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Focus

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Focus 2016


 

Dégâts collatéraux
Une source de l’homophobie dans l’Islam

Orlando, au bout du monde. Petite ville de l’Amérique profonde à peine plus grande que Liège et dont le nom évoque surtout les parcs d’attraction de Walt Disney. Orlando, avec ses communautés noires et hispaniques, et comme partout ailleurs ses clubs gays. Orlando ce 12 juin 2016, nouveau centre de l’horreur parmi les horreurs du monde. La cible est cette fois le dancing gay Le Pulse où un enragé abat plus de 100 personnes, dont la moitié mortellement.

L’assassin n’a pas fait mystère de ses motivations homophobes. Les homosexuel•le•s sont l’un des symboles vivants d’un "Occident décadent", honni des tenants d’un nouveau califat.

 

Mais comment cette civilisation, autrefois raffinée, a-t-elle pu en arriver là ?

Al-Qaïda et plus encore Daech se revendiquent de principes religieux remontant aux sources de l’Islam. Subordination des femmes, esclavage, interdiction des relations entre personnes de même sexe y trouveraient leur justification. Mais l’histoire nous montre que ces principes n’ont jamais dominé à leur époque. Comment alors en sont-ils arrivés là ?

Les civilisations arabo-musulmane et persane ont certainement été parmi les plus brillantes. Elles ont produit le meilleur de la pensée philosophique et scientifique à une époque où l’Europe s’enfonçait dans l’obscurantisme et les guerres de religion. Là-bas, on cultivait, sur un mode certes très inégalitaire, l’art de vivre et le goût des arts. Les poètes les plus fameux y chantaient la beauté des corps et les passions homoérotiques. De ces poèmes à la gloire des garçons, on en remplirait des encyclopédies entières.

L’Empire Ottoman a longtemps régné sur la majorité du Proche Orient, à côté de la Perse. A la fin de la première guerre mondiale, cet empire est partagé entre les puissances occidentales, surtout les français et anglais. Le Royaume-Uni laissera en héritage dans toutes ses colonies la criminalisation des actes sodomites. Partout où ils allèrent et dans tous les territoires qu’ils conquirent et administrèrent, ils imposèrent leur puritanisme protestant, tel un mode d’administration des peuples par la contrainte des corps.

Dans les années 1930 à 1960, les puissances occidentales durentprogressivement renoncer à leurs politiques coloniales. Au Moyen-Orient, cela se traduisit par un découpage du territoire en de nouvelles nations dont certaines, comme l’Egypte ou l’Irak, se rapprocheront du bloc communiste. Pour contrer cette dangereuse expansion, l’Occident soutiendra les monarchies du Golfe. Le fondamentalisme religieux qu’elles instaurent est plutôt bien vu, voire encouragé. Rien de tel pour ces peuples turbulents que de les maintenir dans l’ignorance et sous le joug d’une morale stricte. La route des Indes via le Canal de Suez et l’accès mondial au pétrole sont à ce prix.

Un jour de 1989 le Mur de Berlin s’est effondré. Le rideau de fer séparant le monde occidental en deux camps disparaissait lui aussi. La fin de la guerre froide. Pour l’Europe, le début de la réunification. Pour les Etats-Unis, la perte de leur plus farouche ennemi.

Pour maintenir leur suprématie, les USA n’eurent qu’une obsession. Celle de se construire un nouvel ennemi dont ils protégeraient le monde. C’est chose faite dès 1990. Excitant les rivalités entre Iran, Irak, Arabie Saoudite et Koweit, l’administration Bush provoque la première guerre du Golfe. De courte durée, elle déstabilise pourtant tout le Moyen-Orient jusqu’à nos jours. Kurdes, Chiites et Sunnites se dressent les uns contres les autres, se lancent dans une course à l’armement et instrumentalisent les différentes factions religieuses. Le Djihadisme d’Al-Qaïda, version terroriste du wahhabisme saoudien en fait ses choux gras. Cela nous mènera au 11 septembre 2001. L’Islam est désormais le nouvel ennemi, explicitement nommé.

