

Félicitons dès lors les quelques athlètes qui ont le courage d’afficher leur orientation sexuelle, comme les footballeuses Victoria Svensson (Suède), Linda Bresonik (Allemagne) ou Natasha Kai (USA) ; la cycliste Judith Arndt (Allemagne), la joueuse de tennis Rennae Stubbs (Australie) ; les joueuses de softball Lauren Lappin et Vicky Galindo (USA), et même le couple lesbien dans l’équipe norvégienne de handball, Gro Hammerseng et Katja Nyberg. Du côté des hommes, seul le plongeur australien Matthew Mitcham, médaillé d’or au plongeon de 10 mètres, est ouvertement gay.

Comme il n’y a aucune raison qu’il y ait moins de gays et de lesbiennes parmi les sportifs qu’ailleurs, on peut estimer qu’entre 500 et 1.000 d’entre eux le sont. Les athlètes constituent souvent des modèles, des personnes de référence auxquelles s’identifier. C’est pourquoi ceux qui assument leur homosexualité participent à la lutte contre l’homophobie de façon plus efficace que de nombreuses campagnes de sensibilisation. À part les quelques courageux mentionnés ici, on ne peut pas dire que les J. O. de Pékin aient été à la hauteur de nos espérances. Mais bon sang, que certains d’entre eux étaient sexy ! Quoi qu’il en soit, vivement les Gays Games 2010 à Cologne!

Thierry Delaval

 


 

Éditorial Juillet 2008

Comme vous le découvrirez dans cet agenda, le schéma des permanences hebdomadaires a été quelque peu modifié. En effet, les cellules activités et accueil s’étaient réunies il y a quelques mois afin de réfléchir sur une nouvelle manière d’envisager les diverses permanences du vendredi et du samedi, pour les Gazelles. Sur base de leur rapport et de l’avis des différents responsables des cellules et/ou activités, voici comment, concrètement, elles s’organiseront : le 1er vendredi du mois aura lieu le repas mensuel ; le 2e, la permanence des Gazelles réservée aux filles et le 3e vendredi sera une permanence conviviale. Il n’y aura donc pas de permanence les 4e et 5e (si 5e il y a) vendredi du mois. Toutefois, une activité à la Maison Arc-en-Ciel pourra être organisée le dimanche suivant le 4e vendredi du mois (permanence papote, jeux...).

En ce qui concerne les accueils, ils continueront à se dérouler chaque fois qu’il y a permanence, de 19 à 21 heures.

Quant aux Bars à Images organisés par LaLucarne.org, il est apparu, en un an d’existence, que l’activité ne se prêtait pas vraiment à l’accueil des nouveaux arrivants et ne s’accordait pas tout à fait avec les permanences. Par contre, chaque soirée ayant remporté un vif succès, il a été décidé de continuer le Bar à Images l’année prochaine. C’est pourquoi, dorénavant, ils devraient avoir lieu un jeudi par mois et ce à partir du mois de septembre.

Enfin, vous serez peut-être surpris de constater qu’aucune activité ne sera prévue au sein de la Maison Arc-en-Ciel durant le mois d’août. Effectivement, de grands travaux de peinture vont être réalisés au rez-de-chaussée et au premier étage pendant cette période. Le CA et moi-même nous réjouissons d’ailleurs déjà que vous puissiez les découvrir en septembre.

Il me reste à vous souhaiter, à toutes et tous, deux excellents mois d’été !

Jean-François, Président

 


 

Éditorial Juin 2008

Paragraphe 175 !

"Un acte sexuel contre nature entre des personnes de sexe masculin ou entre des êtres humains et des animaux est punissable d’emprisonnement ; la perte des droits civils peut-être imposée."

Certains diront : ces temps ne sont plus ! Pas si sûr. "Le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde" a dit Bertold Brecht. Les idées défendues par l’extrême droite restent toujours les mêmes, sous couvert du racisme qu’elle ne renie pas. Elle est présente sur tous les fronts : loi anti-avortement, rôle fondamental de la famille (homme, femme, enfant)... sans parler de la minimisation de la femme au sein de la société. A l’occasion de la préparation des jeux olympiques, plusieurs établissements gay de Pékin et de Shanghai ont été la cible de rafles et d’arrestations. Aux États-unis, dans 40 des 50 états, un enseignant peut être licencié parce qu’il est gay. En Lituanie, le déploiement d’un drapeau arc-en-ciel a été refusé. Chaque jour nous sommes témoins de paroles ou d’attitudes homophobes; mettre la tête dans le sable est naturellement plus confortable, mais, à ce moment-là, ne nous plaignons pas de ne pas être connus ou reconnus. Pouvons-nous être certains qu’il n’y aura "plus jamais ça"?

Il nous reste, à nous aussi, un devoir de mémoire. Entre 1933 et 1945, 100.000 hommes ont été déportés pour cause d’homosexualité, soixante pourcents n’en sont pas revenus. Ils ont été, pour la plupart, victimes de tortures, de castrations,... les cobayes idéaux! Les lesbiennes qui "ne mettaient pas en péril la pureté du sang allemand" étaient classées, elles, dans le groupe des associaux, porteurs du triangle noir.

Shirmeck, camp de concentration où 210 homosexuels français furent déportés. Struthof-Natzweiler, camp connu pour son laboratoire où se pratiquaient des expériences sur les êtres humains et, tout particulièrement, sur les homosexuels, "une cible de choix".

Début novembre, nous vous proposerons de nous accompagner en Alsace, afin de visiter ces lieux de mémoire, en hommage au génocide de nos compagnons disparus à cause du paragraphe 175.

Cécile Franckart

 


 

Éditorial Mai 2008

"CELEBRATE DIVERSITY" (Célébrons la diversité) est le slogan que la BLGP a décidé de mettre en avant pour la Gay Pride de cette année. Il rappelle une des priorités de l’asbl à côté du respect, de l’ouverture et de la solidarité à l’intérieur mais également à l’extérieur du Mouvement Lesbigays. Comme chaque année, la BLGP soutient diverses revendications. Il me paraît important d’en souligner quelques-unes :

"Il est absolument nécessaire de lutter encore et toujours contre les violences et les discriminations homophobes au quotidien, dans les faits et par l’implication de tous et de toutes"…. en sachant que, dans de nombreux cas, les formes de discrimination peuvent s’additionner (gay et handicapé, femme lesbienne musulmane, senior lesbigaytrans à faible revenu ou malade, etc.).

"Le combat pour les droits des lesbigay- trans doit continuer en Europe et dans le monde. Notre pays doit y jouer un rôle de pionnier au niveau international".

"L’homophobie dans les écoles est un véritable fléau et doit être reconnue comme telle. La combattre, c’est instaurer une société riche de sa diversité, au bénéfice de tous".

Le texte complet de la plateforme 2008 des revendications de la BLGP est disponible sur le site www.arcenciel-wallonie.be dans la rubrique infos.

Alliàge a également choisi de célébrer la diversité en proposant, durant les Semaines Arc-en-Ciel, un programme d’activités nombreuses et variées : sportives, culturelles, littéraires, ludiques, festives... avec, en apothéose, le samedi 17 mai, la Gay Pride qui, par un heureux hasard, tombe, cette année, le même jour que la Journée Mondiale de lutte contre l’Homophobie.

Les couleurs d’Alliàge, une fois n’est pas coutume, seront menées par le désormais très célèbre bus à impériale mais avec, cette fois-ci, une animation musicale tout à fait originale et particulière qui risque bien de ne pas passer inaperçue. De plus, notre asbl a décidé d’innover en proposant le petit déjeuner et le transport à Bruxelles gratuitement pour tous ceux qui en ont manifesté le désir et qui se sont fait connaître auprès des permanents.

Au vu de ce qui est proposé dans cet agenda, je pense que les Semaines Arc-en-Ciel seront, cette année encore, un grand moment de rencontre et de convivialité; en tous cas, c’est ainsi qu’Alliàge les envisage et les conçoit. Je vous souhaite donc, d’ores et déjà, de vivre d’excellentes Semaines Arc-en-Ciel, joyeuses et gay, et surtout de "célébrer la diversité" comme elle se doit de l’être !

Jean-François, Président

 


 

Éditorial Avril 2008

"Ce n’est pas parce que les choses nous semblent inaccessibles, que nous n’osons pas ; c’est parce que nous n’osons pas, qu’elles nous semblent inaccessibles." (Sénèque)

Le 9 mars dernier s’est déroulée l’Assemblée Générale annuelle ; au terme de celle-ci, le Conseil d’Administration est passé de 5 à 10 membres dont 4 pour qui il s’agit d’une première. Lors de la première réunion, comme il est d’usage, une nouvelle répartition des tâches a eu lieu. Nous avons également évoqué les chantiers et projets à porter en priorité, entre autres le réaménagement du rez-de-chaussée et du premier étage de la maison Arc-en-Ciel, la préparation des Semaines Arc-en-Ciel ainsi que la redynamisation des permanences du vendredi.

Je tiens, d’ores et déjà et au nom de tous, à remercier Michel Granados pour le dévouement et le professionnalisme avec lesquels il a assumé la présidence durant plus de trois ans. Quoiqu’il en soit, Michel continuera à assumer, comme il l’a fait l’année dernière, la trésorerie et nous en sommes ravis.

À la fin du mois de mars, Michel Thomé a quitté ses fonctions au sein d’Alliàge pour de nouvelles activités. C’est aussi ici l’occasion de lui dire merci pour l’énergie, le dynamisme, l’enthousiasme, la bonne humeur et le talent qu’il a mis au service d’Alliàge pendant tant d’années et de lui souhaiter beaucoup de succès pour l’avenir. Une mention toute particulière doit être faite en ce qui concerne l’élaboration et la mise en page de l’agenda dont il se charge depuis la création d’Alliàge ainsi qu’en ce qui concerne la réalisation des affiches des thés dansants à l’occasion desquelles, voilà des années, Michel se fait un malin plaisir à nous rassasier d’images ringardes et kitsch. Je suis persuadé que, malgré les occupations qui l’attendent, Michel gardera un œil attentif, discret et curieux sur l’association dont, faut-il le rappeler, il est un des membres fondateurs.

Mardi 18, la Maison Arc-en-Ciel a accueilli José Ignacio Pichardo Galán pour une conférence sur la discrimination à l’école. Les conclusions émanant des enquêtes qu’il a effectuées dans bon nombre d’écoles madrilènes sont assez éclairantes : beaucoup trop d’étudiants ou de membres du personnel enseignant et éducatif souffrent encore d’une homophobie ambiante. Force est également de constater que, pour la plupart des gays, selon l’étude faite, l’école est perçue comme l’endroit le plus inconfortable voire le plus dangereux… assez paradoxalement d’ailleurs, s’agissant d’un milieu d’éducation et d’ouverture ou, du moins, qui devrait l’être. Un de nos buts à poursuivre est très certainement de continuer à lutter contre cet état des choses.

Enfin, les Semaines Arc-en-Ciel approchent à grands pas ; quelques activités sont déjà annoncées dans cet agenda ; vous aurez bien sûr le programme complet des festivités dans celui du mois prochain. Les Semaines Arc-en-Ciel sont, indubitablement, un moment important tant au niveau de notre visibilité qu’au niveau de la défense de nos droits.

Jean-François, Président

 


 

Éditorial Février 2008

Nous en parlions déjà le mois passé : le 9 mars prochain, Alliàge tiendra son Assemblée Générale Ordinaire : il s’agit d’une réunion annuelle primordiale pour la vie de votre association. C’est au cours de cette AGO qu’est exposée la gestion des administrateurs pour l’année écoulée, et que sont décidées les lignes maîtresses de la politique générale de l’asbl qui sera mise en œuvre par le Conseil d’Administration pour l’année à venir.

Qui participe à l’Assemblée Générale ? En principe, les AG d’Alliàge asbl sont publiques. Mais pour pouvoir participer aux débats et surtout, pour pouvoir bénéficier du droit de vote, il est indispensable d’être membre effectif. Si vous ne l’êtes pas encore, et que vous souhaitez participer à la vie d’Alliàge en faisant notamment valoir vos idées et opinions à cette Assemblée Générale Ordinaire 2008, il est encore temps ! Il faut tout d’abord être en ordre de cotisation (autrement dit, avoir le statut de "membre adhérent"). Si vous remplissez cette condition préalable, vous pouvez introduire une simple demande par écrit adressée au Conseil d’Administration pour le 6 mars au plus tard. Il est nécessaire ensuite d’être présent à l’Assemblée Générale (sauf cas de force majeure) afin de vous présenter brièvement et de soumettre valablement votre candidature aux suffrages. Lors du vote à bulletins secrets, deux cas de figure sont possibles en fonction de votre ancienneté comme membre adhérent : soit vous cotisez depuis plus d’un an, et il vous faut alors recueillir la majorité absolue pour être élu ; soit votre adhésion est inférieure à un an, et c’est alors les deux tiers des voix qu’il vous faut.

Vous souhaitez vous investir plus encore ? Devenez administrateur (-trice) et rejoignez le CA ! Pour cela, il est indispensable d’être membre effectif et d’avoir introduit votre candidature en adressant une lettre de motivation au Conseil d’Administration pour le 6 mars au plus tard. Il faut ensuite impérativement être présent lors de l’Assemblée Générale afin de vous présenter, et il faut enfin recueillir la majorité absolue des voix exprimées à bulletins secrets. Le mandat d’administrateur s’exerce pendant deux ans, et est renouvelable ensuite.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à consulter nos statuts (disponibles à la Maison Arc-en-Ciel mais aussi ici), ou à nous contacter au 04/223.65.89 ou encore via courrier@alliage.be.

Michel Thomé

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Editos 2007


 

Éditorial Décembre 2007
Les chiffres du sida revus à la baisse ?

Pour Onusida (le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida), 32,7 millions de personnes vivaient avec le virus en 2006. Et non 39,5. Le chiffre a été revu à la baisse, mais il ne s’agit que d’un changement dans la méthode de calcul... Selon ce nouveau procédé, considéré comme plus proche de la réalité, l’estimation pour 2007 est d’environ 33,2 millions, toujours selon Onusida, dans son rapport annuel. Cela dit, la maladie continue à tuer plus de 5.700 personnes chaque jour, alors que le virus a infecté 2,5 millions de personnes dans le monde cette année. Environ 22,5 millions de personnes vivent en Afrique avec le virus du sida, soit 68 % de la population mondiale affectée. Et en Europe ? En 2006, 27.259 nouveaux cas d’infection ont été déclarés par 28 pays de l’Union Européenne (plus l’Islande, la Norvège et la Suisse). 54% de ces cas ont été déclarés par seulement deux pays : la France et le Royaume-Uni. Les taux les plus élevés des nouveaux cas déclarés sont observés en Estonie et au Portugal, les plus faibles étant relevés en Slovaquie et en Hongrie. La Belgique a pour sa part déclaré 995 nouveaux cas. Pour l’ensemble de l’UE, le rapport homosexuel masculin est à la base de 29% de ces contaminations (et de 42% pour les rapports hétérosexuels). Il n’y a pas de quoi se réjouir cependant, car la population gaye est la seule pour laquelle on n’observe pas de diminution de nouveaux diagnostics. En cause : l’augmentation des pratiques à risque, conscientes ou non. Rappelons-le : le préservatif reste le seul moyen de protection efficace lors des relations sexuelles. Alliàge en est bien conscient : nous tenons en effet depuis plusieurs mois à disposition des visiteurs de la Maison Arc-en-Ciel un distributeur de préservatifs gratuits, grâce à l’appui de notre partenaire ExAequo asbl. Et l’apparence festive de la démarche que nous entreprenons ce 1er décembre ne doit pas faire oublier que cette dernière constitue également un acte militant et responsable. (sources : Unaids.org, LeSoir, La Libre, AFP, Belga).