Alors que l’Occident connaît la montée de la libération sexuelle, entamant le long chemin vers la reconnaissance des droits des homosexuels, la civilisation arabo-musulmane prend la direction opposée. Retournement paradoxal qui voit ces peuples se faire désormais les plus farouches partisans d’un ordre sexuel qui leur fut imposé. La lutte universelle contre l’homophobie devient à leurs yeux un de ces symboles du nouvel impérialisme postcolonial et est rejetée à ce titre comme atteinte à leur intégrité culturelle et nationale.

Les gays, lesbiennes et trans, victimes du massacre de ce 12 juin 2016 à Orlando, nous sont plus proches que beaucoup d’autres. Nous qui étions 60.000 à défiler dans les rues de Bruxelles il y a quelques semaines.Nous nous identifions à ces gens avec qui nous nous sentons terriblement proches. La vue d’un seul baiser entre deux hommes aurait été l’élément déclenchant. Nous savons tellement que ce geste n’est pas une banalité pour nous. Et nous imaginons le Pulse comme n’importe quelle boîte où nous passons de nombreuses soirées, avec ce sentiment d’un territoire violé.

Les morts et blessés d’Orlando ne sont que les dégâts collatéraux de ces joutes où les puissances et les potentats locaux se livrent à leurs plus sales besognes, où toutes les valeurs démocratiques, les droits humains et le respect de la vie semblent ne plus avoir cour. Sont-ils incapables de concevoir un ordre planétaire nouveau où chaque culture contribuerait à l’enrichissement du monde ? 

Une opinion de Thierry Delaval pour la Maison Arc-en-Ciel de Liège – Alliàge asbl

 

La Maison Arc-en-Ciel de Liège ouvre un registre de condoléances,
en solidarité de Liège à Orlando et fera une minute de silence à 20h, jeudi 16 juin.

Registre de condoléance :
Mercredi 15 juin de 13h à 17h
Jeudi 16 juin de 9h à 21h

Maison Arc-en-Ciel de Liège – rue Hors-Château 7 à 4000 Liège – 04/223.65.89

 


 

Le Prix du Roman Gay (troisième édition), une initiative des Éditions du Frigo (www.editionsdufrigo.com), a été attribué ce 6 janvier 2016 à la Maison Arc-en-Ciel de Liège. Félicitations aux lauréats.

 

Le Palmarès

Prix du roman gay 2015 : Rainbow warriors de Ayerdhal aux éditions Au Diable Vauvert (disponible à la médiathèque de la Maison Arc-en-Ciel).

Mention spéciale du jury : Les ruelles des pieds nus de Hicham Tahir aux éditions Casa Express.

Coups de cœur : Garde ton derrière fermé de Jaffar et Une vie à séduire de Bernard Hennebert aux éditions Aden.

Mention spéciale du Prix du Roman Gay 2015 pour l’ensemble de son œuvre (présente) à : Sébastien monod

Ce prix littéraire est une initiative des éditions du frigo (www.editionsdufrigo.com).

 

 


La première édition du prix du roman gay a été attribué en 2013 à Paris (galerie talmart) récompensant Mimi de Sébastien Marnier chez Fayard, ainsi que les auteur(e)s David Lelait-Helo, Hichamtahir, Didier Malhaire, Lily s. Mist et Ji Ro.

En 2014 à Liège (le casse du siècle) furent récompensés : Tant que je serai en vie d’Olivier Charneux aux éditions Grasset, ainsi que les auteurs Bowen Moon et Guy Torrens.

Les romans sélectionnés pour ce prix sont de langue française originale et appartiennent principalement à une littérature d’inspiration homosexuelle.

La notoriété, le genre et l’orientation sexuelle (dont l’abstinence) des auteurs ne rentrant évidemment pas en ligne de compte, écrivains avant tout.

La participation des auteurs auto édités et des petits éditeurs indépendants voire alternatifs, est la bienvenue. Ce concours, non ghettoïsant, étant avant tout une initiative visant à favoriser leur visibilité.

La sélection du prix du roman gay 2016 est d’ores et déjà ouverte (contact@editionsdufrigo.com)

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Focus 2015


 

10e anniversaire de la reconnaissance du 17 mai comme Journée Internationale de Lutte contre l’Homophobie par la Fédération Wallonie-Bruxelles

Entretien avec Isabelle Simonis, Ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Egalité des chances.

Comment, en tant que députée parlementaire de la Communauté française de Belgique en 2005, avez-vous eu connaissance de cette initiative de faire du 17 mai la Journée Internationale de Lutte contre l’Homophobie ? Pourquoi avez-vous décidé de déposer cette proposition de résolution au Parlement ?

En 2004, différentes études avaient démontré qu’une des causes de suicide invoquées par les jeunes était l’intolérance des jeunes face à l’homosexualité, réelle ou supposée. Cela m’avait particulièrement marquée, d’autant plus que j’avais déjà été sensibilisée à la lutte contre l’homophobie en tant que secrétaire générale des Femmes Prévoyantes Socialistes.
Instaurer une telle journée avait donc une fonction profondément pédagogique et citoyenne, et constituait un signe de vigilance active.

Le choix de cette date a été porté par un collectif français qui souhaitait commémorer la date du 17 mai 1990, date à laquelle l’homosexualité a été retirée de la liste des maladies mentales. Il était important de faire référence à cette date symbolique qui s’inscrivait dans une dynamique internationale.

Avez-vous rencontré des obstacles, des oppositions pour faire passer cette proposition ?

Non, je n’ai pas rencontré d’obstacle particulier. La proposition a reçu un accueil favorable.

10 ans plus tard, vous êtes maintenant Ministre de l’Egalité des chances. Comment envisagez-vous, de manière générale, la lutte contre l’homophobie ?

L’homophobie est une forme de malaise qui peut mener à des comportements violents et qu’il faut combattre avec des outils adéquats. Nous pouvons être fiers des réelles avancées législatives dans notre pays. Cependant, je pense que nous devons rester particulièrement vigilants face aux réactions de peur ou de rejet que peuvent susciter les progrès accomplis, mais aussi face aux actes, propos et comportements homophobes ou hétérosexistes qui ont tendance à persister.

J’ai fait adopter, le 17 décembre dernier, un Plan Anti-discrimination. Celui-ci prévoit 53 mesures concrètes de lutte contre toutes les formes de discriminations, y compris celles liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre. Ce plan prévoit, par exemple, une grande campagne de sensibilisation des jeunes à la lutte contre l’homo et la transphobie.

Par ce plan, chaque ministre du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’est engagé à lutter contre les discriminations au cours de cette législature.

Avez-vous des actions concrètes prévues, notamment ici autour du 17 mai ou bien dans les mois à venir ?

Oui. Tout d’abord, une demi-journée de sensibilisation à la lutte contre l’homophobie à l’attention des professionnels du secteur de la Jeunesse est d’ores et déjà programmée le 20 mai prochain à Liège. Mon cabinet travaille en étroite collaboration avec le secteur LGBT et celui des maisons, centres et organisations de jeunes pour que cette rencontre soit la plus fructueuse possible. Le secteur de la Jeunesse a en effet un rôle important à jouer pour lutter contre l’homophobie et promouvoir la vision d’une société fière de sa diversité.

Un autre projet est également en cours. Il s’agit de créer un nouvel outil pédagogique destiné, entre autres, aux enseignants. Je ne peux pas encore en dire plus pour le moment, mais c’est un projet qui devrait aboutir à court terme.
Après à peine une année de cette nouvelle législature, je peux vous assurer que je suis déterminée à faire vivre cette compétence de l’Egalité des Chances qui m’a été confiée et qui n’existe que depuis 2009 en Fédération Wallonie-Bruxelles.

La question des diplômes des personnes transgenres est également du ressort de la FWB. Le Gouvernement s’est engagé à résoudre ce problème. Où en êtes-vous ?

Le Plan Anti-discrimination prévoit plusieurs mesures visant à plus d’égalité pour les personnes transgenres. Concernant cette question des diplômes, des contacts ont été pris avec le cabinet de Jean-Claude Marcourt, compétent en la matière.

Est-ce qu’on vous verra à la Pride le 16 mai ?

Oui, avec grand plaisir.