Michel Thomé

 


 

Éditorial Novembre 2007

Pour un développement du tissu associatif LGBT en Wallonie Avec la mise en place de l’actuel gouvernement régional wallon en 2004, un événement est passé presque inaperçu : l’attribution d’une compétence en matière d’Égalité des Chances à un Ministre et la mise en œuvre de cette compétence par l’Administration wallonne, avec des moyens financiers clairement identifiés. Pourtant, une telle initiative était demandée de longue date par les associations LGBT.

La Ministre Christiane Vienne, en charge de cette compétence, s’est très vite montrée ouverte aux thématiques LGBT. Sous son impulsion, la politique d’Égalité des Chances de la Région wallonne a notamment identifié le secteur LGBT comme cible prioritaire. Nous l’avons d’ailleurs invitée plusieurs fois à Alliàge et elle s’est montrée à la fois impressionnée et intéressée par notre travail.

Nous voulions aller plus loin. Il y a un an, nous avons rencontré l’équipe de la Ministre avec d’autres associations actives en Wallonie. D’un débat enrichissant est née l’idée d’une Fédération wallonne des Associations LGBT, que la Ministre était prête à soutenir. Alliàge s’est vue confier la réalisation de ce projet.

Un objectif : offrir un lieu d’échanges entre toutes les associations de notre région. Et un nom : Arc-en-Ciel Wallonie. Outre Alliàge, six autres associations ont adhéré au projet : le Chel, LaLucarne.org, Tandem, Activ’elles, la Communauté du Christ Libérateur et Tels Quels.

Nous sommes partis du constat que les associations d’entraide et de loisir tournées vers le public LGBT sont des outils indispensables pour un très grand nombre de gens qui ont besoin de se retrouver dans un environnement amical où ils peuvent tomber le masque, acquérir plus de confiance en eux, restaurer leur estime de soi, obtenir des informations sur leurs droits, ou tout simplement aller à la rencontre des autres. Au-delà de l’activité quotidienne de nos associations, il nous a paru important de créer un lieu où il est possible d’échanger nos expériences et envisager des projets communs.

Nous pensons que certaines problématiques se posent de manière spécifique dans notre région, car la Wallonie connaît beaucoup de petites villes, des milieux ruraux, une grande diversité de mentalités régionales. Développer des relations avec les communes et les autorités provinciales pour les sensibiliser à des difficultés que nous pouvons identifier concrètement. Pouvoir soutenir la création d’associations LGBT partout en Wallonie lorsque de tels projets existent mais que leurs auteurs manquent d’expérience. Voir avec la Région wallonne, en particulier avec ses services de l’égalité des chances, comment nous pouvons collaborer. Voici quelques pistes d’actions qu’Arc-en-Ciel Wallonie se propose de développer dans les prochains mois et les prochaines années, en espérant apporter un plus à l’ensemble de nos associations et à leur public.

Notre première réalisation se voulait très emblématique, nous avons publié un guide de la Wallonie pour les gays et les lesbiennes. Il est disponible à la Maison Arc-en-Ciel et dans les autres associations liégeoises, ainsi que dans les lieux commerciaux habituels. Toutes les informations contenues dans le guide sont également reprises sur un nouveau site web : www.arcenciel-wallonie.be.

Déjà, le nouveau Ministre Paul Magnette, qui a succédé à Christiane Vienne, montre la volonté de poursuivre dans le même sens. Je suis persuadé que nous pouvons développer Arc-en-Ciel Wallonie comme un lieu d’impulsion d’un tissu associatif LGBT partout dans notre région.

Thierry Delaval

 


 

Octobre 2007 : éditorial

Comme il y a cinq ans, lors de l’inauguration officielle de la deuxième édition de l’Automne Gay à l’Hôtel de Ville de Liège, c’est par une réception protocolaire que cette troisième édition – marquant le 10e anniversaire d’Alliàge – a commencé : nous avons en effet eu l’honneur d’être reçus, le vendredi 21 septembre dernier, au Palais provincial. Madame le Député en charge des Affaires sociales Ann Chevalier, ainsi que Monsieur le Député provincial Christophe Lacroix, par ailleurs membre d’Alliàge, nous ont accueillis chaleureusement sous les ors du Palais, en compagnie de Monsieur le Député provincial en charge des Affaires culturelles Paul-Émile Mottard. Devant une assemblée d’une petite centaine de personnes, composée de membres et sympathisants d’Alliàge mais également de quelques mandataires politiques locaux sensibilisés à notre cause, Thierry Delaval, vice-président d’Alliàge et responsable de la cellule politique, a prononcé un discours retraçant brièvement l’historique de notre asbl. En guise de points de repères, il a situé l’évolution d’Alliàge en 10 ans dans le contexte plus large des revendications du mouvement gay et lesbien dans son ensemble. En seconde partie, Thierry a évoqué quelques pistes pour l’avenir, en incluant bien sûr différentes formes de partenariat possibles entre la Province de Liège et Alliàge. Ce fut ensuite au tour successivement d’Ann Chevalier et de Christophe Lacroix de prendre la parole pour nous adresser leurs félicitations et encouragements, en n’hésitant pas, l’une comme l’autre, à s’impliquer de façon très personnelle dans leur allocution. Madame Chevalier a ensuite accepté avec enthousiasme de rejoindre notre Comité de Parrainage, accédant ainsi à la demande qu’Alliàge lui avait faite par l’entremise de Thierry Delaval quelques minutes plus tôt. Monsieur Lacroix, quant à lui, a remis au nom de notre asbl et en sa qualité de Député provincial en charge des Sports, de toutes nouvelles vareuses (aux couleurs d’Alliàge) à Valérie et Laurent, représentants de l’équipe de basket de Sporty Liège. La réception s’est clôturée par un vin d’honneur.

Michel Thomé

 


 

Septembre 2007 : éditorial

10 ans, pour une "petite" asbl, ça représente quand même une longévité dons nous pouvons toutes et tous être fiers. Quand on voit le chemin parcouru depuis 1997, aussi bien au niveau de l’asbl elle-même que du regard que la société pose sur l’homosexualité, on est en droit d’éprouver un sentiment de satisfaction qui donne vraiment envie de fêter dignement notre anniversaire... J’ai déjà décrit, dans les deux précédents numéros de l’Alliàgenda, les grandes lignes de l’Automne Gay 2007. Comme vous allez recevoir sous peu le programme complet sous forme de dépliant, inutile d’y revenir, d’autant plus que le site web www.automnegay.be est également accessible depuis peu. Je m’attarderai donc un peu plus sur d’autres nouveautés, ou plutôt sur certains "dépoussiérages". L'Alliàgenda, par exemple : la nouvelle mise en page se veut plus aérée, plus moderne, plus sobre, tout en conservant une filiation avec l’ancienne formule. N’hésitez pas à donner votre avis sur cette nouvelle mouture, qui doit sans doute encore évoluer un peu avant de trouver ses marques. Autre rafraîchissement, qui devenait presque urgent : la refonte complète du logo. L’ancien a bien vécu, mais il commençait à donner quelques signes d’usure... Comme l’Alliàgenda est toujours en noir et blanc, une petite explication s’impose peut-être pour expliquer la signification du logo. J’ai voulu éviter l’emploi de symboles trop vus ou trop évidents, pour privilégier un symbole qui me semble universel : le coeur, ou plutôt deux coeurs enlacés, représentant le couple amoureux. Trois couples de coeurs symbolisent ainsi les lesbiennes, les gays et... les autres (sans jugement de valeur, bien sûr). Mais le chiffre trois est également là pour rappeler les trois missions d’Alliàge : la défense des droits, l’information, l’accueil. Le mot "Alliàge" bénéficie d’une petite fantaisie graphique : le "l" montant qui favorise l’harmonie de l’ensemble. Le mot asbl fait son apparition, tandis que le mot Liège disparaît. Enfin pas tout à fait, puisqu’on peut toujours le deviner grâce à ce fameux accent grave sur le 2e "a". Bon anniversaire à vous toutes et tous...

Michel Thomé

 


 

Août 2007 : éditorial

Comme nous vous l’annoncions le mois dernier, la préparation de la troisième édition de l’Automne Gay bat son plein... L’ouverture de cette édition 2007 aura lieu le 21 septembre, où nous aurons l’honneur d’être reçus officiellement au Palais provincial à l’occasion du dixième anniversaire de notre asbl, par Madame le Député provincial Ann Chevalier et Monsieur le Député provincial Christophe Lacroix. Les semaines suivantes seront ponctuées de divers événements comme l’exposition des photographies de l’artiste gantois Fabian Van Der Meersche et une soirée littéraire spéciale bandes dessinées avec Christophe Simon (qui a repris la série "Alix") et le français Fabrice Neaud, auteur du "Journal", primé en 1997 à Angoulême ; un débat consacré à l’homophobie en milieu scolaire et une soirée de témoignages relatifs au coming-out sont également au programme, ainsi que des activités plus habituelles, comme notre incontournable thé dansant, mais aussi une balade, afin de se remémorer la toute première activité d’Alliàge qui consistait en un rallye/balade dans le Condroz. Nous vous proposerons également une pièce de théâtre en coproduction avec notre partenaire de longue date le Moderne ("le projet Laramie"), ainsi que le 5e (déjà !) "bar à images", fruit de notre nouvelle collaboration avec LaLucarne.org auquel vous êtes sans doute déjà habitués. Les membres et anciens membres de l’asbl ne seront pas oubliés puisqu’une soirée leur sera consacrée avec la projection d’un diaporama retraçant les 10 ans d’Alliàge, autour d’un énorme gâteau d’anniversaire... Cet Automne Gay se terminera le 7 novembre par un autre 10e anniversaire : celui de notre ciné-club Imago. Dans les tout prochains jours, le programme complet sera disponible sur le site www.automnegay.be, ouvert spécialement à cette occasion. Et n’oubliez pas, le mois prochain, l’Alliàgenda fait peau neuve...

Michel Thomé

 


 

Juillet 2007 : éditorial

À peine les "Semaines Arc-en-Ciel 2007" sont-elles terminées qu’un nouvel événement se profile déjà : la 3e édition de l’Automne Gay. La précédente édition - en 2002 - avait marqué un nouveau départ pour notre asbl avec la promesse, par la Ville de Liège, de trouver une solution quant à nos problèmes de locaux. Promesse tenue, est-il besoin de le rappeler ? Cinq ans après, nous voici donc arrivés au 10e anniversaire d’Alliàge ! Nous saisirons cette occasion pour renouveler notamment notre logo, notre agenda, nos imprimés et notre site internet (qui vient par ailleurs d’accueillir, le mois dernier, son 100 000e visiteur), mais pour fêter dignement cet anniversaire, un vaste programme d’activités est d’ores et déjà en chantier, dont nous vous dévoilerons les grands axes dans les toutes prochaines semaines. Même si, à l’heure d’écrire ces lignes, le projet n’est pas encore très abouti quant à la forme, nous envisageons en tout cas retracer l’historique d’Alliàge depuis la genèse... Nous lançons donc un appel à toutes celles et tous ceux parmi vous qui seraient en possession de photographies, vidéos, documents divers (anciens agendas par exemple), ou à celles et ceux qui auraient un témoignage ou une anecdote à raconter et à partager, qui pourraient illustrer cet historique. Nous disposons déjà d’un fonds relativement riche, mais tout apport complémentaire sera le bienvenu. Les documents seront bien sûrs rendus à leurs propriétaires respectifs si ceux-ci en font la demande. N’hésitez donc pas à contacter Valérie ou moi-même par mail ou par téléphone (04/223.65.89) ou encore de vive voix. Au moment de vous souhaiter de très agréables vacances, je vous rappelle que toutes les activités d’Alliàge sont maintenues en juillet et en août, à l’exception des Gazelles en juillet, et d’Imago, qui reprendra en septembre.