Jean-Pierre Frisée

 


 

 

Rencontre avec Thierry Delaval, membre d’Alliàge depuis plus de 16 ans, ancien administrateur et responsable de la cellule politique. Il a fondé et est président de la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie (AECW) depuis huit ans maintenant. Retour sur le parcours d’un militant.

D’où te vient cet engagement pour la cause LGBT ?

Quand je suis arrivé à Alliàge, je me suis rendu compte qu’il y avait plein de gens qui avaient vécu des trajectoires similaires à la mienne et qu’il y avait peut-être une autre manière de réfléchir à la question. L’orientation sexuelle n’est pas seulement une question d’émancipation personnelle, c’est plus large que ça. Ce qu’Alliàge m’a fait découvrir, c’est qu’il est possible d’envisager la question sous un angle plus collectif.

La perception, par la société, de l’orientation sexuelle et de la distribution des rôles masculins et féminins est une question éminemment politique. Ça peut paraitre paradoxal, mais toute la gestion de la sexualité privée est une question politique.

C’est à partir de là que j’ai pris conscience de l’intérêt de créer un espace collectif d’expression politique sur cette question. Ce qui amène à envisager les choses sous l’angle du droit et de la discrimination notamment.

Partant, je me suis dit il y avait vraiment du travail à faire et j’ai eu envie de mettre mon expérience associative au service de cette cause-là, en quelque sorte. La plupart des actions d’AECW s’inscrivent d’ailleurs dans cette logique collective.

Parlons un peu du travail qu’a effectué la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie, quel est le bilan de ces huit années d’existence ?

Le bilan, ce sont nos actions, nos projets : le GrIS Wallonie, les Journées Arc-en-Ciel, notre participation permanente à la Pride (AECW est représentée dans le conseil d’administration de la Pride), l’opération pin’s autour du 17 mai,… je pense d’ailleurs que le petit coq que nous avons créé est maintenant connu en Belgique, voire au-delà. Et puis il y a évidemment le prix François Delors que l’on a créé avec l’objectif de tisser des liens avec les milieux académiques et de promouvoir des travaux de fin d’études supérieures sur les questions LGBT.

Tout ça, ce sont des projets que l’on a menés à bien et qui vont continuer à vivre. Même si évidemment les choses doivent toujours être réévaluées, rééchelonnées.

Un autre travail important est celui de la rédaction du mémorandum politique à chaque élection.

Et enfin, il y a notre travail de fond avec le Centre pour l’Égalité des Chances et la Lutte contre les Discriminations, dans lequel s’est inscrite, par exemple, notre constitution de partie civile dans les procès suite aux assassinats d’Ihsane Jarfi et de Jacques Kotnik en 2012.

Je pense que c’est ce bilan-là qui est un peu le terreau sur lequel repose AECW pour l’instant.

Dernier élément, le fait d’avoir démarré à 6 associations et d’être maintenant à bientôt 20, est aussi un beau succès puisque l’un de nos objectifs est le développement du réseau associatif. Nous sommes d’ailleurs à la veille de voir les moyens de subsistances et donc de pérennité de l’associatif LGBT wallon assurés, grâce au futur système d’agrément de la Région wallonne,… si tout va bien.

De toutes les réalisations faites par AECW, de laquelle es-tu le plus fier ?

Je dirais que, globalement, c’est d’avoir installé un pôle qui, grâce à un travail de qualité, a obtenu une reconnaissance dans le monde associatif LGBT belge. Nous sommes à l’équivalent de Çavaria (ndlr : la fédération flamande des associations LGBT) et de la Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles (ndlr : fédération bruxelloise des associations LGBT) en termes de contribution à la réflexion LGBT nationale et aussi de notoriété auprès des pouvoirs publiques, des autorités politiques et même des médias.

Quels sont tes souhaits pour l’avenir d’Arc-en-Ciel Wallonie ?

Si je dois faire un appel, ce serait de dire : "rejoignez-nous !". Évidemment AECW est une fédération d’associations, ce sont les associations qui sont membres mais chaque association peut envoyer des membres. On travaille avec les associations, on n’est pas obligé d’être membre de la fédération à titre personnel pour travailler avec l’association.