Michel Thomé

 


 

Juin 2007 : éditorial

1299 pages... C’est le total cumulé des programmes électoraux des 4 "grands" partis démocratiques francophones (cdH, ECOLO, MR, PS) en vue des Élections législatives du 10 juin prochain. Je me suis lancé dans la consultation de ces briques afin de tenter de déterminer la place réservée aux gays, lesbiennes, bisexuels, transgenres, et à leurs revendications. Ordre alphabétique oblige, commençons par le cdH : s’il ne mentionne à aucun moment les mots gay, lesbienne, homosexuel, homophobie..., le programme du parti Humaniste répond favorablement, comme les 3 autres partis d’ailleurs, à une vieille revendication du mouvement associatif gay et lesbien : l’individualisation des droits sociaux "afin non seulement de ne pas empiéter sur les choix de vie, mais aussi, au contraire, de favoriser les solidarités intrafamiliales en ne sanctionnant plus le fait de vivre à deux ou en collectivité". Le parti de Joëlle Milquet se prononce également en faveur de la suppression des inégalités entre couples mariés et cohabitants légaux en matière de sécurité sociale. D’un autre côté, sans surprise, l’ex-PSC réclame l’interdiction pure et simple de la gestation pour autrui (les "mères porteuses"). En revanche, le programme du cdH accorde une part significative à la lutte contre le sida, en proposant notamment la promotion active de l’utilisation du préservatif, en particulier chez les jeunes, par le biais des programmes en cours d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle. ECOLO pour sa part consacre des pans complets de son programme aux droits des gays et lesbiennes : le parti vert, qui s’inquiète du "conservatisme persistant faces aux avancées législatives réelles" se prononce notamment en faveur d’animations scolaires relatives à l’orientation sexuelle "de façon à véhiculer une image plus sereine de l’homosexualité et à permettre aux jeunes en questionnement de dédramatiser leur situation". Les écologistes souhaitent aussi "développer des campagnes d’information grand public en dehors de l’école, pour soutenir le développement d’un climat social plus tolérant", ainsi qu’une "campagne destinée aux parents des jeunes homosexuels". Autre proposition : l’élargissement du congé parental à l’épouse de la maman, afin de mettre fin à cette discrimination résiduelle entre les couples hétéro- et homosexuels. Enfin, le programme d’ECOLO veut que l’on autorise aux homosexuels qui le souhaitent de donner leur sang. Pour le MR, mes recherches dans leur programme sur les mots gay, lesbienne, homo- (et dérivés), -sexuel (et dérivés), transgenre, "gestation pour autrui", "mère porteuse", adoption, sida, séropo- (et dérivés), parent (et dérivés) etc. n’ont donné aucun résultat significatif... Le PS enfin, à l’instar d’ECOLO, consacre de larges parts de son programme aux revendications LGBT : dans un cadre global de lutte contre toutes les discriminations, les socialistes insistent sur le rôle primordial de l’État en cette matière, tout en développant une attention particulière aux "lesbigays". Relevons notamment la volonté d’augmenter les moyens et l’action du Centre pour l’Égalité des Chances et la promotion concrète de la diversité dans l’emploi. En outre, le parti d’Elio Di Rupo estime que "chaque personne doit avoir la possibilité de vivre son orientation sexuelle de manière épanouie, en toute liberté et sans discrimination de quelque nature qu’elle soit". Il souhaite ainsi poursuivre la politique d’identification des agressions à caractère homophobe afin d’obtenir des statistiques précises pour mieux lutter contre ce phénomène, développer, sur base de ces constats, des politiques de prévention adéquates. Le PS veut également "continuer la formation à la diversité des magistrats, de la police fédérale, des inspecteurs du travail et des partenaires sociaux, et étendre la formation à la diversité pratiquée dans les forces armées et la fonction publique aux autres administrations". Il souhaite encore "prévoir et organiser le statut de parenté sociale, veiller à la bonne application de la loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe et sensibiliser les organismes d’adoption, afin d’éviter les refus sur la seule base de l’homoparentalité". Dans le même cadre, notons sa volonté de "conclure des accords bilatéraux avec les pays d’origine acceptant qu’un enfant issu de cet État soit adopté par des couples homosexuels en Belgique". Plus largement, le Parti Socialiste souhaite "soutenir une proposition de résolution au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité et développer des projets dans les pays où l’homosexualité est pénalisée, réprimée et/ou stigmatisée", en accordant une attention spécifique aux nouveaux États membres de l’Union européenne, et enfin mettre en place un statut de protection pour les demandeurs d’asile homosexuels.

Michel Thomé

 


 

Mai 2007 : éditorial

Le mois de mai est sans aucun doute le plus riche en événements pour les lesbiennes et les gays belges. C’est en effet celui où a traditionnellement lieu la Belgian Lesbian and Gay Pride à Bruxelles. Mais c’est également, depuis quelques années, celui où l’on célèbre la Journée Mondiale de Lutte contre l’Homophobie, à date fixe (le 17, pour être précis). Comme chaque année, Alliàge témoigne d’un dynamisme hors pair pour donner à ce mois de mai toutes les couleurs de l’Arc-en-Ciel : outre notre participation au défilé du 12 mai, sur notre traditionnel autobus à impériale, nous avons mis les petits plats dans les grands pour proposer une série d’activités culturelles et récréatives, réunies sous la bannière des "Semaines Arc-en-Ciel 2007". Vous trouverez le détail de ces activités dans nos pages "Agenda". Également dans cette édition, pour votre information, nous vous reproduisons le texte intégral de la réaction que nous avons formulée par voie de presse aux déclarations incendiaires de Monseigneur Léonard, il y a quelques semaines déjà :

Alliàge asbl dénonce les propos homophobes de Mgr Léonard
L’association liégeoise de gays et lesbiennes Alliàge s’indigne vivement des propos tenus par Mgr Léonard dans l’interview accordée à l’hebdomadaire "télé moustique" du 4 avril dernier, et abondamment relayés par d’autres medias.

Traditionnellement, l'approche de Pâques est un moment privilégié d'expression du clergé. Mais au lieu de la trêve attendue, force est de constater que, impulsé par Rome, on assiste cette année aux prémices d'une nouvelle croisade visant à restaurer l'ordre ancien, et balayer la doctrine sociale de l'église issue de Vatican II. Qui mieux, à l'intérieur de l'Eglise belge, que Mgr Léonard pouvait incarner cette tendance ? Ce champion local de l'actuel Saint-Père, ce prosélyte des mouvements catholiques les plus conservateurs, se sent aujourd'hui pousser des ailes. Il n'a pas tort si l'on en juge par les réactions timorées de Malines, pourtant défiée dans ses prises de positions habituellement plus nuancées. Place donc au nouveau héraut qui se rêve déjà Archevêque et Prince de l'Eglise. Il annonce son programme. Quelques significatives notes du moins, qui ne feront ni vibrer les grandes orgues ni scintiller aucun vitrail flamboyant en cette semaine pascale : retour à l'obscurantisme, paroles - travesties - de Freud à l'appui.

Ses opinions sur les sujets éthiques ou moraux tels que l’euthanasie, qu’il juge inutile, ou l’avortement, qu’il estime antidémocratique, franchissent la limite du tolérable lorsqu’il se prononce sur les homosexuels, qu'il qualifie d'anormaux. Il aura beau s'en défendre, c'est une condamnation sans appel.

Alors que la Belgique est un pays phare en matière de lutte contre la discrimination envers les lesbiennes et les gays (ouverture du mariage et de l’adoption, journée de lutte contre l’homophobie, dispositifs juridiques anti-discrimination…), une telle inadéquation avec l’évolution de la société, un tel conservatisme radical ne peuvent que creuser davantage le fossé qui sépare l’Eglise catholique du quotidien des belges : Mgr Léonard ignore-t-il que l’homophobie tue ? Que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes, et que le risque du passage à l’acte est très nettement supérieur (de 6 à 13 fois, selon les études) chez les lesbiennes et les gays ? Sous couvert de respect, à défaut d'amour bien compris, cet Evêque là se condamne à répandre le désarroi. Son désarroi ?

Quant à l'usage du préservatif, assimilé selon lui à une partie de roulette russe, on tombe dans l'inqualifiable quand on sait que la santé et la vie de milliers de personnes sont en jeu. Mgr Léonard a-t-il conscience que discréditer l’usage du préservatif et prôner l’abstinence constitue un discours irresponsable, voire criminel ? Que l’évêque de Namur l’accepte ou pas, un préservatif correctement utilisé reste le moyen le plus fiable pour lutter contre la propagation du sida/HIV

Michel Thomé

 


 

Avril 2007 : éditorial

Alliàge franchit un nouveau cap ! Depuis le 1er mars dernier, le personnel salarié de l’asbl a… doublé : l’équipe s’est en effet enrichie de la présence de Valérie et de Joëlle, respectivement aux postes d’animatrice culturelle et de coordinatrice administrative, chacune à temps partiel. La répartition des tâches de tout le personnel subit ainsi une évolution, en s’accordant à la fois aux ambitions d’Alliàge et à sa mutation naturelle vers une structure de plus en plus institutionnelle. Depuis l’arrivée de nos deux collaboratrices, les projets récurrents les plus importants d’Alliàge, comme la (les) semaine(s) Arc-en-Ciel ou l’Automne Gay 2007 à venir, ont rapidement trouvé une impulsion nouvelle : de nouveaux contacts ont été pris, de nouveaux partenariats ont été menés, de nouvelles idées ont vu le jour, tout en maintenant une continuité avec les programmes des éditions précédentes : ainsi, la Semaine Arc-en-Ciel, (prélude national à la Gay Pride), que nous avons rebaptisée l’an passé, presque en hâte, "Quinzaine Arc-en-Ciel" pour coller à notre ambitieux programme débordant largement du cadre prescrit par nos amis de la BLGP asbl, se trouve cette année affublée d’un nouveau nom que nous espérons plus souple et plus fidèle à l’idée originelle : "Les semaines Arc-en-Ciel". Une partie du programme est d’ores-et-déjà annoncée dans les pages qui suivent, mais il ne tient pas (encore) compte des partenariats menés avec nos complices habituels comme le CHEL, LaLucarne.org ou Sporty Liège, ni des nouvelles collaborations, comme celles liées avec quatre libraires liégeois qui ont accepté de reprendre l’idée développée avec notre partenaire "historique" La Dérive à Huy, ni celui de la FGTB, qui poursuit son travail de sensibilisation des milieux professionnels à la diversité de genre et/ou d’orientation sexuelle. Nous ne manquerons pas de compléter ces informations par les canaux habituels (les permanences, la newsletter, le site web, l’Allliàgenda…).

Michel Thomé

 


 

Mars 2007 : éditorial

Le mois de mars est traditionnellement celui des Assemblées Générales des associations. Alliàge n'échappe pas à la règle. Les 57 membres effectifs que compte l'asbl auront ainsi l'occasion, ce dimanche 11 mars, de faire le bilan en donnant leur avis sur la gestion de l'association par les administrateurs sortants, et de décider des lignes maîtresses de la politique à mettre en œuvre pour les mois à venir…

Et si nous saisissions cette occasion pour faire découvrir à celles et ceux parmi vous qui n'êtes pas membres effectifs quelques aspects concrets de notre organisation, en dévoilant avec un peu d'avance quelques chiffres parmi les plus significatifs* ? Saviez-vous par exemple que pour les trois années écoulées, Alliàge a compté une moyenne annuelle de 235 membres adhérents ? La majorité de ces membres vient de la Ville de Liège (48%), puis successivement de la Province (46%), du reste de la Belgique (5%) et même de l'étranger (1%) ! Quant aux activités, les plus connues sont nos huit "tea dances" annuels, notre ciné-club Imago (14 films, dont une avant-première nationale en 2006) et la Quinzaine Arc-en-ciel (expos, théâtre, littérature, débats, cinéma…) en prélude à la Gay Pride du mois de mai. Depuis quelques années, Alliàge participe activement à de nombreuses activités comme la nocturne des Coteaux, Retrouvailles ou Gay Street Avroy, ou organise des événements comme, le 10 novembre, le colloque "Adoption, une loi et après ?" ou "prenez la liberté de mettre un préservatif", le 1er décembre. Notre médiathèque a pour sa part été accessible 94 jours en 2006, et s'est enrichie de 44 livres et 43 revues. Elle a également reçu 5 auteurs lors de 3 animations littéraires. Notre "café associatif" ouvert à toutes et tous a accueilli 62 permanences conviviales, dont 11 avec repas, et 11 réservées aux filles (le groupe "les Gazelles"). Citons également les quelques 11 balades, le voyage en France… Mais aussi la visite de Liège par deux associations étrangères.

Alliàge ne serait rien sans l'investissement personnel de ses nombreux bénévoles : nous avons pu compter sur plus de 70 volontaires actifs dans l’accueil des nouveaux venus, la cellule de réflexion et d'action politiques, l’équipe animation, ou qui simplement prêtent main forte lors des thés dansants. Toutes et tous ont contribué cette année encore à développer un programme copieux d'activités variées. Enfin, notre action a pu s'appuyer sur d'autres associations (une quinzaine cette année ont travaillé en réseau avec nous), sur les commerçants (23 nous ont soutenu d'une manière ou d'une autre en 2006) et sur le monde institutionnel (Alliàge est en effet soutenu par la Ville de Liège, la Province de Liège, la Communauté française et la Région wallonne). Citons enfin notre site internet bourré d'informations, et ses 161.544 pages visitées cette année… Alors, si vous êtes tentés par l'aventure "Alliàge", n'hésitez pas à vous investir ! Tout renseignement complémentaire peut-être obtenu sur notre site www.alliage.be ou au 04/223.65.89.

*Chiffres donnés à titre indicatif. Seuls ceux évoqués lors de l’AG font foi.

Michel Thomé

 


 

L'anti-discrimination en question (édito février 2007)

Un jeune gantois a récemment décidé de porter plainte contre le Premier ministre Guy Verhofstadt et contre Christian Dupont, Ministre de l’Intégration sociale. Il les estime en effet responsables du retard pris dans l’introduction des arrêtés royaux relatifs à la Loi anti-discrimination de février 2003, en l’absence desquels il est notamment impossible de récolter des preuves matérielles de discrimination. Interpellé par les Parlementaires à ce sujet, M. Verhofstadt a annoncé qu’un accord était intervenu au sein du Gouvernement, et qu’un nouveau projet de loi modifiant la loi de 2003 était sans doute "la" solution. En réalité, ce projet n’est pas tout à fait neuf, même si son dépôt est quant à lui tout récent. Et pour être exact, il s’agit non pas d’un seul mais bien de 3 projets de loi, visant à réformer en profondeur l’arsenal belge "anti-discrimination". En effet, même si notre pays dispose d’une législation importante en cette matière, une réforme est nécessaire et urgente. Nécessaire depuis l’arrêt de la Cour d’arbitrage du 6 octobre 2004, qui a annulé partiellement la loi du 25 février 2003 suite à un recours déposé par le VB, mais aussi parce que la Commission Européenne estime que certaines de ses dispositions ne sont pas correctement transposées en droit belge. Et elle est urgente pour répondre à l’insécurité juridique actuelle causée par l’arrêt de la Cour d’Arbitrage, et parce que la date limite de transposition des directives européennes est très proche, voire dépassée. Les objectifs de cette réforme sont d’aboutir à une meilleure coordination entre les dispositifs de lutte existant en droit fédéral, à une meilleure clarté dans la répartition des compétences, et à améliorer l’effectivité des dispositifs, en les rendant plus clairs et plus "pédagogiques", tout en veillant à la conservation de l’acquis. Les 3 lois, quasi identiques, mais portant pour la première sur le volet "racisme", pour la deuxième sur le volet "genre", et pour la troisième enfin sur les autres discriminations, n’ont pas été fondues en un seul texte pour une simple question de lisibilité : les obligations découlant de la bonne exécution des directives communautaires ou du droit international se construisent parfois de manière différente. En conclusion, l’effet le plus sensible de cette vaste réforme sera sans nul doute l’absence de... discrimination entre les discriminations.

Michel Thomé

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Editos 2006


 

Prenez la liberté de mettre un préservatif... (édito décembre 2006)

Un quart de siècle a passé depuis que les premiers cas de sida ont été identifiés. En vingt-cinq ans, cette maladie a fondamentalement changé la face du monde en tuant plus de 25 millions de personnes et en bouleversant complètement le développement de certains pays. En 2006, on estime que près de quarante millions de personnes vivent avec le VIH (virus de l’immunodéficience humaine)… Ce qui était à l’origine considéré comme un "cancer gay" s’est révélé, dès 1983, transmissible également par voie hétérosexuelle, mais aussi par voie sanguine (drogues injectables, transfusion…), et de la mère à l’enfant pendant la grossesse et à la naissance. En 1988, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) choisit la date du 1er décembre comme Journée mondiale de lutte contre le sida. L’Assemblée générale des Nations Unies exprime sa vive préoccupation devant cette pandémie en décidant immédiatement d’instaurer dans la durée cette journée du 1er décembre. Lors de l’édition 1995, l’ONU décide de créer un programme spécifique destiné à coordonner l’action des différentes agences spécialisées dans la lutte contre le sida : ONUSIDA. Chaque année, cet organisme publie un rapport comportant notamment la situation de tous les pays du monde, sous la forme d’estimations clés et d’échantillons d’indicateurs décrivant la situation de la pandémie du VIH, ainsi que des ripostes locales mises en place. Depuis 1988, qui fait office d’année de référence, le nombre moyen de nouvelles infections au VIH diagnostiquées en Belgique est de +/- 3 par jour. En 2005, l’estimation du nombre de personnes vivant dans notre pays avec le VIH est de 19.000 (Source : Institut de Santé Publique Louis Pasteur). On pourrait croire que les nombreuses campagnes de prévention orchestrées dans notre pays ont eu l’impact nécessaire pour réduire d’année en année le nombre de cas diagnostiqués, mais il n’en est rien, et c’est même tout le contraire qui se passe : contre toute attente, l’année "record" du nombre de nouvelles infections est 2005, avec 1066 nouveaux diagnostics. Si l’on compare avec 2004, on compte 6,6% de cas en plus. C’est d’autant plus préoccupant si l’on sait que l’année du précédent record était… 2003. Qu’on l’admette ou pas, le sida nous concerne tous, sans distinction d’âge, de sexe, de statut social, d’origine ethnique ou d’orientation sexuelle. Même s’il se soigne mieux, il ne se guérit toujours pas, et le préservatif reste le seul moyen de protection efficace lors des relations sexuelles : il reste en effet une technique vitale de prévention. Malheureusement, de nombreux hommes, hétérosexuels comme homo- ou bisexuels entretiennent des attitudes négatives face à la capote, estimant notamment que son utilisation limiterait le plaisir et/ou entraverait l’intimité sexuelle entre partenaires réguliers. Cependant, une promotion soutenue et déterminée du préservatif peut concourir à dépasser ces types de résistances. La distribution massive (et gratuite) de préservatifs a ainsi permis, dans certains pays, de réduire de façon significative l’incidence de la pandémie. Contrairement aux craintes souvent exprimées ou aux stéréotypes courants, des recherches poussées n’ont pas trouvé de corrélation entre une éducation sexuelle incluant la promotion du préservatif et une augmentation de l’activité sexuelle. Le préservatif masculin est donc devenu l’objet de ce que l’on peut appeler le "marketing social" : la prévention doit être rendue visible. C’est dans cet esprit que certaines manifestations ont vu le jour ces dernières années, sous la forme de pose de préservatifs géants. Ainsi, le 1er décembre 1993, une capote de 30 mètres est déroulée sur l’obélisque de la Place de la Concorde à Paris à l’initiative de l’association Act Up qui, à la même occasion rebaptise symboliquement la place "Place des morts du Sida". Douze ans plus tard, le secrétaire à la Santé du Gouvernement argentin prend une initiative similaire sur l’obélisque de Buenos Aires par la nécessité de "ne pas baisser la garde" devant la menace du sida qui touche plus de 120.000 personnes en Argentine. Cette année, Alliàge a décidé, en collaboration avec l’asbl "D’une certaine gaieté", Sid’Action - Pays de Liège et le Centre de Référence Sida - CHU de Liège, de monter un projet semblable sur le symbole des libertés des liégeois : le Perron.

Michel Thomé

(Sources : ONUSIDA)

 


 

L'adoption : une loi, et après ? (édito novembre 2006)

L’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe est une incontestable réussite à la fois sur le plan du militantisme, du symbole et de l’évolution des mœurs, personne ne peut le nier. Mais si cette avancée constitue une réponse à beaucoup de demandes, elle soulève également beaucoup de questions tant il est difficile de mesurer, à l’heure où les premières demandes vont arriver, toutes les implications que son application concrète suppose... Si l’on compare à notre précédent combat (je parle bien sûr de l’ouverture du mariage), les contours de cette loi et ses modalités d’application sont en effet beaucoup plus complexes à cerner. Soucieux d’anticiper les questions qui ne manqueront pas de se poser, mais aussi de développer la prise de conscience d’une réalité de la société, Alliàge a décidé de susciter la réflexion en organisant, en collaboration avec le Conseil d’Arrondissement de l’Aide à la Jeunesse, un événement abordant cette problématique sous tous les angles en confrontant les points de vue, les idées et les interrogations des nombreux acteurs intervenant à un moment ou un autre dans la procédure d’adoption (voir détails en pages intérieures). La formule que nous avons choisi de développer est triplement originale : en premier lieu, nous avons décidé de ne pas proposer de partie académique ou d’exposé magistral, mais plutôt une forme dynamique de confrontation constructive et spontanée entre les intervenants et le public, et sans doute aussi des intervenants entre eux puisque nous avons scindé le large panel sollicité en cinq groupes pour qui les interrogations et les priorités ne sont pas forcément les mêmes. Deuxième originalité : notre Maison Arc-en-Ciel elle-même interviendra dans le schéma de la journée, puisque nous avons décidé d’utiliser sa configuration particulière pour créer une dynamique supplémentaire : les cinq groupes seront en effet disséminés dans cinq pièces différentes, et l’itinéraire à suivre pour passer d’une pièce à l’autre sera doublé d’une exposition composée d’une dizaine de panneaux didactiques abordant le thème du jour sous différents aspects. Enfin, pour que la réflexion puisse perdurer, chaque participant se verra remettre un dossier complet sous formes de brochures et imprimés divers, mais aussi de documents reprenant les priorités de nos intervenants relatives à l’adoption par les couples de même sexe. Ce dossier sera complété ultérieurement par une note d’évaluation, et fera l’objet d’une publication en ligne sur notre site web.

Michel Thomé

 


 

Les filles à l’honneur ! (édito octobre 2006)

Depuis maintenant 20 ans, les lesbiennes néerlandophones ont "leur" journée, qu’elles appellent lesbiennedag. Pour fêter dignement cette 20e édition, elles ont décidé d’en faire un événement national, et donc d’y impliquer les associations du sud du pays via notre fédération, la FAGL. Cette ouverture mérite d’être saluée. Pour marquer cet anniversaire, le programme est devenu bien plus ambitieux que les années précédentes, puisqu’il ne s’agit plus seulement d’une journée, mais bien d’une semaine… et davantage ! À l’instar de ce qui se fait pour la Belgian Lesbian and Gay Pride annuelle, précédée de la Semaine Arc-en-ciel, le L-Day (ouverture et neutralité obligent, le nom a été anglicisé) qui sera célébré le 4 novembre à Gand est précédé d’une L-week organisée à Anvers, Gand, Louvain, Bruxelles, Mont-St-Guibert et… Liège. Et comme chacun sait qu’à Liège, on ne fait jamais rien comme tout le monde (je pense bien sûr à la semaine Arc-en-Ciel qui devient chez nous une Quinzaine Arc-en-Ciel), les trois associations locales Alliàge, LaLucarne.org et surtout le CHEL ont concocté un programme précédant la fameuse L-Week. Les quatre activités en question sont signalées dans les pages qui suivent par un petit logo « Absolutely lesbian ! » Le programme des autres activités (conférences, soirées, journées pluridisciplinaires…) prévues en dehors de Liège sont disponibles sur le site www.lesbiennedag.be mais aussi à la Maison Arc-en-Ciel, sous la forme d’affiches et de dépliants.

Michel Thomé

 


 

L'arc-en-ciel sortira-t-il des urnes ? (édito septembre 2006)

Alliàge s’est donné pour mission la promotion et la défense des droits des gays et des lesbiennes, ainsi que la lutte contre toute discrimination à leur égard (extrait des statuts).

Dans ce cadre, notre action n’est pas seulement de soutenir le vote des lois sur le mariage ou l’adoption, mais aussi de travailler à un meilleur accueil des lesbiennes et des gays au quotidien. Dans ce but, nous avons développé ces dernières années de nombreux contacts avec la Ville de Liège. Un des faits les plus marquants est sans conteste la mise à notre disposition de la Maison Arc-en-Ciel par le Conseil communal liégeois unanime. Notre Comité de parrainage, créé en 2002, réunit d’ailleurs majoritairement des élus locaux, Bourgmestre, Échevins ou Conseillers communaux et témoigne d’un début de relations structurelles de notre association avec les autorités communales. En témoignent également quelques premières initiatives partenariales. Le Bourgmestre de Liège a désigné un agent de liaison entre la police et Alliàge. L’Échevin de l’État civil a été très attentif à nos préoccupations concernant l’accueil des mariages gays à l’Hôtel de Ville.

Nous nous inscrivons également dans plusieurs partenariats avec l’Échevinat du Tourisme, pour Retrouvailles ou encore les Nocturnes des Coteaux de la Citadelle. De plus, des relations amicales se sont tissées avec les membres du Comité de parrainage qui n’hésitent pas à nous soutenir lorsqu’on fait appel à eux. Enfin, les assidus des terrasses de la Place du Marché n’auront pas manqué d’apercevoir, tous les ans au moment de la Gay Pride, un drapeau arc-en-ciel flotter au fronton de l’Hôtel de Ville.

Avec la Province, nos relations sont moins abouties. Nous n’avons guère eu que quelques expériences sporadiques, principalement dans le domaine social et de la santé. Notre approche de certains Députés Permanents ne s’est pas révélée très satisfaisante jusqu’à présent. C’est particulièrement dommage dans le domaine de la culture et des loisirs où notre association est pourtant bien présente.

Cette question est également importante dans le mesure où Alliàge n’a pas vocation à limiter son action à la seule ville de Liège, puisque nos membres proviennent de tout l’arrondissement liégeois, voire de toute la province. Manque de sensibilité ou d’intérêt de ce niveau de pouvoir ? Manque de préparation ou de conviction de notre part ? Il nous faudra revenir sur cette question après les élections.

Que souhaitons-nous ? Le 22 mai dernier, Alliàge et le CHEL avaient organisé une conférence-débat sur le thème l’homo dans la cité à laquelle ont participé des représentants des quatre partis démocratiques ainsi que de la société civile.

Plusieurs problèmes ont été soulevés, en particulier la persistance de l’homophobie, l’attitude de la police vis-à-vis des gays et des lesbiennes ainsi que la situation des jeunes homos dans les écoles. La présence d’un représentant de la police fut très appréciée. Il nous a informés des évolutions à ce niveau, notamment grâce à des formations pour les agents données par le Centre pour l’Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme. Du côté de l’enseignement, un Directeur d’école a reconnu la difficulté de faire face au malaise des jeunes homos, soulignant cependant que de plus en plus de professeurs se montrent sensibilisés. Mais les écoles restent encore trop démunies. Appel fut lancé à nos associations pour disposer de relais et de personnes ressources. Plusieurs intervenants du public ont soutenu la proposition d’un parti d’intégrer explicitement la lutte contre l’homophobie dans le cadre de la lutte contre toutes les formes de discrimination. Pour ce faire il a été proposé qu’une compétence échevinale en matière d’égalité soit clairement identifiée au sein du Collège. Cette approche, déjà mise en œuvre à Bruxelles et dans de nombreuses communes de Flandre, n’a pas été partagée par tous les politiques présents. Du côté du public par contre elle a été saluée, d’autant que nos associations soutiennent la plateforme de revendications de la BLGP dont il ne me paraît pas inutile de rappeler ici le premier point : Toute ville, commune ou province doit désigner un-e responsable (échevin-e ou député-e permanent-e) compétent-e en matière d’éga-lité des chances en faveur des lesbigays. Toute ville, commune ou province doit développer une politique d’égalité des chances en faveur des lesbigays en vue de prévenir la discrimination, tant de la part des administrés que du personnel administratif, de soutenir le tissu associatif lesbigay, d’augmenter la visibilité des lesbigays dans la société et de briser les conceptions dominantes de la sexualité et de l’identité de genre. Il faut enfin prendre en compte les situations vécues par les lesbigays dans toutes les compétences des villes et communes. Nous pensons tout particulièrement à l’organisation de l’enseignement, la politique de police, l’accueil et les soins aux personnes âgées, l’état-civil.

En tant que responsable de la Cellule politique d’Alliàge, j’ai adressé une note au Bourgmestre de Liège reprenant cette revendication et l’incitant à promouvoir et renforcer le partenariat entre la Ville et les associations actives dans les domaines de la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’homophobie, en ce compris le soutien à ces dernières et l’élaboration de politiques d’information et de sensibilisation de la population. Le bourgmestre de Liège avait d’ailleurs pris part au débat national organisé par la BLGP le matin de la Gay Pride du 27 mai à Bruxelles, aux côtés de bourgmestres ou de représentants d’autres villes de Belgique.

Il put confronter la situation liégeoise à celles de Bruxelles, Jette, Turnhout, Malines et Namur. Le Bourgmestre de Turnhout a ravi le public en présentant la Note d’orientation relative à une politique communale lesbigay que son Conseil communal a adopté récemment (le Bourgmestre de Turnhout me l’a très gentiment fait parvenir et je la tiens à la disposition de toute personne intéressée). Mais l’expérience liégeoise a été également fort bien accueillie. Si notre Bourgmestre ne s’est pas montré convaincu de l’utilité d’un plan d’action ou encore d’une compétence distincte en matière d’égalité, lui préférant une politique de résolution de problèmes et de partenariat permanent avec les associations, il s’est engagé, du moins au nom de son parti, à promouvoir vis-à-vis des gays et lesbiennes une politique communale en matière d’égalité, à développer des politiques plus actives ciblées sur certains publics tels que les jeunes et les séniors, à renforcer la formation et la sensibilisation du personnel communal ainsi que l’information à la population et à approfondir le partenariat avec Alliàge. Un bon début, me semble-t-il, qu’il conviendra de poursuivre avec le nouveau Conseil communal de Liège, quel qu’il soit. Il pourra peut-être d’ailleurs inspirer d’autres communes de notre région et trouver un écho du côté de la Province. La FAGL, dont Alliàge est membre, adressera par ailleurs en septembre un courrier aux formations politiques de toutes les communes de Wallonie et de Bruxelles pour attirer leur attention sur la situation des gays, lesbiennes, bi et transgenres partout dans l’espace francophone et leur demander des engagements précis dans le cadre des élections.

Alors, un arc-en-ciel au sortir des urnes ? Vous aurez compris le clin d’œil, mais c’est à notre symbole auquel je fais allusion et non à un quelconque pronostic sur les futures coalitions.

Thierry Delaval, Responsable de la Cellule politique

 


 

Septembre 2006 : éditorial
C'est la rentrée...

Après un été à la météo un peu particulière qui a donné l'impression de passer directement de juillet à novembre, Alliàge reprend son rythme de croisière...