Ce que je souhaite beaucoup, c’est développer les liens entre les gens qui voient un intérêt à défendre les causes LGBT que ce soit dans les domaines de la santé, l’égalité, l’accès au logement, l’aide à la jeunesse, etc. Je fais appel à toutes les bonnes volontés, elles seront toujours bien accueillies à AECW, et par exemple le site d’AECW est un lieu d’expression très ouvert et nous sommes prêt à examiner toute initiative de collaboration. Tout qui voudrait travailler avec nous est le bienvenu. Il y a un espace pour faire des choses diverses et variées, que ce soit de la réflexion politique, de la critique littéraire pour autant que ce soit dans le domaine qui est le nôtre.

Propos recueillis par Manuel Magalon

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Focus 2014


 

C’est ce lundi 24 novembre que s’ouvre le procès d’assises des quatre prévenus soupçonnés d’avoir assassiné Ihsane Jarfi.Ce qui s’est passé dans la nuit du 22 au 23 avril 2012 est d’une violence difficilement concevable. La mort du jeune Ihsane a profondément meurtri toute une famille. Et au-delà des proches et des amis de la victime, c'est aussi toute la population qui a été marquée par ce meurtre, venant rappeler que, même en Belgique, même dans cette cité ardente et conviviale qui est la nôtre, l'homophobie pouvait prendre une forme aussi barbare.

Mais, au-delà de l'émotion, notre rôle de veille d'association LGBT nous pousse à poser un regard critique sur les débats et sur l'issue du procès. Pour la deuxième fois en Belgique, le tribunal a retenu comme circonstance aggravante la motivation de haine à l'égard de l'orientation sexuelle. Que ce motif ait été repris dans le chef d'inculpation est déjà un signe fort. L’enjeu, tout au long de ce procès, jusqu’au jugement, sera de comprendre la motivation des agresseurs. Qu’est-ce qui les a poussés à s’arrêter devant l’Open Bar cette nuit-là ? Qu’ont-ils proféré comme injures dans la voiture ?  Et comment des insultes en sont-ils venus aux coups ?

Ce n'est pas la première fois que ce critère homophobe est retenu lors d’un procès d’assises en Belgique ; cela fut déjà le cas en mars dernier lors du procès de Raphaël Wargnies, l'assassin de Jacques Kotnik. L'accusé reconnaissant clairement le caractère homophobe de son crime, les débats autour de cette question aboutirent rapidement et la motivation homophobe fut retenue.

Ils pourraient en être tout autrement dans le procès du meurtre d'Ihsane Jarfi. Ici, les prévenus nient en effet la motivation homophobe. Le rôle de la justice est donc particulièrement important pour nous, association LGBT, mais également pour toute la société belge dans son ensemble. La justice va, en effet, devoir déterminer ce qu’est ou n’est pas la motivation haineuse d’un point de vue légal. Ils vont en quelque sorte apporter une définition juridique à l’homophobie, en circonscrire les contours.

Un mois d'audience est prévu pour juger les quatre accusés et questionner la motivation homophobe de leurs actes. Conscients des enjeux cruciaux du procès, le Centre interfédéral pour l'Égalité des Chances et la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie sont d’ailleurs présents sur le banc des parties civiles, aux côtés des conseils représentant la famille d’Ihsane.

 


 

 

17 mai : Journée Mondiale de Lutte contre l’homophobie

Nous avons les résultats (définitifs ?) de l'opération 17 mai d'Alliàge ! Sur 84 communes de la Province de Liège, nous savons que 33 ont hissé le drapeau arc-en-ciel sur leur Hôtel de Ville. Nous savons également que 10 ne l'ont pas fait. Pour les 41 autres, nous n'avons pas l'information. Rappelons qu'Alliàge, en collaboration avec le Département des Affaires sociales de la Province de Liège, a envoyé 84 drapeaux arc-en-ciel aux 84 communes de la province. L'objectif était que celles-ci marquent leur soutien au 17 mai, journée mondiale de lutte contre l'homophobie. Le courrier précisait qu'en hissant ce drapeau, vous témoignerez ainsi que votre commune et notre province est riche et fière de ses diversités, quelles que soient les orientations sexuelles ou les identités de genres.
 