Comme chaque année à pareille époque, nous participerons à Retrouvailles, saisissant ainsi une occasion privilégiée pour faire connaître notre asbl et ses missions auprès du grand public, mais aussi pour que tous les membres et sympathisants qui le souhaitent se rencontrent dans un cadre autre que celui des permanences, afin de prendre ensemble le traditionnel verre de l’amitié. Il va sans dire que toute bonne volonté sera la bienvenue pour nous aider à faire découvrir notre association aux nombreux visiteurs de "la planète du temps libre". Dans le même souci de visibilité, nous participerons également à la deuxième édition de Gay Street Avroy qui, malgré son caractère presque exclusivement festif et divertissant, constitue pour nous une autre occasion de rendre notre action visible, mais également de soutenir une initiative plus audacieuse qu’il n’y paraît au premier abord.

Autre rendez-vous que certain(-e)s parmi vous considèrent comme "le" rendez-vous de l'année : le traditionnel rallye touristique préparé de longue date par Gilbert et son équipe. Quant au dernier trimestre 2006, il sera lui aussi riche en activités. En octobre, nous prendrons bien sûr part, comme l'année passée, à la nocturne des Coteaux de la Citadelle. En novembre, une activité spéciale d'information consacrée à l'adoption devrait prendre place dans notre Maison Arc-en-ciel, grâce notamment à la collaboration du Conseil d'Arrondissement de l'Aide à la Jeunesse. Il s'agira concrètement d'une sorte de parcours pédagogique qui permettra aux participants d'aborder les aspects juridiques, sociaux, psychologiques, et même historiques de la récente loi ouvrant l'adoption aux couples de même sexe. Ce projet étant toujours en phase de préparation, nous ne manquerons pas de vous en dire plus dans le prochain Alliàgenda. En décembre, c'est une autre activité exceptionnelle que nous préparons pour la Journée Mondiale de lutte contre le Sida, en collaboration cette fois avec l'asbl d'une certaine gaieté. Ici encore, nous vous tiendrons au courant dans nos prochaines éditions et via nos canaux d'information habituels, comme le panneau d'affichage ou la liste de diffusion notamment.

Michel Thomé

 


 

Août 2006 : éditorial
SIDA ET IST : PARLONS PROTECTION

La Plate-forme Prévention Sida, qui regroupe les acteurs concernés par la lutte contre cette maladie en Belgique francophone, vient de lancer une nouvelle campagne de sensibilisation particulièrement tournée vers les jeunes. Son slogan est Face au sida, ne comptez pas sur la chance. Protégez-vous. Vous trouverez toutes les infos sur le site www.preventionsida.org. Les derniers chiffres sont à nouveau décourageants. En 2005, plus de 1000 nouvelles infections ont été détectées en Belgique, un peu plus encore qu’en 2004. Depuis 1997, le nombre de nouveaux porteurs du virus s’accroît chaque année, dans notre pays comme ailleurs en Europe. Tout se passe comme si le sida devenait une banalité. Si l’on peut se réjouir que les thérapies permettent aux malades de survivre, on dirait que l’on oublie les souffrances qui accompagnent ces traitements très lourds. Car aujourd’hui encore, il faut le répéter, on ne guérit pas du sida. Les statistiques montrent également que les relations homo- ou bisexuelles non protégées restent dans la population belge une des plus sérieuses voies de contamination. Elle touche principalement les hommes. Une enquête réalisée récemment à la demande de Ex Æquo révèle qu’un gay sur dix est séropositif. Le Conseil d’Administration d’Alliàge veut saisir cette occasion, durant cette période de vacances que l’on sait plus propice à la prise de risques, pour vous sensibiliser une fois encore. Pas question pour nous de faire la morale. Mais il est tellement facile, par l’usage du préservatif, d’éviter cette terrible infection que la recrudescence du sida ne peut nous laisser sans réaction. Les études démontrent aussi que les autres infections sexuellement transmissibles (IST) sont en augmentation, avec une montée sérieuse des cas de syphilis. Là également, le préservatif est le seul mode de prévention efficace dans la plupart des situations. Alors, ne gâchez pas vos vacances avec les gonorrhées ou le chlamydia, l’herpès, l’hépatite B ou C ou encore les condylomes, et plus encore, ne gâchez pas votre vie avec le sida. En nous protégeant, nous protégeons aussi les autres. Toutes ces infections ont des temps d’incubations durant lesquels aucun symptôme n’est visible même si la contagion a déjà eu lieu. Et dans ce cas le porteur de l’infection peut fort bien la transmettre à d’autres sans même le savoir. Par ailleurs, la mode du barebacking semble de plus en plus répandue. Ce terme désigne le fait d’avoir volontairement des relations sexuelles non protégées pour une personne séropositive. Si le partenaire est séronégatif,c’est jouer à la roulette russe avec sa vie. Mais même si le partenaire est séropositif, des risques existent pour l’un et l’autre. Il y a en effet au moins 2 virus du sida. On peut donc se voir contaminer une nouvelle fois par l’autre souche. De plus, si le VIH d’un des partenaires s’est montré résistant au traitement que l’autre partenaire suit, une nouvelle contamination risque bien de provoquer chez ce dernier les mêmes résistances et rendre inefficace son propre traitement. Face à cette situation, il faut cesser de regarder le préservatif comme un obstacle à une relation sexuelle réussie. Alliàge est un lieu où nous pouvons en parler entre nous, échanger nos expériences et nos savoir faire. N’hésitez pas à venir en discuter avec nous. Un autre site fourmille d’informations, de conseils pointus et de témoignages : www.safeboy.net. Alors, passez de bonnes vacances avec préservatifs et lubrifiant dans vos poches, prêts à l’action.

Pour le Conseil d’Administration, Thierry DELAVAL

 


 

Juin 2006 : éditorial

À l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre l’Homophobie, la Ministre de l’Égalité des Chances du Gouvernement wallon Christiane Vienne a choisi la Maison Arc-en-Ciel de Liège pour y donner une conférence de presse (voir ci-dessous). La Ministre s’est notamment exprimée par rapport à la problématique du refus, de la part de la Croix-Rouge, de tout don de sang par les homosexuels masculins. On se souviendra qu’en 1998 déjà, Alliàge avait interpellé le Ministre de la Santé de l’époque Marcel Colla (SP) ainsi que la Croix-Rouge de Belgique pour dénoncer ce que nous considérions déjà à l’époque comme une discrimination inacceptable. Deux Présidents de parti étaient intervenus dans le débat, quelques parlementaires s’étaient émus de notre indignation et l’avaient relayée, la presse en avait donné un large écho... Huit ans plus tard, et malgré d’autres importantes vagues revendicatives (notamment en 2002 et 2004), la situation n’a pas changé. Tout récemment, la commission ENPH (Ecolo Nous Prend Homo) a organisé une action symbolique devant le cabinet du Ministre fédéral de la Santé Rudy Demotte (PS). La réponse de son chef de cabinet, Renaud Witmeur, mérite que l’on s’y attarde : "[...] La Belgique ne manque pas de sang. Aucun pays européen ne tolère actuellement les dons provenant d’homosexuels masculins. Il est inacceptable que l’on parle de discrimination" (source : www.lesoir.be). Cependant, d’après la Croix-Rouge elle-même, "on constate que le nombre de donneurs diminue régulièrement d’année en année" et "il n’y a pas d’excédents qui permettraient [à la Belgique] de vendre du sang à l’étranger" (source : www.transfusion.be). Si la Belgique ne manque pas de sang, on ne peut donc pas affirmer que sa situation, en matière de stocks, soit confortable. Quant à l’argument relatif à la situation en Europe, M. Witmeur est mal informé : le Portugal a en effet levé cette interdiction en mars dernier. En Italie, le Président de la région de Vénétie, M. Giancarlo Galan (Forza Italia) est le premier à avoir répondu positivement à l’appel de l’ex-Ministre de la Santé Francesco Storace (Alleanza nazionale) qui a ordonné aux hôpitaux de mettre fin à leur "attitude inacceptable, privée de fondement, diffamatoire et discriminatoire". D’autres pays pourraient emboîter le pas : en Suède notamment, le premier Ministre Göran Persson (Social-Démocrate) s’est prononcé en faveur de l’autorisation du don de sang par les gays. En France, Jack Lang (PS) ou Jean-Luc Romero (UMP), notamment, ont interpellé le Ministre de la Santé Xavier Bertrand (UMP) pour que l’interdiction soit levée. En Andorre, deux plaintes ont été déposées contre l’Établissement du sang français, dont le petit État dépend en matière de transfusion. Partout, la revendication est la même : il faut faire la différence entre les comportements à risque et l’orientation sexuelle. Alors que le concept de conduite à risque entraîne une exclusion temporaire parfaitement justifiée, le concept de population à risques entraîne une exclusion définitive inutilement discriminatoire, quoi qu’en dise M. Witmeur. La Ministre Christiane Vienne l’a bien compris en qualifiant cette discrimination d’acte homophobe, et en promettant de relancer le débat.

(Michel Thomé)

 


 

17 mai 2006 : Madame Christiane Vienne, Ministre de l’Egalité des Chances du Gouvernement wallon, en visite à la Maison Arc-en-Ciel de Liège

Réunion de travail avec les associations de Gays et de Lesbiennes de Liège La Ministre Vienne a choisi le 17 mai, Journée Internationale de la lutte contre l’Homophobie, pour rencontrer les responsables des associations liégeoises actives dans le domaine de la défense des gays et des lesbiennes. Elle était accompagnée par Marie-Claire Lambert, Députée fédérale et Chef de groupe PS au Conseil Communal, dont nous connaissons la constance du soutien à notre égard. Les associations liégeoises présentes étaient Alliàge, le CHEL et La Lucarne. Michel Thomé (Alliàge), Annelore (CHEL) et Francis Lamberg (La Lucarne) ont présenté à la Ministre et aux collaborateurs de son cabinet qui l’accompagnaient, le travail des trois associations. Christiane Vienne a manifesté un franc soutien à nos associations. Dans le cadre de ses compétences elle a souhaité à la fois étudier les moyens de renforcer l’aide qu’elle nous accorde déjà et solliciter notre expérience en matière d’animation de la vie associative homosexuelle. En effet, si les progrès sont indéniables dans la société belge, il existe encore trop de préjugés et de stéréotypes. La Ministre a souligné notamment les difficultés rencontrées dans le milieu du travail, dans l’accès au logement ou encore en milieu rural. Elle déplore en outre les doubles discriminations. Par exemple le cumul d’un faible revenu et de l’homosexualité entraîne une difficulté accrue lorsqu’il s’agit de louer un appartement.

Volonté de soutenir les associations gayes et lesbiennes partout en Wallonie
Elle souhaite donc étendre à l’ensemble de la Wallonie, autant en milieu urbain que rural, l’expérience positive des associations liégeoises. En particulier, l’ouverture de l’autorité communale, comme l’a rappelé Marie-Claire Lambert, est un élément essentiel du partenariat indispensable à une action sociale efficace. La Ministre estime qu’ensemble, la Région wallonne et les associations doivent pouvoir mener des actions dans les domaines de l’information et de la démystification. Elle juge que les pouvoirs publics doivent être en mesure d’imposer la non-discrimination voulue par la loi. Pour ce faire, le travail législatif ne peut suffire. Il doit se poursuivre sur le terrain, en partenariat avec tous les acteurs concernés. Pour Alliàge, Thierry Delaval a souligné que la désignation d’un(-e) Ministre pour l’Égalité des chances était une première dans le Gouvernement wallon, correspondant à une revendication de longue date du mouvement homosexuel belge et a espéré que le Gouvernement de la Communauté française en fasse de même rapidement, tout comme cette compétence devrait être clairement attribuée à un Échevin dans chaque commune et un Député permanent dans chaque province. Les intentions de la Ministre ne peuvent que nous réjouir a-t-il ajouté, et si notre expérience peut servir à l’avenir pour étendre à d’autres communes de Wallonie le secteur associatif homosexuel, nous serons tout à fait disponibles pour coopérer à cet objectif. La Ministre a ensuite fait la visite de la Maison Arc-en-Ciel et a écouté nos objectifs en matière d’aménagements.

Don de sang : l’attitude de la Croix Rouge est inacceptable
En conférence de presse, la correspondante du mensuel Têtu a soulevé la question du refus par la Croix-Rouge du don de sang par les personnes homosexuelles. Plusieurs intervenants ont expliqué à quel point cette mesure était ressentie comme une véritable discrimination par les homosexuels. Il y a une confusion irrationnelle entre mode de vie et comportement à risque. La Ministre Vienne a jugé cette interdiction inacceptable. Cette attitude ne peut selon elle que stigmatiser une population et il est important de ne pas rester sur des a priori qui figent les choses. Elle s’est dite disposée à interpeller le Ministre fédéral de la Santé et a promis de suivre ce dossier de près.

Thierry DELAVAL Responsable de la Cellule politique

http://vienne.wallonie.be

 


 

Mai 2006 : éditorial

L’agenda de ce mois est d’une densité exceptionnelle, à l’image de notre actualité : comme chaque année à pareille période, Alliàge propose en effet une série d’activités culturelles et récréatives réunies sous la bannière "Quinzaine Arc-en-Ciel liégeoise", en collaboration avec le CHEL et LaLucarne.org. Cet ensemble de manifestations constitue le prélude à la Belgian Lesbian and Gay Pride. Fidèle à sa tradition, Alliàge participera au défilé dans les rues de Bruxelles sur un autobus à impériale. Nous invitons tous nos membres, sympathisants, leurs amis et familles à nous rejoindre pour faire la fête. Car il s’agira bien de fêter dignement cette nouvelle avancée majeure dans les revendications du mouvement associatif gay et lesbien qu’est l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe : le 20 avril dernier, l’assemblée plénière du Sénat a en effet approuvé par 34 voix pour, 33 contre et 2 abstentions le projet de loi venant de la Chambre en rejetant un par un les 39 amendements déposés. L’amendement le plus controversé était sans doute l’un de ceux qu’avait déposés la liégeoise Christine Defraigne, chef du groupe MR : il visait à restreindre la faculté d'adopter aux seuls cas où il existe un lien biologique entre l'enfant et un des deux partenaires de même sexe. Il faut savoir que l’acceptation d’un seul amendement aurait renvoyé le texte à la Chambre pour un nouveau vote, ce qui aurait eu pour conséquence de prolonger encore un parcours législatif déjà bien long, avec un risque non négligeable d’enlisement. Le vote a été très serré : les onze sénateurs PS, les douze sp.a-Spirit, les deux Ecolo et la sénatrice indépendante Amina Derbaki Sbaï (ex-FDF) ont voté pour tandis que les neuf MR présents, les trois cdH, les neuf CD&V, les huit Vlaams Belang, l’unique Front National ainsi que les sénateurs indépendants Hugo Coveliers (ex-VLD), Francis Detraux (ex-FN) et Luc Paque (ex-cdH) ont voté contre. Les libéraux flamands du VLD étaient partagés : huit ont voté pour, et deux se sont abstenus (Annemie Van de Casteele et Patrick Vankrunkelsven). Les sénateurs Marc Wilmots (MR) et Pierre Chevalier (VLD) étaient pour leur part excusés. Le vote de ce jeudi 20 avril est définitif, mais il faudra encore attendre la sanction royale et la publication au Moniteur belge pour que la Loi soit effectivement applicable. Alliàge s’est naturellement réjoui de ce vote et l’a fait savoir par voie de communiqué de presse (voir ci-dessous).