Vous trouverez le détail des résultats de l'opération ci-dessous présenté sous forme de carte. Si vous étiez en possession d'informations complémentaires, n'hésitez pas à nous envoyer un mail à courrier@alliage.be, nous ne manquerons pas de mettre la carte à jour.

 


 

La Fondation Ishane Jarfi est née, Alliàge y sera représentée

Ce jeudi 6 février, les douze membres fondateurs de la Fondation Ihsane Jarfi se sont réunis à la Maison Arc-en-Ciel de Liège. Les actes fondateurs ont été signés et le premier conseil d'administration a siégé. C'est Bernard Thiry, le patron d'Ethias, qui en prend la présidence. Hassan Jarfi, le père d'Ihsane Jarfi, sera quant à lui le vice-président de ce nouvel instrument de lutte contre l'homophobie.


Alliàge a été choisie pour représenter l'associatif LGBT au sein de la fondation. 

Les autres membres fondateurs sont issus d'institutions culturelles (L'Orchestre Philharmonique Royal de Liège, l'Opéra royal de Wallonie et le Théâtre de Liège), des quatre principaux partis politiques (cdH, Ecolo, MR et PS) et du secteur public (AIDE). Edouard Delruelle, ancien Directeur du Centre pour l'Egalité des Chances, est également un membre fondateur.

La fondation se donne pour but de récolter des fonds afin de promouvoir la lutte contre l'homophobie au sein des entreprises publiques et privées (d'où la présence de représentants de l'AIDE et d'Ethias), et auprès du grand public par des campagnes de sensibilisation. L'aide aux victimes figure également dans les statuts de la fondation. 

Alliàge a bien entendu tout son rôle à jouer dans la concrétisation de ces trois objectifs. Grâce à sa connaissance de terrain et à l'expertise développée par le secteur associatif en matière de lutte contre l'homophobie, Alliàge envisage son rôle comme celui d'une courroie de transmission entre l'existant et les nouveaux projets que portera la fondation.

Tout le conseil d'administration se réjouit de l'initiative et souhaite que la Fondation Ihsane Jarfi apporte de nouvelles opportunités concrètes dans la lutte contre l'homophobie et la promotion du vivre ensemble.

Le Conseil d'administration d'Alliàge

Plus d'informations sur http://fondation-ihsane-jarfi.eu/

Reportage : http://www.rtc.be

 


 

Depuis mai 2013, Alliàge s’est engagé dans La Commission Communale Consultative Femmes- Ville de Liège qui a pour objectif de lutter contre les discriminations de genre (hommes-femmes). Différents projets sont élaborés au sein de cette commission dont la conférence de Wassyla Tamzali que nous sommes ravis de vous présenter ci-dessous.

La question des femmes est au cœur des révolutions arabes ?
Jeudi 13 février

Par Wassyla Tamzali - avocate, ex-directrice UNESCO pour la Promotion sur les femmes et la méditerranée

Il y a des révolutions arabes, comme aujourd’hui il y a des contre révolutions. J’ai choisi de tourner le dos aux cyniques qui ne cessent de dire devant la fête fracassée, il ne s’est rien passé, il ne se passera rien. J’ai choisi de dire et répéter avec Hejer Charf le vers de Yeats :
"A terrible beauty is born".