(Michel Thomé)

 


 

21 avril 2006 : Communiqué de presse

Ouverture de l'adoption aux personnes de même sexe : une avancée sociale et un message de tolérance au reste du monde

Alliàge, association de défense et d’entraide des gays et des lesbiennes en région liégeoise, se félicite du vote intervenu hier au Sénat en faveur de la proposition de loi autorisant l’adoption par les personnes de même sexe. Celui-ci clôture la procédure législative et ouvre la porte à la promulgation définitive de la loi.

Après l’adoption du projet à la Chambre le 1er décembre dernier, l’évocation par le Sénat était apparue comme une ultime manœuvre pour tenter de faire échouer le projet. Alliàge se réjouit d’autant plus qu’une majorité de membres du Sénat se soit mobilisée pour déjouer ce scénario.

Avec l’ensemble des associations homosexuelles du pays, nous sommes heureux de voir enfin l’aboutissement d’un combat de près de 15 ans. La loi adoptée hier ne fait en effet que compléter la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe de 2003 qui n’avait pu être adoptée qu’en excluant l’adoption.

Plus qu’un projet éthique, il s’agit d'une avancée sociale importante. Désormais, il deviendra possible pour les enfants vivant dans des familles homoparentales de bénéficier de la sécurité qu’offre la protection entière de deux parents, comme c’est le cas des autres enfants. La procédure d’adoption permettra aussi d’instituer la coparentalité lorsqu’un enfant naît, par exemple, d’une insémination artificielle au sein d’un couple de femmes.

Alliàge se réjouit également que le législateur ait renoncé à exclure l’adoption d’enfants autres que ceux ayant un lien biologique avec l’un des deux parents. Restreindre l’adoption aux enfants nés par exemple d’une relation précédente dans le seul cas des couples homosexuels n’aurait conduit qu’à déplacer la discrimination introduite par la loi sur le mariage de 2003.Si l’adoption d’enfants belges ou étrangers se heurtera encore a de nombreux obstacles, elle reste cependant dans certaines situations la seule perspective à terme pour les couples homosexuels d’un jour accueillir des enfants en situation de détresse. Symboliquement, notre pays lance aussi au reste du monde un message de tolérance et d’ouverture dont nous pouvons être fiers.

(Thierry Delaval - Responsable de la Cellule Politique)

 


 

Avril 2006 : Éditorial
Adoption internationale : résistances au Sénat

La procédure d’adoption de la loi ouvrant l’adoption aux personnes de même sexe se poursuit. Après le vote à la Chambre le 1er décembre 2005, le Sénat a usé de son droit d’évocation. Le délai initial de 60 jours pour l’examen au Sénat a été prolongé de 30 jours supplémentaires. Une nouvelle étape a été franchie le 7 mars. La Commission de la Justice a en effet adopté le texte de la Chambre par 9 voix contre 8, repoussant ainsi des amendements qui auraient affaibli le texte, voire l’auraient purement rejeté.

Reste au Sénat à se prononcer en assemblée plénière. Ce vote devrait intervenir le 20 avril. Il faut savoir que si le projet de loi adopté par la Chambre est voté tel quel par le Sénat, le texte est définitivement adopté et soumis à la sanction royale. Par contre, s’il est modifié d’une quel- conque manière, la Chambre doit voter à nouveau. Au minimum, cela entraînerait un nouveau retard, ce qui n’est pas sans risque à l’approche d’une période électorale.

Il apparaît clairement que certains mouvements politiques tentent de jouer cette course contre la montre pour empêcher le texte d’être voté sous cette législature et obliger de reprendre tout à zéro. Passons sur cette initiative assez ridicule de deux sénateurs MR (Jean-Marie Cheffert, particulièrement acharné contre le projet, et Jihane Annane) de soumettre le sujet à un référendum national, politiquement contraignant. La Commission de la Justice l’a rejetée.

Plus sérieuse est la volonté d’un ensemble de sénateurs de déposer un amendement en séance plénière qui exclu- rait du projet de loi l’accès à l’adoption internationale. Même si l’intention évidente est d’obliger la Chambre à réexaminer le texte et d’offrir une nouvelle opportunité d’évocation au Sénat pour bloquer l’adoption de la loi, les arguments méritent d’être examinés. On retiendra en gros que, selon eux, il ne faut pas laisser croire aux homosexuels qu’ ils pourront adopter des enfants d’origine étrangère car la plupart des pays "donateurs" s’y opposent. Mais aussi, cette disposition nuirait à la confiance des ces pays vis-à-vis de la Belgique et aurait des répercussions négatives sur les adoptions par les hétérosexuels.

Ces arguments sont dérisoires. D’une part nous savons bien qu’il ne faut effectivement pas se faire beaucoup d’illusions sur la possibilité pour des couples homosexuels d’adopter des enfants étrangers, du moins pour l’instant. La loi ne changera pas du jour au lendemain les garanties exigées par les pays d’origine des enfants. Mais il est important qu’au niveau belge notre législation soit ouverte à des évolutions futures, ou que les organismes d’adoption puissent progressivement se tourner vers d’autres pays plus ouverts. De plus, l’argument de la réaction d’autres États pour bloquer une avancée dans notre pays est un comble. Comment justifier de laisser subsister une discrimination en Droit belge sous prétexte que cela serait fort apprécié en Chine, en Bolivie ou au Mali ? Ces sénateurs ont une étrange conception de la souveraineté nationale qu’ils sont pourtant censés incarner.

Quant à une possible réaction de rétorsion elle est purement fantaisiste dans la mesure où un État ne recourt à l’adoption de ses ressortissants que dans des situations de nécessité absolue, privilégiant d’abord, et c’est heureux, toute autre solution à l’intérieur de son propre pays. Dès lors qu’ils auront les garanties suffisantes, l’adoption par des couples hétérosexuels ne sera pas remise en question. Dans les faits, certains pays s’opposent déjà aux adoptants isolés pour cette raison, sans que cela ne freine l’adoption par des couples hétérosexuels.

(Thierry Delaval - Responsable de la Cellule Politique)

 


 

Mars 2006 : Éditorial
Au nom de la philosophie naturelle

Il y a quelques jours, le 22 février, les maires de Paris, Londres, Berlin et Moscou se sont réunis en sommet. Le maire de Moscou, Youri M. Loujkov, interrogé sur son attitude vis-à-vis de la prochaine gay pride qui doit se tenir dans cette ville, moyennant son autorisation, a répondu à la presse avoir une attitude négative face à l'homosexualité selon (sa) philosophie naturelle (Têtu.com du 23 févier). Après la Pologne (voir l'édito du mois dernier), la Russie affiche clairement son homophobie et ce devant les maires ouvertement homosexuels de Paris (Bertrand Delanoë) et Berlin (Klaus Wowereit). Bien évidemment, ces deux derniers ont pris leur distance expliquant que l'homosexualité n’est pas contre nature.

Que deux des plus grandes villes d’Europe aient des maires vivant ouvertement leur homosexualité, ce qui ne les a pas empêchés d’être élus, montre l'évolution positive des pays occidentaux. Mais l’attitude du maire de Moscou est probablement encore très répandue, y compris parmi les personnalités politiques de notre pays. À l’approche des élections communales et provinciales, il me paraît important de répéter qu'Alliàge n'admettra pas de telles prises de position sans réagir. Le pouvoir communal est celui le plus proche des gens. Il est donc essentiel pour le bien être des gays et des lesbiennes que les communes s'engagent à les accueillir comme tous les autres citoyens. Dans le cadre de l’animation de leur ville, certaines administrations communales françaises, ont élaboré avec les associations LGBT et les commerçants (entre autres) des chartes gay friendly. Cette initiative paraît intéressante. Par ailleurs, ce sont me semble-t-il, les écoles ainsi que les services d’état civil et de police qui sont les plus concernés. Alliàge reviendra sur ces questions dans les mois à venir. Je vous signale dès à présent que le thème de la prochaine gay pride, le 27 mai, sera consacré à cette problématique. Cette année, nous défilerons en effet sous le slogan DiverCity.

Pour répondre au maire de Moscou, j’emprunterai le raisonnement du Docteur Yves Ferroul (Médecins et sexualités, Ed. Ellipses, 2002). Les jambes sont faites pour marcher, dit-il, mais est-il contre nature, et donc répréhensible moralement, de les utiliser pour nager ? Il poursuit en expliquant que l'expression contre nature a constamment changé de sens durant les siècles. Pour le philosophe grec Sénèque, l'homosexualité était contre nature parce qu'elle était un comportement trop raffiné comme de prendre un bain chaud plutôt qu'un bain froid. Saint-Augustin estime qu'il est contre nature de dégrader le corps d'un homme au niveau de celui de la femme. Heureusement, les féministes ont mis fin à cette vision de la supériorité de l'homme sur la femme. Au Ve siècle, Salvien de Marseille tient un raisonnement proche. Ce qui est contre nature, c’est le comportement hyper viril de l'homosexuel qui ne se contente pas de dominer une femme et cherche à dominer un autre homme. Enfin, depuis le XIXe siècle, c'est plutôt la condamnation d’une activité sexuelle non reproductive qui est dénoncée par cette expression. Toutes ces définitions apparaissent au- jourd'hui vides de sens. Au contraire, selon Y. Ferroul, l'humanité s'enrichit de toutes les expériences et dans ce cadre l'homosexualité n'est qu'une simple variante comportementale dans laquelle cette prétendue philosophie naturelle n'a rien à voir.

(Thierry Delaval)

 


 

Février 2006 : Éditorial

Le Parlement européen réuni à Strasbourg a voté, mercredi 18 janvier, une résolution importante contre les discriminations homophobes. Il a ainsi clarifié sa position tout en interpellant la Commission. Cette dernière n’a en effet rien fait pour sanctionner deux "nouveaux" États membres qui ont récemment adopté des législations particulièrement hostiles aux lesbiennes et aux gays : la Pologne, qui a interdit les Gay Prides 2005 à Varsovie et Poznan (Lech Kaczyński, le Président polonais, se déclare ouvertement "partisan de la tolérance mais opposé à la propagation de l’orientation gay"), et la Lettonie qui a promulgué le 21 décembre dernier un amendement à sa Constitution précisant que "le mariage ne peut être que l'union d'un homme et d'une femme". Le texte adopté par les eurodéputés condamne ces répressions homophobes. Il réaffirme aussi que “les partenaires de même sexe doivent jouir du même respect, de la même dignité et de la même protection que le reste de la société". Il condamne fermement toute discrimination sur la base de l'orientation sexuelle et réclame à la Commission européenne de "garantir la liberté de mouvement des citoyens et de leurs familles ainsi que de leurs partenaires ayant contracté une union civile", même dans les pays où une telle union n'existe pas. Enfin, il demande de reconnaître les homosexuels comme victimes du régime nazi, et appelle à l’organisation d’un séminaire sur "l’échange de bonnes pratiques" le 17 mai prochain, date de la Journée mondiale contre l'homophobie. Cette résolution historique a recueilli l’approbation de 468 eurodéputés et l’opposition de 149 d’entre eux, issus principalement des droites italienne et polonaise. 41 se sont abstenus. Côté belge, 1 seul a voté contre : le Vlaams Belang Philip Claeys. 3 étaient ab- sents et les 20 autres ont voté pour. La résolution a été transmise à la Commission, aux Gouvernements des États membres et aux pays adhérents et candidats.

(Michel Thomé)

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Editos 2005


 

8 Novembre 2005 : Lettre aux Députés

Monsieur le Député,
Madame la Députée,

En tant que responsable de la Cellule politique d'Alliàge, l'association liégeoise gaye et lesbienne la plus importante de Wallonie, j'ai l'honneur de vous faire parvenir en pièce jointe une brève contribution au débat sur l'ouverture de l'adoption aux couples de même sexe.

Alliàge et ses 230 membres sont en effet très attentifs aux travaux parlementaires sur cette proposition de loi et aux échos dont la presse a rendu compte. Il nous a semblé que certaines dimensions de la question, en particulier la dimension sociale, étaient fort peu présentes. Aussi, plutôt que de reprendre une fois encore les arguments des défenseurs de ce projet, que par ailleurs nous partageons, il nous a paru utile de vous faire part de notre réflexion sur cette dimension, dans l'espoir qu'elle contribuera à compléter votre propre perception des enjeux importants de cette évolution législative pour des milliers de citoyens belges.

Vous remerciant d'avance pour votre attention, nous restons à votre disposition et vous prions de croire, Monsieur le Député, Madame la Députée, à l'assurance de notre parfaite considération.

Pour Alliàge a.s.b.l. Thierry DELAVAL
Responsable de la Cellule politique

Adoption par les couples de même sexe : question éthique ou progrès social ?

Au moment de la reprise des travaux de la Chambre sur le projet de loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe, il est utile de rappeler le contexte global dans lequel ce projet s’inscrit. Davantage qu’une question éthique – peut-on valablement assimiler sous cette appellation fourre-tout des sujets aussi divers que la biotechnologie des cellules souches et l’homoparentalité – il convient d’aborder ce projet sous l’angle du progrès social.

Lorsqu’en janvier 2003 la Belgique a ouvert le mariage aux personnes de même sexe, elle a posé un acte pionnier dans les vastes champs de l’histoire politique de l’émancipation sociale et des libertés individuelles. On sait que pour l’essentiel, le mouvement d’émancipation sociale qui a parcouru le 20ème siècle a visé à corriger la conception restrictive de l’ordre social issue du 19ème siècle, dont les institutions du mariage et de la famille constituent des dimensions centrales. L’émancipation de la femme, l’égalité des droits, le droit du divorce, la dépénalisation de l’avortement, sont autant d’évolutions qui ont permis d’assouplir un modèle trop rigide. Ces avancées légales n’ont pas été reçues unanimement à l’époque de leur instauration. De plus, certaines ont dû être accompagnées ou corrigées, par exemple par l’instauration de la pension alimentaire. Mais aujourd’hui, force est de reconnaître qu’elles étaient de nécessaires adaptations de nos vieux modèles et que, s’il s’en trouvent transformés, cela même les a pérennisés.

Le mariage entre personnes de même genre (expression préférable à celle de la loi, le sexe n’étant qu’une des dimensions du genre – masculin ou féminin), maintenant installé dans notre droit civil, s’inscrit dans ces évolutions nécessaires. On peut aujourd’hui faire le constat qu’il n’a pas ébranlé l’ordre social. Au contraire, il a permis l’intégration d’un plus grand nombre d’individus dans la société belge, remarquablement ouverte au progrès social, à la défense des libertés individuelles et à la multiculturalité.

Si celui-ci n’a pas fait vaciller l’institution du mariage, il est tout aussi irrationnel de craindre que l’homoparentalité puisse ébranler l’institution familiale. De la même façon, elle va au contraire l’enrichir, signe d’une société belge remarquablement plurielle et combien vivante. N’est-il pas déjà perceptible sur la scène internationale que la Belgique s’est hissée parmi les pays les plus novateurs en matière de modèle de société et n’a plus guère à envier la réputation des Pays-Bas ou des pays scandinaves ?

Plusieurs évènements récents ont montré que la société belge est prête à cette nouvelle évolution au cœur de nos libertés fondamentales. On se rappellera les conclusions favorables en la matière des États généraux des Familles organisés de novembre 2003 à avril 2004 par l’ancienne Secrétaire d’État à la Famille Isabelle Simonis. La récente prise de position de la Ligue des Familles en faveur de l’homoparentalité est tout aussi remarquable. Mais à ceux qui doutent de la légitimité de cercles qui pourraient leur paraître trop restreints, il convient également de souligner deux appuis de masse.

Le premier est incontestablement la Gay Pride du 7 mai 2005. On oublie parfois que la Gay Pride, organisée chaque année à Bruxelles est d’abord un événement social et politique. Elle est l’initiative conjointe de tout le mouvement associatif gay et lesbien du pays et est avant tout l’occasion d’adresser un message aux responsables politiques et à la société civile. En mai dernier, 25.000 personnes ont ainsi soutenu la revendication centrale de la Gay Pride, qui était précisément l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe. C’est dix fois plus que les deux contre-manifestations qui ont eu lieu à Bruxelles les 10 et 17 septembre.

Le second montre un soutien plus large encore. Le sondage paru dans La Libre du 30 juin 2005 sur diverses questions éthiques d’actualité faisait apparaître une grande maturité de l’opinion publique vis-à-vis de ces questions. En particulier concernant "l’adoption par les gays", selon les termes utilisés dans ce journal, le sondage révèle que 46 % des belges interrogés y sont favorables. Ce n’est certes pas une majorité, comme le souligne le commentaire du journaliste, mais on ne peut qu’être frappé par la très haute acceptation de cette proposition dans notre population. Quelles propositions législatives pourraient dans notre pays se prévaloir d’un si bon résultat ?

Thierry DELAVAL
Sociologue,
Membre du Conseil d’Administration de l’association liégeoise gaye et lesbienne ALLIAGE.

 


 

Novembre 2005 : Éditorial

Le Conseil d’État a donc finalement rendu son avis à propos de l’adoption par les couples de même sexe. Comme on pouvait plus ou moins s’y attendre, il s’agit d’un avis d’ordre purement technique et juridique : on peut aisément imaginer que le Conseil d’État n’a pas souhaité prêter le flanc à une polémique comme celle qu’il avait provoquée suite à l’examen de la proposition de loi ouvrant le mariage, où d’aucuns avaient estimé qu’il débordait quelque peu de son rôle en étayant ses positions par des arguments relevant davantage de la morale que de l’aspect juridique. Cet avis n’étant en définitive ni tout à fait positif ni complètement négatif, le parcours législatif peut reprendre son cours : c’est donc le 9 novembre que la Commission Justice devra se prononcer, avant que la Chambre ne le fasse à son tour en séance plénière. Dans l’intervalle, il est encore possible (mais pas obligatoire) que la proposition de loi soit évoquée au Sénat avant un nouvel examen à la Chambre, ce qui allongerait le processus de deux bons mois encore...

Ces surséances à répétition obligent les "pour" et les "contre" à rivaliser d’initiatives en tous sens de façon à faire balancer les indécis parmi les 150 Députés qui devront se prononcer. À l’heure où j’écris ces lignes, on compte 52 Députés qui voteront "non" : il s’agit du Vlaams Belang (18/18), du FN (1/1), du cdH (5/7), du MR (18/25) et du CD&V (10/21). Ceux qui voteront "oui" sont pour l’instant au nombre de 36 : Ecolo (4/4), le PS (10/25), sp.a-spirit (12/23), le VLD (8/25), et le MR (2/25). Il reste donc pas moins de 62 indécis qui seront inévitablement très courtisés...

(Michel Thomé)

 


 

Octobre 2005 : Éditorial

Alors que la "grande manifestation européenne" du 17 septembre dernier n’a finalement rassemblé que 400 à 500 personnes (1500 selon les organisateurs), infligeant ainsi un échec cuisant au collectif soi-disant apolitique, mais clairement identifié comme très proche de l’extrême-droite (voir édito précédent), l’état d’avancement des propositions de loi relatives à l’adoption par les couples de même sexe est, il faut bien le dire, à l’arrêt : le Conseil d’État, sollicité le 19 juillet dernier par le Président de la Chambre des Représentants Herman de Croo, n’a toujours pas rendu son avis. Les opposants profitent de cette accalmie pour multiplier les appels à signature, par le biais notamment de deux pétitions. Il va de soi que si les "anti-" gardent toute leur force de mobilisation, il doit en être de même pour les "pro-". J’évoquais ici-même le mois dernier la pétition lancée à l’initiative de la Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles, de la FAGL et de Tels Quels. Cette pétition restera disponible en ligne jusqu’au jour du vote au Parlement. Pour celles et ceux qui ne disposent pas de connexion à Internet, il est à présent possible de signer un document "papier". Il est disponible à la Maison Arc-en- Ciel lors de toute activité annoncée à l’agenda.

Parallèlement, une proposition de loi relative à la trans- sexualité discutée en commission à la Chambre il y a plu- sieurs mois, devrait prochainement faire l'objet de débats parlementaires. Cette proposition, bien que très attendue, inquiète le collectif "Trans-Action" qui a mis en avant les conséquences dommageables que pourrait avoir cette loi si elle était votée telle quelle : elle impose un âge minimal de 18 ans pour la transition (comment alors vivre son adolescence dans un corps quasiment étranger ?) ; elle détermine qui va avoir droit aux soins et par qui ils seront donnés avec toutes les discriminations que cela risque d'engendrer ; elle est d'une manière générale nettement moins bien conçue que les lois équivalentes aux Pays-Bas, au Royaume-Uni ou en Espagne. Le collectif demande donc instamment aux autorités belges de prendre en compte les observations et les amendements émis par signataires d'une pétition que vous pouvez également signer en ligne à l'adresse http://petitiononline.com/betslaw/

(Michel Thomé)

 


 

Septembre 2005 : Éditorial

Une plateforme revendicative relative à la proposition de loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe a été rédigée en commun, sous forme de lettre ouverte adressée au Parlement, par la Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles,La FAGL et Tels Quels asbl. Alliàge, en tant que membre de la FAGL, s’inscrit également dans cette initiative. Nous vous invitons dès lors à soutenir cette action en signant la plateforme. Elle est accessible sur le site de la MAC de Bruxelles. Il n’existe mal heureusement pas de solution alternative à Internet. Voici le texte intégral de cette plateforme:

L'adoption par les couples gays et lesbiens ou le droit pour leurs enfants d'avoir deux parents.

À l'heure où la Chambre va entamer la discussion sur la proposition de loi ouvrant le droit à l'adoption aux couples gays et lesbiens,

Nous, signataires de cette lettre ouverte,

rappelons que cette proposition de loi n'ouvre pas le droit à la parentalité aux gays et aux lesbiennes, puisque cette parentalité existe déjà dans les faits et que beaucoup d'enfants sont élevés par des gays et des lesbiennes, mais qu'elle renforce les droits de ces enfants ;

observons qu'il existe des enfants de gays et de lesbiennes de tous les âges qui ont fait l'objet de nombreuses études et qui ne montrent aucun signe particulier dû à leur parenté ;

dénonçons les discriminations dont sont victimes les enfants élevés par ces couples auxquels la loi refuse le droit d'être reconnus par leurs deux parents, ce qui les discrimine dans leur quotidien où un seul de leurs parents est habilité à décider de leur devenir, mais aussi dans tous les droits liés à la filiation (droit d'héritage, droits alimentaires…) ;

entendons les craintes que ces enfants vivent dans un climat potentiellement homophobe, mais rappelons que la meilleure façon de les entourer est de lutter contre l'homophobie, notamment à l'école, est de reconnaître publiquement que l'orientation sexuelle n'a pas d'incidences sur les qualités éducatives des parents, tout en rappelant les droits et devoirs que les couples gays et les- biens ont par rapport à leurs enfants ;

soulignons que l'adoption est loin d'être une façon facile et automatique d'exercer un soi-disant droit à l'enfant mais une démarche réfléchie, longue et légalement en- cadrée, visant à fonder une famille et à offrir à l'enfant le meilleur cadre de vie possible ;

remarquons que les propositions de loi qui veulent régler la situation juridique de ces enfants sans passer par l'adoption, sont inutilement compliquées, alors que la proposition de loi ouvrant l'adoption aux couples de même sexe est celle qui garantit le mieux une égalité entre les enfants élevés dans ces familles et ceux élevés dans d’autres cadres familiaux ;

demandons dès lors au Parlement de voter sans tarder cette loi et de mettre fin aux discriminations qui frappent aujourd'hui les enfants élevés par des gays ou des lesbiennes.

Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles - Chille Deman, Président
FAGL - Dominique Delrez, Président
Tels Quels - Guy Moins, Président

 

Parallèlement à cette démarche, nos amis flamands de la HolebiFederatie ont eux aussi écrit une lettre ouverte, dont voici la traduction :

Adoption par les couples de même sexe : un débat plein d'opinions erronées

Le débat au sujet de l'ouverture de l’adoption aux couples de même sexe fait rage. Mais cela ne va pas sans confusion. On affirme parfois que le combat pour l'adoption est une lutte purement symbolique pour des droits égaux. Cela n'est pas exact. La parentalité des lesbiennes et des gays est une réalité sociale : en Belgique, des centaines d'enfants grandissent dans une famille homo- parentale. Il s'agit le plus souvent d'enfants nés dans une famille lesbienne, après insémination artificielle avec donneur de sperme anonyme. Dans de telles familles, la deuxième mère n'a pratiquement pas de devoirs et de droits face à l'enfant. Elle n'a par exemple aucun droit de décision quant à l'enseignement à suivre par l'enfant, ou sur les questions médicales... En fait, la mère n'est pas responsable de l'enfant. Elle ne doit pas non plus payer d'argent pour l'entretien de l'enfant, pas de pension alimentaire. Entre la mère et l'enfant aucun droit successoral automatique n'existe. Si les deux femmes se séparent, parfois la mère non biologique n’aura plus l’occasion de voir l’enfant ; elle n’ob- tiendra que très difficilement un droit de visite. Quand l’enfant est bébé, la compagne ou l’épouse de la mère n'a pas de droit au congé parental. Mais, assez cyniquement, on tient compte de sa présence lorsque la crèche calcule les revenus des parents pour évaluer la contribution à payer pour l'enfant... Alors, là, oui, on se souvient que cet enfant a deux mamans! Et - encore plus cynique – c’est seulement après le décès de la mère juridique que la deuxième mère peut obtenir une re- connaissance juridique, si elle a été indiquée en tant que tuteur testamentaire. Pour toutes ces raisons, donner à la deuxième mère la possibilité d’adopter l’enfant par le moyen de la co-adoption est ici la meilleure solution. L'enfant obtient deux parents à part entière et la deuxième mère obtient les devoirs et les droits à part entière vis-à-vis de l'enfant. Une autre interprétation erronée de la problématique que l’on rencontre souvent est celle qui consiste à dire que deux hommes souhaitant un enfant n’auront qu’à se précipiter vers un organisme d’adoption ou s’adresser à une mère porteuse pour "obtenir" un enfant. L'adoption est toujours soumise à une procédure sévère. Il y a une phase de préparation, une enquête sociale approfondie a lieu, puis le Juge de la Jeunesse se prononce. L'adoption n’est donc en aucune manière inspirée uniquement par la réalisation rapide d’un souhait d’avoir des enfants, mais bien une mesure de protection de l'intérêt de l'enfant. L'adoption par un parent seul est d'ailleurs possible en Belgique, un homme gay peut donc adopter un enfant. Si le but est d’élever un enfant à deux, il est toutefois possible que les deux hommes s’impliquent dans la procédure, et de leur donner à tous deux des devoirs et des droits à part entière vis-à-vis de l'enfant. Il n'est pas exact non plus qu’aucun pays étranger ne veut céder d’enfants à l’adoption par des couples de même sexe. Chaque pays est libre. Le traité d'adoption de La Haye admet les accords bilatéraux et prévoit que les pays d'origine peuvent évaluer au cas par cas. De moins en moins de pays font montre de réticences. En Europe, la Suède, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Islande, le Danemark (et bientôt l'Espagne) reconnais- sent la co-adoption ou l’adoption par les couples de même sexe. On entend souvent dire aussi qu’il y a très peu de recherches sur l’homoparentalité. C’est une autre opinion non fondée. Des études et thèses de doctorat récentes, entre autres de Nadaud, Bos, Vanfraussen, de Kanter et Brewaeys montrent qu’un enfant peut grandir très harmonieusement dans une famille homoparentale. Mais ici on voit les opposants à l’adoption installer un cercle vicieux : interdire aux couples de même sexe d’avoir l’occasion d’élever ensemble des enfants, c’est empêcher que l’on puisse montrer que cette éducation se passe bien. Une dernière opinion erronée est que la fa- mille homoparentale serait isolée et ne bénéficierait d’aucun soutien social. Une en- quête du "Morgen" a récemment encore montré que 37% des Belges trouvent que les gays et lesbiennes DOIVENT pouvoir adopter, tandis que 32% seulement sont contre. Une majorité des Belges est favorable à l’adoption par les couples homosexuels. Les États Généraux des Familles et le Centre pour l'Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme sont pour l'ouverture de l'adoption. Le parlement flamand a déposé une proposition pour l’adoption par des couples homo- sexuels. Même les services d'adoption flamands reconnus sont pour ! Pour un enfant, il est important de grandir dans un entourage où il bénéficie de l'amour, de la chaleur, des soins et de l'attention aux- quels il a droit. Le législateur ne doit pas fermer les yeux sur une réalité sociale, et doit prendre ses responsabilités.

Aussi, les enfants de parents homosexuels ont droit à avoir un lien juridique à part entière avec les deux adultes qui les éduquent. L'ouverture de l'adoption est pour cela le moyen le plus approprié.

(Michel Thomé)

Sources : www.rainbowhouse.be, www.holebifederatie.be

 


 

Août 2005 : Éditorial
ADOPTION : L'EXTRÊME DROITE AUX BARRICADES !