Wassyla Tamzali nous dit dans la préface de "Histoires minuscules des révolutions arabes", livre collectif qu’elle a initié et cordonné, tout l’espoir qu’elle met le changement de la condition des femmes de ces pays à la faveur des bouleversements du monde arabe. Cette condition qu’elle connaît bien pour avoir exercé pendant 20 ans au sein de l’UNESCO les fonctions de responsable des droits des femmes, et milité depuis toujours et encore, dans le mouvement féministe tant dans son pays qu’au niveau international. Cette idée qui prend sa source dans une longue expérience, à contre courant des opinions publiques qui pensent que les révolutions arabes ont fait régressé les femmes, s’éclaire à travers toute l’œuvre de Wassyla Tamzali et notamment ses écrits pour la liberté d’expression "En Attendant Omar Guetlato" sur le cinéma algérien des années 70, sa collaboration avec les quotidiens algériens El Watan, Le Quotidien d’Oran et français, Le Monde, ses multiples interventions dans les universités, les médias, les conférences internationales et ses écrits. En particulier, dans ses livres, une "Une éducation algérienne", le récit initiatique de toute une jeunesse algérienne à la naissance d’une nation et "Une femme en colère , lettre d’Alger aux européens désabusés", un plaidoyer passionné pour la reconnaissance des luttes des peuples du Sud pour les droits universels et notamment la lutte des femmes contre les aspects discriminatoires de leur culture. Son travail à l’UNESCO et son œuvre ont été reconnus par de nombreuses citations.

>> 19h30 à l’Université de Liège, Salle Académique (place du Vingt-Août à 4000 Liège). Entrée libre. Inscription souhaitée par mail (commissionfemmesville@gmail.com) ou par téléphone (04/232.65.06).
Une organisation de La Commission Communale Consultative Femmes-Ville de Liège et de l’association pour les Nations Unies de Belgique. Avec le soutien du Fer-ULg, de la Maison des Sciences de l’homme de l’ULg, d’Infor-Femmes, du CRIPEL, de la FGTB, du FSE et la Ville de Liège. Image : Hejer Charf.

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Focus 2013


 


 

Donne ton doigt à Sida Sol

Depuis février 2013, l’asbl liégeoise de prévention et de dépistage VIH et autres IST est de sortie dans les bars et évènements LGBT liégeois pour proposer un tout nouveau type de dépistage VIH : le test rapide ou TROD1 !

Par une simple goutte de sang au doigt il est désormais possible de connaître son statut sérologique en quelques minutes ! Ce test d’orientation, qui doit toujours être confirmé s’il est positif, est fiable dans certaines conditions qui sont évaluées par l’équipe composée d’un infirmier et d’une psychologue2.

Ce projet est parti de constats réguliers :

1. les relations anales non protégées sont le mode de transmission du VIH le plus à risque,

2. le nombre de partenaires augmente les risques de transmission,

3. les problèmes d’accessibilité, d’horaire, de coût, la peur du résultat, le manque d’informations, le manque de confidentialité peuvent être des freins au choix de se faire dépister et

4. on dénombre trop de dépistages tardifs or un dépistage précoce réduit grandement les effets néfastes pour la santé mais aussi les risques de contamination d’autres personnes.

Les homosexuels, bisexuels, transsexuels mais aussi tous les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, occasionnelles ou régulières, cachées ou non, sont un public vulnérable par rapport à l’épidémie du VIH. Nos sorties nous permettent donc d’être en contact direct avec toute cette population qui n’est pas définie par la seule identité homosexuelle.
Nous nous sommes donc invités dans des lieux de drague liégeois avec ou sans consommation sexuelle directe. L’Aquari’hom, l’Openbar, The Chap’s, le New Sparta et le Tea Dance d’Alliage ont été nos premiers partenaires dans ce projet. Nous y avons dépisté plus d’une centaine de personnes en 9 mois en proposant une écoute, une information sur les modes de transmission, le TPE, les moyens de protection et de réduction des risques, les lieux de dépistage, etc.

Notre projet n’en est qu’aux prémisses puisqu’il va s’étendre dans d’autres lieux de rencontre :
parkings, clubs libertins,… Le but est de proposer un dépistage et un counselling de qualité, rapide, anonyme et gratuit pour un public varié et spécifique de manière décentralisée. Tout cela en parfait accord avec le nouveau Plan national SIDA.

Suivez-nous dès à présent pour nos prochains dépistages mobiles ainsi que toutes nos autres actions !