La proposition de loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe semblait, il y a quelques semaines encore, suivre un parcours parlementaire étonnamment calme... On tenait pratiquement pour acquis son vote en séance plénière de la Chambre avant les vacances parlementaires. C’était sans compter sur les revirements multiples du CD&V mais surtout du MR et plus singulièrement de son Président Didier Reynders, qui n’a manifesté aucun scrupule à changer trois fois de position en moins de deux mois. Il s’agit d’un important débat de société, personne ne prétendra le contraire. On ne peut cependant que regretter que ce soit sur- tout avec des arguments tendancieux (le désir "égoïste" des gays et lesbiennes, le "droit de l’enfant et pas le droit à l’enfant", le "principe de pré- caution" etc.) ou des boîteuses solutions alternatives (la tutelle, la parentalité sociale etc.) que les opposants se manifestent. Celles et ceux parmi vous qui ont participé à notre débat du 2 mai der- nier, ou qui consultent notre abondante revue de presse, ou encore qui, plus simplement, suivent l’actualité savent que la véritable raison de la réticence des opposants à cette proposition est la re- mise en cause de leur conception traditionnelle de la famille. C’est ainsi que le 17 septembre prochain aura lieu à Bruxelles une manifestation intitulée "la famille, c’est vraiment important", à l’initiative du Collectif "Papa, Maman et moi". En essayant d’en savoir un peu plus sur ce collectif, j’ai été surpris de constater que son siège social est le même que celui de l’association catholique intégriste "Belgique et Chrétienté", mais également du magazine d’extrême droite "Polémique-info". Plus troublant encore : à la tête de ces trois organismes, on trouve une figure d’extrême droite bien connue : Alain Escada, ancien porte-parole du Front Nouveau de Belgique (le “Front National bis" de Marguerite Bastien), actif dans toute la mouvance nationaliste et intégriste, de la Fraternité Saint Pie X au mouvement NATION. À l’instar du Nonce Apostolique en Belgique, plusieurs personnalités politiques ont d’ores-et-déjà manifesté leur intention de répondre favorablement à l’appel lancé par M. Escada en se rendant à cette manifestation, ou en reprenant son discours à leur compte. Si cet engagement est pris de bonne foi, il y a là à tout le moins matière à préoccupation. Si en revanche c’est en toute connaissance de cause, ça me semble plus inquiétant encore...

(Michel Thomé)

 


 

Juin 2005 : Éditorial

La Belgique est devenue, le 19 mai dernier, le deuxième pays au monde à instaurer une journée nationale de lutte contre l’homophobie. La date retenue sera la même chaque année : le 17 mai. Cette date n’a pas été choisie au hasard : c’est en effet le 17 mai 1990 que l’Organisation Mondiale de la Santé supprimait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Le premier objectif de cette journée est de susciter des actions de for- mes très diverses : débats, expositions, animations, campagnes de sensibilisation etc. Ces initiatives pourront êtres portées par le milieu associatif gay et lesbien, mais aussi par des organisations de défense des droits humains, de plus en plus interpellées par ce problème qu’est l’homophobie. Le second but de cette Journée est de coordonner et rendre visibles les actions. Si elles ont lieu le même jour, elles seront d’autant plus visibles et efficaces. Et comme ce jour deviendra un rendez-vous annuel, les médias et l’opinion publique seront d’autant plus attentifs aux questions soulevées, ainsi qu’aux progrès ou reculs constatés. Troisième objectif : faire adopter cette journée au niveau mondial. Le Gouvernement s’est ainsi engagé à œuvrer auprès des instances internationales dont notamment l’Organisation des Nations Unies, le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme et la Commission européenne, afin qu’elles inscrivent cette journée dans leur agenda officiel pour donner plus de visibilité aux initiatives futures et renforcer les expériences engagées en la matière. La lutte contre l’homophobie n’est pas seulement l’affaire des lesbiennes et des gays, mais elle relève pleinement de l’autorité publique et de la volonté de l’ensemble de la société.

(Michel Thomé)

Sources : Chambre des Représentants - Résolution relative à l’instauration du 17 mai comme journée nationale de lutte contre l’homophobie | Louis-Georges Tin - Sept questions a propos de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie

 


 

Mai 2005 : Éditorial

L'élection du Cardinal Joseph Ratzinger comme nouveau Pape peut difficilement être perçue comme un signe encourageant quant au regard de l’Église sur les lesbiennes et les gays. Nous avons donc jugé opportun de réagir par voie de presse. Le communiqué reproduit ci-dessous a été publié dans son intégralité dans "La Libre" du 21 avril dernier, et par extraits dans "Le jour Liège" et "La Meuse" du même jour. Il nous a également valu quelques interventions dans les journaux parlés de la RTBF des 20 et 21 avril.

(Michel Thomé)

L’Église Catholique se choisit un Pape hostile aux homosexuels. Dans sa dernière homélie avant le Conclave, Monseigneur Ratzinger avait dénoncé "la dictature du relativisme", soulignant qu’ "une foi adulte n’est pas une foi qui suit le mouvement des tendances ou les dernières nouveautés". Comment ne pas voir dans cette prise de position une nouvelle affirmation de son hostilité vis-à-vis des évolutions sociales notamment en ce qui concerne le mariage entre personnes de même sexe ? Joseph Ratzinger, qui a dirigé jusqu’à ce jour la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, héritière de la Sainte Inquisition, était à ce titre l’auteur de la lettre aux Évêques publiée le 31 juillet 2003 intitulée "Considérations à propos des projets de re- connaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles". Cette lettre avait, on s’en sou- vient, créé un grand émoi dans le monde et singulièrement en Belgique, intervenant immédiatement après l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe dans notre pays. Le Vatican y adressait des injonctions aux élus politiques, faisant fi de la séparation de l’Église et de l’État, et allant jusqu’à inciter les mandataires à la désobéissance civile. Ce qui était - et demeure - à la fois incompréhensible et inacceptable dans ce texte, c'est son caractère vindicatif à l'encontre des homosexuels, qui confine à l'homophobie. Pour le Cardinal devenu Pape, mariage et procréation ne font qu'un, prenant le contre-pied de la Constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile Vatican II qui établit pourtant "Le mariage cependant n'est pas institué en vue de la seule procréation". Malgré cela, ce que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi prétendait en effet rappeler, c'est que "dans le dessein du Créateur, la complémentarité des sexes et la fécondité appartiennent à la nature même de l'institution du mariage". De cette assertion première découle une série de règles comportementales que l'on connaît bien : chasteté en dehors du mariage, sexualité conditionnée à la reproduction, interdiction de toute forme efficace de contraception, interdit de l'avortement, anathème sur les techniques de procréation médicalement assistée... La lutte contre la reconnaissance des unions homosexuelles, et des familles homoparentales dans la foulée, relève pour la Congrégation, de la défense du bien commun. Tout acte législatif en la matière est qualifié tour à tour de contraire, nuisible, nocif, dangereux... pour le bien commun. Les relations homosexuelles sont des "dépravations graves", des "anomalies", des "actes intrinsèquement désordonnés", des "comportements déviants"... car ils ne "procèdent pas d'une complémentarité affective et sexuelle véritable". La "dimension conjugale" en est absente car l'aide mutuelle des sexes dans le mariage est indissociable de la transmission de la vie. De plus, des contre-vérités flagrantes parsèment ces réflexions, notamment en matière d'éducation des enfants par des couples homosexuels, qualifiée d'acte de violence et de pratique gravement immorale. Dernier argument majeur mis en avant, celui du prosélytisme : accepter le mariage gay revient assurément à promouvoir l'homosexualité et à déstabiliser le tissu social. Cet argument avait d'ailleurs déjà été invoqué en 1992 par la même Congrégation pour s'opposer aux propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles. Tant de redondances, tant de superlatifs, tant d'acharnement ont fait de ce texte un pamphlet haineux. Alliàge avait partagé l'émoi des mouvements catholiques progressistes, qui déjà s'alarmaient de la possibilité de voir le Cardinal Ratzinger succéder à Jean-Paul II. Depuis, cette position a été réaffirmée par le Vatican en octobre 2004 et février 2005, et dans le dernier livre de Jean-Paul II. Il n'y a plus guère de gens, du moins dans nos pays développés et à haut niveau d'instruction, pour suivre ces préceptes qui laissent si peu de place aux notions de désir, de liberté et de tolérance. La "loi morale et naturelle sur la vérité du mariage" n'est plus guère une référence monolithique à prendre ou à laisser, y compris pour les catholiques. Elle est à ce point en décalage par rapport au réel que dans la plupart des pays occidentaux, et spécifiquement en Belgique, le droit civil dissocie aujourd'hui le droit matrimonial et le droit relatif à la filiation. Cette évolution profonde est à elle seule la réfutation de ce que l'appropriation du mariage par les personnes homosexuelles ne relève pas d'une mode quelconque, d'une tendance ou d'une nouveauté un peu futile, comme le laisse entendre le Cardinal Ratzinger. Mais si la grande majorité des citoyens ne se satisfait pas du modèle matrimonial défendu par l'Église catholique de Jean-Paul II et de Benoît XVI, il ne faudra pas s'émouvoir de ce que les personnes homosexuelles partagent largement ce sentiment. Alliàge appelle le monde catholique à la vigilance afin que leur Église ne s'éloigne pas plus encore des réalités sociales.

(Thierry Delaval)

 


 

Avril 2005 : Éditorial

Comme l’année dernière, Liège se démarque nettement pour la semaine arc-en-ciel, cette série de manifestations annonçant la Belgian Lesbian and Gay Pride ; toutes les associations du nord et du sud du pays sont invitées à mettre sur pied au moins une activité dont le but principal est la visibilité. Nous avons décidé, cette année encore, de mettre les petits plats dans les grands. Nos complices du CHEL et de Sportyliège, mais également quelques commerçants amis ont décidé de se joindre à nous pour vous proposer une série d’activités très diverses : c’est par une soirée dansante (l’une des fameuses "Unity Dance") que nous inaugurerons en fanfare cette longue semaine, samedi 23. Trois jours plus tard, notre maison arc-en-ciel accueillera l’exposition de Vincent Scalco et de Christian Libens, pour une durée de deux semaines. Sporty Liège proposera comme à son habitude une séance de natation le mercredi, et notre nouveau secrétaire David animera une soirée littéraire sur le thème du militantisme, le jeudi. Comme l’an passé, le second samedi sera une journée bien chargée avec un circuit "découverte" concocté par notre ami Laurent, suivi d’un apéro à la "petite Provence" et enfin un karaoke au "Relax". Le 2 mai, nous organiserons un débat sur le thème "la famille homo existe, je l’ai rencontrée", mais on vous en reparlera plus en détail bientôt. Et le lendemain, c’est un nouveau partenaire, le salon "nulle part ailleurs", qui accueillera l’expo de Valérie Tosolini et de Julien Ligot. Et pour être complet, pendant toute la durée de cette "semaine-quinzaine", la librairie "La Dérive" (à Huy) proposera une sélection d'ouvrages lesbiens et gays. Nous espérons vivement vous voir nombreuses et nombreux à toutes ces activités, et que vous y trouverez toutes et tous votre bonheur !

(Michel Thomé)

 


 

Mars 2005 : Éditorial

Vous le savez, la défense et la promotion des droits des lesbiennes et des gays constitue une des priorités d’Alliàge asbl. C’est dans ce cadre général que nous avons participé, l’année dernière, aux États Généraux des Familles (EGF). Les conclusions de ces ateliers étaient, on s’en souviendra, extrêmement favorables par rapport à nos revendications : un très large consensus s’était dégagé par rapport à l’adoption par des parents de même sexe. Le point de vue généralement accepté était que ce n’étaient pas les parents qui avaient droit à un enfant, mais les enfants qui ont droit à une éducation saine et équilibrée au sein d’une solide institution familiale. Que cette famille soit composée de parents d’un même sexe ou non ne revêtait aucune importance. Cependant, alors que le Gouvernement s’était engagé, par la voix du Premier Ministre, à trouver des solutions pour le droit de co-parenté et l’adoption par des couples de même sexe, la nouvelle Secrétaire d’État aux Familles, la FDF Gisèle Mandaila a récemment déclaré dans la presse sa volonté de se recentrer sur "la famille traditionnelle"... "Il est essentiel de remettre à l'avant-plan les problèmes de la famille classique, traditionnel- le, et de voir comment on peut articuler les autres modèles familiaux autour de la famille classique. Celle-ci reste quand même le modèle de base de notre société. Pour le Belge moyen, la famille, c'est papa, maman, les enfants." On voudrait balayer d’un revers de la main un an de travail, de négociations et de concertations qu’on ne s’y prendrait pas autrement. C’est dans ce contexte assez défavorable que nous avons décidé de participer aux EGF 2005 : notre voix doit être entendue, notre devoir de vigilance doit s’exercer. Parallèlement, nous suivrons de très près l’avancement des travaux parlementaires relatifs à cette même matière.

(Michel Thomé)

 


 

Février 2005 : Éditorial

Il y a un an environ, notre partenaire le Centre pour l'Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR) a, dans le cadre de sa mission de lutte contre toutes les discriminations, reçu les premières plaintes individuelles relatives à l'exclusion des gays du don de sang. Cette problématique avait déjà été soulevée par Alliàge en 1998 : une conférence de presse avait été organisée, et nos revendications avaient été relayées par plusieurs parlementaires qui avaient interpellé le Ministre de la Santé de l’époque, ainsi que les hauts responsables de la Croix-Rouge belge. Sept ans plus tard, la question reste malheureusement d’actualité. Dans ce contexte, le CECLR a mis sur pied un groupe de travail mettant autour de la table des représentants du Cabinet du Ministre de la Santé Publique et du Service du sang de la Croix-Rouge. La FAGL et la Holebifederatie ont été associées au groupe de réflexion. La question a été abordée dans le cadre d'une réflexion menée d'une part, sur la lutte conte les discriminations et d'autre part, sur la protection de l'intérêt collectif en termes de santé publique. Le groupe de travail a clairement défini que ce n'est pas la catégorie de personnes (les hommes qui ont des relations sexuelles avec un autre homme) qui est en cause mais bien les comportements sexuels (rapports non protégés). Dès lors, le groupe de travail a opté, dans un premier temps, pour la réalisation d'une brochure informative, diffusée dans les centres de transfusions mais aussi au sein du milieu homosexuel, qui expliquera les motivations de la Croix-Rouge dans ses choix. C'est ce projet de brochure que le CECLR vous propose de pré-tester le 5 février. Il est important de signaler que cette brochure reste une première étape et que la discussion sur l'assouplissement des refus n'est pas fermée.

(Michel Thomé)

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Maison Arc-en-Ciel de Liège - Alliàge asbl (association LGBT) – Rue Hors-Château, 7 à 4000 Liège - Tél : 0032 (0)4 223.65.89