Englebert Simon

Sida Sol asbl
Rue de Pitteurs 18 à 4020 Liège
Tél.: 04/366 96 10
www.sidasol.be

1. Test d’Orientation Diagnostic (sensibilité 99,8% et spécificité 99,5%) fiable 3 mois après le risque
2. Plus d’info : info@sidasol.be ou 04/366.96.10

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Focus 2012


 

Focus sur l’un des piliers de l’association : la cellule "Loisirs"

La cellule "Loisirs" (anciennement cellule "Activités") est l’une des plus anciennes d’Alliàge. Sa mission est simple mais ô combien importante: proposer des activités diversifiées, pouvant satisfaire un large public. Il s’agit donc d’une structure conviviale, qui rassemble les membres et sympathisants de notre association dans une ambiance sympa. Une bonne manière pour certain(e)s de dire "au revoir" aux dimanches en solitaire…
Le programme se diversifie au maximum afin de rencontrer les attentes du plus grand nombre : balades-nature, bowling, barbecue et séance de pétanque à la belle saison, rallye pédestre en Cité ardente, visite d’un marché de Noël,…

En 1998, Alliàge a reçu des gays canadiens venus en Europe pour les gay games et l’année suivante un groupe de Liégeois a fait le déplacement au Québec. Cela a donné l’idée de continuer ces belles expériences en organisant des voyages vers des associations à l’étranger (surtout en France), ce qui a conduit et conduit toujours à de beaux voyages et de belles rencontres (une à deux fois par an).

La plupart des activités sont gratuites. C’est tout de même une trentaine d’activités qui sont organisées par an. La cellule est actuellement dirigée par Gilbert Koenigs, Roland Pirard en est le secrétaire.
Les membres de la cellule qui se réunissent en moyenne tous les trois mois, rappellent qu’ils sont toujours à la recherche de bonnes volontés pour les aider à mettre en place ces activités, qui constituent l’une des raisons d’être de l’asbl Alliàge. Alors si vous avez l’envie d’organiser l’un ou l’autre moment de détente ou une balade près de chez vous, n’hésitez pas à prendre contact avec la cellule.

Nicolas Di Chiara

1. Balade Val-Dieu 2011
2. Phantasiapride Cologne 2012
3. Marché de Noêl Trêve 2011
4. Barbecue Saint-Georges 2012

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Focus 2011


 

Focus juillet 2011
Ouverture

Vous le savez, Alliàge s’est concentrée ces dernières années sur ses activités socioculturelles et ludiques vous offrant de nombreuses possibilités de divertissement et d’enrichissement personnel s’inscrivant d’ailleurs dans les objectifs statutaires de notre association.

De beaux combats politiques ont été menés par le passé, entre autres, par Alliàge pour accéder à l’égalité des droits entre homos et hétéros. Et s’il est vrai que la Belgique s’est positionnée en leader ces dernières années (mariage, adoption, lois et décrets anti-discrimination, congé de naissance), le chantier reste ambitieux avant que l’orientation sexuelle des individus ne constitue plus un obstacle pour personne sur son lieu de travail, dans ses rapports avec l’administration publique, dans son école ou sa maison de repos, dans son équipe sportive,…

Arc-en-Ciel Wallonie, il est vrai, est devenue en moins de cinq ans, un outil indispensable pour sensibiliser les pouvoirs publics et la population en général aux questions de l’homophobie et de l’hétéronormativité.

Il n’en reste pas moins qu’Alliàge, par son ancrage local, sa Maison Arc-en-Ciel, ses personnes ressources, ses membres, son personnel et ses activités, occupe une position stratégique intéressante pour mener des actions de sensibilisation.

C’est pourquoi, le conseil d’administration d’Alliàge a décidé de relancer la réflexion autour de (trois) deux thèmes : la gestation pour autrui, l’homophobie dans le sport ainsi que l’homophobie à l’école.

Si vous êtes intéressé par l’un de ces thèmes, nous vous invitons à entrer en contact avec l’un de nos permanents qui ne manquera pas de nous faire part de vos éventuelles remarques, réflexions, suggestions ou de votre envie de vous investir encore un peu plus dans notre association.

Nous vous tiendrons bien entendu au courant de l’évolution de l’un ou l’autre de ces dossiers.

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Maison Arc-en-Ciel de Liège - Alliàge asbl (association LGBT) – Rue Hors-Château, 7 à 4000 Liège - Tél : 0032 (0)4 223.65.89